Cinéma - Note de lecture - Repenser l’industrie du cinéma à l’ère numérique. Internet contribue à la désintermédiation du secteur, c'est-à-dire à l’affaiblissement des intermédiaires traditionnels entre producteurs et consommateurs (distributeurs, voire exploitants), au profit d’une relation directe entre ceux-ci.
La chronologie traditionnelle des médias, qui garantie plusieurs fenêtres d’exploitation aux producteur du film, permettait de segmenter les rentrées de revenus : d’abord une exploitation classique au cinéma, puis une sortie DVD, et enfin un passage à la télévision payante puis gratuite. Aujourd’hui, le développement d’offres de vidéo à la demande, de plus en plus proches de la sortie cinéma (parfois moins de deux mois après), conduit au rétrécissement de chaque fenêtre. De même, les contenus tendent à être disponible simultanément sur plusieurs plateformes. Et VOD la galère. Et si on revoyait Drive , ce soir, ce chouette film où un cascadeur taiseux tabasse des gens dans les ascenseurs à la nuit tombée ?
C’est simple, TF1 le propose à la location sur son service de vidéo à la demande (VOD). Quatre euros, nickel. Sauf que le film n’est disponible qu’en version française, et que l’ambiance Jacques Balutin casse un peu la noirceur californienne de l’histoire. Ne reste plus qu’à le télécharger, avec ses sous-titres, sur Pirate Bay. C’est illégal, mais ça marche. Cette histoire vécue résume bien la situation dans laquelle reste engoncée la VOD en France en cette fin 2012, tandis que l’arrivée déjà annoncée de géants du genre (Amazon, voire Netflix) va transformer 2013 en année charnière dans le domaine. D’ici là, le spectateur-internaute est condamné à être déçu par l’offre légale. Numériser et diffuser Quelles barrières empêchent donc toujours l’émergence d’une VOD officielle capable de rivaliser avec l’offre illégale ? Renégocier les contrats Sophian Fanen.
VOD : le cinéma français stimule le marché. Home Page de iTunes Vidéo Store France - D.R.
A fin juin 2012, le marché de la VOD aurait franchi la barre des 120 millions d’euros de chiffre d’affaires selon les données fournies aux plateformes de vidéo à la demande par l’institut d’études GFK et le cabinet NPA dans leur baromètre VOD GFK/NPA. 40M€ de perdus au 1er semestre En reprenant les chiffres du DVD publiés par le CNC au mois de juillet, nous obtenons un chiffre d’affaires total pour le marché vidéo (DVD, Blu-Ray et VOD) de 624 M€, soit 40 M€ de moins qu’au premier semestre 2011. Un repli de 6 % qui s’explique par le recul de 16% des ventes de DVD, mais aussi par une progression très lente du format Blu-Ray qui augmente de 17% seulement alors que la VOD a bondi de 22%. A noter qu’à fin juin 2012, le CA de la VOD est supérieur à celui du Blu-Ray qui n'a pas atteint 100 M€ au premier semestre 2012. La France sur les traces des USA Le cinéma français bat tous les records Un autre film réalise un exploit en VOD : c’est Hollywoo.