Retraites
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Mise à contribution des revenus du capital, redéfinition des cotisations, et invention d'un «contrat emploi retraite» pour des départs progressifs sans toucher à l'âge de 60 ans: de quoi financer même le pire scénario. Par Pascal Canfin, Eva Joly, eurodéputés d'Europe Ecologie, et Eva Sas , responsable de la commission économie des Verts. Le gouvernement a fait part, dimanche 16 mai, de ses premières orientations pour le financement des retraites. La réflexion des écologistes sur les retraites ne se résume pas à une vision comptable et le débat actuel doit être l'occasion de repenser l'organisation des temps de la vie. Mais ce débat de société ne peut avoir lieu de manière sereine que si le financement du régime par répartition, qui est un élément fondateur de notre contrat social, est garanti.
Réformer les retraites. Un sujet qui fait débat sur la méthode tant au PS qu’à l’UMP. Alors qu’un « document d’orientation » contenant les pistes du gouvernement pour réformer les retraites a été présenté aux syndicats le 16 mai, le PS lui répliquait, pas plus tard que mardi, avec un « contre-projet » de réforme. Analyse par thème des principales différences entre les deux projets. Le parti socialiste propose la mise à contribution des revenus du capital, avec la majoration des prélèvements sociaux sur les bonus et stock-options (de 5% à 38%), le relèvement du forfait social, appliqué à l'intéressement (4% à 20%), l'application de la CSG sur les revenus du capital actuellement exonérés, la remise en cause de la défiscalisation des plus-values sur les cessions de filiales, une augmentation de la contribution sur la valeur ajoutée de 1,5% à 2,2%, en exonérant les petites entreprises.
A quelle hauteur, les salariés sont-ils ponctionnés par les prélèvements obligatoires ? En 2004, 46,4%, comme le montre une étude d’Antoine d’Autume, professeur d’économie à Paris I Sorbonne (*), proportion, qui à la même inertie qu’un super tanker et donc qui n’a que peu ou pas variée depuis ! C’est beaucoup, mais cela incorpore toutes les cotisations sociales, tant patronales que sociales, ainsi que les impôts directs, principalement l’impôt sur le revenu et la CSG. En 2009, sur les 1 060 milliards d’euros de masse salariale inscrites dans les comptes des entreprises comme des administrations, 445 milliards sont allés (un peu) dans les caisses de l’Etat et (beaucoup) dans celles de la Secu. En comparaison, les revenus du capital sont largement épargnés. Les 476 milliards d’euros de bénéfices, d’intérêts, de dividendes, autres plus values mobilières (ventes d’actions) ou immobilières, ne sont ponctionnés que de 87 milliards.