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Articles réflexifs sur les théories du complot

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Les théories du complot ne sont pas juste de petites histoires rigolotes. Nous avons assisté fin juin à une nouvelle tuerie aux Etats-Unis. Cette fois-ci, c’est une église qui a été prise pour cible et la haine raciale qui en a été la cause. Par le passé, ce furent une école, un cinéma, une université ou un centre commercial.

Le scénario nous est désormais devenu familier à en vomir: les détails de l’horreur, suivis par l'indignation perplexe, la réaction qui tente de délimiter et d'isoler l’événement, et de résister à sa mise en perspective, et enfin l'inévitable échec à agir. Mais à l'ère de l'Internet, ce scénario prend une tournure macabre supplémentaire.

En quelques jours –et, de plus en plus, en quelques heures voire en quelques minutes–, un événement tragique est passé au filtre d’une vision du monde qui soutient que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être. Et oui, ce processus a commencé autour de Charleston quelques jours seulement après la tuerie. Ca vous fait rire? Jusqu’au moment où on ne rigole plus. Les dangers du complotisme. On te manipule. Une Théorie du complot, c'est quoi ? Une théorie du complot (on parle aussi de conspirationnisme ou de complotisme) est un récit pseudo-scientifique, interprétant des faits réels comme étant le résultat de l’action d’un groupe caché, qui agirait secrètement et illégalement pour modifier le cours des événements en sa faveur, et au détriment de l’intérêt public.

Incapable de faire la démonstration rigoureuse de ce qu’elle avance, la théorie du complot accuse ceux qui la remettent en cause d’être les complices de ce groupe caché. Elle contribue à semer la confusion, la désinformation, et la haine contre les individus ou groupes d’individus qu’elle stigmatise. Les 7 commandements de la théorie du complot 1. 2.

La théorie du complot voit les indices de celui-ci partout où vous ne les voyez pas, comme si les comploteurs laissaient volontairement des traces, visibles des seuls "initiés". 3. 4. La théorie du complot tend à mélanger des faits et des spéculations sans distinguer entre les deux. 5. Faits alternatifs, fake news, post-vérité… petit lexique de la crise de l’information. Théorie selon laquelle l'émotion et la croyance comptent désormais plus que les faits Post-truth, en anglais, fut le mot de l'année 2016, selon l'Oxford Dictionnary. Il se rapporte, explique la publication britannique, aux « circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d'influence sur l'opinion publique que ceux qui font appel à l'émotion ou aux croyances personnelles ».

Si Ralph Keyes consacrait déjà un livre au sujet en 2004 (The Post-truth Era), c'est véritablement avec la campagne britannique sur le Brexit et la campagne présidentielle américaine que l'expression s'est démocratisée. L'idée ne va pas sans poser de soucis : elle peut laisser croire que la vérité était auparavant chose acquise, au moins comme valeur. . 🔗 Partager cet élément : Théorie du complot. Théorie du complot (de même que les néologismes complotisme et conspirationnisme) est une expression d'origine anglaise, définie pour la première fois en 1945 par Karl Popper, qui dénonce comme abusive une hypothèse (en anglais theory) selon laquelle un événement politique a été causé par l'action concertée et secrète d'un groupe de personnes qui avaient intérêt à ce qu'il se produise, plutôt que par le déterminisme historique ou le hasard.

Pour Peter Knight, de l'université de Manchester, cette théorie met en scène « un petit groupe de gens puissants [qui] se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des événements »[1], afin d'obtenir ou de conserver une forme de pouvoir (politique, économique ou religieux). La théorie du complot attribue une cause unique à des faits avérés. Elle se différencie en cela de la démarche historique, qui induit une multi-causalité.

Histoire[modifier | modifier le code] En 2008, Jack Z. Motifs sociaux. L’INFORMATION ET SES ENNEMIS. – des données, traces matérielles stockées, depuis une stèle de pierre jusqu’à des cristaux de silicone dans un disque dur. Elles perpétuent des signes (mots, images, sons, bits électroniques). Les données perdurent. – des messages, de l’information en mouvement, destinée à un récepteur capable de l’interpréter et de la distinguer comme signifiante d’entre tous les signaux.

Ils circulent à travers l’espace et s’adressent à quelqu’un. – des savoirs, de l’information, interprétée et mise en relation avec d’autres informations, contextualisée et faisant sens. Les connaissances sont produites par un cerveau. – des programmes, depuis le code génétique jusqu’à un logiciel, qui contiennent des instructions destinées à un agent matériel.

Les programmes « font » virtuellement quelque chose. – L’information est une différence qui engendre des différences. . – – son contenu (ce en quoi elle renseigne et innove) ; – – sa mesure (comme lorsque l’on parle de gigabits d’information) ; Lutter contre les rumeurs : mission impossible. Philippe ALDRIN, Sociologie politique des rumeurs, Presses Universitaires de France, 2005 Gordon W. ALLPORT, Leo POSTMAN, The Psychology of Rumor, Henry Holt and Co, 1947 Dominique CARDON, La Démocratie Internet. Promesses et limites, Seuil, 2010 Didier Bigo, et al. (dir.), Au nom du 11 septembre... Les démocraties à l’épreuve de l’antiterrorisme, La Découverte, 2008 Jean-Michel BURGUIÈRE, « La rumeur et le droit », Recueil Dalloz-Sirey de doctrine, de jurisprudence et de législation, 18e cahier, 1996 Jovan Byford, Conspiracy Theories : A Critical Introduction, Palgrave Macmillan, 2011 Mathieu CHAPUT, « Analyser la discussion politique en ligne .

Ivan CHUPIN, « Les écoles du journalisme. Norbert ELIAS, Logiques de l’exclusion, Fayard, 1965 (rééd. 1997) Leon Festinger, A Theory of Cognitive Dissonance, Stanford University Press, 1962 [1956] Olivier Fillieule, Stratégies de la rue. Gary Alan FINE, Ralph L. Pascal FROISSART, La Rumeur. Jean-Noël KAPFERER, Rumeurs. Cass R. Déconstruire le conspirationnisme. Ce 12 février, l’entretien du SIG consacré aux théories du complot et au conspirationnisme a réuni Rudy Reichstadt, directeur de l’Observatoire du conspirationnisme - Conspiracy Watch, Laurent Bazin, journaliste et co-auteur de « Tous paranos ? Pourquoi nous aimons tant les complots », et Nicolas Vanderbiest, chercheur à l’université de Louvain spécialiste en e-réputation. A cette occasion, ils ont pu décrypter les ressorts psychosociologiques du conspirationnisme et discuter le rôle d’Internet dans ses mécanismes de développement.

"On nous cache tout, on nous dit rien! " - Les... by gouvernementFR La massification d’Internet constitue en effet un événement important dans l’histoire du conspirationnisme. Le conspirationnisme, un objet historique et politique à part entière Le directeur de ConspiracyWatch énonce quatre caractéristiques distinctives d’un discours conspirationniste : À ces quatre attributs du discours conspirationniste répondent quatre fonctions psychosociales : . Comme pour. En savoir plus sur la théorie du complot. Théories du complot : pourquoi elles persistent (voire se développent) ? - Mediaculture. ©Victoria Nevland en CC via Flickr.com A l’occasion du 15e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, j’ai constaté que le complotisme se portait bien.

Comment expliquer cela, à l’heure où les moyens de s’informer n’ont jamais été si faciles d’accès ? Il faut d’emblée préciser qu’il y a des raisons objectives au développement de celles-ci, comme je l’explique dans mon article les théories du complot ne sont pas totalement irrationnelles, Les électeurs, citoyens, lecteurs doutent de plus en plus de leurs dirigeants, et pour cause ! On leur a menti très souvent : Guerre du Golfe “propre”, fausses armes de destruction massives en Irak, le nuage de Tchernobyl qui s’arrête aux frontières… Il suffit pour s’en convaincre de lire l’histoire secrète de la Ve République qui rappelle tous les scandales d’Etat plus ou moins connus.

Les politiques paient ainsi le prix de leurs mensonges récurrents aux citoyens. Le niveau de médiatisation augmente, pas le niveau de compréhension L’ego en abîme.

Complosphère

Une question d'information. Processus de radicalisation. L’évidence du complot : un défi à l’argumentation. Douter de tout pour ne plus douter du tout. 1Dans le prolongement des travaux menés en collaboration avec Emmanuelle Danblon (Danblon & Nicolas 2010, 2012), cet article se propose d’analyser certains mécanismes langagiers et argumentatifs saillants à l’œuvre dans ce qu’on appelle, par habitude, les « théories du complot ». Grands récits ou historiettes, ces « théories » traduisent (et bien souvent trahissent) une certaine tournure de l’esprit qui, tout en affichant son objectivité absolue, s’attache à mettre en cohérence des événements épars prélevés çà et là dans la réalité observable.

Elles intègrent ces événements à l’intérieur d’une trame narrative déterministe (mais non assumée comme telle) capable de leur donner du sens et de l’épaisseur ; capable, en somme, de les faire parler. 2En d’autres termes, les théories en question pointent et dévoilent les supposées raisons cachées qui justifient qu’on présente les faits collectés en un seul geste discursif, d’un seul trait. 26(1) « À qui profite le crime ? Rumeurs complotistes : de la croyance à la défiance. Les attentats de l’année 2015 à Paris et de 2016 à Bruxelles ont fait renaître des rumeurs de complot bien connues, qui fonctionnent à la défiance à l’égard des médias et du pouvoir.

Ces rumeurs témoignent de l’activité de groupes sociaux ou politiques qui utilisent à plein les nouvelles technologies. Mais la résistance s’organise aussi, et ces discours paraissent désormais dévalués lorsqu’ils essaient d’entrer sur le marché de l’information. « Chers ami(e)s Message de la Préfecture de Police de Paris, demandant de limiter les déplacement dans les centres commerciaux ce weekend, menace sur tout le territoire français, Paris comme en province, à faire tourner largement. Merci (Info reçue en messagerie professionnelle interne police nationale) ». "Repolitiser" la parole complotiste. Le discours conspirationniste entend donc se positionner dans de grands clivages politiques, et surtout dans des rapports de force qu’il dénonce comme inégaux, parce qu’une partie des acteurs y seraient dissimulés dans l’ombre.

Dominé dans un univers politique perçu comme univoque, le conspirationnisme apparaît essentiellement comme un énoncé relevant d’une topique de la dénonciation, au service d’une prise de position politique. Sa rhétorique vise autant à prouver l’existence du complot qu’à agir politiquement comme s’il existait. Sa perspective n’est pas seulement de prouver que le lieu du pouvoir est vide, mais à l’inverse de dire qu’il est occupé par des imposteurs, mal élus, ou élus par des citoyens préalablement lobotomisés, et qu’il faut hâter leur remplacement, au besoin par la force.

Notes : (1) Philippe Corcuff, « “Le complot” ou les mésaventures tragi-comiques de “la critique” », Calle Luna, avril 2005.

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