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Les dix hommes de pouvoir à Genève

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Une série de la Tribune de Genève

Les hommes de pouvoir 5/10 - Jean Barth: Le corsaire de la République s’empare de sujets brûlants - News Genève: Actu genevoise. Il ne gère pas d’entreprise, ne brasse pas des millions, ne sait pas se servir d’un ordinateur et ne possède pas de téléphone portable. Il abhorre les politiciens et n’entretient aucun réseau. Le grand public et même les élus le connaissent mal, voire pas du tout… pour son plus grand plaisir. Pourtant, l’illustre inconnu incarne comme personne à Genève et en Suisse le pouvoir de la société civile.

Jean Barth a révolutionné à plus d’un titre la société genevoise sur plus de quarante ans. Rien que ça! Avec son nom de corsaire du XVIIe siècle, le «h» en plus, il s’est emparé de sujets brûlants pour les soumettre au peuple. Même si, contrairement aux corsaires d’antan, il n’agit pas poussé par le roi. À chaque fois qu’il a provoqué une votation dans le canton, il a remporté la mise. Personnage mystérieux Novice à 27 ans, l’aventurier lance à lui tout seul, sans aucun soutien, l’initiative contre la chasse, adoptée deux ans plus tard par le peuple genevois en 1974. Une oreille de sanglier. Les hommes de pouvoir 6/10 : Un esthète de l’immobilier qui a l’art des affaires - News Genève: Actu genevoise.

Les locataires s’en souviennent à la fin de chaque mois, quand il s’agit de payer le loyer. À l’autre bout de la facture, il y a une régie, puis un propriétaire. Thierry Barbier-Mueller est l’un d’eux, et pas des moindres. D’abord parce qu’il possède de nombreux immeubles à titre individuel. Ensuite parce qu’il est le patron de la Société privée de gérance (SPG), l’une des plus grandes régies de la place. Discret, Thierry Barbier-Mueller fuit en général les projecteurs. Près de 25 000 baux Mais c’est d’abord un chef d’entreprise. La SPG est aussi bonne élève en matière de performance énergétique. On voit là la patte d’un homme qui ne cache pas une certaine fibre écolo. C’est un autre trait de sa personnalité. C’est d’abord par le biais des instances professionnelles qu’il marque son empreinte. Dans ces cénacles, il représente les intérêts de sa profession.

Présent à la tribune Une anecdote en dit long sur son influence. Le promoteur aurait-il passé des coups de fil entre les deux votes? Les hommes de pouvoir 4/10: Patrick Odier, le banquier de terrain et philanthrope - News Genève: Actu genevoise. De tous les banquiers privés genevois, il fut sans doute le plus visible et médiatique. Une célébrité qu’il ne recherche pas mais que lui a imposé son rôle à la tête de l’Association suisse des banquiers au moment où le secteur était sous une forte pression des places financières à l’étranger. Profondément enraciné dans la tradition genevoise par son nom et son métier, il est en même temps le prototype même du banquier moderne. Il voit loin. On dit de lui qu’il est visionnaire. Un financier humaniste.

Le Genevois n’est plus à la tête de l’Association suisse des banquiers depuis l’an dernier. On pourrait croire que Patrick Odier – il aura 63 ans cet été – se met en retrait. C’est dans un salon de la rue de la Corraterie, siège historique de la banque Lombard Odier, qu’il reçoit la Tribune de Genève quelques jours avant Noël. Cravates et bottes Il se méfie pourtant. L’homme n’a pas toujours réussi. Il y a aussi les succès. Cravate et bottes? Cette fibre, on la sent chez Lombard Odier.

Les hommes de pouvoir 3/10: Wilsdorf, plus qu’un mécène, une vraie machine à cash - News Genève: Actu genevoise. Wilsdorf. La Fondation Hans Wilsdorf. Il suffit d’évoquer ce nom pour que les bouches se ferment et que les doigts s’agitent. Un silence fébrile s’installe, mâtiné de prudente déférence. Wilsdorf n’est pas n’importe qui. Dans la série que consacre la Tribune de Genève aux dix acteurs les plus influents de la République, chacun en convient: la fondation a non seulement toute sa place, mais elle mérite la première.

C’est un mécène, certes, mais sa puissance financière, sa capacité à irriguer de ses dons le tissu social et culturel, ses investissements dans les infrastructures en font un acteur incontournable. Wilsdorf est à la fois «un don du ciel», «une puissante machine à cash», «la bouée de sauvetage pour de nombreux projets». Son président, le notaire Costin van Berchem, n’a pas souhaité répondre à nos questions. 100 millions par année La fondation tire sa richesse de Rolex, un empire horloger qu’elle détient à elle seule (lire ci-contre). Ce n’est pourtant que la pointe de l’iceberg. Les hommes de pouvoir 7/10: L'ancien élève dissipé a pris la tête de la rébellion - News Genève: Actu genevoise. Il y a quelque chose de déconcertant chez Marc Simeth. Autant le président du Cartel intersyndical de la fonction publique se montre rigide et intransigeant lorsqu’il défend les conditions de travail des fonctionnaires et les prestations publiques, autant il est aimable et chaleureux sur tous les autres sujets.

Il y a l’homme, il y a sa fonction, deux des facettes d’un personnage qui n’en manque pas. Il faut avoir vu cet homme plutôt tranquille prendre «son pied» à conduire une manifestation de fonctionnaires pour s’en convaincre. Enseignant au Cycle d’orientation des Voirets, le quadragénaire, père de trois garçons, a vécu plusieurs vies avant de se transformer en fonctionnaire et de devenir la voix et le visage du combat de la fonction publique contre le pouvoir politique. Il y a eu le jeune homme fantasque et indiscipliné. Ce périple le conduira à tenir un rôle en contradiction complète avec ses engagements d’aujourd’hui. Le patron d’un collectif Davide De Filippo confirme. Votre avis. Les hommes de pouvoir 8/10: Homme de réseau, il œuvre dans les coulisses politiques - News Genève: Actu genevoise. Élégant, le sourire séducteur, l’urbanité un brin décalée, Philippe Eberhard, 50 ans, passerait pour un vendeur de rêve. Ce serait lui faire offense. Le Genevois excelle dans l’art stratégique des relations publiques.

Le spécialiste de la communication, souvent au service des multinationales, parfois des causes politiques, s’appuie sur un vaste réseau économique, médiatique et politique. Fondateur de la société Cabinet privé de conseils (CPC), il œuvre discrètement dans les coulisses du pouvoir à Genève. Parmi la centaine de ses clients figurent de grands noms: Caran d’Ache, la Fondation Gandur pour l’art, EasyJet ou encore Procter & Gamble. Un pont entre deux mondes Fait-il un pas de plus dans le domaine politique? «De par son solide réseau, il a la capacité rare de faire le lien entre le monde des multinationales et celui de la politique», observe le député PLR Édouard Cuendet, un «ami de trente ans».

Sa méthode digne d’un diplomate passe bien. Et qu’espèrent ces entrepreneurs? Les hommes de pouvoir 9/10: Le caillou dans la chaussure des néoconservateurs - News Genève: Actu genevoise. Visionnaire ou monument en péril? Le Genevois Blaise Matthey fait rarement les gros titres. Secrétaire général de la Fédération des entreprises romandes (FER) et directeur général de sa section genevoise, il est pourtant un acteur clé. Son influence, il l’exerce au travers des services (comptabilité, caisse de compensation, formation) offerts aux milliers d’affiliés de l’institution et par un lobbyisme exercé à plusieurs niveaux: international, par le biais de l’Organisation internationale des employeurs; national, par l’intermédiaire d’EconomieSuisse, l’Union suisse des arts et métiers (USAM) et l’Union patronale suisse; et localement, au travers de l’Union des associations patronales genevoises (UAPG).

Au niveau suisse, les positions de Blaise Matthey contrastent nettement avec celles du patronat alémanique. Un patron «de gauche»? Les divergences du monde patronal suisse s’affichent au grand jour lors des votations. Osmose avec l’Entente Les défis de l’avenir Créé: 08.02.2018, 19h37. Les hommes de pouvoir 1/10: L’enquiquineur courtois qui fait bouger Genève - News Genève: Actu genevoise. Il montre une certaine retenue. Mais malgré le poids lié à son nom et à ce qu’il représente à Genève, Ivan Pictet garde la fraîcheur d’un gentleman farmer. Et un humour so british. Pictet, c’est d’abord une banque privée. L’une des plus anciennes: elle existe depuis 1805. Deux cent douze ans. Quatre mille cents emplois.

Lire aussi l'éditorial: L’autre visage du pouvoir Mais ce n’est pas dans son tempérament. Ivan Pictet, homme d’action? À côté de ses réalisations, l’influence d’Ivan Pictet se mesure à son réseau. Et comment évalue-t-il l’importance de ses réseaux? Des réseaux, cela s’entretient, se cultive comme une forêt de bonsaïs. Le Genevois peut s’appuyer sur la riche histoire d’une famille d’extraction paysanne (originaire de Neydens, au pied du Salève) et remontant à 1344. Aucune tribu genevoise n’a donné à la ville autant de syndics: plus d’une douzaine avant 1792. Ivan Pictet s’est rapproché de la politique il y a plus de vingt ans, en 1993. Estimez-vous avoir du pouvoir? Les hommes de pouvoir 2/10: L’éminence grise de la place financière genevoise - News Genève: Actu genevoise. Chaque matin de la semaine, Me Carlo Lombardini, 53 ans, se rend au travail à pied.

Du quartier des Bastions à son étude, il promène son visage fermé. Sévère. «C’est que je réfléchis en marchant», précise-t-il. En apparence, ce fils de banquier milanais ressemble à n’importe quel avocat à la serviette. Pourtant, derrière cette discrétion et son regard bleu-gris se cache un homme puissant. À l’étude, sise à la rue de Hesse, son confrère Me Robert Assaël décrit un homme qui maîtrise ses dossiers «à fond et anticipe toute surprise». «Pas charismatique» Néanmoins, sa réserve interpelle certains. Attaques contre le secret bancaire, procédures contre les banques helvétiques, échanges automatiques d’informations, en quelques années, la Suisse perd son statut de refuge fiscal. Les passages de ses ouvrages sont régulièrement cités par le Tribunal fédéral, poursuit Me Hornung.

«Un faiseur de clarté» Créé: 31.01.2018, 18h43 Votre avis Avez-vous apprécié cet article? Les hommes de pouvoir 10/10: Des milliards, de l’audace et une influence certaine - News Genève: Actu genevoise. «L’argent permet de mesurer mon succès. Mais ce n’est pas mon moteur. Mon temps est plus précieux.» Dans le quartier des organisations internationales, le multimilliardaire Ernesto Bertarelli reçoit dans ses bureaux au luxe feutré. Il arrive, bronzé et tiré à quatre épingles. Nos interlocuteurs nous ont décrit un homme «normal». «Vraiment? Lire aussi: Qui influence le pouvoir politique à Genève? Durant la conversation, Ernesto Bertarelli reste sur ses gardes, tout en souriant volontiers. «Il travaille» À 52 ans, l’Italo-Suisse, qui «réside entre Vaud et Gstaad mais réfléchit à Genève», affiche un physique de séducteur. Désormais, le quinquagénaire pourrait se reposer, mais «il travaille», souligne Michel Bonnefous, un ami d’enfance.

Dans son entourage, la déférence, sinon la crainte, est palpable. «Bien sûr, l’argent lui donne du pouvoir, résume Michel Bonnefous. «Je ne suis pas Coubertin» L’ancien patron de l’EPFL Patrick Aebischer l’a beaucoup côtoyé. L’intéressé l’admet en riant.