Sarkozy et les Médias
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Face au vent de révolte qui souffle au sein de son propre camp, Nicolas Sarkozy s’est offert une tribune dans le Figaro afin d’apaiser les tensions. Mais sous la belle opération de reconquête, on ne perçoit plus que le spectre de la peur et du mensonge…. Renouer avec son électorat Nicolas Sarkozy, obsédé par les sondages comme nul autre président avant lui, le sait pertinemment : les affaires concernant son Ministre de la Culture ainsi que son fils cadet l’ont mis en porte à faux vis-à-vis de son électorat traditionnel .
Evénement dans le Nouvel Obs , Nicolas Sarkozy avoue avoir commis des erreurs. Mais sous le couvert de bonnes intentions et de déclarations de façade, rien ne change ou presque. De cette interview controversée, on retiendra donc, sur un air d’Iglesias, que non malheureusement, lui non plus, il n’a pas changé… Un monarque, conteur de ses propres exploits : A travers cette interview, on retrouve l’obsession permanente de Nicolas Sarkozy, celle de vouloir marquer l’Histoire, d’être l’hagiographe de son propre règne. Durant l’interview, il affirme pourtant le contraire : « Je ne me regarde pas agir.
Le rapport de la Cour des comptes paru jeudi dernier est un révélateur de plus de la collusion patente entre l’Etat et les médias. De la manipulation des sondages à celle des journaux gratuits, Nicolas Sarkozy instrumentalise l’opinion publique plus que n’importe quel autre Président avant lui… Il y a plusieurs enseignements à tirer de ce compte-rendu de la gestion élyséenne signé Philippe Séguin. On pourrait d’ores et déjà commencer par saluer les bonnes intentions de Nicolas Sarkozy : sa volonté manifeste de transparence est une bonne idée, qui permettra peut être de réinstaurer un climat de confiance entre le peuple et ses instances dirigeantes. Mais à la lecture du rapport, on se rend compte qu’il existe encore un décalage terrible entre les déclarations d’intention et les anomalies effectives enregistrées par la Cour des comptes.
Nicolas Sarkozy traverse une crise de popularité sans précédent. C’est désormais une évidence, sa stratégie de communication ne fonctionne plus. Prisonnier de ses discours et de l’influence de ses conseillers, le chef de l’Etat semble de plus en plus résigné.
Aborder les sujets importants sans tabou est une spécialité de la droite française décomplexée. Parangon de l’exercice, J. F.
montage (rue89) Les candidats qui rêvent de se lancer à l’assaut de l’Elysée en 2012 feraient bien de se dépêcher de lire « Le Sorcier de l’Elysée », passionnante biographie de Jacques Pilhan, le stratège de la communication de François Mitterrand puis de Jacques Chirac. L’auteur, François Bazin, dresse le portrait d’un homme à la fois enthousiaste et cynique, joyeux et calculateur, mêlant avec bonheur raisonnement analytique et fulgurances. Aujourd’hui, la méthode Pilhan -chercher le meilleur « positionnement symbolique » - influence toujours les hommes politiques, même s’ils s’en défendent : « faire du Pilhan », c’est en effet sacrifier le primat des convictions politiques sur l’autel de la com’.
Il y a un truc que les girouettes ont une bonne raison de détester (mais non, pas le vent), c’est l’archive. Quand l’archive est « audiovisuelle », l’effet est terrible : à la fois comique et pathétique. Prenez Eric Besson (par exemple). Dans l’interview ci-dessous (4 mai 2004), il dénonçait avec force le « sarkoshow » et fustigeait alors les cadeaux aux ménages aisés que se proposait d’accorder celui qui était alors ministre des Finances :
- Pages unes du Monde Philippe Wojazer / Reuters - Les journalistes du Monde confirment avoir des preuves que la DCRI (le contre-espionnage) a enquêté sur une de leurs sources, un magistrat de la garde rapprochée de Michèle Alliot-Marie. Une source qui aurait permis au journal de sortir des informations sur l’affaire Woerth-Bettencourt. Nous voilà donc en présence d’un conflit ouvert entre le journal le plus prestigieux de la presse française et le pouvoir exécutif. Le Premier ministre s’est inquiété que le secret de l’instruction soit violé. Alors François Fillon accuse la source, pas la presse mais par ricochet il fait aussi la leçon aux médias qui «livrent en pâture» des éléments de l’enquête.