Sarkozy et la déchéance de nationalité

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Si on en parlait ? Délinquance, immigration, origine ethnique, police. Retirons à Nicolas Sarkozy la nationalité française. - Photo: A Tremblay-en-France.

Retirons à Nicolas Sarkozy la nationalité française

REUTERS/Benoit Tessier - Les membres du Conseil Constitutionnel, qui prennent l’habitude de rendre des arrêts courageux, ou au moins assez iconoclastes, vont se frotter les mains. Voilà un cas des plus simples! Si jamais Nicolas Sarkozy s’entête à mettre en pratique ses viriles menaces de Grenoble sur la déchéance de la nationalité française, il y a fort à parier qu’on va se bousculer au bureau des saisines. Déchéance de la nationalité : Sarkozy contredit Nicolas.

Le chef de l’Etat veut déchoir de leur nationalité les délinquants d’origine étrangère.

Déchéance de la nationalité : Sarkozy contredit Nicolas

En 2006, il refusait toute forme de double peine. Nicolas Sarkozy avec Brice Hortefeux à Grenoble ce vendredi (Philippe Wojazer/Reuters) Au plus bas dans les sondages de popularité, Nicolas Sarkozy mise une nouvelle fois sur la sécurité pour regagner l’adhésion de l’opinion. A l’occasion de l’installation du préfet de l’Isère, l’ancien policier Eric Le Douaron, il a annoncé, ce vendredi à Grenoble, vouloir déchoir les délinquants d’origine étrangère de leur nationalité : Le président, l'escalade et l'amalgame. Déchéance de la nationalité française.

Le président, l'escalade et l'amalgame

Les mots sont lourds, très lourds de sens. Ce sont pourtant bien ceux que le président de la République a employés, vendredi 30 juillet à Grenoble : "La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique", a-t-il martelé, dix jours après les émeutes qui ont enflammé le quartier de la Villeneuve. De même, il a souhaité que "l'acquisition de la nationalité française par un mineur délinquant ne soit plus automatique au moment de sa majorité".

Le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a surenchéri, dimanche 1er août, en précisant que les déchéances de nationalité devraient également pouvoir être prononcées "en cas d'excision, de traite d'êtres humains ou d'actes de délinquance grave". Melissa Bounoua: Aujourd'hui je lis des tru... Délinquance, immigration : Sarkozy poursuit son virage à droite. Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Samuel Laurent Lutte contre la délinquance, encore et toujours.

Délinquance, immigration : Sarkozy poursuit son virage à droite

En venant installer le nouveau préfet de l'Isère à Grenoble, ville qui a été le théâtre de violences urbaines voici quelques semaines, le chef de l'Etat poursuit son action contre "l'insécurité", une action destinée à lui faire reconquérir une partie de son électorat populaire séduite par le Front national. Gilles BON-MAURY: Faute de pouvoir démontrer... Untitled. LE MONDE pour Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Arnaud Leparmentier Dans un long entretien au journal Le Monde daté du mardi 3 août (lire l'intégralité de l'article dans l'édition abonnés du Monde.fr et dans l'édition papier du Monde daté du mardi 3 août), l'historien et spécialiste des questions d'immigration Patrick Weil, auteur de Qu'est-ce qu'un Français ?

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Histoire de la nationalité française depuis la Révolution (Gallimard, 2005), revient sur les mesures de déchéance de nationalité envisagées par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux. Pour Patrick Weil, en proposant de déchoir de leur nationalité les Français d'origine étrangère ayant attenté à la vie de policiers, Nicolas Sarkozy a franchi un cap car il semble vouloir faire de la déchéance de nationalité "un instrument politique banalisé". Pourtant, rappelle-t-il, "depuis les déchéances massives de la première moitié du XXe siècle en Europe, le droit à avoir une nationalité est devenu un droit de l'homme quasi inaliénable. Nationalité : "Revenir en arrière serait gravissime" pour Guigou. L’ex-garde des Sceaux fustige sur Rue89 la volonté de Sarkozy de déchoir de leur nationalité les délinquants d’origine étrangère.

Nationalité : "Revenir en arrière serait gravissime" pour Guigou

Elizabeth Guigou lors de la quinzième université d’été du PS à La Rochelle, le 29 août 2008 (Audrey Cerdan/Rue89). Elisabeth Guigou avait bataillé sous le gouvernement Jospin pour que les criminels français d’origine étrangère ne puissent plus perdre leur nationalité après une condamnation à au moins cinq ans de prison. Et pour que les immigrés de deuxième génération nés en France deviennent automatiquement français. Une double victoire acquise le 16 mars 1998 avec la promulgation de la loi relative à la nationalité, qui allait désormais porter son nom. L’ex-ministre socialiste voit aujourd’hui ces deux mesures remises en cause par la volonté de Nicolas Sarkozy, exécutée par un ancien du PS, Eric Besson. Nicolas Sarkozy met la déchéance de nationalité au coeur de sa politique sécuritaire. Nicolas Sarkozy a ciblé les délinquants d'origine étrangère, à l'occasion de l'installation du nouveau préfet de l'Isère, vendredi 30 juillet, à Grenoble.

Nicolas Sarkozy met la déchéance de nationalité au coeur de sa politique sécuritaire

Ainsi envisage-t-il pour la première fois de les déchoir de leur nationalité. "Il ne faut pas que nous hésitions à réévaluer les motifs pouvant donner lieu à la déchéance de la nationalité française", devait dire le chef de l'Etat selon le texte de son discours. "La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme ou de toute personne dépositaire de l'autorité publique.

" De même, M. Front National » Immigration. Samuel Laurent: @zeyesnidzeno Non, justeme... Samuel Laurent: @LaurentDUBOIS Ce qui, pou... Samuel Laurent: @LaurentDUBOIS Ok, tout es... Samuel Laurent: @LaurentDUBOIS Mais sinon,... Emile Josselin: Préambule de la constituti... Sondage : 59 % des Français pensent que la délinquance augmente - VIE POLITIQUE. Quand l'UMP flirte avec le racisme. Lionel Luca, fin août Après le rejet de la demande de remise en liberté de René Galinier, un septuagénaire incarcéré pour avoir tiré sur deux jeunes filles roms entrées par effraction dans son domicile, interrogé sur le fait que le septuagénaire ait parlé de "sale race", le député des Alpes-Maritime tranche: "Il a eu tort de le dire; il a le droit de le penser".

Quand l'UMP flirte avec le racisme

Lionel Tardy, 28 juilletPendant la finale du championnat d'Europe d'athlétisme, le député s'interroge sur tweetter : "avec le nombre d'athlètes naturalisés peux t'on encore parler de championnat d'Europe d'athlétisme? ". Luc Chatel, 21 juilletL'annonce, par le président de la république, d'une réunion à l'Elysée sur les "gens du voyage" a inspiré le porte-parole du gouvernement: "On a beau être rom, gens du voyage, parfois même français au sein de cette communauté, eh bien on doit respecter les lois de la République. " La question Rom a d'ailleurs provoqué une avalanche de déclarations douteuses dans la majorité.

Intégration: Eric Besson "revendique le droit à la nuance" - France - Toute l'actualité en France. "Ni déni de réalité, ni généralisation" © ©REUTERS/ Jacky Naegelen - Radio France “Nous subissons les conséquences de 50 années d'immigration insuffisamment régulées qui ont abouti à un échec de l'intégration” avait affirmé le président de la République à Grenoble.

Intégration: Eric Besson "revendique le droit à la nuance" - France - Toute l'actualité en France

Eric Besson qui se rappelle qu'il est aussi le ministre de l’Intégration, a donc décidé de revendiquer son "droit à la nuance": “Tous les jeunes étrangers ou Français d'origine étrangère ne sont pas, loin s'en faut, des délinquants, et la France est aussi riche de ses entrepreneurs, chercheurs, artistes, sportifs issue de l'immigration, symbole d'une intégration réussie.

En tant que ministre de l'intégration, je revendique le droit à la nuance. Ni déni de réalité, ni généralisation.” Recadrage concerté avec l'Elysée devant la polémique, ou prise de distance? L’ombre de Le Pen plane sur le débat. Déchéance de nationalité , lien entre délinquance et immigration, droits et devoirs des étrangers. Autant de thèmes fondateurs du Front national. Ils sont aujourd'hui au centre des débats entre majorité et opposition, la gauche fustigeant l’attitude de Nicolas Sarkozy accusé de droitiser son discours, le FN lui reprochant de copier leur chef, sans aller au bout de ses idées. "Une offensive sécuritaire limite" Pierre Moscovici n'hésite pas à considérer que Nicolas Sarkozy fait du "Le Pen light". Hortefeux s'apprête à faire des propositions sur la déchéance de nationalité. Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a annoncé samedi qu'il ferait ce mois-ci à Nicolas Sarkozy des "propositions de mise en oeuvre juridique" de la déchéance de nationalité française, notamment pour les faits de meurtres de policiers ou de polygamie.

Hortefeux s'apprête à faire des propositions sur la déchéance de nationalité

"Je ferai des propositions d'ici à la fin du mois au président de la République pour la mise en oeuvre juridique de la mesure de déchéance de la nationalité contre les auteurs d'homicides de dépositaires de l'autorité publique, de polygamie et d'excision. " Nicolas Sarkozy avait déclaré vouloir instituer la déchéance de nationalité pour les Français «d’origine étrangère» meurtriers de policiers et de gendarmes. En déplacement à Perpignan (Pyrénées-orientales), il a assuré que ces propositions se feraient "en liaison" avec ses collègues de la Justice, Michèle Alliot-Marie, et de l'Immigration, Eric Besson. Actuellement, les possibilités de déchéance de la nationalité sont strictement encadrées par la loi.

Mariton: "Un stage de cinq ans pour devenir français" Paru dans leJDD Hervé Mariton préfère un stage de probation de cinq ans, plutôt que la déchéance. (Reuters) Classé villepiniste sans pour autant avoir adhéré à République solidaire, le député UMP de la Drôme proposera mardi au bureau du groupe UMP de l’Assemblée nationale de rendre plus longue et plus difficile l’obtention de la nationalité française.

Une idée alternative au projet de déchéance de la nationalité sur laquelle Nicolas Sarkozy doit rendre ses arbitrages lundi. Déchéance de la nationalité.