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Usbek & Rica

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À Dublin, les robots ont des pulsions suicidaires. La science-fiction, outil précieux pour imaginer les futurs de la démocratie. Maître de conférences en science politique à l'université de Nice, spécialiste de la gouvernance environnementale et des imaginaires politiques dans la science-fiction, Yannick Rumpala explique, dans les lignes qui suivent, la nécessité de sortir des cadres conventionnels pour essayer d’appréhender les futurs de la démocratie.

La science-fiction, outil précieux pour imaginer les futurs de la démocratie

Il y a des textes qu’on lit avec un brin de déception. Dans mon cas, par exemple, un article d’Yves Sintomer (professeur de science politique à l’Université Paris 8) récemment paru sur « Les futurs de la démocratie au XXIe siècle », dans le dernier numéro de la revue Raison publique [1], et qui reprend en fait pour l’essentiel un texte déjà publié dans un ouvrage collectif [2]. Démocratie : changer les règles du jeu. Des institutions en panne, des élus déconnectés de la réalité, des partis qui confisquent la démocratie… Jamais le niveau de défiance des Français envers les politiques n’avait été aussi criant sous la Ve République.

Démocratie : changer les règles du jeu

Même l’élection présidentielle ne passionne plus. La preuve qu’il est urgent de changer de logiciel pour revivifier la démocratie. Après avoir exploré dans son précédent numéro une réforme possible de l’éducation, Usbek & Rica poursuit son travail de prospective sur « la France que nous voulons » en dessinant les contours d’une nouvelle République plus juste, plus participative et surtout plus efficace. D’habitude, à un an de l’échéance présidentielle, les Français se passionnent déjà pour le futur casting de l’élection. Trump président : trois leçons pour le futur. Les animaux seront-ils bientôt des citoyens comme les autres ?

Avec la publication en français du livre Zoopolis, les antispécistes approfondissent leur réflexion sur ce que serait une société idéale.

Les animaux seront-ils bientôt des citoyens comme les autres ?

Une société où chaque animal verrait ses droits renforcés, en vertu de sa personnalité et de son identité individuelle. Les animaux les plus intégrés pourraient même devenir des citoyens comme les autres. Comment préserver sa capacité d’émerveillement ? L’émerveillement n’a plus la cote, en tout cas officiellement. On lui préfère les idées de productivité, de performance immédiate, on l’écarte comme une puérilité déplacée. Pourtant, le besoin de merveilleux est toujours là, intact. L'humanité va-t-elle devenir débile ? Depuis plus d'une quinzaine d'années, une baisse des facultés cognitives moyennes est constatée dans de nombreux pays.

L'humanité va-t-elle devenir débile ?

En cause ? D'après certains chercheurs, l'absortion grandissante de produits chimiques. Comme d'habitude, les transhumanistes ont des solutions à proposer. Va-t-on vers une humanité de débiles ? Du concret pour les réfugiés. On se sent souvent impuissant face aux problématiques liées à "la crise des réfugiés".

Du concret pour les réfugiés

Il existe pourtant des initiatives concrètes, portées par des entrepreneurs sociaux, des associations ou des étudiants... "Caravans against war", un projet d'éducation itinérant en Syrie Le Project Al Caravan a été crée en 2013. Huit bâtiments et quatre caravanes sont dédiés à l'éducation, au divertissement et proposent des ateliers culturels. Ces caravanes circulent dans les camps de réfugiés en Syrie dans les villes de Idlib, Alep, Lattaquié, Homs, Damas et Daraa. Faut-il se séparer des beaufs et des pauvres ? Après le Brexit et Trump, l’hétéro-beauf peut faire tomber la France. Faut-il l’exclure du groupe ? C’est l’une des questions que tout le monde se pose tout bas sans oser la formuler en vrai : alors que le mâle blanc plutôt raciste, petit employé ou sans emploi vivant à la cambrousse ou dans des villes moyennes ou dans du périurbain dégradé a plongé la Grande-Bretagne dans le Brexit et les Etats-Unis dans le trumpisme, faut-il déclarer son indépendance vis-à-vis de ce gros con qui n’a rien à voir avec nous mais qui nous pourrit la vie ?

Parce qu’au train où vont les choses, une majorité de Français vont élire Marine en mai prochain, on n’aura rien demandé mais on devra s’y plier. « On » qui ? Eh bien nous quoi. Pourquoi la règle idiote de la majorité simple devrait s’imposer à tous alors que notre monde est cool et le leur naze ? Oui, ce serait pratique. Refaire de la politique. Certes, la mise sur orbite de François Fillon pour 2017 consacre la revanche du vieux monde.

Refaire de la politique

Mais elle doit aussi nous interroger sur la relation pudibonde que notre génération entretient avec la politique. Avant tout, un mea culpa. Alain Juppé ne sera pas un « Pape de transition », comme je l’écrivais il y a quelques semaines. Ce sera un autre type, un type qui d’ailleurs a davantage le profil d’un souverain pontife. Mais à l’heure où j’écris ces lignes, je me garderais bien de tout pronostic.

Pourquoi les politiques ne comprennent rien au numérique. En 1996, Jacques Chirac appelait « mulot » une souris d’ordinateur.

Pourquoi les politiques ne comprennent rien au numérique

Vingt ans plus tard, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian disserte sur les performances des « algorismes »… Des termes qui pourraient prêter à sourire s’ils ne révélaient pas l’absence de culture numérique d’une grande partie de la classe politique française. À l’heure où le gouvernement s’apprête à dévoiler les contours de sa loi sur le numérique, Usbek & Rica a cherché à comprendre pourquoi les politiques ont tant de mal à cerner tout ce qui touche à Internet et aux nouvelles technologies.

Et pourquoi cette méconnaissance de la chose numérique pourrait finir par être un vrai handicap pour la France. « Nous passons à côté de la révolution numérique. » C’est depuis la terrasse de l’Assemblée nationale qu’Isabelle Attard délivre sa sentence.