Institut pour la justice : hold-up à droite sur les victimes. Idéologie, méthodes, finances : enquête sur cette association opaque qui a recueilli 900 000 signatures en dix jours à son « Pacte 2012 pour la justice ».
Capture d’écran du site de l’Institut pour la justice L’histoire de Joël Censier est triste, comme à chaque fois qu’un crime touche une famille. Mis en ligne le lundi 7 novembre, son témoignage parlé a été écouté plus d’un million de fois en onze jours. Ce policier raconte le meurtre de son fils Jérémy, en 2009, et les suites très insuffisantes que lui donne la justice, selon lui – le meurtrier présumé a été libéré après un vice de forme, en attendant de comparaître aux assises.
Lorsqu’il parle, Joël Censier a parfois des sanglots dans la voix. . « Dès les premières heures de la procédure, la justice s’est rangée du côté des assassins. » Un million, c’est le nombre approximatif de « J’aime » de ce témoignage sur Facebook, dont l’effet viral joue à plein. Le combat d'Eolas contre "l'Institut pour la Justice"
Une vidéo poignante vue par plus d'un million d'internautes, un pacte 2012 proposé par une association baptisée "Institut pour la Justice" (IPJ) et un blogueur influent particulièrement remonté.
L'affaire Censier, du nom d'un jeune homme décédé en août 2009 des suites d'une agression, a quitté la semaine dernière la sphère judiciaire pour devenir une affaire médiatique. Le père de la victime a mis en ligne sur internet une vidéo dans laquelle il fait un récit particulièrement poignant du drame qui a abouti à la mort de son fils. Dans cette vidéo, il dénonce les dysfonctionnements de la justice, qui ont abouti à la libération de celui qui s'est accusé d'avoir porté les coups mortels. Et il appelle les citoyens à voter pour le pacte 2012 de l'IPJ, un texte réclamant davantage de répression contre les criminels. Mais attention, pour Maître Eolas, célèbre avocat de la blogosphère, tout ceci ne serait qu'une "manipulation".
Contre-attaque de l'IPJ contre Eolas (Atlantico) Récupération politique d'un fait tragique. La face cachée de Maître Eolas. Le blog de Maître Eolas a acquis au fil des années de l'influence dans le milieu du droit.
Il est lu par beaucoup d'étudiants, de jeunes avocats, de magistrats et de journalistes. Il faut dire que le blogueur ne manque ni de talent, ni d'ardeur, ni d’humour, pour rendre accessibles aux débutants des questions juridiques complexes. Le problème, c’est que derrière son discours en apparence technique et juridique se cachent bien souvent des partis pris politiques et idéologiques sur les questions pénales. La mystification passe d’autant mieux auprès des personnes non averties que la politique pénale n’occupe pas la totalité de ses billets, qui mêlent métier de l’avocat, Hadopi, débats sur l’Union européenne et bien d’autres sujets encore, sur lesquels Eolas ne présente pas la même rigidité dogmatique. Pacte 2012, raison et sentiments. Le seul coupable pour avoir signé les propositions de l’Institut pour la Justice suite à leur vidéo, c’est moi.
Pour avoir confondu raisons et sentiments et cédé sans esprit critique au marketing. Un article de Georges Kaplan. Voici une vidéo qui circule beaucoup depuis quelques jours sur internet ; elle a été publiée par l’Institut Pour la Justice (IPJ) pour nous inciter à soutenir leur Pacte 2012 pour la Justice. Et voici les commentaires de Me Eolas sur son blog qui accuse l’IPJ de se livrer à une manipulation éhontée.
Raison et sentiments J’ai un aveu à faire : j’ai reçu le lien vers cette vidéo par mail et je l’ai signée. Entendons-nous bien : je ne porte pas de jugement sur ce que propose l’IPJ. En relisant – attentivement cette fois – les points avancés par les uns (l’IPJ) et les autres (Me Eolas), je réalise que je suis en vérité en désaccord avec les deux parties sur un point de détail : le rôle même de la justice, des lois et des sanctions. Une petite philosophie du droit. Attention manipulation : le billet de Maître Eolas sur le Pacte 2012 / Nos communiqués de presse / Nos communiqués - Institut Pour La Justice.
Attention manip : le "pacte 2012" de "l'Institut pour la Justice" Depuis quelques jours, un appel à signer un “Pacte pour la justice” en vue de l’élection présidentielle de 2012 circule sur internet, émanant de l’Institut pour la Justice (IPJ), que mes lecteurs connaissent bien, hélas pour eux. Dans un premier temps, j’ai consacré à cette initiative le traitement que je réserve à toutes celles de l’IPJ, c’est-à-dire mon plus profond mépris. Mais je dois reconnaître que l’IPJ est en train de réussir son coup, avec sa méthode habituelle : mettre en avant la douleur d’une victime qui se défend de mettre en avant sa douleur, des affirmations que rien ne vient étayer si ce n’est la parole de la victime, étant entendu que quiconque est contre est un salaud qui méprise la douleur d’un père, un droitdel’hommiste bobo naïf, et bien évidemment l’ami du crime.
J’ai quand même été quelque peu soulagé de constater que sur la centaine de personnes qui m’ont signalé ce lien, la plupart avaient une approche méfiante et voulaient des explications. Tout le contraire ? Le Pacte 2012 pour la Justice - Institut pour la Justice.