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Le nucléaire en question

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L'Europe remet en question le nucléaire. La catastrophe en cours au Japon a réveillé les revendications antinucléaires en Europe. Mais pour les dirigeants, la fin de l'utilisation de l'énergie nucléaire n'est pas envisageable. Eric Besson s'y prépare : la catastrophe au Japon va entraîner "un débat autour de notre production énergétique et notre production nucléaire". Pour le ministre de l'industrie, "l'onde de choc [...] va toucher l'Europe et la France", et le débat va monter dans tous les pays concernés. Et en effet, des personnalités politiques de toute l'Europe ont réagi rapidement, et pas seulement du côté des écologistes. Le conscensus pour une intensification des règles de sécurité est clair. Certains pays ont annoncé rapidement des mesures . Mais ces deux pays restent des exceptions. Sacré coup dur pour le nucléaire. En UE, inspection générale des centrales.

Fiction: 2035, une France sans nucléaire. L'Allemagne sort du nucléaire. Rien ne sera plus comme avant ? Le ministre de l'Environnement allemand a annoncé dans la nuit que tous les réacteurs du pays fermeraient d'ici 2022. Les sept plus vieux d'entre eux, fermés depuis la catastrophe de Fukushima au Japon, ne rouvriront pas. Panorama de qui attend l'activité outre-Rhin. Dans l’immédiat, l’Allemagne va rapidement devoir trouver un substitut pour les huit réacteurs arrêtés au lendemain de Fukushima, et qui ne redémarreront pas. La décision de ne pas remettre en service les plus anciens entraîne un manque de 7 GW de puissance installée.

Soit la consommation annuelle d'environ 3,5 millions de foyers, sur les 110 GW que compte en tout le pays. Comment l’Allemagne a-t-elle fait jusqu’à présent ? Le mix énergétique allemand Charbon : 43% Gaz naturel : 14%. "L'Hexagone a exporté en moyenne 7 GW ce dernier mois", indique Colette Lewiner, directrice de l’activité Energie, Utilities et Chimie de Capgemini au niveau mondial.

Un expert favorable au nucléaire ose. Puis la Suisse... Le gouvernement suisse a recommandé au parlement de ne pas remplacer les cinq centrales nucléaires du pays. "Le conseil fédéral (gouvernement) souhaite continuer de garantir une sécurité élevée de l'approvisionnement énergétique en Suisse, mais sans nucléaire à moyen terme. " Cet avis recommande de ne pas remplacer les centrales suisses au terme de leur durée d'exploitation. D'ici 2034, elles devraient donc être progressivement mises à l'arrêt.

Le gouvernement affirme qu'un "abandon progressif est techniquement possible et aussi supportable du point de vue économique". Le gouvernement s'est également adressé aux responsables économiques du pays. Ils sont invités à "faire baisser la consommation énergétique dans leurs entreprises". Berne compte sur "le développement de la force hydraulique et des nouvelles énergies renouvelables" pour compenser l'énergie nucléaire. Le choix du conseil fédéral sert de recommandation pour le parlement, qui suit en général les décisions du gouvernement. Et enfin, la Belgique. Dimanche 30 octobre, au sortir de la réunion sur la formation du nouveau gouvernement belge, les négociateurs et le futur Premier ministre pressenti, le socialiste Elio Di Rupo, sont tombés d’accord.

Les sept réacteurs nucléaires fermeront progressivement dans le pays, à partir de 2015. Une décision lourde de conséquence pour le groupe français GDF Suez. La Belgique a confirmé le principe de sortie du nucléaire à partir de 2015, sans toutefois fixer de date précise pour la fermeture des premières tranches. Cette sortie reste conditionnée à ce que la Belgique trouve suffisamment de sources d'énergie alternatives au nucléaire pour éviter toute pénurie. En effet, le nouveau gouvernement aura la charge d’élaborer, dans un délai de six mois après son entrée en fonctions, un plan d’équipement permettant de remplacer les centrales par de nouvelles sources d’énergies diversifiées. Six ans plus tard, cette loi avait été abandonnée. GDF Suez plombé par la sortie du nucléaire belge.