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Choix de lectures autour de l'argumentation

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L'Ingénu - Voltaire. L'histoire de "L'ingénu" se déroule en 1689 et Voltaire rédige le conte presque un siècle plus tard en 1787.Voltaire enrichit ici la formule du conte philosophique qu'il a déjà utilisée pour écrire son "Candide". A travers les aventures d'un jeune Huron débarqué fraîchement en Basse Bretagne depuis son Canada natal, c'est toute la société de l'Ancien Régime et ses dysfonctionnements qui sont durement fustigés ici par Voltaire. Corruption, intolérance religieuse, étroitesse d'esprit, préjugés, tout ressort encore plus durement à travers les observations fines et détachées de ce jeune étranger.

Le Huron est d'abord accueilli au sein d'une société provinciale particulièrement étroite de vues. Ainsi l'abbé local ne conçoit pas qu'un homme né hors de France puisse avoir le sens commun. Ce jeune Huron que l'on va baptiser "Hercule", va rapidement bousculer les habitudes et les manières de voir bien ancrées des notables locaux. Candide - Voltaire. Quel est le degré d'ironie contenu dans la fameuse ritournelle de Pangloss : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » ?

Non, non, je ne plaisante pas, aussi étonnante et indéfendable que cela puisse paraître, je pose sérieusement la question.Lorsque j'étais lycéenne (Oh ! Pour elle, ça date ! Comme disait Anouar), on m'a présenté Candide comme l'un des textes fondamentaux de Voltaire où celui-ci démolit Leibniz en le ridiculisant sous les traits d'un vieux philosophe gâteux et complètement à côté de la plaque nommé Pangloss. Il est vrai qu'à l'époque on n'avait pas pris le temps de me présenter les travaux de Leibniz ou de Rousseau ni même d'autres textes de Voltaire, au premier rang desquels on pourrait placer le Monde Comme Il Va.Ainsi, j'en étais restée, dans mes années lycée, à une sorte de règlement de comptes entre philosophes dont Voltaire était sorti grand vainqueur en dégainant ce seul Candide.

. + Lire la suite. Zadig ou la Destinée - Voltaire. Au temps de Babylone, Zadig tente de trouver le bonheur. Mais il est déçu de ses rencontres qui le mènent toujours à risquer sa vie. Tour à tour exilé, réfugié, favori et esclave, il embarque dans un périple qui, il l'espère, le conduira à enfin être pleinement heureux...Zadig... Encore une oeuvre où je me suis dit qu'il fallait que je la lise, pour la culture, parce que c'est le genre de bouquin qu'on est censés avoir lu au moins une fois dans sa vie. Ce genre de lecture, motivé par un choix purement basé sur la connaissance et non l'envie, s'est souvent révélé par le passé comme étant peu productif pour moi. On a ici affaire à un conte philosophique narré à travers différents chapitres ressemblant presque à des fables à morale qui pourraient fonctionner seules s'il n'y avait quelques récapitulatifs du chemin parcouru, un certain ordre chronologique ou une finalité à l'ensemble. Micromégas - Voltaire.

Voici un petit recueil qui regroupe trois assez courts contes philosophiques assez différents par la forme mais qui tous à leur façon ont tendance à tirer à boulets rouges sur " le monde " parisien et ses travers. Le plus célèbre des trois est Micromégas, que j'aime assez, vient ensuite le Monde Comme Il Va, qui est mon grand coup de coeur du recueil, et viennent ensuite Jeannot Et Colin, conte qui en tous points me ravit moins que les précédents.Micromégas est un gentil petit conte philosophique, bref et plaisant comme Voltaire savait les faire.

Une allusion sous chaque mot, comme autant de messages codés, destinés à dire sans dire pour éviter censure et sanction. Sans que ce jeu de dupe trompe probablement qui que ce soit car les contemporains devaient savoir très exactement à qui s'adressait tel ou tel trait lancé dans les cieux sous des airs anodins mais qui ne l'étaient pas. Le chevalier inexistant - Italo Calvino. Un chevalier extraordinaire est le héros de ce court roman (ou conte). Un chevalier discipliné, courageux, charismatique, galant; parfait, mais qui n'existe pas! Son armure est vide! De la chevalerie partout dans ce roman; des guerres, de l'amour galant, des couvents, des chevauchés, de la vengeance, de l'honneur, tout cela raconté avec l'humour tout en finesse d'Italo Calvino. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de roman à la Chrétien de Troyes, avec cette atmosphère chevaleresque. Et j'avais lu ce roman sans avoir aucune information à son compte (j'imaginais autre chose) et j'ai été surpris.

En plus c'était le roman avec lequel je voulais découvrir le fameux Italo Calvino. La qualité de ce livre est qu'il nous présente ce monde d'une manière moderne, sans archaïsme; c'est comme s'il traduisait en langue actuel un écrit très ancien de langue française moyenâgeuse, en allégeant le récit de tout ce qui peut ennuyer le lecteur moderne ou le rebuter. Le Baron perché - Italo Calvino. Ce livre se trouvait sur ma table de nuit depuis un petit moment. Exemplaire offert par l'éditeur et le cercle de l'enseignement.

J'appréhendais un peu m'imaginant une lecture scolaire "obligatoire".Ayant repris le chemin du boulot et donc le train train quotidien j'ai embarquée à bord de mon TER ce poche à la couverture artistique. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre mais finalement j'ai bien apprécié cette lecture. L'histoire est celle d'un jeune homme de noble famille qui à la suite d'une dispute familiale décide de s'exiler sur les arbres. Il s'affranchit ainsi des règles instaurées par sa famille. Côme de Rondeau devient ainsi le baron perché. Le Vicomte pourfendu - Italo Calvino. Cinquante nuances de gris. Non, ne croyez pas que je vais vous parler du "livre" le plus vendu de l'année 2012 : je ne l'ai pas lu et me suis contentée de lire quelques critiques, dont certaines sont d'ailleurs hilarantes. Alors, pourquoi ? Parce que c'est le message que nous envoie ce court texte.

Nous ne sommes ni tout noirs ni tout blancs, nous sommes tous gris. Le vicomte pourfendu est un conte philosophique, un petit bijou que le grand Voltaire n'aurait pas renié. . + Lire la suite. Nos ancêtres : Le Vicomte pourfendu - Le Baron perché - Le Chevalier inexistant. Les trois contes de Calvino en un livre. La peste - Albert Camus. La Peste ne parlerait que de la peste ? Ce serait éluder un peu trop rapidement le talent d'Albert Camus. Ses livres sont des strates qui entrecroisent plusieurs récits à plusieurs niveaux, tous étant essentiels les uns aux autres. La trame de l'histoire est simple et respecte la thématique annoncée.

Dans les années 1940, la peste se déclare à Oran et force ses habitants à une mise en quarantaine qui déchaîne d'abord des réactions passionnées, avant de céder place à une indifférence de plus en plus tenace à mesure que la période de réclusion se prolonge. La peste semble alors ne jamais devoir finir et les habitants se résignent à ne plus revoir ceux dont ils sont coupés et –c'est peut-être le plus difficile- à devenir des personnages anhistoriques.

Pourtant, autour d'eux, la peste continue à faire des ravages et ne laisse jamais deviner l'identité de ses futures victimes. Le récit, pris en charge par un narrateur d'abord mystérieux, se concentre sur le personnage du docteur Rieux. 188 contes à régler - Jacques Sternberg. La métamorphose - Franz Kafka. La métamorphose est un recueil de 16 nouvelles de longueurs inégales (allant de 3 phrases à 85 pages) dont la plus étoffée est la nouvelle titre, "La Métamorphose". Que dire après les centaines de critiques qui ont élevé Kafka à des hauteurs inaccessibles et les millions de gens qui l'ont lu et relu et re-relu ? Juste donner un avis sincère et humble de l'impression produite par ce recueil sur un sujet lambda. L'écriture est fluide, mais très vite les incohérences avec la réalité s'érigent en maîtresses. Pourtant on reconnaît la réalité mais les altérations perturbent la vision, un peu comme un tableau de Bacon.

Pour être franche, je n'aime pas toujours spécialement, mais cela a un caractère de curiosité indéniable. L'impression que j'en retire est celle d'un auteur qui aurait eu la faculté de se remémorer ses propres rêves (ou cauchemars, c'est selon) et qui les aurait couchés sur le papier. 1984 - George Orwell. 1984 vient d'être retraduit par les éditions Gallimard, déjà détentrices de la précédente traduction datant de 1950, c'est-à-dire, réalisée aussitôt après la publication de l'original en 1949. Certes, toutes les traductions vieillissent mais celle-ci n'était peut-être pas des plus scandaleuses, contrairement à celle, par exemple, de Walden qui elle sent très très fort la naphtaline chez le même éditeur.Non, la raison profonde de cette nouvelle traduction n'est certainement pas tant la volonté de proposer aux lecteurs francophones quelque chose de fantastiquement plus fidèle mais bien le fait que l'an prochain, en 2019, le texte tombera dans le domaine public, si bien que l'on pouvait s'attendre de la part de la concurrence à une avalanche de nouvelles traductions.

La Perle - John Steinbeck. Lu dans le cadre du Challenge Nobel.Début du 20ème siècle, quelque part en Basse Californie, Mexique. Sur une plage de la côte Pacifique, les huttes de pêcheurs s'alignent. Décor paradisiaque ? Ca aurait pu… Mais nous sommes chez Steinbeck, alors vous feriez bien de vous préparer à une histoire dramatique, au lieu de rêver soleil et cocotiers. Kino, Indien, pêcheur, vit avec Juana et leur bébé Coyotito. Il ne possède que sa cabane et son bateau de pêche. Ils n'ont ni argent, ni instruction. Nouvelles inquiètes - Dino Buzzati. La Feuille Volante n° 1093Nouvelles inquiètes – Dino Buzzati – Robert Laffont. Traduit de l'italien par Delphine Gachet.L'univers de la nouvelle est particulier et réunir dans un recueil des textes écrits à des moments différents, sous des inspirations diverses tient parfois de la gageure. Ceux-ci ont en effet été publiés dans « Le Corriere della Sera », le célèbre quotidien milanais où Buzzati a occupé des postes différents de 1928 à 1972.

Il a gardé de son ancien métier de journaliste son sens de la concision qui sied si bien à ce genre littéraire et qui en fait l'originalité. Il a le souci du petit détail qui tient lieu de longues descriptions, joue avec le suspense au point que le lecteur en vient à désirer ardemment l'épilogue, surtout quand il met du fantastique dans son texte. Le Lièvre de Vatanen - Arto Paasilinna. De l'influence d'un événement apparemment anodin sur le cours de la vie d'un homme.

Vatanen est un journaliste finlandais qui rentre de reportage avec un collègue. Quand soudain, leur voiture percute un petit animal. Il s'agit d'un lièvre. Vatanen descend de la voiture, se saisit du lièvre et lui bricole une attelle de fortune. Sa vie ne sera plus jamais la même. Vatanen, à travers cet événement semble prendre conscience de la fragilité de la vie, du côté vain de son existence et de sa nouvelle responsabilité vis-à-vis de cet être vivant dont il se sent désormais responsable.

L'homme et l'animal semblent se comprendre sans même pouvoir se parler, une communion au-delà des mots. Nous allons donc, à leur côté, traverser la Finlande du Sud au Nord, Helsinki, Rovaniemi, Sodankyla... C'est très drôle, toujours surprenant et plein de bon sens. Conquis par l'écriture d'Arto Paasilinna, je me suis procuré Prisonniers du paradis qui m'attend sagement dans ma PAL. L'homme qui rétrécit - Richard Matheson. Richard Matheson est l'une des dernières étoiles de l'âge d'or de la Science-Fiction. Il nous a quitté en 2013 pour rejoindre les astres de cette littérature. de son passage sur Terre, il nous aura légué des écrits mémorables et de belles collaborations avec les grands noms du cinéma – Stephen Spielberg pour ne citer que lui.

De son premier succès « Journal d'un monstre » – courte nouvelle, mais stupéfiante –, il enchaîna avec le très décevant « les seins de glace ». « L'homme qui rétrécit » (1956) est son quatrième roman qui fait suite après le très célèbre « Je suis une légende » (dont la traduction française a erroné le sens du livre, « Je suis légende » correspondrait mieux).Richard Matheson agit avec nos peurs ataviques. Si on se réfère à « I am legend », l'être humain est conforté à l'effroyable idée d'être le dernier sur Terre. D'autres de ses récits s'interrogeront sur la possible vie après la mort. Enfer sur mesure : Et autres nouvelles.

La première nouvelle, qui donne son titre au recueil, met en scène une scène de famille légèrement décalée. Un vieillard dans son lit est entouré de sa famille et de son médecin, et se plaint bruyamment qu'on veuille l'assassiner. Dénégation évidente de l'autre camp, ponctués d'échanges truculents par moment en raison du dédain marqué de l'ancêtre. Si l'on y regarde de plus près, on constate que c'est la condition de l'artiste qui est exposée. le mourant est un poète, doublé d'un sémanticien, qui se voit accablé par la société entière, poussé au trépas avec une absence totale de remords.

Quant à l'enfer où atterrit l'artiste, il met en relief l'angoisse d'un monde où les mots n'ont plus de sens réel (n'oublions pas, le vieux est sémanticien), où règne le conformisme.Tout de suite, l'ouvrage embraye avec Avis à la population. Il est question cette fois-ci d'une lettre d'un écrivain de SF à son agent, où il lui explique les raisons pour lesquelles il ne peut plus pratiquer son art.