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Grèce

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La démocratie dévaluée. Aujourd’hui, qui souhaite consulter son peuple est considéré comme une menace pour toute l'Europe.

La démocratie dévaluée

Tel est le message des marchés, et des politiques aussi depuis le 31 octobre, dénonce le rédacteur en chef de la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Deux jours, c’est le temps qu’aura tenu le sentiment apparent de stabilité retrouvée des élites européennes. Deux jours entre l’image de la matriarche Merkel, vers laquelle le monde entier était tourné, et celle de la dépression. Un clinicien pourrait nous dire de quoi il retourne : c’est une pathologie.

Il pourrait nous décrire à quel point la psyché collective est malade, à quel point les fantasmes de grandeur et de confiance en soi qu’elle engendre sont faux et trompeurs. Les principes moraux détruits au profit de la finance Sur les marchés financiers, certains protagonistes analysent sans sourciller l’histoire de cette déchéance annoncée. Les politiques paniquent, parce que les marchés paniquent Papandréou montre une voie à l'Europe. Le marasme grec : enfin fini ? Le déficit s’est élevé pour l’année 2009 à un taux inédit de 13,6% du PIB selon l’Office européen des statistiques Eurostat.

Le marasme grec : enfin fini ?

C’est dans ce contexte qu’est apparue la fameuse crise de l’euro, qui a fait trembler les marchés financiers tout comme les responsables politiques européens. Leur réaction, rapide et en dépit de l’interdiction des traités européens, s’est traduite par la mise en place d’un plan de soutien en collaboration avec le Fonds Monétaire International (FMI), en échange d’une politique d’austérité d’une rare violence.

Le contexte social s’est alors tendu, entraînant grèves générales, manifestations voire émeutes, d’une ampleur incomparable à celle rencontrée en France lors du débat parlementaire sur le projet de reforme du système des retraites. Voilà donc quelques mois que ces mesures sont rentrées en application. Retour sur une année difficile pour la Grèce Ce sentiment va cependant vite disparaître. Vers la crise grecque L’UE dans la spirale, entre plan d’aide et suspicion. La Grèce épinglée pour ses statistiques économiques truquées.

L'erreur de Berlin et de Paris - Economie. Racontée par l'économiste Jean Pisani-Ferry dans son livre "le Réveil des démons.

L'erreur de Berlin et de Paris - Economie

La crise de l'euro : comment nous en sortir ? " (à paraître le 16 novembre chez Fayard), cette anecdote est éclairante sur les défaillances de la gouvernance économique européenne. En 2005, écrit-il, "l'office statistique européen, qui commençait à nourrir de sérieux doutes sur la qualité des comptes grecs, a demandé que lui soient donnés des pouvoirs d'investigation : qu'au lieu de seulement prendre note des chiffres qui lui sont communiqués, et d'éventuellement demander la reclassification de telle ou telle opération, il puisse conduire des vérifications sur pièces et sur place. Craignant que ces pouvoirs ne soient un jour utilisés à leur encontre, les Etats - Berlin et Paris en tête - ont refusé de laisser Eurostat conduire de tels audits.

Il faudra, pour connaître la vérité, attendre 2009 et les aveux de Georges Papandréou". Dommage ! Sophie Fay - Le Nouvel Observateur.