La plume d'Alioche>Impérieux anonymat. Dans son dernier billet consacré notamment à Rachida Dati, Philippe Bilger confie ses interrogations, légitimes, quant à l’anonymat de Dadouche et de Gascogne, ses collègues qui écrivent chez Eolas. Et ce magistrat très estimé d’écrire : " La liberté de l’expression, la spontanéité de l’opinion, l’immédiateté de la réaction, les forces et les faiblesses d’une intervention purement personnelle ont, à mon sens, pour nécessaire contrepartie la présentation d’un visage, la lumière d’une personnalité et l’offrande de soi pour être aisément et sans détour criblé de flèches, couvert d’éloges ou, ce qui est pire, apprécié avec une tiède neutralité". Quelle jolie plume ! Je ne me permettrais pas de répondre à la place de Dadouche et de Gascogne, je ne les connais pas et j’ignore les raisons profondes qui ont motivé leur choix de rester anonyme, même si je les devine.
En revanche, je puis vous exposer les miennes, ce qui me permettra au passage de m’expliquer devant les lecteurs de ce blog. Ah ! Si le geek est social, le commentaire l'est moins. Identité(s) 2.0. Où l’on compte les points, mais surtout les théories concernant l’identité (pas seulement) numérique. Dominique Cardon a posté un message sur le groupe Facebook dédié au site (jeu/expérience?) Sociogeek (voir aussi le geek est un animal social + quand les timides se lâchent) Il invite les premiers participants (6500) à inviter leurs ‘amis’ à répondre aux questions sur la pudeur et l’impudeur, histoire d’obtenir un échantillon un peu moins blogosphérique.
Car pendant ce temps, sur la blogosphère justement, la polémique enfle à propos de sociogeek. Les photos sont choquantes, c’est un fait, même si elles peuvent heurter certaines personnes #1 : on ne peut évaluer l’impudeur sans en passer par des images -subjectivement- impudiques (au premier rang des reproches on retrouve les enfants nus). Mais le gros de la critique porte néanmoins sur la méthode de l’exercice : entre jeu et expérience sociologique, les internautes sont partagées.
Faible représentativité de l’échantillon. Pour résumer. Quand les timides se lâchent ! J’avais lu récemment un billet de Vanina Delobelle (Global Product Director chez Monster, thèse de doctorat sur les médias sociaux) : les médias sociaux auraient-ils été inventés pour les timides ? Internet permet au timide d’outrepasser son malaise relationnel car, derrière son écran, il peut facilement créer du lien.
Cette distance est salvatrice, même si elle ne guérit pas de la timidité IRL. Elle remet surtout à égalité les internautes (logique du Peer-to-Peer). Libre au timide d’enclencher par la suite une stratégie de web présence en s’inscrivant à de multiples médias sociaux et en diffusant un contenu régulièrement mis à jour et disctinctif (discriminant?). Et c’est peut-être parce qu’il a franchi le Rubicon que le timide s’exhibe sans commune mesure.
Dominique Cardon s’interroge alors sur le déplacement de la pudeur (et de l’impudeur) dans les médias sociaux, et pas seulement chez le timide : pourquoi sommes-nous si impudiques ? Règlement intérieur - novövision.