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BLM en France

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Déboulonnage de statues, manifestations antiracistes : « Ce qui est en train de se jouer est un acte libérateur » Pour ne rien manquer de l’actualité africaine, inscrivez-vous à la newsletter du Monde Afrique depuis ce lien.

Déboulonnage de statues, manifestations antiracistes : « Ce qui est en train de se jouer est un acte libérateur »

Chaque samedi à 6 heures, retrouvez une semaine d’actualité et de débats traitée par la rédaction du Monde Afrique. Le dramaturge et acteur rwandais Dorcy Rugamba s’apprêtait à monter sur la scène du Théâtre national Wallonie Bruxelles le 12 mars lorsque le gouvernement belge a annoncé l’interdiction de toute manifestation culturelle en pleine pandémie de Covid-19. Il devait interpréter sa nouvelle pièce, Les Restes suprêmes, sur la restitution des œuvres d’art africaines pillées lors de la colonisation. « Un pays qui restitue ces œuvres entame réellement sa sortie de l’aventure coloniale, explique-t-il au Monde Afrique.

Mais la restitution seule ne suffira pas, il faudra également que les musées occidentaux changent leur discours sur ces œuvres, qui pendant longtemps ont été présentées comme des butins de guerre ou que l’on a dénaturées. » (Débats) La statue foyalaise de Schœlcher : une œuvre d’anciens esclaves - Abonnement. Ils ont marché contre le racisme - Abonnement. Le monument d'Esnambuc vandalisé - Abonnement. Les dégradations sur le buste du général de Gaulle font réagir - Toute l'actualité de la Martinique sur Internet - FranceAntilles.fr. Un buste du général de Gaulle vandalisé en Martinique. Déboulonnage des statues : pourquoi le panneau de Victor Hugo a-t-il été dé. Le panneau de la rue Victor Hugo de Fort-de-France en Martinique a été décroché par des manifestants avant d’être brûlé, dimanche 26 juillet.

Déboulonnage des statues : pourquoi le panneau de Victor Hugo a-t-il été dé

Une dégradation qui s’inscrit dans la ligné du mouvement de déboulonnage des statues à l'effigie de personnalités contestées. “Être contesté c’est être constaté” disait Victor Hugo. Un siècle et demi plus tard, ces paroles aux allures de prémonition semblent coller à la peau de l’écrivain. Martinique la 1ère - Déboulonnage des statues en Guadeloupe et en Martinique. Deux nouvelles statues déboulonnées en Martinique. Des coups de massue et des cordes ont suffi pour faire tomber, dimanche 26 juillet, deux statues dans la capitale martiniquaise, celles de Joséphine de Beauharnais et de Pierre Belain d’Esnambuc, des personnages controversés.

Deux nouvelles statues déboulonnées en Martinique

La statue de Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon Ier et native de Martinique, où sa famille possédait une exploitation, avait déjà été décapitée il y a près de trente ans et laissée ainsi sur la place de la Savane à Fort-de-France. Dimanche, après l’avoir déboulonnée, les manifestants l’ont placée sur un bûcher, a expliqué une source policière à l’Agence France-presse (AFP). En milieu de semaine dernière, des militants anticolonialistes avaient prévenu, dans une vidéo sur les réseaux sociaux, de leur intention de déboulonner la statue de Joséphine de Beauharnais si cela n’était pas fait par la municipalité avant dimanche. Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Les dénominations et les statues n’ont jamais été aussi politiques qu’aujourd’hui »

Déboulonnage de statues: «La Révolution française avait ouvert la boîte de Pandore» A qui les statues parlent-elles encore ? Tribune.

A qui les statues parlent-elles encore ?

Les mobilisations suscitées par la mort de George Floyd aux Etats-Unis et à travers le monde ont redonné vie à une revendication ancienne : débarrasser l’espace public des statues de marchands d’esclaves, généraux confédérés, dignitaires coloniaux… Beaucoup s’étonnent de l’importance prise par ce débat. Que valent ces querelles autour de quelques symboles alors que le chantier juridique, politique, éducatif pour faire reculer le racisme est immense ?

Plusieurs raisons rendent cette revendication bien moins anecdotique qu’il n’y paraît. On peut remarquer d’abord qu’elle a une longue histoire. Ce n’est pas depuis quelques semaines mais depuis des décennies que la communauté noire, aux Etats-Unis particulièrement, se bat sur le plan des symboles. A lire aussiAntiracisme : vers un changement de statues ? Mais contrairement à ce que l’on entend souvent, cette lutte pour des symboles n’a rien de spécifique au contexte américain et à l’expérience de la ségrégation. Tribune. France : Faut-il déboulonner les statues controversées ? Peu après 20 heures, le dimanche 14 juin 2020, Emmanuel Macron revient sur le débat autour de figures de l’histoire de France, jugées polémiques par certains et glorifiées par d’autres : “La République ne déboulonnera aucune de ses statues”.

France : Faut-il déboulonner les statues controversées ?

Le chef de l’Etat adresse une fin de non recevoir à des demandes venues de la société civile, d'associations et de manifestants qui qualifient de racistes certaines des personnalités mises à l’honneur. La position du Président de la République mécontente une grande partie des associations travaillant autour de la mémoire de la traite négrière. “Le discours du Président Macron est passé à côté des revendications et de l’urgence qu’il y a aujourd’hui, à ce que les responsables politiques au plus haut niveau puissent se prononcer sur la perpétuation des ravages de cette pandémie qu’est le racisme depuis plusieurs siècles. [...] Abattre le racisme en faisant tomber des statues. Les manifestations contre le racisme ont trouvé un écho en dehors des États-Unis : en Europe et aux Antilles notamment, où la mémoire de l'esclavage et de la colonisation résonne encore avec les discriminations d'aujourd'hui.

Abattre le racisme en faisant tomber des statues

Parmi les images qui circulent, un moyen d'action frappe les esprits : le déboulonnage de statues qui incarnent ce passé... Faire tomber les statues, tout "déconstruire" : mais pour ériger quoi à la place ? « Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs stèles, vous abattrez leur poteau d'Achéra et vous brûlerez au feu leurs statues » disait l'Eternel à son peuple, en parlant des idoles des Cananéens.

Faire tomber les statues, tout "déconstruire" : mais pour ériger quoi à la place ?

Serait-on revenu au temps du Deutéronome ? Déboulonner les statues, débaptiser des noms de rue, censurer certaines œuvres : il semble que rien ne doive échapper à la volonté de faire « tabula rasa » des vestiges du colonialisme, du racisme, et de la « blanchité ». Le projet n'est pas nouveau. En 2017, une statue du Général Lee à Charlottesville puis celle d'un soldat confédéré à Durham en Caroline du Nord avaient été démontées, et le film « Autant en emporte le vent » censuré à Memphis. Black lives matter », « race », « privilège blanc »… Que signifient ces termes utilisés dans le discours antiraciste aux Etats-Unis et en France ? Pourquoi parler de « race » ?

Black lives matter », « race », « privilège blanc »… Que signifient ces termes utilisés dans le discours antiraciste aux Etats-Unis et en France ?

Pourquoi souligner que « les vies noires comptent » (« Black lives matter ») ? Depuis la mort de George Floyd aux Etats-Unis, et la vague de manifestations qui a déferlé dans le monde pour dénoncer le racisme et les violences policières, de nombreux mots et expressions ont été employés par des personnalités ou des chercheurs pour parler du racisme. Certains termes sont utilisés depuis longtemps dans les sciences sociales et font partie du langage courant dans les pays anglo-saxons. En France, leur emploi fait toujours débat. Franceinfo a interrogé Eric Fassin et Maxime Cervulle, respectivement professeur et maître de conférence à l’université Paris 8, spécialisés sur les questions de racisme. Minneapolis ou Martinique, une même indignation contre le racisme - Martini. La vague de mobilisation aux États-Unis pour protester contre l’assassinat de George Floyd par un policier se propage dans de nombreux pays, dont la Martinique.

Minneapolis ou Martinique, une même indignation contre le racisme - Martini

En quoi sommes-nous concernés, ici, par ce mouvement ? La vie des Noirs compte. Une traduction de l’américain "Black lives matter". Une expression devenue, cette dernière décennie, le slogan de ralliement du vaste et puissant mouvement militant afro-américain de mobilisation contre les violences policières. Ces activistes dénoncent le racisme systémique dont sont victimes les Noirs vivant aux États-Unis. En Martinique, nous nous sentons particulièrement concernés par ce mouvement. La Martinique aussi est partie prenante de l’Amérique des plantations. Dans l’Amérique des plantations, la culture est profondément imprégnée de l’idée selon laquelle les Blancs sont nécessairement supérieurs aux Noirs. Plusieurs centaines de personnes réunies à Pointe-à-Pitre, en hommage à George Floyd - Faits de Société en Guadeloupe. « Black lives matter ici aussi » : nouveaux rassemblements en France contre les violences policières.

Au moins 2 000 personnes se sont rassemblées mercredi soir derrière la place du Capitole, à Toulouse, pour dénoncer les « violences policières » et le racisme qui « tue aussi en France », a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse.

« Black lives matter ici aussi » : nouveaux rassemblements en France contre les violences policières

Au même moment à Montpellier, 5 000 personnes, selon la préfecture de l’Hérault, ont participé à un défilé intitulé « Je n’arrive plus à respirer ». Article réservé à nos abonnés Lire aussi La mort de George Floyd a donné un nouvel élan à la lutte contre les violences policières en France Sur leur masque, de nombreux manifestants toulousains avaient aussi inscrit le slogan en anglais « I can’t breathe », en référence à George Floyd, un homme noir américain mort la semaine dernière en répétant cette phrase alors qu’il était maintenu à terre sous le genou d’un policier blanc. « Qui appelle-t-on quand c’est la police qui tue ? Black Lives Matter : la France face à ses impensés historiques. Tribune. Les mobilisations récentes du mouvement Black Lives Matter aux Etats-Unis ont manifestement donné une dimension transnationale et un sens politique renouvelé aux mobilisations françaises contre les violences policières, qu’il faudrait d’ailleurs nommer les «violences d’Etat» comme le propose Didier Fassin, dans la mesure où celles-ci engagent tout un système et une politique qui vont bien au-delà des actes de policiers isolés.

On l’a vu sur la place de la République le 13 juin, cette transnationalisation reconfigure le lien entre mouvements sociaux – au premier rang desquels figure le Comité Adama –, partis politiques et monde universitaire. Or cette transnationalisation a fait immédiatement débat. A lire aussiNommer la violence d’Etat, par Didier Fassin.