Après-midi du 28 septembre : soigner les coups, cacher les. C’est une capitale traumatisée qui sort du déchaînement de violence. Les opposants ensanglantés sont emmenés dans une clinique de Conakry où ils trouvent un proche du chef de la junte fou de rage, grenade à la main. Dans le stade, les corps sont ramassés. Selon plusieurs témoignages, les militaires cherchent à cacher certains cadavres. Reste la question des responsabilités : qui a pu ordonner un tel massacre ? Sortis ensanglantés du stade, les opposants sont transportés jusqu'à la clinique Ambroise Paré. Jean-Marie Doré, secrétaire général de l’UPG (Union pour le progrès de la Guinée) 17/10/2009 par Laurent Correau « Cette hésitation entre les deux éléments de l’ULIMO m’a sauvé la vie parce que, à cet instant précis, le ministre Tiegboro Camara, le ministre chargé de la lutte contre le grand banditisme, est passé et il a crié sur les deux forcenés : ‘Mais vous ne savez pas que c’est Monsieur Doré ?’
Ils lui ont dit : ‘mais on sait que c’est lui, c’est pourquoi on va le tuer. (Photo : DR) Guinee: une maladie régionale. Guinée : Indignation et deuil après le carnage. Toujours maintenue sous étroite surveillance policière, la Guinée sort aujourd'hui de plusieurs jours de deuil officiel pour ceux qui ont été tués dans le massacre inattendu et odieux de manifestants de l'opposition lundi. On estime à 157 (ils sont probablement bien plus nombreux) le nombre de manifestants non armés tués par balle, à l'arme blanche ou à coups de bâton par les militaires à l'intérieur et aux alentours du “stade du 28 septembre”, où la coalition des forces d'opposition, “les Forces vives,” avait appelé à une manifestation contre le chef de l'Etat, le militaire Dadis Camara et son intention d'être candidat à l'élection présidentielle de janvier 2010.
Coïncidence tragique, ce stade porte le nom de la date à laquelle la Guinée a fêté son indépendance d'avec la France, le 28 septembre 1958. Il est maintenant voué à devenir le deuxième mémorial de torture et de massacre de Conakry, après le tristement célèbre Camp Boiro. Quand cela finira-t-il ? Tollé en Allemagne. Guinée: les conséquences d’'un massacre.
Dans un climat de condamnation internationale du régime militaire guinéen, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé vendredi qu’elle allait mener une enquête officielle [en anglais] sur le massacre dont les manifestants de l’opposition ont été victimes à Conakry, le 28 septembre dernier. Au moins 150 personnes ont été tuées par les soldats et beaucoup d’autres ont été battues ou violées pour s’être rassemblées dans un stade de football afin de protester contre le gouvernement du Capitaine Dadis Camara. Ce dernier a pris le pouvoir en décembre 2008, à la mort de Lansana Conte, président de la Guinée durant près de 25 ans. Depuis, les internautes guinéens continuent à essayer de traiter et évaluer la signification de l’événement. Dans une publication officielle datée du 1er octobre, L'Union des forces républicaines atteste du caractère prémédité de la violence meurtrière : Deux soldats sont restés à côtés de l’homme qui se vidait de son sang sur le sol.
Le viol, une arme de guerre. "Les forces de l'ordre ont encerclé le stade et ont commencé à t. Au lendemain d'une manifestation réprimée dans le sang, la Guinée compte ses morts. Plus de 150 personnes auraient été tuées, lundi, à Conakry, lorsque les forces de sécurité ont dispersé des milliers d'opposants à la junte militaire au pouvoir. Le capitaine Moussa Dadis Camara avait promis la paix et la stabilité quand il s'était emparé du pouvoir à la mort du président Lansana Conté, en décembre 2008. Neuf mois plus tard, Conakry a vécu la journée la plus meurtrière depuis des années. Les forces de l'ordre ont tiré sur la foule pour disperser une manifestation d'opposants qui s'étaient réunis dans un stade de Conakry pour protester contre une éventuelle candidature à l'élection présidentielle du chef de la junte.
Moussa Dadis Camara avait pourtant assuré à ses concitoyens, ainsi qu'à la communauté internationale, qu'il ne briguerait pas le poste de président. Des photos de Guinéennes maltraitées lundi circulent sur le Net. Des images qui circulent sur le Net montrent des Guinéennes déshabillées et humiliées en pleine rue, lors de la répression de la manifestation organisée lundi par l'opposition au stade de Conakry. L'un de nos contacts affirme avoir assisté à la scène qui figure sur cette photo. ACTUALISATION (7.10 / 15h31 heure de Paris) : nous avons actualisé ce billet avec le témoignage de Kouyate, ci-dessous.
Plusieurs photos de femmes mises nues et humiliées par des militaires ont été postées sur le forum "Guinée News", le 30 septembre, et envoyées aux Observateurs de FRANCE 24. Nous ne publions que l'un de ces clichés, après avoir flouté le visage de la victime. Le haut commissaire des Nations unies en charge des Droits de l'Homme, Navi Pillay, a réclamé une enquête sur les exactions commises par l'armée. Elle exige également que "les auteurs d'exécutions sommaires, de viols et d'autres violations des droits de l'Homme soient traduits en justice". Le viol, nouvelle arme de la junte - Le Site de Thierno. Lors de la répression du 28 septembre, les militaires ont semé la terreur, en violant des dizaines de femmes. Ce déchaînement de violence pourrait coûter très cher au régime de Moussa Dadis Camara.
Conakry, 2 octobre 2009 Des photos prises à l'aide de téléphones portables circulent dans le pays. Terribles, difficiles à démentir, ces images suscitent la colère. Elles montrent que les femmes ont été spécifiquement prises pour cible par les soldats guinéens qui, il y a deux semaines, ont réprimé une manifestation de l'opposition dans un stade de la capitale. Victimes et témoins parlent de viols, de passages à tabac et d'humiliations intentionnelles. Sur un des clichés, une femme nue est prostrée sur le sol boueux, les jambes en l'air, tandis qu'un homme en treillis militaire se tient devant elle.
Mais, plus encore que la fusillade, ce sont les agressions dont les femmes ont été l'objet qui semblent avoir traumatisé les gens. Courrier International. 'Scores killed' at Guinea protest. Massacre au Stade du 28 septembre.