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AIG: bénéficiaires secrets du sauvetage
Les deux survivantes et les CDS
Aussitôt après le sauvetage de justesse de Bear Stearns en mars, les régulateurs ont commencé à faire pression sur l’ensemble des vendeurs de CDS pour qu’ils se concertent en vue d’assurer dorénavant une meilleure transparence du marché. L’option la plus naturelle était de mettre sur pied un marché organisé par lequel les parties devraient désormais passer.
Paulson a déjà tiré sur son fonds de 700 milliards et a imposé comme prise de participation forcée aux neuf principales banques américaines. Il y a ensuite les 85 milliards de dollars qui ont servi à renflouer l’assureur pseudo-nationalisé AIG, grand vendeur de CDS devant l’éternel, à quoi a été ajoutée récemment la somme étonnamment précise de 37,8 milliards, suggérant qu’un calcul de pertes éventuelles a été effectué. Et il y a d’autres informations complémentaires, comme l’assureur Ethias qui doit trouver 1,5 milliard d’euros pour mardi, ou la Fed qui a annoncé que sa fenêtre d’escompte permettant aux banques d’emprunter des fonds restera exceptionnellement ouverte tard, le 21, etc.
Pour les hedge funds ça passe ou ça cass
Un assureur bien tranquille
Les chiffres publiés par AIG et le nom des contreparties bénéficiaires des fonds qui lui furent versés par les autorités américaines pour le tirer d’affaire sont intéressants à plus d’un titre.
L’été dernier, quand le crédit s’est tari, les établissements financiers se sont retrouvés englués dans la toile d’interdépendance que les Credit–Default Swaps avait créée entre eux.
CDS le contraire d’'une assurance
Les bénéficiaires secrets du sauvetage d’A
Mais il y a peut-être à ce sursaut, une autre raison : l’audition qui doit avoir lieu mercredi 27 devant une commission du Congrès américain, et devant laquelle Timothy Geithner, le Secrétaire au Trésor, doit témoigner. Il s’agit d’établir avec cette enquête pourquoi les avocats de la Federal Reserve de New York – l’une des composantes régionales de la confédération que constitue la Banque Centrale américaine – sont intervenus à l’automne 2008 pour contraindre au silence AIG la plus importante compagnie d’assurance américaine, sauvée de justesse de l’effondrement par une pseudo-nationalisation au coût faramineux (182 milliards de dollars aux dernières nouvelles). La consigne de silence visait tout particulièrement l’identité des bénéficiaires du versement de la totalité des sommes dues dans le cadre des Credit Default Swaps dont la chute de Lehman Brothers déclenchait le paiement.
Globalement, je pense que le désastre a été absorbé par les prêts géants de la Fed à AIG : c’était eux la contrepartie la plus exposée à Lehman Brothers.
Avis de recherche : CDS disparus
Comme je l’ai expliqué dans mon billet de lundi dernier, intitulé Un assureur bien tranquille , les chiffres communiqués par AIG dans son communiqué de presse permettaient de distinguer parmi les Credit–Default Swaps (CDS) qu’il avait vendus, ceux qui constituaient pour leurs acheteurs une authentique assurance contre un risque couru et ceux qui constituaient au contraire un simple pari, l’acheteur ne possédant en réalité aucun des instruments de dette contre la défaillance desquels il prétend s’« assurer ». Dans le jargon financier, les premiers utilisent les CDS dans une stratégie de couverture, tandis que les seconds prennent des positions nues.
Les dettes de jeu d’'AIG
Secret AIG Document Shows Goldman Sachs Minted Most Toxic CDOs -



