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Italie

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"Draquila" : droit dans les yeux de l'Italie berlusconienne. Ce n’est jamais difficile de contempler un pays de loin et dire : « Voilà une dictature ». Autre chose, bien plus difficile, est de dire comment on en arrive là, comment on passe d’un Etat libre à un régime autocratique, et pourquoi personne ne s’y oppose.

Bellissima, nouvelle venue dans les sociétés de distribution de films italiens, ne pouvait pas choisir meilleur moment pour sortir « Draquila », le dernier film de Sabina Guzzanti, un documentaire sur la gestion politique du tremblement de terre qui, il y a deux ans, réduisait à néant la ville de L’Aquila. Lorsqu’on le vit de l’intérieur, c’est encore plus malaisé. Il a probablement fallu beaucoup d’années aux Italiens pour comprendre, non pas qui fut Mussolini, mais ce qu’il faisait et où il était en train de les amener. Aujourd’hui, l’histoire, mutatis mutandis, se répète : une grande partie des Italiens semblent aveuglés, insensibles à ce que d’autres considèrent comme une évidence, ignorants du péril encouru pour leur propre vie.

Le trailer d'un film anti-Berlusconi censuré par la Rai. Gianfranco Fini, le dauphin de Berlusconi devenu traître | Rue89. Dimanche 7 novembre, tandis que Silvio Berlusconi est en route pour le sommet Afrique-Europe de Tripoli, la fondation de Gianfranco Fini, Generazione Italia, publie sur son site une lettre de défiance à l’adresse du président du Conseil italien. Les militants « finiani » se déchaînent, considérant « l’expérience de ce gouvernement comme terminée » et réclamant une loi antitrust qui mette fin au monopole du groupe Mediaset (propriété du même Silvio Berlusconi) et restitue aux médias « leur liberté et leur fonction démocratique d’information de l’opinion publique ». Un message clairement offensif qui se termine par un trait d’ironie : « Cher Président, l’Etat ce n’est pas vous ! Et après vous, ce ne sera pas le déluge. » Quelques heures plus tard, l’association révèle la supercherie : la lettre n’est qu’un copier-coller remanié d’un discours prononcé le 21 décembre 1994 par Umberto Bossi, le leader de la Lega Nord (Ligue du Nord), actuel allié du Cavaliere.

Un faux dauphin aux espoirs déçus. Soirées "bunga bunga" : Berlusconi et les filles, épisode 2. La justice italienne soupçonne de proxénétisme Emilio Fede et Lele Mora. Le premier est journaliste et dirige une chaîne du groupe Mediaset. Le deuxième est un agent de stars de la télé, lui aussi fortement lié au Premier ministre.

En mai, Ruby, 17 ans, entendue par la police pour une banale histoire de vol, a déclaré qu’un an plus tôt, lorsqu’elle n’avait que 16 ans, Fede et Mora l’ont présentée à Berlusconi. L’affaire Noemi Letizia et le divorce d’« un homme malade » Ce n’est pas le premier scandale sexuel concernant Silvio Berlusconi. Elle vient d’avoir 18 ans, elle reçoit la visite du Président qui, pour l’occasion, lui offre un collier de diamants. L’opinion publique ne semble pas alors choquée, mais plutôt amusée, par ces révélations ; en revanche, Veronica Lario, épouse de Silvio Berlusconi, demande et obtient le divorce, affirmant à la presse que son mari « fréquente des mineurs » et qu’il est un « homme malade ».

L’errance de Karima, alias Ruby, de foyers en night club. ’Italie de Berlusconi un pays en voie de barbarisation - Libér. L’Italie est-elle un pays normal ? L’anomalie que représente Berlusconi - le fait qu’il concentre le pouvoir politique et médiatique, qu’il utilise le Parlement comme «usine» à fabriquer des lois destinées à le sauver des tribunaux, qu’il vomisse sur la magistrature, qu’il critique sans arrêt la Constitution, qu’il réduise la politique à des blagues et des déclamations histrionesques, qu’il traîne derrière lui les casseroles de ses scandales sexuels - inciterait à répondre non. Mais il y a plus. Ce qui frappe, par exemple, c’est qu’après avoir été qualifiée de laboratoire avant-gardiste de l’Europe, l’Italie, aujourd’hui, régresse à un statut «provincial».

Sa classe politique elle-même est provinciale, voyage peu, ne parle que rarement anglais. Le rôle central encore attribué à la télévision demeure «années 80». Même régression au niveau informatique. Mais c’est au niveau sociétal que la régression est la plus nette. Cela suscite peu de réactions en Europe.