background preloader

Des trajectoires locales à l'interdépendance globale

Facebook Twitter

Marseille, premier port d'Europe, Idées & Débats. Christian Grataloup : "Il faut désormais penser l’histoire à l’échelle de l’humanité, dans un « nous » global", Interview. Depuis quand les hommes voyagent-ils, comment les routes ont-elles été tracées, quel impact ont-elles sur l'économie et la société ?

Christian Grataloup : "Il faut désormais penser l’histoire à l’échelle de l’humanité, dans un « nous » global", Interview

Réponses de Christian Grataloup, spécialiste de géohistoire et l'un des promoteurs de l'histoire globale, professeur à l'université Paris VII-Denis-Diderot et à Sciences Po... Retrouvez aussi tous les articles du « spécial histoire » d'Enjeux-Les Echos, « Les routes qui ont changé le monde », parution le 5 juillet 2013.(...) Romain Bertrand tente une nouvelle histoire du monde, qui n’oublie pas «55% de l’humanité»

Pour l’histoire connectée. Recensé : Romain Bertrand, L’Histoire à parts égales, Paris, Seuil, 2011, 670 p., 28,40 euros Le 22 juin 1596, quatre vaisseaux hollandais commandés par Cornelis de Houtman jettent l’ancre en rade du port de Banten, à Java.

Pour l’histoire connectée

France Culture - (ré)écouter - Jeudi 10 Novembre 19:29:07. Pour une “histoire à parts égales” La prochaine séance du séminaire “re/lire les sciences sociales”, qui aura lieu le lundi 6 février prochain, sera consacrée au récent, L’histoire à parts égales [1].

Pour une “histoire à parts égales”

La discussion réunira Romain Bertrand, Patrick Boucheron (université Paris-I) et Dorothée Rihal (IAO), et sera animée par Igor Moullier (maître de conférences à l’ENS de Lyon), Alexandre Jubelin et Noémie Recous (Elèves à l’ENS de Lyon). En préparation de cette séance, Noémie Recous vous propose ici une présentation détaillée de l’ouvrage… Le 22 juin 1596, quatre navires hollandais mouillent dans la rade de Banten, ville portuaire située au nord-ouest de l’île de Java.

C’est ce que l’historiographie traditionnelle nomme la « Première Navigation », le premier contact entre les Hollandais envoyés sous la protection de Maurice de Nassau et les populations javanaises. Leur objectif est de concurrencer les réseaux commerciaux portugais et espagnols et de se fournir en précieuses épices, notamment en poivre.

L'histoire et l'anthropologie à parts égales - entretien avec Romain Bertrand. Comprendre une rencontre entre des mondes - entretien avec Romain Bertrand (1/3) * Ce texte constitue la première partie d'un long entretien avec Romain Bertrand : les deux parties suivantes seront publiées les mardi 28 août et 4 septembre.

Comprendre une rencontre entre des mondes - entretien avec Romain Bertrand (1/3)

Désordre occidental. Histoire globale, mondialisations et capitalism. Epilogue: Capitalisme et mondialisation. De lautonomie des trajectoires locales à linterdépendance systémique globale. Xénocentrisme. Philippe Norel, L’Histoire économique globale, Seuil, 2009, 264 p.

Xénocentrisme

Il faut bien faire attention à l’article du titre, il ne s’agit pas d’un livre intitulé Histoire économique globale, mais bien L’histoire économique globale. Ainsi, si une première impression pourrait faire penser qu’à côté de la somme de Braudel sur la période XVe-XVIIIe siècle, ou plus récemment du livre de Findlay et O’Rourke faisant l’histoire du commerce mondial sur le dernier millénaire en un gros volume (2007), Philippe Norel a à son tour tenté la gageure de faire l’histoire économique du monde sur les deux derniers millénaires en quelque 235 pages, on ferait une erreur.

Repenser la mondialisation – entretien avec Saskia Sassen. On a tort de croire que la mondialisation se nourrit de l’affaiblissement de l’État.

Repenser la mondialisation – entretien avec Saskia Sassen

S’il est vrai que le pouvoir législatif perd du terrain – et avec lui la démocratie –, l’exécutif se porte à merveille, consacrant sa puissance à la construction du nouvel âge global. Votre livre porte sur le processus contemporain de mondialisation. Vous avez pourtant décidé de commencer votre enquête par le Moyen Age et l’émergence de l’Etat. De la pertinence de Fernand Braudel en temps de crises. Cités médiévales et capitalisme : que nous enseigne l’histoire comparée ?

La découverte de l’Amérique par les marins de Christophe Colomb, en 1492, peut être considérée comme le point de départ de l’expansion planétaire du capitalisme.

Cités médiévales et capitalisme : que nous enseigne l’histoire comparée ?

C’est en effet entre cette date et le 20e siècle que les entreprises commerciales et coloniales européennes ont progressivement intégré la quasi-intégralité des régions du globe à un système-monde régi par le capitalisme. L’histoire de ce dernier est cependant plus ancienne encore. Il trouve son origine dans le Moyen Âge européen, et plus précisément dans les bourgs, les villes et les cités-États du Vieux Continent. En accordant, comme ce ne fut le cas nulle part ailleurs, un régime privilégié de citoyenneté à ses bourgeois, les bourgs européens sont la véritable matrice du capitalisme.

Le passage du sud-est, un noeud de l’histoire commerciale global. La société féodale, de l’Europe au monde. Y aurait-il un sens, pour un médiéviste français, à envisager l’histoire du Moyen Âge européen depuis le Mexique ?

La société féodale, de l’Europe au monde

On pourrait en douter. Chine et Pays-Bas : une interaction mutuellement profitable au 17e siècle. En ce 17e siècle, l’Asie joue bien un rôle crucial dans la structuration de l’économie hollandaise, permettant à celle-ci de monopoliser en Europe la revente de produits exotiques de plus en plus recherchés, contribuant ainsi à un excédent commercial néerlandais, par ailleurs entretenu par des exportations textiles dans toute l’Europe.

Chine et Pays-Bas : une interaction mutuellement profitable au 17e siècle

Et cet excédent serait précieux, renforçant la confiance des marchands européens dans la place financière d’Amsterdam et y assurant, de ce fait des entrées de capitaux à court terme, elles-mêmes garantes d’une capacité à investir à long terme sur toutes les mers du monde. Au-delà des qualités propres aux acteurs économiques néerlandais, ne serait-ce pas finalement la captation d’une partie du commerce millénaire d’un continent asiatique particulièrement actif qui constituerait le facteur décisif de la réussite d’Amsterdam ? Traverser les frontières. Du tage au Gange au XVIès: une conjoncture millénariste à l'échelle eurasiatique. La Chine et l’Europe, quelle histoire globale ? Lors de la table-ronde organisée par Sciences Humaines lors des Journées de l’histoire à Blois ‒ rare occasion de rencontrer nos lecteurs ‒, une question fut posée sur l’européocentrisme, sur le décentrement et sur le piège d’un éventuel enfermement dialectique Europe(Occident)/Chine.

La Chine et l’Europe, quelle histoire globale ?

Le temps manquait pour une réponse précise et j’évoquai rapidement l’historien Joseph Ferrari, qui, en 1867, publia un ouvrage sur La Chine et l’Europe. Ce billet lui est donc consacré [1]. La Chine n’a pas été une découverte du 19e siècle. Le carrefour impérial. À propos de : STANZIANI Alessandro (2012], Bâtisseurs d’empires. Russie, Chine et Inde à la croisée des mondes, 15e-19e siècle, Paris, Raisons d’agir. En 1690, un candide extraterrestre qui aurait visité notre planète aurait-il su quel en serait le destin ?

Océan Indien: le grand carrefour. Le carrefour javanais. Le carrefour javanais de Denys Lombard. Le carrefour javanais: essai d'histoire globale. Denys Lombard : « le carrefour javanais » comme modèle d’histoire globale. Denys Lombard (1938-1998) est l’un de ceux qui ont incarné, à la suite de Fernand Braudel, la politique scientifique dite des « aires culturelles » sur le modèle des area studies que l’on connaît dans les universités du monde anglophone. À la Maison des sciences de l’homme et à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) avaient été ainsi créés des centres de recherches dédiées à la Chine, l’Inde, l’Afrique, la Russie, etc. Ils devaient réunir les différentes disciplines des sciences sociales de façon transversale autour d’un objet commun, une civilisation.

Un seul ststème-monde avant le XVIè s? L'Océan indien au coeur de l'intégration de l'hémisphère afro-eurasien. Comment naissent les empires. Entre 2500 ans avant l’ère commune et 1800 après, l’histoire a vu défiler plus de 60 « méga-empires » : des mastodontes politiques qui ont contrôlé des territoires de plus de un million de km carrés (soit deux fois la France). Les premiers empires apparurent en Égypte (peut-être vers – 2700 avant l’ère commune) et en Mésopotamie (autour de – 2300). Le Moyen-Orient vit ensuite défiler une quinzaine de structures impériales [1]. Un autre grand bassin de formation d’empires se situe en Asie : en Inde, en Chine, et dans les steppes d’Eurasie où fut constitué le plus grand empire de tous les temps : celui de Gengis Khan.

Il y eut aussi des empires en Amérique (Maya, Aztèque, Inca), en Europe comme en Afrique. Quelles sont donc les forces mystérieuses qui poussent à la formation des empires ? Peter Turchin pense avoir trouvé la réponse. Le chercheur part tout d’abord d’un constat. Pasteurs nomades contre agriculteurs. Comment naissent les empires (suite) Peter Turchin défend l’idée que la naissance des empires relève historiquement d’une opposition militaire récurrente entre populations nomades et sédentaires : c’est en tout cas ce que révèlerait l’analyse statistique qu’il a menée dans ses différents ouvrages (voir le papier de Jean-François Dortier, sur ce blog, la semaine dernière).

Évidemment empruntée à Ibn Khaldoun [1997, chapitre 4], cette thèse souffre cependant de plusieurs défauts graves. Les données historiques, archéologiques et climatologiques infirment en effet, bien souvent, les positions de l’auteur. C’est en particulier le cas de la Chine. Un spécialiste incontournable des Empires chinois, des sociétés « nomades » et de leurs rapports est Nicola di Cosmo [1999, 2002]. Une des thèses les plus intéressantes de Di Cosmo est celle d’une militarisation des sociétés des steppes, spécifiquement dans les moments de crise.

Permanence des empires - La vie des idées. Le 2 juin 2010, Jane Burbank et Frederick Cooper (historiens à New York University) présentaient à la Vie des idées leur ouvrage paru chez Princeton University Press, Empires in World History : Power and the Politics of Difference, traduit en septembre 2011 chez Payot par Christian Jeanmougin (Empires. Empire et dépendances. Recensé : Jane Burbank et Frederick Cooper, Empires in Global History. Power and the Politics of Difference, Princeton, Princeton University Press, 2010.39 line illustrations, 528 p., $35.00 / £24.95. Traduction française de Christian Jeanmougin prévue chez Payot en 2011. Par-delà l'incommensurabilité : pour une histoire connectée des empires aux temps modernes. L’amertume du goût sucré de la mondialisation. Café, thé ou chocolat ? Avec ou sans sucre ? Beurre ou confiture ? Le prix du sucre. « C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. » Cette phrase de Voltaire donne le ton du dernier livre de Pierre Dockès, Le Sucre et les Larmes [2009]. « Le sucre, nous dit l’auteur en introduction, est une invitation au voyage.

Le thé, une « plante globale » entre Chine, Grande-Bretagne et A. Le thé est sans doute originaire des forêts orientales de l’Himalaya. Dans les premiers temps, les feuilles de l’arbre à thé sont mâchées et utilisées comme remède en application sur les blessures. Mais le thé sert aussi directement de nourriture comme en témoignent de nombreuses pratiques en Birmanie, en Thaïlande ou en Chine du Sud-Ouest. Le café, du soufisme yéménite à l’esclavagisme américain « Histo.

Les routes de la porcelaine : le versant oriental de l’Eufrasie* à l’aube de la modernité européocentrée. Parmi les problématiques de l’histoire globale, la question de la mise en réseau est sans doute l’une des plus importantes. Cette dynamique se retrouve au cœur même de la définition de la mondialisation si on entend par là le processus de mise en relations des différentes parties du globe (cf. le débat Flynn-Giraldez contre O’Rourke, 2004). Une histoire mondiale de la diaspora africaine - La vie des idées. Recensé : Patrick Manning, The African Diaspora. A History through Culture, New York, Columbia University Press, 2010, 394 p. Afrique : un continent au centre de l’histoire mondiale. Un témoin de la culture globale des élites, dans l’espace musulman, au 14e siècle. Dans la narration de ses voyages, entre 1325 et 1356, le marocain Ibn Battuta fournit de très précieuses informations sur la culture des notables et de la haute société, dans un espace qui s’étend alors de l’Espagne jusqu’à l’Inde et inclut la côte orientale de l’Afrique.

Familier des rois, colporteur des mœurs régnant dans les différentes cours du continent afro-asiatique, mais avant tout juriste musulman, ce voyageur infatigable nous a légué des récits particulièrement vivants sur la société des élites « internationalisées » de son temps. Son témoignage dépasse cependant la simple étude d’une quelconque « jet-set » avant l’heure : par la richesse et la précision de ses observations, il nous renseigne sur les types de biens échangés et les grandes influences culturelles de son siècle.