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Poètes en résistance

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Paul Éluard. Courage Paul Éluard (1895 - 1952), Au rendez-vous Allemand 1944 Éditions Gallimard.

Paul Éluard

« Gabriel Péri » de Paul Éluard - Poètes en résistance - Centre National de Documentation Pédagogique. « Gabriel Péri » Un homme est mort qui n’avait pour défense Que ses bras ouverts à la vie Un homme est mort qui n’avait d’autre route Que celle où l’on hait les fusils Un homme est mort qui continue la lutte Contre la mort contre l’oubli Car tout ce qu’il voulait Nous le voulions aussi Nous le voulons aujourd’hui Que le bonheur soit la lumière Au fond des yeux au fond du cœur Et la justice sur la terre Il y a des mots qui font vivre Et ce sont des mots innocents Le mot chaleur le mot confiance Amour justice et le mot liberté Le mot enfant et le mot gentillesse Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits Le mot courage et le mot découvrir Et le mot frère et le mot camarade Et certains noms de pays de villages Et certains noms de femmes et d’amies Ajoutons-y Péri Péri est mort pour ce qui nous fait vivre Tutoyons-le sa poitrine est trouée Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux Tutoyons-nous son espoir est vivant.

« Gabriel Péri » de Paul Éluard - Poètes en résistance - Centre National de Documentation Pédagogique

Paul Éluard. « Liberté » de Paul Éluard - Poètes en résistance - Centre National de Documentation Pédagogique. « Liberté » Sur mes cahiers d’écolierSur mon pupitre et les arbresSur le sable sur la neigeJ’écris ton nom Sur toutes les pages luesSur toutes les pages blanchesPierre sang papier ou cendreJ’écris ton nom Sur les images doréesSur les armes des guerriersSur la couronne des roisJ’écris ton nom Sur la jungle et le désertSur les nids sur les genêtsSur l’écho de mon enfanceJ’écris ton nom Sur les merveilles des nuitsSur le pain blanc des journéesSur les saisons fiancéesJ’écris ton nom Sur tous mes chiffons d’azurSur l’étang soleil moisiSur le lac lune vivanteJ’écris ton nom Sur les champs sur l’horizonSur les ailes des oiseauxEt sur le moulin des ombresJ’écris ton nom.

« Liberté » de Paul Éluard - Poètes en résistance - Centre National de Documentation Pédagogique

« Strophes pour se souvenir » de Louis Aragon - Poètes en résistance - Centre National de Documentation Pédagogique. « Strophes pour se souvenir » Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmesNi l’orgue ni la prière aux agonisantsOnze ans déjà que cela passe vite onze ansVous vous étiez servis simplement de vos armesLa mort n’éblouit pas les yeux des Partisans Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villesNoirs de barbe et de nuit hirsutes menaçantsL’affiche qui semblait une tache de sangParce qu’à prononcer vos noms sont difficilesY cherchait un effet de peur sur les passants Nul ne semblait vous voir français de préférenceLes gens allaient sans yeux pour vous le jour durantMais à l’heure du couvre-feu des doigts errantsAvaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCEEt les mornes matins en étaient différents Tout avait la couleur uniforme du givreÀ la fin février pour vos derniers momentsEt c’est alors que l’un de vous dit calmementBonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivreJe meurs sans haine en moi pour le peuple allemand Louis Aragon, Le Roman inachevé, 1956.

« Strophes pour se souvenir » de Louis Aragon - Poètes en résistance - Centre National de Documentation Pédagogique

Aragon, Léo Ferré : La guerre, un poème, une chanson. Un hommage, en vers et en musique, à tous les soldats qui sont tombés dans l’accomplissement de leur devoir : Tu n’en reviendras pas Léo Ferré chante Tu n’en reviendras pas de Louis Aragon Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille Qu’un obus a coupé par le travers en deux Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre Et toi le tatoué l’ancien légionnaire Tu survivras longtemps sans visage sans yeux On part Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve On glissera le long de la ligne de feu Quelque part ça commence à n’être plus du jeu Les bonshommes là-bas attendent la relève Roule au loin roule train des dernières lueurs Les soldats assoupis que ta danse secouent Laissent pencher leur front et fléchissent le cou Cela sent le tabac l’haleine la sueur Louis Aragon.

Aragon, Léo Ferré : La guerre, un poème, une chanson