background preloader

Bernard Stiegler

Facebook Twitter

La technologie détruit-elle l'emploi ?

Bruno LATOUR

"Le Front national sera majoritaire", prédit le philosophe Bernard Stiegler. Oubliez BHL, ses chemises blanches, son aisance médiatique. Bernard Stiegler en est l'exact contraire. Il a appris la philosophie derrière les barreaux, dans les années 1970-1980 après une série de braquages, déteste donner son avis sur tout et se fait remarquer, à 61 ans, en lançant une alerte sur l'arrivée prochaine du Front national au pouvoir. Engagé à gauche, il pointe les responsabilités de la droite dans le succès de Marine Le Pen, mais n'occulte pas celles de son propre camp. Pour lui, cette irrésistible ascension vient des dérives du capitalisme. Il propose d'y substituer une économie contributive, fondée sur le numérique, seul moyen de maintenir les savoirs, de valoriser les hommes.

Et de les éloigner de l'extrême droite. Dans votre dernier livre, vous êtes très pessimiste: l'arrivée du Front national au pouvoir vous semble inéluctable. Ils savent très bien que le modèle du XXe siècle est épuisé et attendent des responsables politiques un discours clair sur ce point. Non. MANIFESTE 2010. Anglais . portugais . slovaque . polonais italien Cinq ans après sa fondation, Trois ans après le déclenchement de la crise économique mondiale, Ars Industrialis publie un nouveau manifeste 1. Cinq ans plus tard, la crise planétaire déclenchée en 2007 par l’effondrement du système des subprimesn’en finit plus d’étendre ses conséquences calamiteuses. Ce que révèle la crise planétaire, qui marque la fin de la mondialisation entendue comme planétarisation du modèle consumériste, c’estque la destruction du désir par son exploitation consumériste conduit inévitablement à la ruine de l’investissement sous toutes ses formes– et en particulier, sous les formes de l’investissement économique, politique et social qui fondent l’économie politique – et qu’il y a un lien systémiqueentre le comportement pulsionneldu spéculateur et celui, tout aussi pulsionnel, du consommateur. 2.

Telle est la véritable portée de cette crise, dont les aspects financiers ne sont qu’un élément. 3. 4. 4.1. 4.2. 4.3. 4.4. 5. Stiegler. Réinventer un rapport au temps, par Bernard Stiegler. Bureau de Bernard Stiegler, Épineuil-le-Fleuriel, 28 juillet 2013, cliché Dom Lacroix Ce texte fait suite à la 1ère partie (Séquences vidéo 1 et 2) : Le blues du Net (Séquence vidéo 3) Est-ce que l’Europe, aujourd’hui, a les moyens de faire une proposition au monde, et de quel type pourrait être cette proposition ?

Bernard Stiegler : Elle en a évidemment les moyens intellectuels comme je l’ai dit tout à l’heure, et elle en a les moyens financiers, tout aussi bien qu’infrastructurels (très bien équipée, elle met pour le moment ces équipements surtout au service du développement de l’économie californienne), mais elle doit impérativement s’en donner les moyens politiques et organisationnels : elle en a l’obligation vitale. Si elle ne le fait pas, elle disparaîtra. L’avenir de l’Europe est aujourd’hui extraordinairement menacé. Bernard Stiegler, Épineuil-le-Fleuriel28 juillet 2013, cliché Dom Lacroix C’est Thalès qui a constitué la première communauté peer to peer au 7e siècle avant J-C. NB. Le blues du Net, par Bernard Stiegler. Bernard Stiegler (à gauche) et Jean-Hugues Barthélémy (à droite),colloque Gilbert Simondon, Cerisy-la-Salle, juillet 2013, cliché Dom Lacroix Le philosophe Bernard Stiegler définit la révolution numérique autour de la notion de publication et de ses significations sociétales.

L’Internet et le Web sont porteurs de potentialités inouïes, pas encore mesurées. Mais ce processus a fait l’objet d’une capture par de grandes compagnies des États-Unis qui mettent en péril nos sociétés. Bernard Stiegler convoque les mythes grecs, et leur historien Jean-Pierre Vernant, pour clarifier les enjeux de l’affaire Snowden. (Séquence vidéo 1) Nous aimerions connaître votre vision de ce que l’on appelle la révolution numérique. Bernard Stiegler : La révolution numérique a commencé véritablement il y a à peu près une vingtaine d’années, lorsque les États-Unis ont rendu l’Internet accessible au monde à travers le Web. Le numérique est avant tout un processus de formalisation généralisée. . [1] ↑ Cf. NB. Bernard Stiegler : Marketing et innovation. Publié le 9 janvier, 2013 Bernard Stiegler nous présente sa vision de l’obsolescence programmée et du modèle économique qui s’y attache, dans le cadre d’un entretien venant inspirer la démarche du festival Make It Up.

Philosophe et directeur de l’IRI, Bernard Stiegler revient sur les fondements du capitalisme moderne pour nous expliquer la genèse et le développement de ce phénomène d’obsolescence programmée. Outre l’importance de l’innovation qui s’accélère, il insiste sur la puissance dévastatrice du marketing qui détourne les désirs des individus vers des marchandises. Entretien Marketing et innovation Des alternatives émergent pourtant, à l’image du modèle contributif fondé sur le numérique et les nouvelles technologies. Que vous inspire l’obsolescence programmée ? Son travail va le conduire assez vite à la théorie de la destruction créatrice. Quel est l’importance de l’innovation technologique dans ces processus ? Bernard Stiegler (photo : weave AIR) Bernard Stiegler (photo: weave AIR)