Revue Solaris: Dossier Spécial: Comment ne pas ecrire des histoires. Par Yves Meynard (...illustré par Marc Auger) Introduction Ce document est le résultat de mon expérience de directeur littéraire à la revue Solaris de 1994 à 2001.
Le titre fait allusion à l'ouvrage d'Élisabeth Vonarburg, Comment écrire des histoires, dont je vous recommande la lecture. Ce document-ci se concentre sur les façons dont on ne devrait pas écrire: il est donc très négatif, soyez prévenus! Le public que je vise est celui des auteurs débutants, en SF ou Fantastique. Il n'est pas toujours facile de saisir ce qui est réussi dans notre prose et ce qui ne l'est pas. Le reste de ce guide se divise en deux sections. Je ne veux pas prétendre que ce guide est infaillible, ou qu'il détient toutes les réponses.
Première partie: Le péché cardinal de la SFF Quatre aspects d'un texte Un texte de fiction est une chose très complexe, que l'on évalue sur un grand nombre d'échelles simultanément. Une bonne intrigue est captivante: on veut savoir ce qui va se passer ensuite. Le péché cardinal Amnésie. Les 10 commandements de l'écrivain en panne d'inspiration. Combien de fois ai-je lu ou entendu la même petite phrase : « Moi, je suis doué pour écrire les débuts d’histoire.
Après, ça se gâte, je ne sais jamais comment continuer, et je laisse tout en plan. » Bonne nouvelle : le syndrome de la page blanche, cette pathologie de la plume, se soigne ! Explications, et solutions. (à noter que certains d’entre vous ont peut-être une difficulté à commencer un texte : dans ce cas, je vous conseille aussi mon billet sur « Varier ses débuts de scènes ») Il y a quelques années, un éditeur spécialisé dans les gadgets hebdomadaires à collectionner chez son marchand de journaux, a entamé la publication d’une série de fiches appelée « Plaisir d’écrire ». Le retour de flamme se fait attendre ? Moi qui peinais à rédiger la moindre phrase (j’étais assez constipé de la prose à cette époque), j’ai adressé un courrier à cette honorable maison. Toujours est-il que l’éditeur me répondit fort civilement, en me remerciant pour mon intérêt et en m’offrant un stylo-bille.
Qui parle, ne pas perdre son lecteur : Le blog de Tonton Beorn. Dans un dialogue long ou à plusieurs personnages, et à moins de truffer les répliques de « dit Tartampion » « répondit Bidul Z », il est facile de perdre son lecteur.
Voilà quelques trucs pour s'y retrouver : 1) Emailler le dialogue de gestes et d’attitudes des personnages (celui qui vient d'agir est présumé être celui qui prend la parole + l'action permet de comprendre qui dit quoi) Ex : Tartampion ouvrit la boîte de conserve et fit la grimace « Encore des fayots. » « Si ça ne te plaît pas, donne-moi ta ration. » " Aïe, je me suis coupé avec cette saleté de boîte" 2) Donner à un ou plusieurs personnages des handicaps de langage. Ex : si c’est un étranger, un accent ou des fautes de français, un parler petit nègre ou je ne sais quoi « Encore des fayots. » « Si toi pas content, toi donner moi. 3) Donner à certains personnages des expressions favorites, une manière de parler.
Cependant, tout cela est à utiliser avec subtilité, en gardant une lecture claire et qui évite les caricatures. L'écrivain en action : lois newtoniennes appliquées à l'écrivain moderne - Jusqu'au dernier mot. Alors que je parcours les journaux en ligne consacrés à l’écriture devenus si populaires ces dernières années, deux choses me viennent à l’esprit.
La première est une question : Qu’est-ce que je fais là sur Internet alors que je devrais être en train d’écrire ? La seconde est un thème récurrent dans bien des journaux, ainsi que dans les conversations que j’ai eues avec d’autres écrivains au fil des années : Comment rendre son écriture plus productive ? Cette question s’impose, à la vue de ces écrivains qui chaque année produisent suffisamment de manuscrits pour dépeupler une petite forêt. Tout en menant ma propre lutte pour rester productif, j’ai tenté d’examiner ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, pour mon propre bénéfice et celui des autres. J’ai découvert... Loi 1 : Un écrivain au repos tend à rester au repos, et un écrivain en mouvement tend à rester en mouvement, à moins qu’une force extérieure n’agisse sur lui, et ne le contraigne à changer d’état. Écrire est difficile.