background preloader

Université

Facebook Twitter

CNRS, Enseignement, Enseignement supérieur, Évaluation, Excellence, Histoire, Universitaire

Universités : la professionnalisation dans tous ses états – Mondes Sociaux. Sur la période récente, la professionnalisation de l’Université s’est développée via un discours européen articulant compétitivité de l’Europe et efficacité des formations supérieures, notamment dans leur capacité à développer l’employabilité des étudiants.

Il s’est agi alors de professionnaliser tant les contenus de formation que les parcours des étudiants. Concernant les contenus, la professionnalisation passe par la création de filières professionnelles, comme les licences professionnelles en France, ou encore la multiplication des spécialités de Master entendant répondre au mieux aux besoins supposés des marchés du travail locaux. Pour sa part, la professionnalisation des parcours d’études s’inscrit dans la « logique compétences », censée favoriser la sécurisation des parcours d’insertion.

CC Mademoiselle Sandrillana CC Pixabay OpenClipart-Vectors CC Viaggiando s’impara Lifelong Learning Programme – European Commission. L’« excellence » et ses périmètres – Mondes Sociaux. La notion d’« excellence » est devenue une constante des politiques de recherche et d’innovation en Europe avec les « clusters d’excellence » promus par la Commission Européenne, les « Exzellenzinitiative » allemandes, les « Netwaerk og klynger » danois, etc. Cette notion est utilisée aussi bien pour désigner des concentrations industrielles que des dispositifs plutôt destinés à la recherche académique et à l’enseignement supérieur. En France, cette notion est un objet important des critiques adressées aux politiques de recherche définis dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) lancé en 2010 avec ses nombreuses déclinaisons en « ex » (Labex, Equipex, Idex, etc.). Trois PIA ont été mis en œuvre, le dernier en 2016 d’un montant de 10 milliards d’euros.

Je présenterai ici quelques réflexions sur ces politiques à partir de ce que je connais des travaux en sociologie des sciences. Tout le monde est d’accord pour favoriser la qualité des enseignements et des recherches. Réflexions sur les regroupements d’universités en France – Mondes Sociaux. Depuis une dizaine d’années, les gouvernements français successifs encouragent les regroupements d’universités (et d’autre établissements). Ces politiques ont été conduites dans le cadre du Programme Investissements d’Avenir (PIA) et de la création des Communautés d’universités et établissements (ComUE). Le PIA est un programme d’investissement de l’Etat (57 milliards d’euros) largement tourné vers la recherche et l’innovation dans ses différentes dimensions. Les ComUE sont des regroupements territoriaux d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche (universités, écoles d’ingénieurs…) et d’organismes de recherche (CNRS, INRA…) chargés de coordonner les offres de formation et les stratégies de recherche, notamment par la mutualisation de moyens.

CC Wikimedia Commons Kilom 691 Ces politiques sont également orientées par la référence au classement des universités réalisé depuis 2003 par une équipe de l’Université Jiao Tong de Shanghai. CC Flickr Pierre Metivier. Quand l’histoire devient un champ de bataille – Mondes Sociaux. CC Wikimedia Commons BNF Des « ancêtres gaulois » de Nicolas Sarkozy jusqu’à la promotion du « récit national » qui doit, pour François Fillon (son ancien Premier ministre), remplacer les cours d’histoire, la rentrée scolaire 2016 a vu de nombreuses personnalités politiques françaises s’emparer de l’histoire.

Le phénomène n’a rien de nouveau. Depuis plus de dix ans, le passé est devenu un champ de bataille qu’investissent ceux qui souhaitent promouvoir une vision essentialiste de l’identité française, qui aurait été la même depuis 2000 ans et qui serait maintenant menacée par l’installation de populations immigrées. Ce renouveau du roman national s’appuie sur un vaste réseau médiatique « d’historiens de garde » constitué lorsque Nicolas Sarkozy était Président de la République. Tout commence en 2005 avec le projet de loi du 23 février visant à affirmer le rôle positif de la colonisation, porté par le Député UMP Christian Vanneste.

CC Wikimedia Commons Théophile Alexandre Steinlen. Crainte et vanité ? La soumission des universitaires à la gestion néolibérale – Mondes Sociaux. CC Pixabay Bykst En 2014, Yves Dupont, socioanthropologue spécialiste du monde rural, a publié un essai qui mérite à nos yeux d’être présenté sous forme de tribune. Son questionnement essentiel est le suivant : comment se fait-il que les universitaires, disposant pourtant des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister aux sirènes néolibérales, acceptent presque silencieusement de se soumettre au processus de gestionnarisation de l’Université française, c’est-à-dire à une logique basée sur la productivité et la rentabilité contrôlées par des procédures normées et des indicateurs chiffrés de performance. Autrement dit, comment se fait-il que les chercheurs consacrent de moins en moins de temps à des questions proprement scientifiques et de plus en plus à la rédaction de « projets » dont beaucoup n’aboutissent jamais ?

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux Dupont Y., 2014, L’Université en miettes. CC Pixabay OpenClipart-Vectors CC Wikimedia Commons Wightmeth. 1914-1918 : l’arrière si près du front… – Mondes Sociaux. CC Flickr Frédéric La vie des acteurs de la Première Guerre mondiale est désormais bien connue, nombre d’historiens ayant consacré d’importantes recherches à cette question. Mais force est de constater que c’est surtout la vie quotidienne au front qui a été étudiée. De sorte que le travail à l’arrière a été sinon oublié, du moins quelque peu négligé. Or s’il ne concerne pas directement l’histoire militaire, il fait la part belle à une composante essentielle de l’effort de guerre. Non seulement indispensable à la vie du front, le travail aide à préparer l’avenir, y compris l’après-guerre. Un Colloque international – le Xe du genre consacré à la Grande Guerre – a fort opportunément rectifié le tir en prenant frontalement le travail à l’arrière pour objet de recherche et de débat.

CC Flickr Library and Archives Canada / Bibliothèque et Archives Canada Crédits Patrick Mignard pour Mondes Sociaux C’est aussi une période particulière pour l’Université. CC Flickr MCAD Library. Ce que nos universités doivent au Moyen Âge – Mondes Sociaux. CC Pixabay FreeVectorImages On l’ignore parfois, mais dans l’Europe des XIIe-XIIIe siècles, l’apparition des universités fut sans aucun doute l’une des innovations les plus fondamentales du Moyen Âge occidental. En effet, les premières institutions universitaires qui virent le jour entre 1180 et 1220, à Bologne, Paris et Oxford, sont nées d’une quête d’autonomie de populations intellectuelles nouvelles, maîtres et étudiants établis dans ces villes qui se réunirent en « universités ». Initialement, le terme universitas renvoyait à une notion juridique communément utilisée, désignant une communauté d’hommes unis par un serment et se constituant en personne morale capable de porter et défendre ses intérêts devant les pouvoirs royaux, ecclésiastiques ou urbains.

Le fait même que la langue française moderne ait réservé aux seules institutions d’enseignement supérieur ce nom d’« université » illustre le caractère fondateur de cette mutation intellectuelle de l’Occident. Thèse. Jean-Pierre Amalric, un historien ¿ olé-olé ? – Mondes Sociaux. CC Mondes Sociaux A la fin des années 1950, lorsque fraîchement émoulu de l’agrégation, Jean-Pierre Amalric se présenta au domicile de Fernand Braudel, il ne se doutait pas que le maître l’accueillerait en lui disant d’un ton péremptoire : « Amalric, vous étudierez la Chine !

». Jeune père de famille, le futur sinologue entrevit en un instant les sacrifices que lui imposerait une telle spécialisation. C’est alors qu’intervint, tel un deux ex-machina salvateur, l’épouse du maître des lieux : « mais, voyons, Fernand, tu ne comptes pas envoyer ce petit en Chine ! ». Cette remarque fit son effet et se ravisant, maugréant sans doute, Fernand Braudel reprit « bon, puisque c’est ainsi, qu’il étudie le Cadastre de la Ensenada ». Une nomination au CNRS lui permit de s’installer à Simancas, village de Vieille-Castille sis à deux lieues de Valladolid, dont la forteresse abrite les archives du royaume. CC Wikimedia Commons Véronique PAGNIER Jean-Pierre Almaric, période « moustache ». Les usines à gaz de l’évaluation. Épisode 2 – Mondes Sociaux. L’évaluation collégiale qui reposait sur « un tiers partagé » par la communauté scientifique cède peu à peu la place à l’évaluation par un tiers spécialisé, situé « à distance » de cette communauté (voir, Episode 1, Mondes Sociaux : L’idée de confier des évaluations à ce type d’instance connaît en fait une première concrétisation à partir des années 1980, dans un contexte marqué notamment par la réorganisation de la recherche publique (suppression de la Délégation Générale à la Recherche Scientifique et technique, réforme du CNRS…) et la contractualisation des universités.

C’est ainsi que se crée en 1984 le Comité national d’évaluation (CNE) chargé principalement d’évaluer les universités, les grandes écoles et les organismes de recherche relevant du ministère de l’enseignement supérieur. Boure R., 2015, « Les modes d’évaluation de l’enseignement et de la recherche. Episode 1 », Mondes Sociaux, mai.CEREQ, 2014, Evaluer les universités. Les modes d’évaluation de l’enseignement et de la recherche. Épisode 1 – Mondes Sociaux. L’évaluation renvoie non seulement à une notion travaillée depuis longtemps par les Sciences humaines et sociales, mais aussi à des pratiques sociales diversifiées et à des dis positifs multiples. A partir des années 1990, elle s’installe dans de nombreux domaines (aménagement, santé, action sociale, diplomatie, police, culture, enseignement, recherche…) et pour toutes les catégories d’acteurs (collectivités publiques, entreprises, associations…).

De sorte que l’on est fondé à parler d’évaluation généralisée et à ériger l’évaluation en impératif catégorique. En même temps, elle est présentée comme un fondement essentiel de la prise de décision et plus généralement de l’action. Dans l’enseignement supérieur et la recherche, sa généralisation et l’évolution rapide de ses formes ont une signification particulière, notamment en raison du rôle traditionnellement attribué à l’évaluation par la communauté scientifique. Inscription dans une double tradition. Réunion collégiale de pingouins. Bernard Maris. Un humaniste, un penseur critique de l’économie dominante – Mondes Sociaux. Bernard Maris, économiste reconnu, universitaire, écrivain, essayiste, journaliste, a été assassiné le 7 janvier 2015 avec plusieurs de ses amis de Charlie Hebdo. Il a été une personnalité marquante de la pensée économique contemporaine ; ses choix iconoclastes l’ont conduit à pourfendre inlassablement l’économie standard et à dénoncer ses impostures.

Acteur et penseur de son temps, dans une société soumise à des évolutions très puissantes depuis les années 1980 et à une crise sans précédent depuis le milieu de la dernière décennie, il s’est attaché, sans relâche, à participer à la tâche indispensable de l’examen des idées, des institutions, des pratiques, des discours. Son esprit critique s’accompagnait toujours de propositions fortes. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux Bernard Maris tenait beaucoup à son titre d’universitaire. C’est à cette époque qu’il obtient le prix du « meilleur économiste » décerné par le magazine Le Nouvel Economiste (1995). Ouvrages d’économie Essais et romans. L’Europe en ses Amphis – Mondes Sociaux. Affiche du film L’auberge espagnole, Cédric Klapish, 2002 Depuis une vingtaine d’années, l’histoire de l’Europe est l’objet de débats nombreux et souvent houleux parmi les scientifiques comme au sein des opinions publiques.

Pour les uns, parce que le caractère polysémique du mot « Europe » autorise des définitions multiples et interroge sur la possibilité même d’écrire une histoire européenne ; pour les autres, parce que les bouleversements récents (chute du Mur de Berlin, extension croissante des compétences communautaires, élargissements successifs de l’Union européenne à de nouveaux pays…) suscitent interrogations et inquiétudes auxquelles les chercheurs en sciences humaines et sociales sont invités à répondre.

Devant cette situation, des chercheurs toulousains ont créé en 2011 une structure de dialogue et d’échanges afin de mieux répondre aux attentes du monde de la recherche, mais aussi de publics plus larges que les publics académiques. CC Wikimedia Commons. Jean Jaurès dans La Dépêche. CC Mondes Sociaux À l’occasion du centenaire de la mort de Jean Jaurès (1859-1914), l’Université de Toulouse 2 a été rebaptisée du nom de ce célèbre homme politique, journaliste et philosophe.

Si elle n’a pas fait l’unanimité, cette décision est l’occasion de revenir sur le parcours et les idées de cet homme politique emblématique, notamment à travers un ouvrage qui lui a été consacré. Des spécialistes reconnus (Rémy Pech, Alain Boscus, Rémy Cazals, Jean Sagnes, Jean Faury, Georges Mailhos) se sont en effet associés pour éditer et remettre en contexte l’ensemble de ses articles parus dans La Dépêche, quotidien régional d’influence radicale et socialiste (chroniques politiques, analyses économiques, réflexions sur la société, les mœurs ou l’éducation, critiques littéraires et artistiques, etc.). En près de 25 ans, Jaurès a rédigé 1 312 articles, soit une collaboration quasi-hebdomadaire. Dessiné et gravé par Louis Boursier, d’après une photo de © H.Manuel/Ville de Castres. Le début des études féministes à l’Université de Toulouse – le Mirail – Mondes Sociaux. L’histoire de l’émergence, de la structuration et de l’institutionnalisation des études féministes en France reste à faire.

La documentation et les archives ne manquent pas, sans compter la collecte de témoignages oraux qui devrait être menée sans tarder, à l’heure où les anciennes partent à la retraite, voire pour les plus âgées, nous quittent définitivement. Très modestement, ce court article entend rappeler les débuts des études féministes à l’Université de Toulouse- le Mirail. Ces dernières naissent dès les années 1970 de la rencontre de trois phénomènes politiques et sociaux concomitants : la féminisation de l’Université, sa réforme après le mouvement de 1968 et la naissance du Mouvement de libération des femmes (MLF).

Dans sa typologie des groupes qui ont initié les études féministes, Rose-Marie Lagrave différentie deux pôles. Slogan années 1970 Conférence d’Agnès Fine (15 janvier 2011) par IEC-MNHN Portrait de Jacqueline Martin, bâtisseuse des… par Universite_de_Toulouse. Dossier : Sur et sous le patrimoine scientifique – Mondes Sociaux. Crédits photos : V. Prévost, Pôle Culture, Université Paul Sabatier 2014 Jusqu’à une époque très récente, les sciences et leurs institutions -au premier rang desquelles figurent les universités- ont largement laissé leurs bâtiments, laboratoires, instruments scientifiques, collections, savoirs et savoir-faire à l’écart d’un processus de patrimonialisation qui s’insinuait progressivement mais sûrement dans la plupart des activités sociales.

Et ce dans la quasi-indifférence de la société française et de ses représentants légitimes, tant nationaux que locaux. Dans ces conditions, comment conserver et valoriser non seulement les traces matérielles et immatérielles du passé récent ou plus lointain, mais encore les objets et la mémoire contemporains significatifs de la science en train de se faire ? Fort heureusement, depuis quelques années, les mentalités ont évolué, les perspectives ont changé et de nouveaux dispositifs ont vu le jour.

Affiche exposition BU Sciences Université Paul Sabatier. Les racines historiques du système français d’enseignement supérieur et de recherche – Mondes Sociaux. Pourquoi la recherche se déconcentre en France ? – Mondes Sociaux.