background preloader

Travail

Facebook Twitter

Emploi, Formation, Ouvrier, Risque, Salariat, Salarié, Santé

Les origines du débat sur l’organisation du travail. Dans plusieurs pays européens, et notamment en France, l’organisation du travail fait aujourd’hui l’objet d’un débat qui met aux prises partis et mouvements politiques, syndicats et organisations professionnelles, citoyens et opinion publique, mais aussi chercheurs relevant de plusieurs disciplines. Mais est-ce si « nouveau » que cela ? Pour répondre à cette question, un détour par l’histoire est indispensable. En 1791, au cœur de la Révolution française, les parlementaires français suppriment les corporations de métiers et interdisent les coalitions d’ouvriers. Cette décision empêche un libre débat sur l’organisation du travail, qui reste longtemps du seul ressort des patrons.

Il faut en fait attendre 1817 pour que l’ouvrage Éléments d’économie politique rédigé par un économiste libéral – le Comte d’Hauterive –, évoque le premier « l’organisation du travail ». Encore s’agit-il du travail administratif au sein du Ministère des Affaires étrangères dont il est l’archiviste. Universités : la professionnalisation dans tous ses états – Mondes Sociaux.

Sur la période récente, la professionnalisation de l’Université s’est développée via un discours européen articulant compétitivité de l’Europe et efficacité des formations supérieures, notamment dans leur capacité à développer l’employabilité des étudiants. Il s’est agi alors de professionnaliser tant les contenus de formation que les parcours des étudiants. Concernant les contenus, la professionnalisation passe par la création de filières professionnelles, comme les licences professionnelles en France, ou encore la multiplication des spécialités de Master entendant répondre au mieux aux besoins supposés des marchés du travail locaux. Pour sa part, la professionnalisation des parcours d’études s’inscrit dans la « logique compétences », censée favoriser la sécurisation des parcours d’insertion. CC Mademoiselle Sandrillana CC Pixabay OpenClipart-Vectors CC Viaggiando s’impara Lifelong Learning Programme – European Commission.

Travail : les enjeux d’une « conversion » de la société française – Mondes Sociaux. Parlant, quarante ans plus tard, de l’Algérie en guerre qu’il a longuement sillonnée, Pierre Bourdieu suggère que « L’observation des conversions forcées, souvent très coûteuses et très douloureuses, que les nouveaux venus à l’économie proprement économique doivent opérer sous la pression de la nécessité permet sans doute de se faire une idée approchée de ce qui s’est passé aux origines du capitalisme, où les dispositions s’inventèrent en même temps que s’instituait peu à peu le champ dans lequel elles s’accomplissaient ». On peut penser que la société française constitue un terrain particulièrement intéressant pour observer sur le long terme la conversion au capitalisme d’une société restée longtemps rurale.

La Révolution française marque une ouverture sur le capitalisme, par la destruction des corporations et la reconnaissance de la liberté du commerce. CC Pixabay Tumisu En quoi l’adoption d’un Code du travail à partir de 1910 transforme-t-elle cette situation ? Approche spatiale de l’intégration des frontaliers au Luxembourg – Mondes Sociaux. Le Luxembourg entretient des liens très étroits avec ses pays voisins (Belgique, Allemagne, France), notamment sur le plan du travail frontalier. Il faut dire qu’au cœur de cette Eurorégion, la frontière joue un rôle essentiel dans les dynamiques économiques et spatiales.

Le Grand-Duché génère, en effet, un différentiel économique important, aussi bien au niveau du marché du travail, avec des rémunérations plus attractives, qu’à celui du marché foncier. Il polarise les flux de main-d’œuvre. Quotidiennement, près de 160 000 frontaliers résidant en France, en Allemagne ou en Belgique s’y rendent pour y travailler. Il s’agit du plus important flux de travailleurs frontaliers au sein de l’Union européenne. Ces travailleurs sont fonctionnellement intégrés au Luxembourg en raison de leurs déplacements domicile-travail, du moins si l’on considère que l’intégration se définit comme l’insertion d’individus étrangers au sein d’un autre espace national. CC Pixabay Clker-Free-Vector-Images. Risques et travail dans un gros livre rouge – Mondes Sociaux.

C’est un livre épais, qui fait son poids, doté d’une couverture écarlate, et qui parle du travail… Mais ce n’est pas le Code du Travail édité par Dalloz. Il s’intitule Les Risques du Travail, avec comme sous-titre Pour ne pas perdre sa vie à la gagner. Cet ouvrage collectif, paru en 2015 aux éditions La Découverte, a été coordonné par quatre chercheurs de disciplines différentes, dont l’auteur de ces lignes. Il prend la suite, à trente ans de distance (1985), d’un ouvrage publié sous le même titre, chez le même éditeur, avec une couverture de la même couleur. Ces quelques éléments de signalement – un titre, un volume, une coloration – méritent que l’on y revienne, car cela permet de préciser les objectifs que les auteurs se sont assignés, et la nature des articles que le lecteur y trouvera.

La compréhension des liens entre santé et travail pose des problèmes méthodologiques ou techniques parfois complexes. Gérard Depardieu et Renaud dans « Germinal » (1993) de Claude Berri. Santé et travail : nouvelles perspectives de recherche et d’action – Mondes Sociaux. CC Pixabay ClkerFreeVectorImages Dans notre société à hautes exigences sanitaires, il paraît pourtant acceptable que le travail fasse mal. Qu’il soit pénible, qu’il provoque souffrances, usure et pathologies dont témoignent le vieillissement différentiel et les écarts d’espérance de vie entre catégories socioprofessionnelles, qu’il soit dangereux (en France dix décès par semaine sont dus à des accidents de travail) : tous ces maux paraissent intrinsèquement liés au travail-même.

Pourtant, de multiples événements manifestent une remise en cause de ce fatalisme : ne serions-nous pas à un moment de changement de posture ? CC Flickr Jean Pierre Gallot Ces évolutions suggèrent que la santé au travail pourrait être en train de gagner le statut d’objet de santé publique, après une longue histoire marquée surtout par son confinement dans la sphère du travail et des relations professionnelles, et par la priorité donnée à la réparation plutôt qu’à la prévention. CC Flickr Florian Simeth CC Pixabay.

1914-1918 : l’arrière si près du front… – Mondes Sociaux. CC Flickr Frédéric La vie des acteurs de la Première Guerre mondiale est désormais bien connue, nombre d’historiens ayant consacré d’importantes recherches à cette question. Mais force est de constater que c’est surtout la vie quotidienne au front qui a été étudiée. De sorte que le travail à l’arrière a été sinon oublié, du moins quelque peu négligé. Or s’il ne concerne pas directement l’histoire militaire, il fait la part belle à une composante essentielle de l’effort de guerre. Non seulement indispensable à la vie du front, le travail aide à préparer l’avenir, y compris l’après-guerre. Un Colloque international – le Xe du genre consacré à la Grande Guerre – a fort opportunément rectifié le tir en prenant frontalement le travail à l’arrière pour objet de recherche et de débat.

CC Flickr Library and Archives Canada / Bibliothèque et Archives Canada Crédits Patrick Mignard pour Mondes Sociaux C’est aussi une période particulière pour l’Université. CC Flickr MCAD Library. Mémoire ouvrière et relations sociales – Mondes Sociaux. « L’usine, il faut qu’elle fume » affirme sur un ton péremptoire l’un des retraités que nous avons interrogé en 2009 pour comprendre cinquante années d’existence d’une industrie dans les Pyrénées. 2009 est en effet une date importante pour « La Cellulose », cette entreprise de fabrication de pâte à papier – fleuron de l’industrie locale – implantée depuis 1959 sur le territoire de la commune de Saint-Gaudens, Sous-préfecture du département de la Haute-Garonne.

En effet, elle doit alors faire face à une période troublée par les effets de la crise économique avec un effondrement des prix de la pâte à papier sur le marché mondial et une assez longue et inquiétante période de chômage technique. Notre recherche sociologique qui s’est engagée dans ce contexte troublé s’est intéressée à la mémoire ouvrière, aux événements, aux relations sociales et aux crises. Elle a été effectuée à partir d’entretiens avec une trentaine de retraités et d’une exploration méthodique des archives de l’usine. Journal interne et intelligence collective – Mondes Sociaux.

CC Pixabay OpenClipart-Vectors L’organisation est-elle capable de prendre des décisions intelligentes ? Ou bien est-elle intelligente lorsqu’elle organise intelligemment les actions individuelles et collectives dans l’espace et le temps ? Si elle peut être définie comme un ensemble de capacités de décision et d’action collectives issu des interactions, l’intelligence collective est alors un indicateur des facultés d’un groupe d’agir face à des situations imprévues et inattendues. Mais agir collectivement ne signifie pas nécessairement aller dans le même sens pour les mêmes buts. Chacun agit en vue d’une finalité, même s’il ne peut pas prévoir rationnellement le résultat de son action.

Il existe donc une capacité d’agir que l’on peut appréhender comme « intelligence individuelle » : elle permet aux individus de poursuivre des fins personnelles, voire stratégiques, face à une situation de travail changeante, mais collectivement vécue et accomplie. CC Flickr Luc La méthodologie. Comment former les adultes ? – Mondes Sociaux. Dans La Formation professionnelle pour adultes. De l’éducation pour tous à la gestion individuelle des carrières, ouvrage paru au début de l’année 2013, Benjamin Saccomanno, post-doctorant associé au laboratoire CERTOP (Centre d’Étude et de Recherche Travail Organisation Pouvoir), s’intéresse à l’évolution historique et sociale de la formation professionnelle pour adultes (FPA) sur le temps long (1800-2009).

Pour lui, le système de FPA est une « entité aussi complexe que composite », située au carrefour de deux univers : l’école et le travail. La pluralité des acteurs (État, employeurs, syndicats, politiques et bénéficiaires de la formation), la diversité des structures, des enjeux ou encore des modes et niveaux de coordination et d’action, en rendent très difficile l’étude globale.

L’auteur fait le choix de baser son analyse sur un corpus de documents institutionnels, tout en considérant les « concepts mobilisateurs », la sémantique et les aspects cognitifs.