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Science

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Chercheur, Diffusion, Excellence, Recherche, Scientifique

L’« excellence » et ses périmètres – Mondes Sociaux. La notion d’« excellence » est devenue une constante des politiques de recherche et d’innovation en Europe avec les « clusters d’excellence » promus par la Commission Européenne, les « Exzellenzinitiative » allemandes, les « Netwaerk og klynger » danois, etc. Cette notion est utilisée aussi bien pour désigner des concentrations industrielles que des dispositifs plutôt destinés à la recherche académique et à l’enseignement supérieur. En France, cette notion est un objet important des critiques adressées aux politiques de recherche définis dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) lancé en 2010 avec ses nombreuses déclinaisons en « ex » (Labex, Equipex, Idex, etc.).

Trois PIA ont été mis en œuvre, le dernier en 2016 d’un montant de 10 milliards d’euros. Je présenterai ici quelques réflexions sur ces politiques à partir de ce que je connais des travaux en sociologie des sciences. Tout le monde est d’accord pour favoriser la qualité des enseignements et des recherches. Du Silicon dans ta Valley : pourquoi cela ne marche pas toujours ? – Mondes Sociaux. CC Pixabay Tumisu Lorsque l’on évoque les clusters, ces haut-lieux de l’innovation qui concentrent les acteurs publics et privés de la recherche et développement (R&D), c’est le fabuleux destin de la Silicon Valley qui vient à l’esprit. Cette dernière, au sud de San Francisco, est devenue au fil des années un lieu de pèlerinage pour des délégations d’entrepreneurs et de décideurs publics. Les premiers cherchent à y percer les secrets de cette capacité qu’ont les firmes qui y sont nées ou s’y sont localisées à dominer les nouveaux marchés technologiques.

Les seconds espèrent en retirer de quoi nourrir la définition d’incitations publiques à l’innovation, pour retrouver le chemin d’une croissance basée sur de nouveaux marchés. Car les initiatives en faveur des clusters sont nombreuses de par le monde. Et leurs promoteurs n’hésitent pas à accompagner leur argumentation d’une analogie avec cette région Californienne. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux CC Pixabay Geralt Comment ? Nanosciences: New Tools and New Scientific Research – Mondes Sociaux. Can we understand contemporary nanoscience research through its equipment? That is the challenge of this study. Noting that scientific revolutions have accelerated, we found that new instruments open up new fields of investigation, thus creating a break in epistemology.

Historically, the questions asked by researchers have always been guided by the limitations imposed by Nature. But in nanoscience, thanks to new instrumentation, researchers are in a position to ‘shape nature’ to their will. They thereby gain new freedom in formulating questions. Marcovich A., Shinn T., 2014, Toward a New Dimension : Exploring the Nanoscale, Oxford University Press. CC Patrick Mignard for Mondes Sociaux In 1981, Gerd Binnig and Heinrich Roher invented a new instrument, the Scanning Tunneling Microscope (STM), which is able to locate and visualize individual atoms.

CC Wikimedia Commons That’s when everything started accelerating. CC Flickr Thomas Hawk CC Pixabay OpenClipartVectors CC Flickr Eliz.avery. The Road to the Nobel Prize in Chemistry – Mondes Sociaux. CC Wikimedia Commons, DNA Repair, Tom Ellenberger, Washington University School of Medicine in St. Louis Without DNA repair mechanisms, the longevity of many living organisms would be reduced. A healthy human body is able to repair much of the damage caused by attacks from the exterior (sun, environment, etc.) or mistakes caused by the body itself. Yet the study of repair mechanisms has long remained in the shadows.

In 2015, the Nobel Prize in Chemistry sought to shed new light on the field by rewarding three specialists: Thomas Lindahl, Paul Modrich, and Aziz Sancar. While proof of DNA repair dates to the 1950s-1960s, it was only in 1980-2000 that scientists were able to make the field a specialty in its own right, with its own journal DNA Repair and conferences. How to explain this lack of recognition? Nobelprize.org. Errol C. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux Friedberg E. CC Pixabay OpenClipartVectors CC Pixabay Crédit image à la Une : CC Wikimedia Commons CHARMM. De quelques croyances répandues sur la géographie des activités scientifiques – Mondes Sociaux. CC Pixabay Clker-Free-Vector-Images Les dernières années ont vu se mettre en place dans différents pays des politiques d’« aménagement scientifique ».

Que ce soit au Japon, en France ou en Allemagne, ces initiatives encouragent le regroupement d’universités, complété d’une différenciation fonctionnelle « hiérarchique » de leurs rôles (mondial, national, local, ou encore de recherche ou seulement d’enseignement). Ces politiques consistent principalement à différencier les moyens accordés aux universités en se fondant sur des diagnostics et des évaluations comprenant un certain nombre d’allant de soi qui concernent la dimension spatiale des activités d’enseignement supérieur et de recherche. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux En comparaison de la population mondiale, l’activité scientifique mesurée par le volume de publications recensées par les bases de données bibliométriques est indéniablement beaucoup plus concentrée géographiquement.

Résultats des études empiriques : c’est exact. Faire dialoguer sciences et religions ? – Mondes Sociaux. CC Wikimedia Commons Hansel Mar Comment expliquer le retour en force, depuis les années 1980-1990, de la question des relations entre science et religion et des appels au « dialogue » entre ces domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes ? L’idée qu’il faut, comme le disait au milieu des années 1920 le Frère Marie-Victorin, célèbre savant québécois, « laisser la science et la religion s’en aller par des chemins parallèles, vers leurs buts propres », et ne pas s’empêtrer dans des tentatives qui cherchent à tout prix l’harmonie entre les découvertes scientifiques et les croyances religieuses, faisait plutôt jusqu’ici consensus dans le monde scientifique.

Étudiant en physique au cours des années 1970, je ne me souviens pas que de telles discussions aient occupé les pause-café des professeurs et des étudiants, encore moins le débat public ou le monde de l’édition. Gingras Y., 2016, L’impossible dialogue : sciences et religions, Montréal/Paris : Editions du Boréal/PUF. Nanosciences, nouveaux instruments et nouvelle recherche scientifique – Mondes Sociaux. CC Wikimedia Commons Matt Howard Peut-on comprendre la recherche contemporaine dans les nanosciences à partir de ses équipements ? C’est l’enjeu de cet article. A partir du constat de l’accélération des révolutions scientifiques, nous montrerons que de nouveaux instruments permettent d’atteindre des champs d’investigation inédits, opérant ainsi une rupture épistémologique : historiquement, les questions posées par les chercheurs étaient toujours guidées par les contraintes imposées par la nature ; dans les nanosciences, grâce aux nouveaux instruments, les chercheurs sont en position de « façonner la nature » à leur gré.

Ils gagnent ainsi de nouvelles libertés dans la formulation de leurs questions. Enfin, nous discuterons de l’impact de la recherche à l’échelle nanométrique sur l’organisation de la communauté scientifique, et en particulier du débat entre disciplinarité traditionnelle, interdisciplinarité et ce que nous appelons « nouvelle disciplinarité ».

CC Wikimedia Commons. Un sociologue au merveilleux pays du synchrotron – Mondes Sociaux. Tous droits réservés Gâteaux et délices Les équipements scientifiques ont un caractère fascinant. Même les plus habituels et les plus ordinaires d’entre eux, comme les microscopes ou les télescopes, contribuent à décrypter les mystères et les secrets de l’univers, de la matière et de la vie. Les équipements plus rares sont la plupart du temps neufs, quelquefois même rutilants, ou au moins constamment entretenus et perfectionnés. Et, ce qui n’ôte rien à la fascination qu’ils exercent, ils sont coûteux, parfois extrêmement. La métaphore est souvent galvaudée, mais ce sont des « bijoux » et, au contraire de ces derniers, ils ont l’avantage d’être utiles.

Un synchrotron pousse au plus haut degré ce pouvoir de fascination. De tous les synchrotrons, l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) est peut-être le plus fascinant. Simoulin V., 2012, Sociologie d’un grand équipement scientifique. CC Wikimedia Commons Jjron Crédits Patrick Mignard pour Mondes Sociaux CC Pixabay Geralt. Les routes du Prix Nobel de Chimie – Mondes Sociaux. CC Wikimedia Commons, DNA Repair, Tom Ellenberger, Washington University School of Medicine in St.

Louis Sans les mécanismes de réparation de l’ADN, la longévité de nombreux organismes vivants serait en cause. En bonne santé, le corps humain est capable de réparer une grande part des lésions produites par des attaques extérieures (soleil, environnement…) ou résultant d’erreurs provoquées par l’organisme lui-même. Pourtant, l’étude des mécanismes de réparation est longtemps restée dans l’ombre.

De sorte que le prix Nobel de Chimie 2015 vient tout juste de rétablir la lumière sur ce domaine de recherche en récompensant trois spécialistes : Thomas Lindhal, Paul Modrich et Aziz Sancar. Comment expliquer cette reconnaissance tardive ? Nobelprize.org. Il est intéressant de revenir sur l’explication d’Errol C. Crédits Patrick Mignard pour Mondes Sociaux Friedberg E. Crédit Patrick Mignard pour Mondes Sociaux CC Pixabay OpenClipartVectors CC Pixabay.

Où vit la science ? – Mondes Sociaux. Si l’on n’est pas toujours en mesure de savoir où va la science, on peut se demander où elle se fabrique, où elle s’épanouit, où elle vit. Géoscience, programme de l’Agence Nationale de la Recherche a réuni pendant trois ans (2010-2013) géographes, historiens ainsi que sociologues français et canadiens. Leur mission ? Etudier les logiques spatiales de l’activité scientifique contemporaine aux échelles locale, régionale, nationale et internationale. Pour y parvenir, les chercheurs ont élaboré une analyse historique de la construction des institutions scientifiques et de leur déploiement dans l’espace durant les deux derniers siècles. Le procédé est obligatoire, les processus actuels de mondialisation de la science s’appuyant sur des espaces nationaux façonnés par des décennies de politiques publiques et de logiques sociales. Leurs interrogations sont multiples : comment l’activité scientifique est-elle spatialement distribuée ?

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux. Quand la science fait le « buzz » – Mondes Sociaux. Crédits Miss Lilou, ActuRatons.fr Le 5 décembre 2012, PLoS ONE, revue scientifique internationale en ligne et en libre accès publie un article de chercheurs de l’Université Paul Sabatier – Toulouse 3 démontrant un changement de comportement alimentaire chez les silures. D’une part, ces poissons introduits dans la rivière Tarn attaquent des pigeons sur les berges selon la technique du beaching utilisée par les orques, d’autre part, le pigeon est devenu l’élément essentiel du régime alimentaire de certains spécimens. Aussitôt, c’est le « buzz » à l’échelle planétaire. Or il est rare qu’une information scientifique, de surcroit qualifiée de « mineure » par ses producteurs, soit l’objet d’un tel « emballement médiatique ».

Dès lors, il est tentant de s’interroger sur l’ampleur et les formes de ce phénomène. Alors que le seuil de 8 000 visites n’est atteint que par un petit nombre d’articles de PLoS ONE, en quelques jours l’article sur les silures est consulté plus de 52 000 fois. Quand la science fait le « buzz » – Mondes Sociaux. Qui sont ceux qu’on cite ? – Mondes Sociaux.

La pratique des citations entre chercheurs est fortement associée à la science occidentale moderne. Les citations scientifiques étaient déjà probablement à l’esprit de ceux qui, dès le XIIe siècle, ont véhiculé la très ancienne expression « de nains sur les épaules des géants ». Il s‘agissait alors de marquer avec révérence la cumulativité du savoir scientifique. Plus tard, alors que les activités de recherche se développent au cours XXème siècle, les études sociales des sciences ont montré que la cumulativité s’exprimait aussi par le nombre de citations : plus on est cité et plus on a tendance à être cité affirmera le sociologue américain Robert K. Merton en nommant cela « l’effet Matthieu ». Qu’on s’intéresse aux contenus des savoirs, à la reconnaissance ou aux rhétoriques, on néglige toujours une dimension de la citation : quels sont les liens de l’auteur citant avec l’auteur cité ?

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux CC Flickr Umjanedoan CC Béatrice Millard. Pourquoi s’intéresser aux brouillons de la recherche ? – Mondes Sociaux. CC Camdiluv ♥ Quel lien peut-on faire entre une liste de courses et le brouillon d’un chercheur ? Nous écrivons tous, quasi-quotidiennement, de nombreux documents (lettres, listes de courses, calculs des impôts, etc.) qui ne sont pas destinés à être montrés. Ceux-ci, ont une existence parfois éphémère (comme les post-it) ou, au contraire, sont conservés précieusement (comme les cartes postales ou les lettres), indiquant ainsi la dimension affective que nous pouvons leur porter. Ils sont tous mobilisés, d’une manière ou d’une autre, pour appréhender et domestiquer le monde qui nous entoure. De la même manière, dans leur travail journalier, les chercheurs produisent de nombreux écrits qui, au mieux, seront empilés dans une armoire, au pire seront jetés.

Bibliographie indicative Des écrits ambivalents forts révélateurs Cette forme légitime de communication ne peut cependant exister sans les écritures quotidiennes de la science. Enjeux et importance de ces écrits ordinaires CC Peter Turvey.