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Circulation, Mondialisation, Numérique, Réseaux sociaux

Le selfie : expression contemporaine de soi. En quelques années, les réseaux socio-numériques (Facebook, Instagram, Twitter, Linkedin…) ont bouleversé les manières de se (re)présenter, tout particulièrement à travers la photo de profil des utilisateurs. Liée à l’apparition du selfie capturé à bout de bras avec un smartphone, le genre de l’autoportrait photographique semble être en mutation. Fondé en 2004, Facebook est aujourd’hui le leader des réseaux socio-numériques de contenus. L’ampleur et la généralisation de cette plateforme est perceptible en quelques chiffres avec près de 2 milliards d’utilisateurs dans le monde, parmi lesquels 20 millions de français se connectent quotidiennement. Le nombre de contenus publiés (commentaires, articles, images, vidéos, etc.) donne le tournis, les photographies représentent à elles-seules des millions d’images diffusées chaque jour.

Impossible de passer à côté de ce phénomène entré rapidement dans le quotidien et la sphère publique. CC Pixabay OpenClipart-Vectors CC Pxhere. Les émotions en ligne ou l’économie du « like » Sur le Web, quand on aime on ne compte pas ses clics. Pas plus d’ailleurs que ses joies, ses peines ou sa colère. Dans un ouvrage consacré au Web affectif, on se propose de parler d’amour. L’amour que les plateformes Web permettent de transmettre et de recevoir via de nombreux signes émotionnels (emoji, likes, émoticônes, cœur…). L’amour que ces plateformes portent à nos énonciations émotionnelles afin d’affiner la collecte et le traitement des données nous concernant. L’amour, enfin, que les professionnels de la communication et du marketing semblent ressentir envers des technologies et des méthodes qui permettraient de capter, analyser et comprendre ce que nous ressentons.

En somme, dans cet essai, nous tentons de penser l’économie du numérique au travers d’un prisme affectif. Alloing C., Pierre J., 2017, Le Web affectif. Cc pixabay Clker-Free-Vector-Images Alloing C., 2016, (E)réputation. CC Pixabay Pixaline Kramer A., Di Guillory J. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux. Du Silicon dans ta Valley : pourquoi cela ne marche pas toujours ? – Mondes Sociaux.

CC Pixabay Tumisu Lorsque l’on évoque les clusters, ces haut-lieux de l’innovation qui concentrent les acteurs publics et privés de la recherche et développement (R&D), c’est le fabuleux destin de la Silicon Valley qui vient à l’esprit. Cette dernière, au sud de San Francisco, est devenue au fil des années un lieu de pèlerinage pour des délégations d’entrepreneurs et de décideurs publics. Les premiers cherchent à y percer les secrets de cette capacité qu’ont les firmes qui y sont nées ou s’y sont localisées à dominer les nouveaux marchés technologiques.

Les seconds espèrent en retirer de quoi nourrir la définition d’incitations publiques à l’innovation, pour retrouver le chemin d’une croissance basée sur de nouveaux marchés. Car les initiatives en faveur des clusters sont nombreuses de par le monde. Et leurs promoteurs n’hésitent pas à accompagner leur argumentation d’une analogie avec cette région Californienne. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux CC Pixabay Geralt Comment ? La Méditerranée Sud à l’heure chinoise – Mondes Sociaux. Malgré les turbulences qui secouent la région, les pays du sud et de l’est de la Méditerranée demeurent des espaces-clés afin d’observer comment l’arrivée de produits made in China reconfigure les centralités commerciales et les réseaux marchands en Algérie, mais aussi au Maroc, au Kurdistan irakien, en Tunisie… et en Chine. En France, c’est principalement dans le comptoir marseillais que s’est construite la figure de l’entrepreneur migrant dans le contexte post-fordiste lié à la crise industrielle, à la montée du chômage et au contrôle de l’immigration.

Durant les années 1980, dans un contexte de pénurie et de contrôle des importations en Algérie, les premiers porteurs de cabas se sont lancés dans des navettes entre le port français et les villes du Maghreb où ils revendaient les marchandises acquises. Les cabas sont des sacs de plastique tissé, désormais fabriqués en Chine. On les appelle ainsi sur quasiment tout le pourtour méditerranéen. CC Wikipedia Commons Marianne Casamance. Où la révolution numérique mène t-elle ? – Mondes Sociaux. CC Pixabay OpenClipart-Vectors La révolution numérique s’est imposée à la fin des années 2000 quand des milliards de personnes ont pu se connecter à Internet.

Cette révolution technique n’obéit à aucune volonté politique de transformation sociale et personne ne connaît la direction qu’elle nous fait prendre. Même si elle est jugée en général positivement grâce au surcroît de liberté qu’elle apporte, des évaluations plus critiques mettent en cause les nouvelles formes de contrôle et de domination qui l’accompagnent. « Quand on ne sait pas où l’on va, dit le proverbe, il vaut mieux savoir d’où l’on vient ». Et nous venons de cinquante ans d’informatisation au cours desquels sont apparues quatre grandes problématiques sociétales, au fur et à mesure de la progression des applications : Revisiter et expliciter ces problématiques est indispensable si on veut comprendre la dynamique de l’incertaine révolution numérique en cours. Black E., 2001, IBM et l’holocauste, Paris : Robert Laffont.

Mondialisation, trafics de sexe et de drogues – Mondes Sociaux. CC Pixabay Geralt La mondialisation a de multiples dimensions. Certaines d’entre elles, comme la politique, l’économie ou la démographie font l’objet de recherches nombreuses, fouillées et « multinationales » ; d’autres sont plus rares, y compris à l’échelle internationale. C’est le cas de La mondialisation criminelle, qui a donné son titre au dernier ouvrage du sociologue Alain Tarrius.

Contrairement à un livre précédent dont Mondes Sociaux a rendu compte, il ne s’agit plus de synthèses ou d’actualisations de recherches menées depuis trois décennies, mais d’une série d’enquêtes, d’un enchaînement de terrains et de situations, qui éclairent crûment le phénomène social étudié : les trafics de femmes pour le travail du sexe et de drogues, ainsi que les rapports entre ces deux types de trafics. Et ce depuis la Mer Noire jusqu’aux pays européens de l’espace Schengen. Tarrius A., 2015, La mondialisation criminelle, La Tour d’Aigues : Editions de L’Aube, Coll. CC Pixabay OpenClipartVectors. La vie et les réseaux. Le panel de Caen – Mondes Sociaux. CC Flickr Hyoin min On ne grandit pas tout seul. Le réseau personnel que l’on tisse autour de soi, en construisant des relations avec la famille, les amis, les voisins, les collègues, etc, forme un « petit monde », un morceau de société.

Ce réseau oriente le parcours de vie en donnant des exemples, des idées, des contraintes, des ressources, des conseils. Mais il évolue aussi au fil des événements et des transitions de la vie : sa taille, sa composition, sa structure se modifient, les relations se renouvellent. La vie influence le réseau, et le réseau influence la vie. Comment devient-on un adulte dans la société ? Pour répondre à ces interrogations, une enquête a été réalisée. Crédits Patrick Mignard pour Mondes Sociaux Il ne se fait pas d’un seul coup, il n’y a pas un seuil net et définitif. Complexes : il y a plusieurs domaines impliqués, qui n’évoluent pas en même temps. Cliquez sur le bouton pour accéder au panneau CC Flickr Byung chul kim Il peut changer au cours de la vie. À la table de Plutarque ! Dans ses Propos de table, Plutarque raconte « C’est au plus haut du printemps que l’endroit [les thermes d’Aïdepsos en Eubée] est particulièrement animé ; car beaucoup de gens y viennent au cours de cette saison, ils se convient mutuellement à des banquets où tout est à profusion, et, comme ils en ont le loisir, passent le plus clair de leur temps à discuter.

Quand le sophiste Callistrate était là, il était difficile de dîner ailleurs ; car sa gentillesse est irrésistible, et il savait se rendre extrêmement agréable en réunissant ensemble d’une manière générale tous les gens distingués ». Non sans un certain pittoresque, ce passage illustre bien la matière et le ton des Propos de table. Composée par Plutarque durant les premières années du IIe siècle – c’est à la même époque que le philosophe et érudit grec entame la rédaction de ses Vies parallèles –, cette œuvre se présente sous la forme d’un recueil de courts récits dédié à Sosius Sénécion, ami romain de l’auteur. . © Patrick Mignard. L’activité entrepreneuriale vue par les sociologues – Mondes Sociaux.

A l’issue d’une recherche collective financée par l’Agence Nationale de la Recherche, Pierre-Marie Chauvin, Pierre-Paul Zalio et moi avons coordonné un ouvrage collectif présentant la façon dont les sociologues analysent l’entrepreneuriat. Rédigé par une trentaine d’auteurs et publié en 2014 par Les Presses de Science Po, le Dictionnaire sociologique de l’entrepreneuriat explore les différentes facettes de cette activité, depuis les figures diverses de l’« entrepreneur » (le créateur d’entreprise, le dirigeant de groupe industriel, l’entrepreneur migrant ou le travailleur indépendant) jusqu’aux dispositifs qui l’encadrent (les « business plans », les lois relatives à la propriété intellectuelle), en passant par les concepts qui leur sont souvent associés (innovation, incertitude, profit) et les réseaux interpersonnels qui la sous-tendent dans les créations d’entreprises comme dans les petits mondes des dirigeants du CAC40.

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux. Dossier : Les usages sociaux du numérique – Mondes Sociaux. Internet, Web 2.0, Web mobile, réseaux sociaux, médias sociaux… Ces mots que l’on imagine volontiers interconnectés mais qui ne désignent pas les mêmes dispositifs socio-techniques font désormais partie du vocabulaire courant non seulement des individus et des groupes, mais aussi des sciences humaines et sociales.

Ces dernières ont très rapidement et très massivement traité leurs multiples dimensions – socio-technique, économique, politique, culturelle, communicationnelle –, de sorte qu’il est aujourd’hui impossible de porter un regard panoramique synthétique sur l’ensemble des recherches, même si on se limite à un seul pays. C’est la raison pour laquelle ce dossier proposé par Mondes Sociaux n’est consacré qu’aux seuls usages des dispositifs socio-numériques. Mais au fait, à quoi fait-on référence quand on parle des « usages sociaux » ? CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux Internet : ressources démocratiques et menaces Nathalie Paton …………………………………………………………………………… Michel Grossetti. Réseaux sociaux contre réseaux sociaux ? – Mondes Sociaux. Au début des années 1990, la diffusion assez large d’Internet dans les milieux scientifiques a suscité des questions chez les chercheurs en sciences sociales qui étudiaient les réseaux sociaux, c’est-à-dire des ensembles de relations sociales entre des personnes, des organisations ou d’autres formes collectives.

L’une d’elles mérite que l’on s’y attarde : les structures relationnelles (taille, densité et composition des réseaux personnels…) évoluent-elles sous l’effet de la diversification et de la sophistication des moyens de communication ? Cette question est revenue de façon plus aigüe dans les années 2000, à la faveur de l’émergence des dispositifs de sociabilité comme Facebook ou Twitter qu’il est d’usage courant de nommer « réseaux sociaux ». Ces dispositifs offrent la possibilité de gérer de façon plus réflexive des relations sociales diverses, généralement regroupées sous le terme « amis ». Grossetti M., 2014, « Que font les réseaux sociaux aux réseaux sociaux ? Certainement. Sociabilités socionumériques : l’exemple des commémorations en ligne.

Crédits : JDN Depuis la fusillade de Colombine en 1999, les cas de school shooting, plus spécialement aux Etats-Unis, génèrent un événement médiatique global tant ces faits suscitent des interrogations et affectent les opinions publiques bien au-delà de leur périmètre national. Ces tueries clivent les points de vue, au sujet notamment de la régulation de la vente des armes à feu et de la sécurité dans les écoles, tout en appelant paradoxalement au rassemblement et au recueillement.

Pour le sociologue de la communication, elles révèlent comment des événements disruptifs amènent des internautes, peu familiers des réseaux socionumériques, à prendre exceptionnellement la parole sur Internet pour partager leur ressenti et commémorer les victimes de ces fusillades. Le deuxième type de montage audiovisuel renvoie au fait que les internautes se filment en train d’interpréter une composition musicale en souvenir des victimes (Images 7 et 8).

Figure 1. . © Patrick Mignard. World Trade par le bas – Mondes Sociaux. CC Pixabay Geralt Et si les transformations sociales et économiques du monde pouvaient être éclairées par les couleurs d’un marché montagnard d’Afrique de l’Est, dans le cambouis d’un bord de route au Bengladesh ou depuis une ruelle d’un souk tunisois ? Tel est l’objectif du projet de recherche international Other Markets qui s’intéresse aux marchés informels en tant que lieux décisifs, mais négligés, de l’analyse des transformations urbaines et des négociations entre exigences politiques, acteurs sociaux et contraintes environnementales. Un objectif qui s’est traduit, entre autres, par la publication d’un Atlas. À l’heure où le centre de gravité du dynamisme économique mondial glisse vers les « suds », les périphéries supposées se placent au centre du dispositif, contestant les anciennes hégémonies et parfois le système sur lequel repose l’ordre mondial établi.

Mörtenbröck P., coord., 2014, Informal Market World’s Atlas, Rotterdam : Nai010 Publisher. CC Flickr Egui_ CC Wikimedia Commons. #EP2014 ou les élections européennes depuis Twitter – Mondes Sociaux. CC Flickr mkhmarketing Depuis quelques années, les réseaux socionumériques (Facebook, Twitter…) disposent de centaines de millions de membres dans le monde qui mettent en œuvre des usages complexes et variés. Ces réseaux participent ainsi à l’animation de l’espace public politique au même titre que les sites d’information ou les blogs. L’utilisation intensive de Twitter par le personnel politique, les journalistes, les blogueurs, les militants politiques et les activistes en témoigne (Smyrnaios, Rieder, 2013).

Pour qui s’intéresse aux pratiques sociales, mais aussi à la formation des opinions et à la structuration des réseaux relationnels, ces outils proposent une multitude de données car ils génèrent des traces numériques chaque fois qu’un usager s’exprime, qu’il noue des relations ou qu’il échange des informations. Ces élections européennes ont constitué un évènement politique de grande ampleur, contrairement à la tradition qui veut que ce type d’élection passe relativement inaperçu. Le capitalisme cognitif à l’ère du numérique – Mondes Sociaux. CC Flickr Jacob Bøtter Nous voudrions ici mettre l’accent sur une série de mutations qui se sont produites à l’échelle mondiale depuis les années 1980, en lien avec ce que l’on appelle souvent « l’ère du numérique » ou « la révolution numérique ».

Ces mutations s’inscrivent dans la perspective d’un capitalisme que l’on qualifiera volontiers de « cognitif ». Ce capitalisme ne fonctionne pas pour l’instant sur une base stable et il n’est pas fondé sur un mode de régulation qui en assure la cohérence. Ses contradictions internes sont importantes, en particulier entre finance et connaissance, ce qui induit des chocs de temporalité très forts. En effet, la finance (mais également la circulation des informations) s’inscrit dans un temps très court, tandis que la construction des connaissances et des compétences suppose un temps long. Colletis G., 2010, L’urgence industrielle ! Crédits : Evi Widiarti CC Pixabay OpenClipart-Vectors CC Université Toulouse Jean Jaurès CC Flickr Andreas Kontokanis. Les pétitions politiques en ligne – Mondes Sociaux. Liaisons financières et liaisons humaines selon François Morin – Mondes Sociaux.