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Chercheur, Études, Évaluation, Science, Université

Harrison White, itinéraire d’un physicien vers les sciences sociales. Harrison White est une figure importante de la sociologie nord-américaine contemporaine. Il est surtout connu en France pour sa contribution à l’étude des réseaux sociaux et ses travaux de sociologie économique, notamment sur les marchés. Mais on connaît mal le parcours de ce sociologue reconnu, membre de la National Academy of Sciences et de l’Académie américaine des arts et des sciences, dont ce texte résume les principales étapes. Harrison Colyar White naît à Washington le 21 mars 1930. Elève brillant, il a deux ans d’avance lorsqu’en 1945 il est sélectionné pour intégrer le Massachussetts Institute of Technology (MIT). Sa jeunesse et ses facilités intellectuelles lui laissent le loisir de suivre des cours de littérature et de lire abondamment.

Un de ses professeurs l’oriente vers Marion Levy, un sociologue élève de Talcott Parsons et théoricien de la modernisation. CC Wikimedia Commons Richardfabi White H. CC Wikipedia Martin Grandjean CC Pixabay Freecliparts Granovetter M. Peut-on mettre le monde social en équations ? Croissance économique, classements des lycées et des universités, publicités sur le Web : de plus en plus, nos actions sont mises en chiffres, en équations, pour aiguiller ou prédire nos comportements.

Les big data, ces abondantes traces numériques que nous produisons constamment, nous permettront-elles de créer une nouvelle science de la société, aussi « performante » que les sciences de la nature ? Je me suis appuyé sur ma double pratique de la physique et des sciences sociales pour décortiquer de nombreux cas concrets de quantification de nos activités, en les comparant aux mathématisations réussies de la physique.

Depuis quelques années, on observe de nombreuses tentatives de physiciens, informaticiens et ingénieurs qui, armés de leurs outils mathématiques, cherchent à créer une nouvelle science de la société en utilisant la nouvelle avalanche de données sociales. Pour juger de l’intérêt de ces approches, il faut d’abord comprendre d’où vient la légitimité des sciences de la nature. Quand l’étude des jeux vidéos passe par leur défense… – Mondes Sociaux. Qu’ils soient « serious » ou franchement ludiques, les jeux vidéo parlent, nous parlent et nous font parler.

En fait ce « nous » qui a l’accent collectif, pour ne pas dire vaguement unanimiste, cache des « manières de voir » multiples. En effet, les « gamers » ne tiennent pas les mêmes discours que ceux qui ignorent leur hobby ou ceux qui considèrent que ces jeux sont un phénomène social marginal, quelque peu atypique et pour tout dire sans grand intérêt. Tel a d’ailleurs longtemps été le discours dominant des médias, à l’exception des supports spécialisés. Mais qu’en est-il du côté de la recherche et surtout de celui des chercheur-es qui présentent la particularité d’être en même temps des « gamers » ? Pour dire les choses plus simplement, peuvent-ils étudier « scientifiquement » Super Mario au même titre que Hamlet et avec la même légitimité académique ?

CC Flickr Jennifer wu CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux CC Pixabay Perlinator CC Flickr Bagogames. L’« excellence » et ses périmètres – Mondes Sociaux. La notion d’« excellence » est devenue une constante des politiques de recherche et d’innovation en Europe avec les « clusters d’excellence » promus par la Commission Européenne, les « Exzellenzinitiative » allemandes, les « Netwaerk og klynger » danois, etc. Cette notion est utilisée aussi bien pour désigner des concentrations industrielles que des dispositifs plutôt destinés à la recherche académique et à l’enseignement supérieur.

En France, cette notion est un objet important des critiques adressées aux politiques de recherche définis dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) lancé en 2010 avec ses nombreuses déclinaisons en « ex » (Labex, Equipex, Idex, etc.). Trois PIA ont été mis en œuvre, le dernier en 2016 d’un montant de 10 milliards d’euros. Je présenterai ici quelques réflexions sur ces politiques à partir de ce que je connais des travaux en sociologie des sciences. Tout le monde est d’accord pour favoriser la qualité des enseignements et des recherches.

Digital History – Mondes Sociaux. In recent years, a shared space has become imperative: in our modern world of data, a revolution is underway in the humanities and social sciences. With the digitization of primary sources, historians are not immune to these changes, particularly historians of the contemporary period whose sources in the future will be ‘born’ in digital format.

Not only are historical sources being digitized, they are being made available online—researchers can now consult them without having to visit the archives. These two changes will force us – or have already pushed us – to adopt new tools and new methods and to think about a new epistemology. This collection of essays brings together feedback and assessments, both positive and negative, to foster broader reflection on the historical profession in the digital age. The chapters provide a better understanding of the tools and methods that are useful for historians trying to make their way through the now ubiquitous digital environment. CC Pokepedia. Nanosciences: New Tools and New Scientific Research – Mondes Sociaux. Can we understand contemporary nanoscience research through its equipment? That is the challenge of this study. Noting that scientific revolutions have accelerated, we found that new instruments open up new fields of investigation, thus creating a break in epistemology.

Historically, the questions asked by researchers have always been guided by the limitations imposed by Nature. But in nanoscience, thanks to new instrumentation, researchers are in a position to ‘shape nature’ to their will. They thereby gain new freedom in formulating questions. To conclude, we will discuss the impact of nanoscale research on the organization of the scholarly community, in particular the debate between traditional disciplinarity, interdisciplinarity, and what we call ‘new disciplinarity.’ Marcovich A., Shinn T., 2014, Toward a New Dimension : Exploring the Nanoscale, Oxford University Press. CC Patrick Mignard for Mondes Sociaux CC Wikimedia Commons That’s when everything started accelerating. Prévention des désastres : plus on sait et plus on perd ? – Mondes Sociaux. CC Flickr Thibaut Chéron Photographies Les années 1990 ont été décrétées Décennie internationale pour la réduction des risques de désastres par les Nations Unies. Au tournant des années 2000, une stratégie internationale a même été institutionnalisée au travers de l’UNISDR, l’agence des Nations Unies en charge de la prévention des désastres.

Depuis, on ne compte plus les programmes de recherche et d’investissements pour connaître, gérer les risques de désastres, et en réduire les dommages. Dans le même temps, documents à l’appui, les discours alarmistes sur l’accroissement inéluctable des désastres et des pertes qu’ils entraînent sont légion. Comment comprendre ce paradoxe qui consiste à dire que « plus on connaît, plus on gère, et plus on perd » ? Ce paradoxe de l’étude et de la gestion des risques est fondateur de l’ouvrage de Patrick Pigeon (Université de Savoie-Mont-Blanc) et de Julien Rebotier (CNRS – Université de Toulouse-Jean Jaurès). CC Pixabay Geralt « Effrayer pour alerter ».

De quelques croyances répandues sur la géographie des activités scientifiques – Mondes Sociaux. CC Pixabay Clker-Free-Vector-Images Les dernières années ont vu se mettre en place dans différents pays des politiques d’« aménagement scientifique ». Que ce soit au Japon, en France ou en Allemagne, ces initiatives encouragent le regroupement d’universités, complété d’une différenciation fonctionnelle « hiérarchique » de leurs rôles (mondial, national, local, ou encore de recherche ou seulement d’enseignement).

Ces politiques consistent principalement à différencier les moyens accordés aux universités en se fondant sur des diagnostics et des évaluations comprenant un certain nombre d’allant de soi qui concernent la dimension spatiale des activités d’enseignement supérieur et de recherche. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux En comparaison de la population mondiale, l’activité scientifique mesurée par le volume de publications recensées par les bases de données bibliométriques est indéniablement beaucoup plus concentrée géographiquement.

Résultats des études empiriques : c’est exact. Les équipements scientifiques, un chantier presque neuf pour la recherche – Mondes Sociaux. CC Flickr CLS Research Office L’histoire et la sociologie des sciences et des techniques ont marqué depuis quelques années un intérêt de plus en plus net pour les « équipements » et leur rôle dans la conduite et l’organisation de la recherche. On peut définir ceux-ci comme des infrastructures matérielles (par exemple un avion destiné à étudier l’atmosphère et les dispositifs de mesure associés) et immatérielles (les logiciels permettant de piloter ces dispositifs ou d’analyser les données qu’ils recueillent), et comme un ensemble d’instruments et de personnels mis à disposition des chercheurs pour réaliser des expériences. Des organisations sont créées afin d’assurer cette mise à disposition, de sélectionner les chercheurs qui en disposeront en fonction de la qualité de leurs projets d’expérience et de veiller à ce que personnels et ressources soient en évolution permanente et en phase avec les besoins présents et futurs de la recherche.

CC Pixabay Clker-Free-Vector-Images. L’histoire à la sauce numérique – Mondes Sociaux. CC Mondes Sociaux Un lieu commun s’est désormais imposé depuis quelques années : dans notre « monde de données », les sciences humaines et sociales sont en pleine mutation. Avec la numérisation de leurs sources primaires, les historien.ne.s n’échappent pas à ces changements, notamment les historien.ne.s du contemporain dont les sources à venir seront « nées » numériques. À cette « mise en données » des sources historiennes s’ajoute leur mise en réseau, c’est-à-dire leur mise à disposition en ligne et la possibilité offerte aux chercheur.se.s de les utiliser dans leurs travaux sans nécessairement se rendre dans un centre d’archives. Mise en données et mise en réseaux nous forceront — voire nous ont déjà poussé — à adopter de nouveaux outils, de nouvelles méthodes, à penser une nouvelle épistémologie.

Ce livre collectif réunit des retours d’expériences et des réflexions, positives et négatives, afin de susciter une réflexion sur le métier d’historien.ne à l’ère numérique. CC Pokepedia. Nanosciences, nouveaux instruments et nouvelle recherche scientifique – Mondes Sociaux. CC Wikimedia Commons Matt Howard Peut-on comprendre la recherche contemporaine dans les nanosciences à partir de ses équipements ? C’est l’enjeu de cet article. A partir du constat de l’accélération des révolutions scientifiques, nous montrerons que de nouveaux instruments permettent d’atteindre des champs d’investigation inédits, opérant ainsi une rupture épistémologique : historiquement, les questions posées par les chercheurs étaient toujours guidées par les contraintes imposées par la nature ; dans les nanosciences, grâce aux nouveaux instruments, les chercheurs sont en position de « façonner la nature » à leur gré.

Ils gagnent ainsi de nouvelles libertés dans la formulation de leurs questions. Enfin, nous discuterons de l’impact de la recherche à l’échelle nanométrique sur l’organisation de la communauté scientifique, et en particulier du débat entre disciplinarité traditionnelle, interdisciplinarité et ce que nous appelons « nouvelle disciplinarité ». CC Wikimedia Commons. Jean-Pierre Amalric, un historien ¿ olé-olé ? – Mondes Sociaux. CC Mondes Sociaux A la fin des années 1950, lorsque fraîchement émoulu de l’agrégation, Jean-Pierre Amalric se présenta au domicile de Fernand Braudel, il ne se doutait pas que le maître l’accueillerait en lui disant d’un ton péremptoire : « Amalric, vous étudierez la Chine !

». Jeune père de famille, le futur sinologue entrevit en un instant les sacrifices que lui imposerait une telle spécialisation. C’est alors qu’intervint, tel un deux ex-machina salvateur, l’épouse du maître des lieux : « mais, voyons, Fernand, tu ne comptes pas envoyer ce petit en Chine ! ». Cette remarque fit son effet et se ravisant, maugréant sans doute, Fernand Braudel reprit « bon, puisque c’est ainsi, qu’il étudie le Cadastre de la Ensenada ». Une nomination au CNRS lui permit de s’installer à Simancas, village de Vieille-Castille sis à deux lieues de Valladolid, dont la forteresse abrite les archives du royaume. CC Wikimedia Commons Véronique PAGNIER Jean-Pierre Almaric, période « moustache ». Nanosciences : les enjeux d’une remise en cause – Mondes Sociaux.

CC Flickr David McLeish Depuis les années 1970, dans la plupart des pays industrialisés, on observe une montée de la contestation des risques « environnement-santé », portée notamment par des associations. Cependant, les revendications du mouvement associatif ont connu des évolutions sensibles. Ainsi, les associations traditionnellement engagées sur ce thème souhaitent désormais participer à l’élaboration des politiques de recherche et non plus intervenir après coup pour tenter de contrôler les développements technologiques et leurs applications. Ces politiques de recherche deviennent ainsi progressivement un enjeu de démocratisation pour l’opinion publique, suggérant de nouvelles formes d’articulation entre la société civile et la sphère de la recherche.

La contestation récente des nanotechnologies – qui prend de l’ampleur en France depuis 2005 – contribue d’ailleurs à renforcer l’idée d’une participation citoyenne aux programmes scientifiques. Suraud M. CC Flickr Clement127. Les usines à gaz de l’évaluation. Épisode 2 – Mondes Sociaux. L’évaluation collégiale qui reposait sur « un tiers partagé » par la communauté scientifique cède peu à peu la place à l’évaluation par un tiers spécialisé, situé « à distance » de cette communauté (voir, Episode 1, Mondes Sociaux : L’idée de confier des évaluations à ce type d’instance connaît en fait une première concrétisation à partir des années 1980, dans un contexte marqué notamment par la réorganisation de la recherche publique (suppression de la Délégation Générale à la Recherche Scientifique et technique, réforme du CNRS…) et la contractualisation des universités.

C’est ainsi que se crée en 1984 le Comité national d’évaluation (CNE) chargé principalement d’évaluer les universités, les grandes écoles et les organismes de recherche relevant du ministère de l’enseignement supérieur. Boure R., 2015, « Les modes d’évaluation de l’enseignement et de la recherche. Episode 1 », Mondes Sociaux, mai.CEREQ, 2014, Evaluer les universités.

Les modes d’évaluation de l’enseignement et de la recherche. Épisode 1 – Mondes Sociaux. L’évaluation renvoie non seulement à une notion travaillée depuis longtemps par les Sciences humaines et sociales, mais aussi à des pratiques sociales diversifiées et à des dis positifs multiples. A partir des années 1990, elle s’installe dans de nombreux domaines (aménagement, santé, action sociale, diplomatie, police, culture, enseignement, recherche…) et pour toutes les catégories d’acteurs (collectivités publiques, entreprises, associations…). De sorte que l’on est fondé à parler d’évaluation généralisée et à ériger l’évaluation en impératif catégorique. En même temps, elle est présentée comme un fondement essentiel de la prise de décision et plus généralement de l’action. Dans l’enseignement supérieur et la recherche, sa généralisation et l’évolution rapide de ses formes ont une signification particulière, notamment en raison du rôle traditionnellement attribué à l’évaluation par la communauté scientifique.

Inscription dans une double tradition. Réunion collégiale de pingouins. Les recettes du développement économique local par l’innovation – Mondes Sociaux. Où vit la science ? – Mondes Sociaux. Bernard Maris. Un humaniste, un penseur critique de l’économie dominante – Mondes Sociaux. Lutter contre le cancer – Mondes Sociaux. L’Europe en ses Amphis – Mondes Sociaux. Qui sont ceux qu’on cite ?

La mise en scène des identités par le film-recherche – Mondes Sociaux. Dossier : Sur et sous le patrimoine scientifique – Mondes Sociaux. Les écritures ordinaires de la recherche – Mondes Sociaux. Les racines historiques du système français d’enseignement supérieur et de recherche – Mondes Sociaux. Pourquoi la recherche se déconcentre en France ? – Mondes Sociaux. Pourquoi s’intéresser aux brouillons de la recherche ? – Mondes Sociaux.