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Pratiques sociales

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Culture, Histoire, Populaire, Sport

Interpréter l’espace urbain en marchant. Avez-vous déjà essayé de lire et d’explorer l’espace urbain par l’expérience de co-création procurée par une promenade collective ? C’est cette expérience réalisée avec Hendrik Sturm, artiste « marcheur-sculpteur d’espace » selon Élise Olmédo, qui a été proposée aux étudiants du Master de Géographie et Aménagement de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Le film (Dé)marche retrace et reconstitue cette démarche d’interprétation des lieux où l’enseignant joue le rôle de pédagogue au sens premier de celui qui accompagne l’élève à l’école en cheminant à ses côtés. La marche comme forme particulière de découverte, de lecture et d’appropriation des lieux, contient aussi un potentiel de (re)découverte de soi, des autres et de ce qui nous entoure. Elle relève bien ici de l’hodologie, cette science des cheminements qui permet une « conduite de l’individu (…) selon un ensemble de ‘détours’ et de chemins privilégiés, relatifs à ses investissements psychiques dans le monde (Besse, 2004) ».

L’amour comme pratique. Le plaisir et l’inquiétude, voilà bien résumée l’ambivalence des sentiments qui saisissent, dans les rayons d’une librairie, l’éventuel lecteur d’un essai sur l’amour. Il sait, dans son for intérieur, qu’une telle évocation est propice à (re)susciter le désir, l’excitation, tout le cortège du transport amoureux. Mais il craint aussi de voir décortiquée, déflorée, mise à nu sa propre expérience avec les conséquences réflexives, parfois funestes, que cela peut engendrer.

S’il passe la barrière de l’appréhension, il tirera cependant un profit certain à la lecture de Pratique de l’amour. Le plaisir et l’inquiétude de Michel Bozon, chercheur à l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED). Dans cet essai, l’auteur choisit d’étudier l’amour précisément comme une histoire, en trois étapes, formant autant de chapitres : naissance, stabilisation et désamour. L’amour n’est pas un sentiment individuel qui naît soudainement lorsque l’on rencontre la bonne personne. CC Flickr Nana B Agyei. Retour sur l’histoire des Grands fermiers – Mondes Sociaux. Il est difficile aujourd’hui de proposer à un large public un essai universitaire centré sur l’histoire rurale. Les modes et les préoccupations des professionnels de l’histoire se sont éloignées des sillons tracés par Lucien Febvre et Marc Bloch dans les années 1930 et des grandes enquêtes menées par Joseph Goy et Emmanuel Le Roy Ladurie sur les dîmes et la rente foncière. Par ailleurs la coupure avec les réalités de l’ancien monde rural – celui qui a précédé la révolution agricole et le laminage des paysans, entre 1950 et 1980 –, est béante à tel point que tout est à expliquer avant de se lancer, avec pertinence, dans des chantiers nouveaux.

C’est donc l’un des enjeux de ce livre que de relancer l’attention sur les sociétés rurales et sur l’empreinte de l’agriculture dans nos territoires. Au cœur de l’objectif, un groupe social scruté sur la longue durée : les grands fermiers de l’Ile-de-France, installés dès la fin du Moyen Age, et toujours représentés en 2017. Moriceau J. Être juif en Catalogne au Moyen Âge – Mondes Sociaux. Justice et religion font elles bon ménage ? Dans une société qui se veut laïque, soumise à un État laïc – le nôtre – la réponse pourrait être « oui, mais pas toujours ». Pourtant, si la religion est une pomme de discorde entre les peuples et la justice, elle peut aussi être un outil propre à régler les disputes.

L’exemple de la justice en Catalogne le démontre. Bien entendu, le Moyen Âge est encore loin de la séparation de l’Église et de l’État : la principauté catalane est donc chrétienne, ce qui se retrouve dans sa législation. Malgré cela, le pluralisme confessionnel y est une réalité, poussant les législateurs à réglementer la place de chacun dans la société. Dans ce cadre, les juifs ont-ils les mêmes droits que les chrétiens devant la justice ? Possèdent-ils la capacité à agir devant un tribunal ou à s’y défendre équitablement Masset Y., 2015, Les juifs face à la justice catalane (1301-1327), CRHIA, Thèse d’Histoire, Université Nantes CC Wikimedia Commons Victor Hugo. Les enfants du numérique à la recherche d’informations – Mondes Sociaux.

Les statistiques le disent, les jeunes sont équipés, connectés, et même hyper-connectés, puisqu’ils passent en moyenne 13h 30’ par semaine sur internet pour les 13-17 ans, et beaucoup plus de temps encore devant les écrans. Ce temps passé depuis leur plus tendre enfance à manipuler des objets numériques a sans aucun doute des conséquences sur leurs comportements, sur leur façon de penser, de voir le monde, de réfléchir, d’apprendre. Et l’Ecole ne peut plus éluder le problème. La question d’une révolution de la pensée et de l’expertise dans la société de l’information est posée depuis plus de deux décennies. Auteur de la célèbre formule choc des « digital natives » qu’il oppose aux « digital immigrants », Mark Prensky, affirme dès 2001 que « nos étudiants ont radicalement changé.

Les étudiants d’aujourd’hui ne sont plus ceux pour qui le système éducatif avait été créé ». CC Wikimedia Commons Anne Fiedler Cordier A., 2015, Grandir connectés. CC Pixabay OpenClipartVectors Anne Lehmans. Le mariage (paléo-babylonien) dans tous ses états – Mondes Sociaux. CC Pixabay Alexas_Fotos Comment se mariait-on il y a 20 ans ? Il y a un siècle ? La réponse est facile : après tout, les formes prises par la cérémonie du mariage nous sont bien connues. Mais qu’en était-il à une période plus reculée, comme l’époque paléo-babylonienne ? Se mariait-on par amour ? Qui faisait les premiers pas et comment le sait-on ? En bref, quelles étaient les normes en usages et que nous apprennent-elles sur la société de cette époque ? Avides de Recherche est une émission du magazine Mondes Sociaux.

Ce premier épisode présente un article publié par Brigitte Lion (professeur d’histoire à Lille) dans le numéro 22 de la revue Anabases. Lion B., 2015, « Mariages paléo-babyloniens typiques et atypiques », Anabases, n°22, 11-26. Quelques précisions : Fiche technique : Texte et voix : Manon BrilPrise de vues : Sébastien PoublancMusique : Otam. La course de taureau entre repli identitaire et culture populaire – Mondes Sociaux. L’opposition entre culture savante et culture populaire est un classique de la recherche en sciences humaines et sociales. Un récent dossier publié dans Communication et Langages nous a donné l’occasion de revenir sur cette opposition. Pourquoi, en matière de culture, le populaire est-il a priori disqualifié ? On oppose en effet la culture savante reconnue et consacrée à d’autres formes de culture souvent désignées par l’appellation générique de « culture populaire ».

La discordance culture savante/culture populaire, aussi ambiguë soit-elle, trace donc une frontière entre deux mondes : l’un est un objet de recherche légitime, l’autre est ignoré par les chercheurs. Jacobi D., 2014, « Le savant et le populaire. Retour sur une opposition arbitraire », in Jacobi D., dir., Dossier, Communication et Langages, n°181, 23.29.Passeron J. -C., Grignon C., 1989, Le savant et le populaire. La course camarguaise est à cet égard révélatrice du mépris que lui vouent les sociologues de la culture. Les supporters sont-ils réductibles à des meutes hystériques ? – Mondes Sociaux. Selon Jean-Marie Brohm, « La passion des sports où se déchaînent les vibrations de meutes hystériques (olas, chants guerriers, doigts d’honneur, trépignements furieux, hurlements vengeurs, appels au lynch) entraîne la régression émotionnelle et la fascination pour des spectacles futiles et dérisoires, sinon sanglants et dégradants (…) Le sport qui est de nos jours la principale marchandise de l’industrie de l’amusement est une véritable économie politique de la crétinisation des masses.

“On a gagné” hurlent les cerveaux reptiliens en brandissant banderoles ultras, calicots débiles et canettes de bière ». Cette déclaration doit réjouir ceux qui observent de loin le spectacle sportif avec un mélange de supériorité et de mépris. Mais que disent aujourd’hui les recherches -encore trop rares- en sciences humaines et sociales consacrées au dit spectacle, et plus précisément à ceux qui contribuent à l’animer, les supporters ? Lestrelin L. Basson J. Ensuite sur les collectifs de supporters : Réseaux sociaux contre réseaux sociaux ? – Mondes Sociaux. Au début des années 1990, la diffusion assez large d’Internet dans les milieux scientifiques a suscité des questions chez les chercheurs en sciences sociales qui étudiaient les réseaux sociaux, c’est-à-dire des ensembles de relations sociales entre des personnes, des organisations ou d’autres formes collectives. L’une d’elles mérite que l’on s’y attarde : les structures relationnelles (taille, densité et composition des réseaux personnels…) évoluent-elles sous l’effet de la diversification et de la sophistication des moyens de communication ?

Cette question est revenue de façon plus aigüe dans les années 2000, à la faveur de l’émergence des dispositifs de sociabilité comme Facebook ou Twitter qu’il est d’usage courant de nommer « réseaux sociaux ». Ces dispositifs offrent la possibilité de gérer de façon plus réflexive des relations sociales diverses, généralement regroupées sous le terme « amis ». Grossetti M., 2014, « Que font les réseaux sociaux aux réseaux sociaux ?

Certainement. Le tuning, pratique populaire stigmatisée – Mondes Sociaux. CC Pixabay OpenClipart-Vectors Auteur d’un article sur le tuning publié en 2012 par la revue Sociologie de l’Art, Eric Darras, Professeur de Science politique, a accepté de répondre aux questions de Mondes Sociaux (MS) posées par Pierre Biet (Master 2 Expertise culturelle, IEP de Toulouse) et Elizabeth Cabrol (Master 2 Sociologie politique, IEP de Toulouse). Mondes Sociaux (MS) : Qui sont les adeptes du tuning ? Les tuners répondent que changer son auto-radio c’est faire du tuning. Le tuning est l’art de personnaliser son véhicule (vélo, moto, tracteur, automobile, camion…). L’idée reste de fabriquer un véhicule unique, le sien.

Le tuning se perpétue, sous d’autres noms, au moins depuis l’invention de la production d’automobiles en série. De ce point de vue, on trouve des Ferrari et même des Rolls-Royce tunées, celle psychédélique de John Lennon par exemple. Affiche de Fast and Furious: Tokyo Drift de Justin Lin, 2006 MS : Cette pratique dite « populaire » semble stigmatisée. Le tuning, pratique populaire stigmatisée – Mondes Sociaux. Quand la science fait le « buzz » – Mondes Sociaux. Crédits Miss Lilou, ActuRatons.fr Le 5 décembre 2012, PLoS ONE, revue scientifique internationale en ligne et en libre accès publie un article de chercheurs de l’Université Paul Sabatier – Toulouse 3 démontrant un changement de comportement alimentaire chez les silures. D’une part, ces poissons introduits dans la rivière Tarn attaquent des pigeons sur les berges selon la technique du beaching utilisée par les orques, d’autre part, le pigeon est devenu l’élément essentiel du régime alimentaire de certains spécimens.

Aussitôt, c’est le « buzz » à l’échelle planétaire. Or il est rare qu’une information scientifique, de surcroit qualifiée de « mineure » par ses producteurs, soit l’objet d’un tel « emballement médiatique ». Alors que le seuil de 8 000 visites n’est atteint que par un petit nombre d’articles de PLoS ONE, en quelques jours l’article sur les silures est consulté plus de 52 000 fois. CC Pixabay Clker-Free-Vector-Images CC Pixabay kropekk_pl CC Deviant Art Modrino. Le sexe en sociologie. Comment travailler sur des terrains où sexualités et intimités se donnent à voir, se mettent en scène, s’exhibent ? Comment mettre en place « l’empirisme radical » que nous a enseigné Alain Tarrius, Professeur de Sociologie ? Comment construire une relation altéritaire avec une informatrice/collaboratrice, et ce d’autant plus qu’elle est frappée du stigmate de « pute », même quand elle gagne 3000 euros la nuit ?

Tout-e sociologue peut-il ou peut-elle travailler avec des prostitué-e-s travestis, des hommes qui crient leur hétéronormativité et s’adonnent à des jeux sexuels entre hommes, des hommes, des femmes et des trans libertin-e-s ? Comment ne plus reproduire les biais androcentriques, homophobes, lesbophobes, transphobes ou hétérophobes dans nos analyses et nos enseignements ? Welzer-Lang D., 2014, La putain et le sociologue, Paris : Editions de la Musardine.Welzer-Lang D., 2014, Propos sur le sexe, Paris : Payot. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux CC Flickr F Delventhal. Entrepreneuriat et tourisme sportif – Mondes Sociaux. Cette thèse se propose d’appréhender les processus de création et de développement des entreprises spécialisées dans l’encadrement de loisirs sportifs dans les espaces naturels. Partant du constat que l’engagement professionnel dans ce domaine très particulier est lié avant tout à un engagement amateur dans la pratique de ces activités, une perspective dynamique a été adoptée car elle permet de mieux appréhender des ressources nécessaires à la création et au développement des entreprises en lien avec les parcours individuels et les différentes formes de l’engagement amateur.

Dubois F., La dynamique des formes sociales et des savoirs entrepreneuriaux : le cas du tourisme sportif, Thèse de STAPS, PRISSMH/SOI, Université Paul Sabatier – Toulouse 3. Situations de création – avant/après la création Le recueil des données a été réalisé dans le Département de l’Aveyron. CC Jean Pierre. AZF : la sécurité en questions – Mondes Sociaux. Dans cet ouvrage « le cas AZF » n’est pas synonyme de catastrophe.

L’usine est analysée comme toute autre usine développant des règles de sécurité, mettant en place un service dédié et disposant d’un Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). L’analyse se fonde sur les récits d’anciens salariés de l’usine. Ouvriers, cadres, syndicalistes racontent le fonctionnement quotidien, l’arrivée des dispositifs de sécurité, les étapes de son développement, la gestion des caillebotis, des soupapes et des jets de vapeur. Mais aussi leur vie et leur attachement cet environnement industriel. Bref, Les paradoxes de la sécurité – Le cas AZF est un livre qui traite d’une usine qui fonctionne, qui construit sa sécurité.

Il ramène le lecteur à la réalité des pratiques de tous ceux qui travaillent à la maîtrise des risques et à la santé des salariés en milieu industriel. Terssac G. de, Mignard J., 2011, Les paradoxes de la sécurité – Le cas d’AZF, Paris, PUF, coll. Faire sa peine – Mondes Sociaux. CC Kim Daram Les recherches en Sciences sociales relatives à l’univers carcéral déplacent leur regard vers l’expérience carcérale du détenu, dans l’objectif d’analyser son rapport à l’enfermement.

L’incarcération est une épreuve au cours de laquelle le détenu, placé au centre d’un quotidien sous contraintes, est censé œuvrer à l’amélioration de ses conditions de détention. La situation sociale particulière que constitue l’incarcération est appréhendée en tant que ligne biographique dominante ramenant à elle les autres centres d’intérêt de la vie quotidienne.

Si ce déterminisme a fait l’objet de recherches s’appuyant essentiellement sur des entretiens biographiques menés avec les détenus, peu d’études se sont intéressées à la manière dont ce rapport particulier à la peine d’emprisonnement se construit au jour le jour à l’intérieur d’une prison, de surcroit chez une population mineure. Expériences de détention Établissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur. CC Kate Ter Haar.