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Politique

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Citoyenneté, Élection, Monarchie, Représentation, République

Brésil, retour sur la dictature. Le Brésil a basculé à l’extrême droite lors de l’élection de son président de la République, le 28 octobre 2018 : Jair Bolsonaro prendra ses fonctions pour un mandat d’une durée de quatre ans. L’élection de ce nouveau président, nostalgique d’une dictature qui perdura de 1964 à 1985, fait peser une lourde menace sur la démocratie brésilienne. Réalisé en même temps qu’un autre film abordant la mémoire de la dictature et la Commission nationale de la vérité (CNV), le film Brésil, du coup d’État de 1964 à la CNV, réalisé en 2015, retrace les années sombres d’une dictature qui s’est imposée en plusieurs temps. Un coup d’État militaire soutenu par une partie de la société civile Le Brésil de 1964 est le terrain d’une forte polarisation entre la droite et la gauche au pouvoir.

La « Marche de la Famille avec Dieu et pour la liberté », rassemble à São Paulo, au mois de mars 1964, un demi-million de personnes et sera utilisée ensuite comme preuve de légitimité populaire du putsch. Durée : 29’51. En finir avec l’exception chinoise. Au cours des sept décennies passées depuis sa fondation en 1949, la République populaire de Chine a connu de spectaculaires mutations. Le pays était pauvre ; il vient de traverser trois décennies glorieuses de croissance continue. L’industrialisation et l’urbanisation se sont faites à un rythme que jamais aucune société humaine n’a connu et ont fait entrer la société dans la modernité. La question de la pauvreté a été résolue, même si celle-ci touche encore des zones montagneuses peuplées de populations de minorités nationales. Le souci majeur n’est plus la production de richesses, mais celui de leur partage. Cela a été possible parce que le régime chinois a abandonné en 1979 le projet révolutionnaire maoïste et s’est enfin conformé à la promesse formulée en 1949 : rattraper le retard accumulé depuis près d’un siècle.

Dès lors, les dirigeants chinois se fixent pour objectif d’accroître chaque année les richesses produites de sorte que le bien-être de chacun s’accroisse. Gilles Guiheux. Quitter le pays d’accueil ou y rester : une affaire de réseaux ? Comment comprendre et expliquer les migrations d’individus d’un pays à un autre ? Combien de temps les migrants restent-ils dans le pays d’accueil avant de retourner dans leurs pays d’origine ou d’émigrer vers de nouveaux horizons ? Dans quels cas sont-ils amenés à séjourner dans un pays étranger le restant de leur vie ? Ces questions mettent l’éclairage sur les raisons et les motivations des migrants, éléments qui sont bien trop souvent relégués au second plan dans les débats politiques et médiatiques contemporains. En effet, les discours politiques et journalistiques s’appuient régulièrement sur les seules approches statistiques (démographie, emploi, etc.) pour justifier la nécessité soit d’ouvrir davantage les frontières du pays d’accueil, soit au contraire de restreindre, voire d’interrompre, les flux d’entrants.

Depuis longtemps la sociologie fournit et affine les grilles de lecture des phénomènes migratoires. CC Pixabay raphaelsilva CC Pixabay OpenClipart-Vectors CC Pixabay Petra 123. Racisme et ventre des femmes. Juin 1970 : un scandale éclate à l’Île de la Réunion. Des milliers d’avortements et de stérilisations forcées sont pratiqués par des médecins blancs sur des femmes réunionnaises venues consulter pour des opérations bénignes. Trente d’entre elles portent plainte et témoignent contre leurs oppresseurs. L’île est à l’époque marquée par un climat antinataliste, perceptible dans les campagnes de prévention et de favorisation de l’avortement. Les médecins de la clinique de Saint-Benoît, responsables de ces avortements, l’invoquent pour justifier leurs interventions et obtenir des remboursements de l’Assistance médicale gratuite, allant parfois jusqu’à majorer le coût des opérations déclarées.

Les accusés n’auraient fait qu’obéir aux ordres de la clinique, au motif que la natalité augmentait la pauvreté. L’affaire est médiatisée mais tombe rapidement dans l’oubli. Vergès F., 2017, Le ventre des femmes. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux CC Publicdomainpictures.net Karen Arnold Natacha Guay. Chiens policiers : gueules armées de la République ? Vous connaissez forcément cette image, vue dans la rue ou dans le journal télévisé : un policier effectue un contrôle d’identité. Il est assisté d’un autre fonctionnaire, tenant en laisse un chien muselé : c’est un cynopolicier, un policier « maître-chien ». Mais vous êtes-vous déjà demandé comment étaient formés ces curieux tandems ? Dans son article « Les chiens de patrouille de la police nationale : les gueules armées de la République », publié dans la revue Sociologie du travail, le sociologue Sébastien Mouret s’est penché sur les conditions de dressage et de travail de ces animaux.

Il a mené une étude de terrain et s’est appliqué à démontrer combien les entraînements des animaux visaient à décupler leur agressivité, mais aussi à les intégrer comme des éléments à part entière du corps policier, considérés par les humains au même titre que leurs collègues. Les animaux sont d’abord sélectionnés en fonction de leur race ou de ce que l’on estime être leur courage. L’avenir d’Israël. Peuple juif, État juif et démocratie. On se souvient de l’exceptionnel succès éditorial du livre de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, publié en 2008.

Dans cet ouvrage, l’historien israélien analyse la théorie sioniste de l’exil et du retour comme une construction idéologique. Il heurte ainsi frontalement les principes constitutifs du sionisme. Dix plus tard, c’est un autre historien israélien, Zeev Sternhell qui, dans un article du quotidien Le Monde (18/02/2018), met l’accent sur le danger que la société israélienne puisse devenir un régime d’apartheid.

Et, de fait, la politique de colonisation, poursuivie depuis plus de cinquante années, en accentue le risque. Dérivée du grec ethnos, la notion revêt un sens variable selon les époques et les lieux. Pour ce qui est de l’application de la notion à l’existence juive, il convient de rappeler les propos, passés assez inaperçus, du sociologue Raymond Aron dans ses Mémoires (1983) : « Que signifie le “peuple juif” ? CC Pixabay Geralt. L’avenir d’Israël. Peuple juif, État juif et démocratie. Penser la prison depuis l’Amérique latine.

Début 2018, le conflit ouvert par les surveillants pénitentiaires a donné une large visibilité à la tension sourde qui règne depuis plusieurs années sur le monde carcéral en France : surpopulation, conditions de détention, politiques répressives ou encore absence d’alternatives et de réinsertion. La prison représente un espace craint et méconnu de nos sociétés, celui d’un enfermement punitif où sont regroupées les personnes jugées nuisibles. Directement liée aux thématiques délinquantes et criminelles, elle est longtemps demeurée entourée de mystère, y compris au regard des sciences humaines et sociales. Si ce regard a sensiblement évolué depuis 40 ans aux Etats-Unis ou en France, il révèle des réalités extrêmement diverses, et souvent cruelles. Il suffit d’un regard attentif porté sur les prisons d’Amérique latine pour s’en convaincre.

Le droit et la criminologie ont longtemps représenté les disciplines par excellence qui donnaient à connaître la réalité pénitentiaire. Chloé Constant. Le non-recours aux droits sociaux. La couleur de l’amour. « Race(s) » et adoption. « Paul est marié à Sali. Tout irait pour le mieux s’ils arrivaient à avoir un enfant. Jusqu’au jour où Sali reçoit l’appel qu’ils attendent depuis si longtemps : leur dossier d’adoption est approuvé. Il est adorable, il a 6 mois, il s’appelle Benjamin. Il est blond aux yeux bleus et il est blanc.

Eux… sont noirs ! » La farce est lancée. Pourtant, derrière son apparente légèreté, il permet d’interroger sur le ton de l’humour ce qu’on peine trop souvent à voir : la force d’un ordre racial qui distribue les enfants sur une base phénotypique et agence les familles selon des hiérarchies établies. Roux S., 2017 « The Colour of Family Happiness. En France, toute mention de la « race » dans les dossiers administratifs est strictement interdite. Stoler A., 2013, La Chair de l’empire. CC Pixabay congerdesign Mais si la France se pense et se veut color-blind (« aveugle à la couleur de peau »), toute règle connaît ses exceptions et ses réajustements pratiques. CC Alpha Stock Images Nick Youngson. Confiance, vous avez dit confiance ? En politique comme dans les mondes professionnels, la confiance est désormais largement invoquée.

Or cette notion est complexe et ambivalente, qu’il s’agisse de la confiance envers la politique et ceux qui la pratiquent de manière « professionnelle » ou encore de la confiance placée dans les organisations productrices de biens et de services. La conjoncture actuelle semble en fait être à la défiance généralisée, alors même que la confiance devrait être le socle de toute démocratie digne de ce nom, mais aussi de toute relation organisations-clients, organisations-salariés. Le paradoxe semble indépassable tant la confiance est le ressort de nombreuses activités sociales. Si la politique inspire le sourire, le rejet ou l’indifférence, elle le doit entre autres aux scandales politico-financiers qui ont agité la vie politique française ces dernières années (affaire Cahuzac, condamnations à répétition des époux Balkany, etc), ainsi qu’au non renouvellement du personnel politique. L’Antiquité est-elle de droite ?

Désormais, l’héritage historique est souvent utilisé – pour ne pas dire détourné – pour légitimer les idéologies du présent. L’Antiquité, référence prestigieuse depuis qu’elle a été redécouverte à la Renaissance, fait particulièrement l’objet des réappropriations, quels que soient les bords politiques. Cependant, chacun cherche à mettre en avant des aspects de l’histoire qui lui conviennent, quitte à cacher les autres. Face à ce constat, les historiens tentent de déconstruire ces mécanismes et de rappeler la réalité des faits, dans la limite des connaissances disponibles.

Gwladys Bernard, enseignante-chercheure à l’Université Paris-8, a étudié l’utilisation de l’Antiquité par les courants d’extrême droite, dans le numéro 135 de la revue Cahiers d’histoire, revue d’histoire critique. L’un des chevaux de bataille de l’extrême droite est notamment la quête des origines et la suprématie française. Texte/voix/montage : Manon BrilImage : Jean JimenezMusique : OTAM.

Présidentielle 2017 : la belle et la bête, trouble dans le genre – Mondes Sociaux. Le premier tour de la présidentielle a placé en vis-à-vis deux finalistes hors normes à bien des égards : Emmanuel Macron, qui récuse le clivage droite-gauche, nouvelle version du « ni-ni » … qui peut aussi se lire comme l’illustration du « en même temps », tic de langage du candidat, peut-être plus largement révélateur de son positionnement ; et Marine Le Pen, candidate du Front national et fille de son père.

Un homme et une femme, donc, une configuration suffisamment rare à ce niveau de compétition pour être soulignée. Si l’on peut souhaiter, conformément à une forme d’idéal républicain, que toute élection et en particulier celle du chef ou de la cheffe de l’Etat, s’effectue sur la base des seuls programmes, force est de constater la prégnance de la dimension personnelle, l’importance de qui incarne les options politiques en présence.

Dans une élection, l’individu et l’incarnation qu’il propose passent au rang d’argument au même titre que le programme. CC Flickr DonkeyHotey. De la monarchie à la république : la pendule des Trois Horloges de l’Élysée – Mondes Sociaux. Le luxe fait débat. Il est le signe d’une distinction entre les classes sociales. Il marque une inégalité hiérarchique entre des puissants, qui en jouissent, et les autres, qui l’envient ou bien le fabriquent. L’existence du luxe en période de crise économique, sa persistance en régime démocratique, tout comme les relations qu’il entretient de tout temps avec le pouvoir politique interroge… Sous l’Ancien régime, de grandes manufactures productrices d’objets de luxe étaient soutenues par la Couronne de France.

Leur administration et leur financement relevaient d’une branche de la Maison du roi appelée les « Bâtiments ». CC Pixabay Clker-Free-Vector-Images Une telle pérennité ne va pas de soi dans un pays qui, il y a plus de deux siècles, a mis à bas privilèges féodaux et écart essentialiste entre les classes. Le statut spécifique de la production somptuaire, comme la charge politique qu’elle recèle, incitent à rouvrir le débat. CC Pixabay 3dman_eu Photographies de Didier Grafeuil.

L’Espagne en mouvement – Mondes Sociaux. L’Espagne connaît depuis dix ans de nombreux soubresauts. Chez ce bon élève de l’Union Européenne (début des années 2000), la crise économique de 2008, marquée notamment par l’explosion de la bulle immobilière, s’est poursuivie par une crise sociale (montée brutale du chômage et de la précarité), puis par une crise politique, celle-là même qui traverse encore le pays.

Incapable de se doter d’un gouvernement, l’Espagne a voté en octobre 2016 pour la troisième fois en un an. Les Français regardent leurs voisins ibériques avec un intérêt prononcé pour un objet politique non identifié : Podemos. Il suffit de consulter la rubrique « International » du Monde ou du Figaro pour s’apercevoir que, lorsque la presse française traite de l’Espagne, c’est en braquant les projecteurs sur le parti du charismatique Pablo Iglesias. Podemos joue certes un rôle crucial dans la situation actuelle car, sans nul doute, ses succès électoraux redessinent en profondeur les équilibres politiques du pays.

Politique et Internet : une citoyenneté renouvelée ? – Mondes Sociaux. CC Youtube Guillaume CABIOC’H La contribution du numérique au fonctionnement des régimes démocratiques est régulièrement mise en question, qu’il s’agisse de faire sa critique ou de faire perdurer son existence, en améliorant l’expression et la participation citoyennes. On assiste à un foisonnement d’initiatives démocratiques portées tantôt par des institutions, tantôt par des citoyens, de manière individuelle ou collective. Par exemple, si le « projet de loi El Khomri » (appelé aussi « Projet de loi Travail ») a suscité au printemps 2016 des mécontentements manifestés notamment par voie et/ou voix numérique, celui d’Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat chargée du Numérique, relatif à la « République numérique » a bénéficié de contributions postées par les internautes sur une plateforme dédiée à la consultation, puisque cinq nouveaux articles ont été rajoutés.

CC Youtube Démocratie Ouverte CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux Wojcik S., 2011, « Prendre la démocratie électronique au sérieux. Faut-il faire la sociologie du paquet neutre ? CC Pixabay Que sont au juste ces paquets neutres qui vont être introduits pour lutter plus avant contre le tabagisme ? Comment fonctionnent-ils ? Et fonctionnent-ils vraiment ? Que peuvent nous en apprendre les sciences sociales ?

À moins que ce ne soient les sciences sociales qui aient à apprendre de ces paquets… Après avoir soumis les paquets neutres à un examen critique tel qu’on les affectionne dans ma discipline, j’examinerai de façon tout aussi critique ces objections, en suggérant de se méfier de l’examen savant du paquet neutre : j’expliquerai pourquoi nous, sociologues, quel que puisse être le bien-fondé de nos arguments, devrions prendre soin de ne pas devenir stupides en tentant de nous montrer trop intelligents. Cochoy F., 2016, « Le marché, entre démocratie et totalitarisme : affrontements visuels sur les paquets de cigarettes », in Allaire G., Daviron B., dir., Transformations et transitions dans l’agriculture et l’agro-alimentaire, Versailles : Quæ.

CC Flickr Clohto98. Les théories du complot ou « la vérité est ailleurs » – Mondes Sociaux. #EP2014 ou les élections européennes depuis Twitter – Mondes Sociaux. Crise de la représentation ? – Mondes Sociaux. Politiques et presse people – Mondes Sociaux.