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Patrimoine

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Héritage, Histoire, Passé, Traces, Traditions

La Croix et la bannière. Donner la parole aux acteurs d’une procession en s’attachant, à travers des entretiens en occitan limousin et en marchois, à l’expression de la dévotion populaire, mais aussi de la dimension profane, et à rendre compte de l’importance de la relation au territoire et au paysage rural. Tels sont les objectifs du film La crotz e la banière consacré à la procession des Neuf lieux de Magnac-Laval (Haute-Vienne), qui se déroule le lundi de Pentecôte en l’honneur de Saint-Maximin. Cette cérémonie est remarquable par son ancienneté, sa longueur (52 km), son organisation (laïcs), son programme cultuel (prières en français et en latin, hymne et cantiques entièrement en latin) et enfin l’investissement de la population locale.

CC Pixabay Alexas_Fotos Enfin le film s’attache à montrer, sans contredire ce qui précède, la sociabilité festive qui d’ailleurs dure bien trop de temps pour qu’il soit possible, au moins pour le simple pèlerin, d’y rester recueilli tout du long. Montage : Jean-Louis Cros. La Croix et la bannière. L’inscription sur la Liste UNESCO : une aubaine pour le territoire.

Comment distinguer un territoire de ses voisins et ainsi attirer des touristes, des industries, des habitants… et des revenus ? Dans le contexte de vaches maigres touchant les collectivités locales, cette question prend une dimension nouvelle. Une réponse parmi les plus recherchées porte le doux nom de labélisation. Différents labels destinés aux territoires existent et tous sont convoités par les gestionnaires locaux. L’inscription au Patrimoine mondial constitue l’un de ces titres tant désirés par les édiles, et vraisemblablement le plus connu. À côté de la médiatisation accompagnant le site et de sa promotion auprès des professionnels du tourisme, c’est plus globalement le développement socio-économique qui est visé par les porteurs de la candidature auprès de l’UNESCO.

Pourtant, que savons-nous des conséquences socio-spatiales d’un tel label patrimonial ? Martin E., 2015, Les conséquences socio-spatiales de l’action publique patrimoniale. CC Pixabay Dutchpirates. Et l’égyptologie entra au musée… C’est au XIXe siècle que les magnifiques collections d’objets égyptiens, qui nous fascinent toujours autant, s’installent dans les grands musées européens tels que le Louvre et le British Museum. Mais au départ, la présentation de ces collections a pour principal objectif des considérations visuelles et esthétiques, autrement dit « faire joli ». Leur organisation sur un mode davantage « pensé », plus « intellectuel », ne se mettra en place que progressivement. Juliette Tanré-Szewczyck, doctorante et conservatrice du patrimoine, a publié dans la revue des Cahiers de l’Ecole du Louvre un article sur la mise en place des collections d’égyptologie au début du XIXe siècle en comparant les deux grands musées européens que sont le Louvre et le British Museum.

La chercheuse compare ensuite les évolutions de ces deux grands musées dans la première moitié du XIXe siècle. Elle essaye de déterminer la possible influence du travail de Champollion sur les collections britanniques. The Night Sky and the Risks of Light Pollution. The First World Atlas of the Artificial Night Sky Brightness, published in 2001 by Pierantonio Cinzano, Fabio Falchi and Christopher D. Edvige, stands out in the history of the ‘dark-sky movement’. Still today, it is a seminal reference work of collective research and one of the most cited studies on light pollution. Fifteen years later, the publication of The New World Atlas of Artificial Night Sky Brightness marks a new phase. This massive attention this study received in the media shows that the negative effects of artificial lighting are no longer only a problem for experts: this is now a public problem.

This study also shows that, when trying to quantify light pollution, it is hard to go beyond the artificial indicator of “whether we can see the Milky Way with the naked eye.” CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux In this context, the idea of light pollution took shape around an environmental good: the starry sky, with its socio-cultural and scientific benefits. Numériser les articles de presse de François Mauriac. La numérisation massive des ressources patrimoniales promue ces vingt dernières années par les pouvoirs publics s’est progressivement matérialisée sur le web par la multiplication de sites et de plateformes cherchant à valoriser ces dernières. Or même quand ils se présentent – ce qui n’est pas toujours le cas – comme des bases de données documentaires dédiées à la quête de ressources inédites, le vocabulaire de ces outils numériques ne cesse de rappeler les musées et, plus particulièrement, leurs pratiques de valorisation culturelle (collections, parcours, expositions virtuelles).

Arrimés au départ à des institutions bien tangibles, des corpus de ressources sont en outre aujourd’hui parfois réunis et valorisés pour leur seule mise en ligne. Des dispositifs de même nature sont également réalisés dans le cadre de programmes de recherche universitaires ayant pour objet la numérisation et à la structuration de corpus documentaires. CC Pixabay UpstartByEAD CC Pixabay OpenClipart-Vectors. Les musées entre séduction et course à l’audience – Mondes Sociaux. Au début des années 1980, alors que se termine un cycle de recherche sur la vulgarisation scientifique, la nouvelle cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette (qu’on avait délibérément décidé de ne pas appeler musée) sollicite l’auteur de ces lignes en tant que spécialiste de culture scientifique et des sciences du langage. L’idée est d’y développer un nouveau secteur de recherche pour accompagner le programme de création d’expositions et surtout leur réception par les publics.

Le sociolinguiste, amateur d’art et visiteur dilettante de musées, s’engage alors dans une nouvelle direction de recherche. Ce qui va le conduire à travailler sur les panneaux d’expositions, les étiquettes et plus généralement la présence de l’écrit dans les expositions, les monuments et les musées. En dehors de quelques travaux sociologiques et de recherches en didactique des sciences, la recherche française sur les musées est encore balbutiante. Tous droits réservés MKF éditions Sociologique ensuite. Vous avez dit « patrimoine scientifique » ? – Mondes Sociaux. CC Pierre Marcel, Bing Newton Peut-on patrimonialiser les objets scientifiques, autrement dit les recenser, les conserver, puis organiser leur monstration en raison de leur intérêt symbolique et de leur exemplarité vis-à-vis du passé, du présent et du futur ?

La réponse est affirmative, du moins si l’on s’en tient à une observation de surface. Et de fait, depuis les années 1970, plusieurs projets de patrimonialisation ont débouché sur des réalisations du type musées, parcs à thèmes scientifiques, centres d’interprétation… CC Pixabay ClkerFreeVectorImages En outre, de façon moins visible pour le non initié, des dispositifs ont été progressivement mis en place pour recenser les patrimoines mobilier et immobilier (cf. les bases de données Palissy et Mérimée qui intègrent désormais des éléments patrimoniaux scientifiques), les conserver, les labelliser, les étudier… CC Pixabay Machine à calculer de Leon Bollee, 1889. CC Flickr Baptiste Lafontaine CC Pixabay OpenClipartVectors. Sur les traces de la vie savante à Toulouse – Mondes Sociaux. CC Camptocamp Le programme PATOUS (Patrimoine immatériel du Toulouse scientifique contemporain), est une enquête collective, toujours en cours, visant à la collecte de récits de vie de chercheurs qui ont participé aux profonds bouleversements qu’a connus, dans la deuxième moitié du XXème siècle, l’organisation scientifique toulousaine à l’instar des institutions scientifiques françaises.

Il bénéficie du soutien du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, de la Mission « Sauvegarde du patrimoine scientifique et technique contemporain de Midi-Pyrénées », du Pole de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) de Toulouse et enfin du Département du Pilotage de la Recherche du Ministère de la Culture. Adell N., dir., 2012, Les savoirs en partage, Toulouse, Toulouse : Midi-Pyrénées Patrimoine, hors-série.Adell N., Lamy J., dirs., La vie savante, Paris : Editions de la MSH, à paraître.Bortolotto C., dir., 2011, Le patrimoine culturel immatériel. Les acteurs scientifiques Copyright UFTMP. Le patrimoine scientifique toulousain à l’épreuve – Mondes Sociaux. Cheval de l’école vétérinaire de Toulouse, copyright École vétérinaire de Toulouse. Reproduction autorisée. S’il y a plus de dix ans, des instruments, des livres et des archives étaient encore jetés à la benne directement du dernier étage de certains bâtiments historiques universitaires toulousains, est-il envisageable de revivre cet événement aujourd’hui ?

Probablement non. La communauté scientifique et universitaire a en effet acquis une conscience accrue de son patrimoine et de l’intérêt de le sauvegarder. Copyright Aurélie Garriga / UFTMP Ballé C., Cuenca C., Thoulouze D., dirs., 2010, Patrimoine scientifique et technique : un projet contemporain. Explorons tout d’abord le contexte national et notons quatre actes facilitateurs. En parallèle et de façon complémentaire, le réseau Aurore a été créé en 2007.

Crédits UFTMP De leur côté, les sciences toulousaines ne se reposent pas sur un désert patrimonial. CC Flickr Frédéric Bisson. Pourquoi s’intéresser aux brouillons de la recherche ? – Mondes Sociaux. CC Camdiluv ♥ Quel lien peut-on faire entre une liste de courses et le brouillon d’un chercheur ? Nous écrivons tous, quasi-quotidiennement, de nombreux documents (lettres, listes de courses, calculs des impôts, etc.) qui ne sont pas destinés à être montrés. Ceux-ci, ont une existence parfois éphémère (comme les post-it) ou, au contraire, sont conservés précieusement (comme les cartes postales ou les lettres), indiquant ainsi la dimension affective que nous pouvons leur porter. Ils sont tous mobilisés, d’une manière ou d’une autre, pour appréhender et domestiquer le monde qui nous entoure. De la même manière, dans leur travail journalier, les chercheurs produisent de nombreux écrits qui, au mieux, seront empilés dans une armoire, au pire seront jetés.

Bibliographie indicative Des écrits ambivalents forts révélateurs Cette forme légitime de communication ne peut cependant exister sans les écritures quotidiennes de la science. Enjeux et importance de ces écrits ordinaires CC Peter Turvey. De la monarchie à la république : la pendule des Trois Horloges de l’Élysée – Mondes Sociaux. Le luxe fait débat. Il est le signe d’une distinction entre les classes sociales. Il marque une inégalité hiérarchique entre des puissants, qui en jouissent, et les autres, qui l’envient ou bien le fabriquent. L’existence du luxe en période de crise économique, sa persistance en régime démocratique, tout comme les relations qu’il entretient de tout temps avec le pouvoir politique interroge… Sous l’Ancien régime, de grandes manufactures productrices d’objets de luxe étaient soutenues par la Couronne de France.

Leur administration et leur financement relevaient d’une branche de la Maison du roi appelée les « Bâtiments ». CC Pixabay Clker-Free-Vector-Images Une telle pérennité ne va pas de soi dans un pays qui, il y a plus de deux siècles, a mis à bas privilèges féodaux et écart essentialiste entre les classes. Le statut spécifique de la production somptuaire, comme la charge politique qu’elle recèle, incitent à rouvrir le débat. CC Pixabay 3dman_eu Photographies de Didier Grafeuil.

Restoring the Historical Sound of Paris – Mondes Sociaux. CC Pixabay Alexas_Fotos A silent city? Such a thing does not exist! In cities, people grate and scratch, meld together or tear materials, and shout at each other; the cries of animals mingle with the sounds of the environment. Yet most 3D reconstructions of the historical past are often silent—just the opposite of the Bretez Project, which has been created around sound.

This virtual model reproduces Paris in the second half of the eighteenth century – a Paris that has completely disappeared today. Pardoen M., 2015, « Les oreilles à l’affût – Restitution d’un paysage sonore : œuvre de l’imaginaire ou recherche d’authenticité ? In this spirit, the main destination of this sound model are museums, which does not prevent the research from being rigorously scientific.

Since it is not yet possible to reconstruct all of Paris due to its size, the choice was made to focus on a twenty-five hectare area around the present Place du Châtelet: Why choose this area? CC Pixabay Hebifot CC Pixabay Alemon. Restituer le passé sonore de Paris – Mondes Sociaux. Crédits Mylène Pardoen Une ville silencieuse ? Ca n’existe pas ! Dans une ville, on lime, on fond, on déchire les matières, on s’apostrophe ; les cris des animaux se confondent avec les sons de l’environnement.

Or la majeure partie des restitutions 3 D touchant au passé et à l’Histoire sont souvent muettes, tout à l’inverse du Projet Bretez dont la spécificité est d’être construit autour du son. Cette maquette virtuelle restitue le Paris de la seconde moitié du XVIIIe siècle – un Paris, aujourd’hui, complètement disparu. La finalité d’un tel projet est de créer une sorte de matrice afin de pouvoir générer des maquettes 5 D de villes historiques quels que soient l’époque et le lieu. Pardoen M., 2015, « Les oreilles à l’affût – Restitution d’un paysage sonore : œuvre de l’imaginaire ou recherche d’authenticité ? Le projet Bretez est né d’un « coup de foudre » pour le plan dit de Turgot, levé entre 1734 et 1739 par l’ingénieur-géographe Louis Bretez. Pourquoi cette sélection ? Du monument aux morts au mémorial – Mondes Sociaux. CC Pixabay ResoneTIC Quand elle renvoie à l’histoire et à la mémoire, la mort s’affiche volontiers : fin 2014, à Toulouse, pas moins de deux expositions temporaires concernaient les monuments aux morts.

L’une montrait des photographies de monuments aux morts toulousains, l’autre s’intéressait à la thématique du pacifisme dans ceux de la Première Guerre mondiale. Réalisées tantôt par des artistes, tantôt par des entreprises funéraires, ces oeuvres ont retenu l’attention de publics diversifiés, notamment en raison de la place occupée par la Commémoration du Centenaire de la Grande guerre sur les scènes sociale, culturelle… et médiatique. On relèvera cependant que les monuments récemment érigés en mémoire des morts à la guerre ne sont plus appelés « monuments aux morts », mais « mémoriaux ».

Par ailleurs, monuments aux morts et mémoriaux n’expriment pas seulement le cri et les souffrances de la perte d’êtres chers, disparus dans des conditions violentes. CC Shade Ows : A la Mémoire de … Suivre le chercheur à la trace. CC Flickr Vitasary Toute recherche comporte produit son lot de brouillons : feuilles volantes, carnets, post-it, classeurs…. Malheureusement, la plupart des chercheurs perçoivent mal l’intérêt de ces documents dont la conservation et l’étude rendent pourtant visible le processus de production de la science.

C’est ici qu’entre en scène le film-recherche De traces en traces consacré à des chercheurs travaillant sur les coccinelles. L’approche par le film permet de recueillir et de fixer le sens que les chercheurs donnent à leurs pratiques scientifiques, y compris les plus banales. Les traces de leurs recherches apparaissent grâce à la caméra, dévoilant la manière dont ils les constituent, les conservent et les font vivre. Le biais utilisé permet ainsi de pénétrer dans les coulisses d’un savoir-faire et d’un savoir en fabrication. Le spectateur découvre alors les différents aspects d’un travail de recherche : Fiche technique Type de média film recherche Laboratoire de recherche Auteurs. Dossier : Sur et sous le patrimoine scientifique – Mondes Sociaux. Les écritures ordinaires de la recherche – Mondes Sociaux.