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Patrimoine

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Héritage, Histoire, Passé, Traces, Traditions

Les situationnistes, ou l’esprit de mai 1968. L’Internationale Situationniste (IS) a la force d’un mythe. Il s’agit dans le film L’Internationale Situationniste – de l’Histoire au mythe de l’histoire d’une organisation et d’un homme, Guy Debord, qui prennent a posteriori l’aspect de pères spirituels de mai-juin 1968. Il s’agit de l’histoire de la construction d’un mouvement subversif, ainsi que de l’édification de son histoire, de sa mémoire, de sa légende. Il s’agit enfin de l’histoire de l’embaumement de contestataires par une société qu’ils étaient censés vouloir renverser. À bas la société spectaculaire marchande : l’historienne Anna Trespeuch-Berthelot aboutit à un constat : Debord et les Situationnistes sont devenus le symbole de ce que l’on voudrait retenir de mai 1968, c’est-à-dire un esprit de fronde, une spontanéité, une importance donnée à la créativité et une esthétique.

Mai 1968 : les Situationnistes se comptent toutefois sur les doigts d’une main en mai-juin 1968. René Riesel, notamment, joue un petit rôle. Quand le musée devient une marque commerciale. Le musée et la marque répondent à deux anciennes préoccupations des sociétés relevant de deux mondes différents et de deux philosophies difficilement compatibles, la culture pour l’un, le commerce pour l’autre. Le musée est structuré autour de ses collections et de ses missions premières : conserver et montrer. Des dispositifs juridiques de droit public organisent cette logique d’intérêt général, notamment autour de mesures interdisant la vente des objets composant les collections publiques (principe d’inaliénabilité). Par ailleurs, en France, le musée est porteur d’une identité forte forgée par l’histoire, en particulier en raison de son origine révolutionnaire et de valeurs puissantes traduites en termes de service public, au premier rang desquelles on peut pointer l’universalisme qui se traduit entre autres par l’accès de tous aux objets conservés et montrés.

À l’opposé, la marque est issue du champ de l’entreprise. Regourd M., dir., 2018, Marques muséales. CC Pxhere CC SVG Silh. Le cinéma d’Art et Essai après mai 68 : la saga Utopia. Années 1970 : l’exploitation cinématographique française se meurt. Après avoir connu des heures de gloire entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et le début des années 1960 (la France enregistre alors entre 300 et 400 millions d’entrées annuelles), les salles vivent maintenant des heures sombres : les chiffres de la fréquentation sont divisés par deux.

Sous l’effet combiné de la crise, de la concurrence des autres loisirs, mais aussi de la démocratisation massive de la télévision, les exploitants ferment leurs établissements, divisent leurs grands palaces cinématographiques en complexes multisalles, se spécialisent dans le porno. Dans le même temps, le secteur de l’Art et Essai cherche à s’ouvrir au plus grand nombre en démocratisant l’accès aux cinématographies les plus avant-gardistes. Toutes ces salles ne sont pas engagées corps et âme dans un programme Art et Essai. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux CC Wikimedia Commons inconnu CC Pixabay Geralt CC Pixabay mermyhh. Saint-Auvent, le pèlerinage des tsiganes du Limousin. C’est bien connu et d’ailleurs très médiatisé, les Saintes-Maries-de-la-Mer (Camargue) accueillent plusieurs fois par an des pèlerinages de Gitans, Manouches, Roms et Tsiganes vénérant Sara la Noire, leur sainte.

Mais que savez-vous du pèlerinage des « gens du voyage » organisé chaque année au centre de la France pour honorer le « Devel » (Dieu en manouche) et la « Petite Sainte » (Marie) ? C’est en effet dans le Limousin, près du petit village de Saint-Auvent, sur le bord de la rivière Gorre, au sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Paix qui imite la grotte de Lourdes, que se déroule chaque lundi de Pâques un pèlerinage dit « des gens du voyage », que la plupart des participants préfèrent appeler « pèlerinage manouche ». Les familles manouches ou de voyageurs demeurées catholiques, souvent implantées de longue date dans la région, s’y retrouvent pour une journée à la fois cultuelle, festive et conviviale, animée au son des guitares par une figure d’aumônier hors du commun. Durée : 52 minutes. La Croix et la bannière. Donner la parole aux acteurs d’une procession en s’attachant, à travers des entretiens en occitan limousin et en marchois, à l’expression de la dévotion populaire, mais aussi de la dimension profane, et à rendre compte de l’importance de la relation au territoire et au paysage rural.

Tels sont les objectifs du film La crotz e la banière consacré à la procession des Neuf lieux de Magnac-Laval (Haute-Vienne), qui se déroule le lundi de Pentecôte en l’honneur de Saint-Maximin. Cette cérémonie est remarquable par son ancienneté, sa longueur (52 km), son organisation (laïcs), son programme cultuel (prières en français et en latin, hymne et cantiques entièrement en latin) et enfin l’investissement de la population locale. CC Pixabay Alexas_Fotos Enfin le film s’attache à montrer, sans contredire ce qui précède, la sociabilité festive qui d’ailleurs dure bien trop de temps pour qu’il soit possible, au moins pour le simple pèlerin, d’y rester recueilli tout du long. Montage : Jean-Louis Cros. La Croix et la bannière. L’inscription sur la Liste UNESCO : une aubaine pour le territoire. Comment distinguer un territoire de ses voisins et ainsi attirer des touristes, des industries, des habitants… et des revenus ? Dans le contexte de vaches maigres touchant les collectivités locales, cette question prend une dimension nouvelle.

Une réponse parmi les plus recherchées porte le doux nom de labélisation. Différents labels destinés aux territoires existent et tous sont convoités par les gestionnaires locaux. L’inscription au Patrimoine mondial constitue l’un de ces titres tant désirés par les édiles, et vraisemblablement le plus connu. À côté de la médiatisation accompagnant le site et de sa promotion auprès des professionnels du tourisme, c’est plus globalement le développement socio-économique qui est visé par les porteurs de la candidature auprès de l’UNESCO. Pourtant, que savons-nous des conséquences socio-spatiales d’un tel label patrimonial ? Martin E., 2015, Les conséquences socio-spatiales de l’action publique patrimoniale.

CC Pixabay Dutchpirates. Et l’égyptologie entra au musée… C’est au XIXe siècle que les magnifiques collections d’objets égyptiens, qui nous fascinent toujours autant, s’installent dans les grands musées européens tels que le Louvre et le British Museum. Mais au départ, la présentation de ces collections a pour principal objectif des considérations visuelles et esthétiques, autrement dit « faire joli ».

Leur organisation sur un mode davantage « pensé », plus « intellectuel », ne se mettra en place que progressivement. Juliette Tanré-Szewczyck, doctorante et conservatrice du patrimoine, a publié dans la revue des Cahiers de l’Ecole du Louvre un article sur la mise en place des collections d’égyptologie au début du XIXe siècle en comparant les deux grands musées européens que sont le Louvre et le British Museum.

La chercheuse compare ensuite les évolutions de ces deux grands musées dans la première moitié du XIXe siècle. Elle essaye de déterminer la possible influence du travail de Champollion sur les collections britanniques. The Night Sky and the Risks of Light Pollution. The First World Atlas of the Artificial Night Sky Brightness, published in 2001 by Pierantonio Cinzano, Fabio Falchi and Christopher D. Edvige, stands out in the history of the ‘dark-sky movement’. Still today, it is a seminal reference work of collective research and one of the most cited studies on light pollution.

Fifteen years later, the publication of The New World Atlas of Artificial Night Sky Brightness marks a new phase. This massive attention this study received in the media shows that the negative effects of artificial lighting are no longer only a problem for experts: this is now a public problem. This study also shows that, when trying to quantify light pollution, it is hard to go beyond the artificial indicator of “whether we can see the Milky Way with the naked eye.” CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux In this context, the idea of light pollution took shape around an environmental good: the starry sky, with its socio-cultural and scientific benefits.

Numériser les articles de presse de François Mauriac. La numérisation massive des ressources patrimoniales promue ces vingt dernières années par les pouvoirs publics s’est progressivement matérialisée sur le web par la multiplication de sites et de plateformes cherchant à valoriser ces dernières.

Or même quand ils se présentent – ce qui n’est pas toujours le cas – comme des bases de données documentaires dédiées à la quête de ressources inédites, le vocabulaire de ces outils numériques ne cesse de rappeler les musées et, plus particulièrement, leurs pratiques de valorisation culturelle (collections, parcours, expositions virtuelles). Arrimés au départ à des institutions bien tangibles, des corpus de ressources sont en outre aujourd’hui parfois réunis et valorisés pour leur seule mise en ligne. Des dispositifs de même nature sont également réalisés dans le cadre de programmes de recherche universitaires ayant pour objet la numérisation et à la structuration de corpus documentaires. CC Pixabay UpstartByEAD CC Pixabay OpenClipart-Vectors. Les musées entre séduction et course à l’audience – Mondes Sociaux.

Au début des années 1980, alors que se termine un cycle de recherche sur la vulgarisation scientifique, la nouvelle cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette (qu’on avait délibérément décidé de ne pas appeler musée) sollicite l’auteur de ces lignes en tant que spécialiste de culture scientifique et des sciences du langage. L’idée est d’y développer un nouveau secteur de recherche pour accompagner le programme de création d’expositions et surtout leur réception par les publics.

Le sociolinguiste, amateur d’art et visiteur dilettante de musées, s’engage alors dans une nouvelle direction de recherche. Ce qui va le conduire à travailler sur les panneaux d’expositions, les étiquettes et plus généralement la présence de l’écrit dans les expositions, les monuments et les musées. En dehors de quelques travaux sociologiques et de recherches en didactique des sciences, la recherche française sur les musées est encore balbutiante.

Tous droits réservés MKF éditions Sociologique ensuite. Vous avez dit « patrimoine scientifique » ? – Mondes Sociaux. CC Pierre Marcel, Bing Newton Peut-on patrimonialiser les objets scientifiques, autrement dit les recenser, les conserver, puis organiser leur monstration en raison de leur intérêt symbolique et de leur exemplarité vis-à-vis du passé, du présent et du futur ? La réponse est affirmative, du moins si l’on s’en tient à une observation de surface. Et de fait, depuis les années 1970, plusieurs projets de patrimonialisation ont débouché sur des réalisations du type musées, parcs à thèmes scientifiques, centres d’interprétation… CC Pixabay ClkerFreeVectorImages En outre, de façon moins visible pour le non initié, des dispositifs ont été progressivement mis en place pour recenser les patrimoines mobilier et immobilier (cf. les bases de données Palissy et Mérimée qui intègrent désormais des éléments patrimoniaux scientifiques), les conserver, les labelliser, les étudier… CC Pixabay Machine à calculer de Leon Bollee, 1889.

CC Flickr Baptiste Lafontaine CC Pixabay OpenClipartVectors. Sur les traces de la vie savante à Toulouse – Mondes Sociaux. CC Camptocamp Le programme PATOUS (Patrimoine immatériel du Toulouse scientifique contemporain), est une enquête collective, toujours en cours, visant à la collecte de récits de vie de chercheurs qui ont participé aux profonds bouleversements qu’a connus, dans la deuxième moitié du XXème siècle, l’organisation scientifique toulousaine à l’instar des institutions scientifiques françaises.

Il bénéficie du soutien du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, de la Mission « Sauvegarde du patrimoine scientifique et technique contemporain de Midi-Pyrénées », du Pole de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) de Toulouse et enfin du Département du Pilotage de la Recherche du Ministère de la Culture. Adell N., dir., 2012, Les savoirs en partage, Toulouse, Toulouse : Midi-Pyrénées Patrimoine, hors-série.Adell N., Lamy J., dirs., La vie savante, Paris : Editions de la MSH, à paraître.Bortolotto C., dir., 2011, Le patrimoine culturel immatériel. Les acteurs scientifiques Copyright UFTMP.

Le patrimoine scientifique toulousain à l’épreuve – Mondes Sociaux. Cheval de l’école vétérinaire de Toulouse, copyright École vétérinaire de Toulouse. Reproduction autorisée. S’il y a plus de dix ans, des instruments, des livres et des archives étaient encore jetés à la benne directement du dernier étage de certains bâtiments historiques universitaires toulousains, est-il envisageable de revivre cet événement aujourd’hui ? Probablement non. La communauté scientifique et universitaire a en effet acquis une conscience accrue de son patrimoine et de l’intérêt de le sauvegarder. Copyright Aurélie Garriga / UFTMP Ballé C., Cuenca C., Thoulouze D., dirs., 2010, Patrimoine scientifique et technique : un projet contemporain.

Explorons tout d’abord le contexte national et notons quatre actes facilitateurs. En parallèle et de façon complémentaire, le réseau Aurore a été créé en 2007. Crédits UFTMP De leur côté, les sciences toulousaines ne se reposent pas sur un désert patrimonial. CC Flickr Frédéric Bisson. Pourquoi s’intéresser aux brouillons de la recherche ? – Mondes Sociaux. CC Camdiluv ♥ Quel lien peut-on faire entre une liste de courses et le brouillon d’un chercheur ? Nous écrivons tous, quasi-quotidiennement, de nombreux documents (lettres, listes de courses, calculs des impôts, etc.) qui ne sont pas destinés à être montrés. Ceux-ci, ont une existence parfois éphémère (comme les post-it) ou, au contraire, sont conservés précieusement (comme les cartes postales ou les lettres), indiquant ainsi la dimension affective que nous pouvons leur porter. Ils sont tous mobilisés, d’une manière ou d’une autre, pour appréhender et domestiquer le monde qui nous entoure.

De la même manière, dans leur travail journalier, les chercheurs produisent de nombreux écrits qui, au mieux, seront empilés dans une armoire, au pire seront jetés. Bibliographie indicative Des écrits ambivalents forts révélateurs Cette forme légitime de communication ne peut cependant exister sans les écritures quotidiennes de la science. Enjeux et importance de ces écrits ordinaires CC Peter Turvey. De la monarchie à la république : la pendule des Trois Horloges de l’Élysée – Mondes Sociaux. Le luxe fait débat. Il est le signe d’une distinction entre les classes sociales. Il marque une inégalité hiérarchique entre des puissants, qui en jouissent, et les autres, qui l’envient ou bien le fabriquent.

L’existence du luxe en période de crise économique, sa persistance en régime démocratique, tout comme les relations qu’il entretient de tout temps avec le pouvoir politique interroge… Sous l’Ancien régime, de grandes manufactures productrices d’objets de luxe étaient soutenues par la Couronne de France. Leur administration et leur financement relevaient d’une branche de la Maison du roi appelée les « Bâtiments ». CC Pixabay Clker-Free-Vector-Images Une telle pérennité ne va pas de soi dans un pays qui, il y a plus de deux siècles, a mis à bas privilèges féodaux et écart essentialiste entre les classes. Le statut spécifique de la production somptuaire, comme la charge politique qu’elle recèle, incitent à rouvrir le débat. CC Pixabay 3dman_eu Photographies de Didier Grafeuil. Restoring the Historical Sound of Paris – Mondes Sociaux.

Restituer le passé sonore de Paris – Mondes Sociaux. Du monument aux morts au mémorial – Mondes Sociaux. Suivre le chercheur à la trace. Dossier : Sur et sous le patrimoine scientifique – Mondes Sociaux. Les écritures ordinaires de la recherche – Mondes Sociaux.