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Patrimoine

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Héritage, Histoire, Passé, Traces, Traditions

Les musées entre séduction et course à l’audience – Mondes Sociaux. Au début des années 1980, alors que se termine un cycle de recherche sur la vulgarisation scientifique, la nouvelle cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette (qu’on avait délibérément décidé de ne pas appeler musée) sollicite l’auteur de ces lignes en tant que spécialiste de culture scientifique et des sciences du langage. L’idée est d’y développer un nouveau secteur de recherche pour accompagner le programme de création d’expositions et surtout leur réception par les publics. Le sociolinguiste, amateur d’art et visiteur dilettante de musées, s’engage alors dans une nouvelle direction de recherche.

Ce qui va le conduire à travailler sur les panneaux d’expositions, les étiquettes et plus généralement la présence de l’écrit dans les expositions, les monuments et les musées. En dehors de quelques travaux sociologiques et de recherches en didactique des sciences, la recherche française sur les musées est encore balbutiante. Tous droits réservés MKF éditions Sociologique ensuite.

Vous avez dit « patrimoine scientifique » ? – Mondes Sociaux. CC Pierre Marcel, Bing Newton Peut-on patrimonialiser les objets scientifiques, autrement dit les recenser, les conserver, puis organiser leur monstration en raison de leur intérêt symbolique et de leur exemplarité vis-à-vis du passé, du présent et du futur ?

La réponse est affirmative, du moins si l’on s’en tient à une observation de surface. Et de fait, depuis les années 1970, plusieurs projets de patrimonialisation ont débouché sur des réalisations du type musées, parcs à thèmes scientifiques, centres d’interprétation… CC Pixabay ClkerFreeVectorImages En outre, de façon moins visible pour le non initié, des dispositifs ont été progressivement mis en place pour recenser les patrimoines mobilier et immobilier (cf. les bases de données Palissy et Mérimée qui intègrent désormais des éléments patrimoniaux scientifiques), les conserver, les labelliser, les étudier… CC Pixabay Machine à calculer de Leon Bollee, 1889.

CC Flickr Baptiste Lafontaine CC Pixabay OpenClipartVectors. Sur les traces de la vie savante à Toulouse – Mondes Sociaux. CC Camptocamp Le programme PATOUS (Patrimoine immatériel du Toulouse scientifique contemporain), est une enquête collective, toujours en cours, visant à la collecte de récits de vie de chercheurs qui ont participé aux profonds bouleversements qu’a connus, dans la deuxième moitié du XXème siècle, l’organisation scientifique toulousaine à l’instar des institutions scientifiques françaises.

Il bénéficie du soutien du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, de la Mission « Sauvegarde du patrimoine scientifique et technique contemporain de Midi-Pyrénées », du Pole de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) de Toulouse et enfin du Département du Pilotage de la Recherche du Ministère de la Culture. Adell N., dir., 2012, Les savoirs en partage, Toulouse, Toulouse : Midi-Pyrénées Patrimoine, hors-série.Adell N., Lamy J., dirs., La vie savante, Paris : Editions de la MSH, à paraître.Bortolotto C., dir., 2011, Le patrimoine culturel immatériel.

Les acteurs scientifiques Copyright UFTMP. Le patrimoine scientifique toulousain à l’épreuve – Mondes Sociaux. Cheval de l’école vétérinaire de Toulouse, copyright École vétérinaire de Toulouse. Reproduction autorisée. S’il y a plus de dix ans, des instruments, des livres et des archives étaient encore jetés à la benne directement du dernier étage de certains bâtiments historiques universitaires toulousains, est-il envisageable de revivre cet événement aujourd’hui ? Probablement non. La communauté scientifique et universitaire a en effet acquis une conscience accrue de son patrimoine et de l’intérêt de le sauvegarder. Copyright Aurélie Garriga / UFTMP Ballé C., Cuenca C., Thoulouze D., dirs., 2010, Patrimoine scientifique et technique : un projet contemporain. Explorons tout d’abord le contexte national et notons quatre actes facilitateurs. En parallèle et de façon complémentaire, le réseau Aurore a été créé en 2007. Crédits UFTMP De leur côté, les sciences toulousaines ne se reposent pas sur un désert patrimonial.

CC Flickr Frédéric Bisson. Pourquoi s’intéresser aux brouillons de la recherche ? – Mondes Sociaux. CC Camdiluv ♥ Quel lien peut-on faire entre une liste de courses et le brouillon d’un chercheur ? Nous écrivons tous, quasi-quotidiennement, de nombreux documents (lettres, listes de courses, calculs des impôts, etc.) qui ne sont pas destinés à être montrés. Ceux-ci, ont une existence parfois éphémère (comme les post-it) ou, au contraire, sont conservés précieusement (comme les cartes postales ou les lettres), indiquant ainsi la dimension affective que nous pouvons leur porter.

Ils sont tous mobilisés, d’une manière ou d’une autre, pour appréhender et domestiquer le monde qui nous entoure. De la même manière, dans leur travail journalier, les chercheurs produisent de nombreux écrits qui, au mieux, seront empilés dans une armoire, au pire seront jetés. Bibliographie indicative Des écrits ambivalents forts révélateurs Cette forme légitime de communication ne peut cependant exister sans les écritures quotidiennes de la science. Enjeux et importance de ces écrits ordinaires CC Peter Turvey.

De la monarchie à la république : la pendule des Trois Horloges de l’Élysée – Mondes Sociaux. Le luxe fait débat. Il est le signe d’une distinction entre les classes sociales. Il marque une inégalité hiérarchique entre des puissants, qui en jouissent, et les autres, qui l’envient ou bien le fabriquent. L’existence du luxe en période de crise économique, sa persistance en régime démocratique, tout comme les relations qu’il entretient de tout temps avec le pouvoir politique interroge… Sous l’Ancien régime, de grandes manufactures productrices d’objets de luxe étaient soutenues par la Couronne de France. Leur administration et leur financement relevaient d’une branche de la Maison du roi appelée les « Bâtiments ».

CC Pixabay Clker-Free-Vector-Images Une telle pérennité ne va pas de soi dans un pays qui, il y a plus de deux siècles, a mis à bas privilèges féodaux et écart essentialiste entre les classes. Le statut spécifique de la production somptuaire, comme la charge politique qu’elle recèle, incitent à rouvrir le débat. CC Pixabay 3dman_eu Photographies de Didier Grafeuil. Restoring the Historical Sound of Paris – Mondes Sociaux. CC Pixabay Alexas_Fotos A silent city? Such a thing does not exist! In cities, people grate and scratch, meld together or tear materials, and shout at each other; the cries of animals mingle with the sounds of the environment. Yet most 3D reconstructions of the historical past are often silent—just the opposite of the Bretez Project, which has been created around sound. This virtual model reproduces Paris in the second half of the eighteenth century – a Paris that has completely disappeared today.

Pardoen M., 2015, « Les oreilles à l’affût – Restitution d’un paysage sonore : œuvre de l’imaginaire ou recherche d’authenticité ? In this spirit, the main destination of this sound model are museums, which does not prevent the research from being rigorously scientific. Since it is not yet possible to reconstruct all of Paris due to its size, the choice was made to focus on a twenty-five hectare area around the present Place du Châtelet: Why choose this area? CC Pixabay Hebifot CC Pixabay Alemon.

Restituer le passé sonore de Paris – Mondes Sociaux. Crédits Mylène Pardoen Une ville silencieuse ? Ca n’existe pas ! Dans une ville, on lime, on fond, on déchire les matières, on s’apostrophe ; les cris des animaux se confondent avec les sons de l’environnement. Or la majeure partie des restitutions 3 D touchant au passé et à l’Histoire sont souvent muettes, tout à l’inverse du Projet Bretez dont la spécificité est d’être construit autour du son. Cette maquette virtuelle restitue le Paris de la seconde moitié du XVIIIe siècle – un Paris, aujourd’hui, complètement disparu. La finalité d’un tel projet est de créer une sorte de matrice afin de pouvoir générer des maquettes 5 D de villes historiques quels que soient l’époque et le lieu.

Pardoen M., 2015, « Les oreilles à l’affût – Restitution d’un paysage sonore : œuvre de l’imaginaire ou recherche d’authenticité ? Le projet Bretez est né d’un « coup de foudre » pour le plan dit de Turgot, levé entre 1734 et 1739 par l’ingénieur-géographe Louis Bretez. Pourquoi cette sélection ? Du monument aux morts au mémorial – Mondes Sociaux. CC Pixabay ResoneTIC Quand elle renvoie à l’histoire et à la mémoire, la mort s’affiche volontiers : fin 2014, à Toulouse, pas moins de deux expositions temporaires concernaient les monuments aux morts. L’une montrait des photographies de monuments aux morts toulousains, l’autre s’intéressait à la thématique du pacifisme dans ceux de la Première Guerre mondiale. Réalisées tantôt par des artistes, tantôt par des entreprises funéraires, ces oeuvres ont retenu l’attention de publics diversifiés, notamment en raison de la place occupée par la Commémoration du Centenaire de la Grande guerre sur les scènes sociale, culturelle… et médiatique.

On relèvera cependant que les monuments récemment érigés en mémoire des morts à la guerre ne sont plus appelés « monuments aux morts », mais « mémoriaux ». Par ailleurs, monuments aux morts et mémoriaux n’expriment pas seulement le cri et les souffrances de la perte d’êtres chers, disparus dans des conditions violentes. CC Shade Ows : A la Mémoire de … Suivre le chercheur à la trace. CC Flickr Vitasary Toute recherche comporte produit son lot de brouillons : feuilles volantes, carnets, post-it, classeurs…. Malheureusement, la plupart des chercheurs perçoivent mal l’intérêt de ces documents dont la conservation et l’étude rendent pourtant visible le processus de production de la science. C’est ici qu’entre en scène le film-recherche De traces en traces consacré à des chercheurs travaillant sur les coccinelles. L’approche par le film permet de recueillir et de fixer le sens que les chercheurs donnent à leurs pratiques scientifiques, y compris les plus banales. Les traces de leurs recherches apparaissent grâce à la caméra, dévoilant la manière dont ils les constituent, les conservent et les font vivre.

Le biais utilisé permet ainsi de pénétrer dans les coulisses d’un savoir-faire et d’un savoir en fabrication. Le spectateur découvre alors les différents aspects d’un travail de recherche : Fiche technique Type de média film recherche Laboratoire de recherche Auteurs. Dossier : Sur et sous le patrimoine scientifique – Mondes Sociaux. Crédits photos : V. Prévost, Pôle Culture, Université Paul Sabatier 2014 Jusqu’à une époque très récente, les sciences et leurs institutions -au premier rang desquelles figurent les universités- ont largement laissé leurs bâtiments, laboratoires, instruments scientifiques, collections, savoirs et savoir-faire à l’écart d’un processus de patrimonialisation qui s’insinuait progressivement mais sûrement dans la plupart des activités sociales.

Et ce dans la quasi-indifférence de la société française et de ses représentants légitimes, tant nationaux que locaux. Dans ces conditions, comment conserver et valoriser non seulement les traces matérielles et immatérielles du passé récent ou plus lointain, mais encore les objets et la mémoire contemporains significatifs de la science en train de se faire ? Comment les inscrire en tant que marqueurs forts dans la culture et, au-delà, comme composants incontournables du terreau des sociétés contemporaines ?

Vous avez dit « patrimoine scientifique » ? Les écritures ordinaires de la recherche – Mondes Sociaux. Comment les chercheurs envisagent-ils la conservation de leurs documents de recherche – particulièrement leurs écritures ordinaires – qui, on l’admet aujourd’hui, figurent parmi les éléments essentiels des archives scientifiques personnelles ? Ces écritures sont composées par tous les matériaux et informations accumulés par les chercheurs, et sur la base desquels se construit quotidiennement leur travail : littérature dite « grise » car non labellisée par une publication académique (rapports, mémoires, documentation techniques…), documents textuels « informels » (carnets, notes, brouillons, correspondances, cahiers de laboratoires), corpus visuels, sonores ou multimédias (campagnes photographiques, campagnes d’enquêtes, enregistrements audio ou vidéo), données électroniques (bases de données, fichiers informatiques)… Fontorbes J.

-P., Granié A. Elles constituent un objet encore peu interrogé, lorsqu’il n’est pas carrément dévalorisé. CC Flickr Patricia m CC Flickr Alexandre Dulaunoy.