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Mémoire

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Commémoration, Guerre, Histoire, Mémorial, Mythe, Patrimoine, Résistance, Souvenir

Retrouver la Résistance ? Fin 1945, Charles Perret, maire d’Étobon, petit village protestant niché au pied des Vosges, publie un récit de quelques pages des derniers temps de l’Occupation : Les crimes du fascisme nazi. Étobon, village de terroristes. Il raconte le massacre le 27 septembre 1944 de 39 habitants parmi 67 hommes âgés de 16 à 60 ans rassemblés au centre du village. Parmi ceux-ci figure Charles Nardin, alors maire du village, dont le successeur précise qu’il « avait connu et favorisé l’existence et les actions du groupe local de Résistance. Il n’a dénoncé personne. » Autre lieu, même scénario. Même vocabulaire dépréciatif (« terroristes »), mêmes méthodes : 48 hommes âgés de moins de 60 ans sont pour la plupart envoyés à Montauban puis déportés en juin 1944 dans les camps nazis. Ces ouvrages édités dans de petites imprimeries locales sont connus des seuls curieux. Perret C., 1945, Les crimes du fascisme nazi. CC Pixabay OpenClipart-Vectors CC Flickr BDIC Nanterre Trois mois ?

Cécile Vast More Posts. Mémoires d’un exode : la Retirada – Mondes Sociaux. Véronique Moulinié et Sylvie Sagnes, ethnologues au CNRS, mènent des recherches sur les notions de mémoire et d’identité. C’est à ce titre qu’elles se sont intéressées à un moment très particulier de la guerre d’Espagne. Début 1939, cette guerre civile entraîne le départ de milliers de réfugiés républicains qui franchissent la frontière des Pyrénées vers la France, c’est la Retirada.

Dans le film Mémoires de la Retirada réalisé par Marie Mora Chevais, les chercheures proposent une analyse ethnologique de la mémoire de cet exode et en étudient les variations et leurs articulations. Faisant suite à un travail d’enquête réalisé dans le cadre du projet Des exilés politiques aux vaincus magnifiques : mémoire des républicains espagnols (février 1939), le film tente de restituer la manière dont se construit la mémoire des républicains espagnols exilés en France. Le film Mémoires de la Retirada est diffusé par Mondes Sociaux dans le cadre d’une coopération avec CNRS Images. Support XDCam EX. Mémoires d’un exode : la Retirada – Mondes Sociaux. Écrire l’histoire des armées africaines postcoloniales ? – Mondes Sociaux. Les armées et forces de sécurité actuelles du continent africain sont régulièrement au cœur de l’actualité internationale.

Elles font l’objet d’analyses critiques, mais rarement historiques. L’apport historique permet pourtant de dépasser les lieux communs et les idées reçues, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de pays connaissant des conflits armés ou qui sont la cible de groupes terroristes. Dans le champ des études de sécurité, il s’agit d’expliquer leur inefficacité par une professionnalisation insuffisante ou par leur manque de représentativité et de diversité ethnique.

Depuis les indépendances, le champ des sciences politiques a largement étudié le rapport de ces armées et de leurs cadres au politique, cherchant à éclairer le phénomène des coups d’État militaires, puis du maintien ou de la succession de gouvernements putschistes à la tête de ces mêmes États. CC Flickr Bmi Epinal Debos M., Glasman J. CC Flickr manhhai CC Wikimedia Commons ALA TechSource. La fabrique de Shoah – Mondes Sociaux. CC Pixabay Larisa-K A-t-on tout lu, tout dit sur le film Shoah ? « Shoah est un chef d’œuvre, que puis-je dire d’autre à son propos… rien » (Marcel Ophüls), « Shoah est quasiment unique dans l’histoire du cinéma portant sur l’Holocauste » (Stuart Liebman), « C’est une œuvre d’histoire qui va au-delà de l’histoire » (Richard Brody). Ces déclarations rendent compte d’une forme de consensus autour du film qui s’étend des cinéphiles aux chercheurs en Sciences humaines et sociales.

Le film est toujours à la limite d’être considéré comme étant sacré. En France, Shoah (Claude Lanzmann, 1985) a, en effet, acquis un statut de référence incontournable quand il est question de la Shoah, ainsi que de la représentation des génocides et massacres de masse du vingtième siècle. Cette réalisation est aujourd’hui encore difficile à mettre à distance dans l’espace public, si bien que toute réflexion nuancée ou recherche en Sciences humaines et sociales semble quasiment irrecevable.

CC Flickr israeltourism. Le roi Arthur, un héros du XXIe siècle – Mondes Sociaux. La légende du Roi Arthur est un corpus de sources écrites et d’images en constante évolution. À la différence des grands textes des religions abrahamiques (Torah, Bible, Coran), il n’y a en effet aucune autorité pouvant désigner des textes canoniques qui serait l’alpha et l’oméga de la légende. Au contraire, chaque époque, depuis le Moyen âge, et plus largement chaque région et chaque milieu social, a pu, en fonction de ses besoins, créer son mythe arthurien, en piochant dans des épisodes connus, en ajoutant des personnages, en en soustrayant, et en modifiant des éléments narratifs.

Cette constante réinvention incite à ne pas faire de coupure entre la légende médiévale de Camelot et celle développée à l’époque contemporaine. La première n’est pas plus vraisemblable que la seconde. C’est d’autant plus vrai que la plupart des historiens s’accordent aujourd’hui à dire qu’Arthur n’a pas existé. Chauou A., 2009, Le Roi Arthur, Paris : Le SeuilGautier A., 2007, Arthur, Paris : Ellipses. Commémorer les victimes homosexuelles du nazisme – Mondes Sociaux. CC Wikimedia Commons Masterdeis En France, les commémorations relatives aux victimes des deux guerres mondiales sont nombreuses : soldats tombés au front, résistants, déportés, Juifs… Mais celles consacrées aux victimes homosexuelles du nazisme sont plus rares. Pourtant, en Allemagne ou aux Pays-Bas notamment, les militants des associations gays et lesbiennes ont fait du droit de commémorer et d’être reconnu comme martyr un combat structurant de leur mouvement et de leur communauté et ont peu à peu réussi à obtenir gain de cause.

Régis Schlagdenhauffen, sociologue et Maître de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), a publié dans la revue Socio, un article retraçant l’histoire de cette revendication et visant à montrer comment la sphère privée interfère dans le politique jusqu’à être progressivement reconnue par lui. Texte, voix : Manon Bril Image : Barthélémy DespaxMusique : OTAM Crédits image à la Une : CC Pixabay Geralt.

Les frères Boniface, symboles du rugby d’antan – Mondes Sociaux. CC Publicdomainpictures.net A travers l’histoire des frères André et Guy Boniface, le film-recherche 12 1/2 est celle d’une génération et d’un esprit rugby : histoire de la génération de ceux qui étaient enfants pendant la Seconde guerre mondiale, de la jeunesse des années 1960 ; histoire du rugby et plus précisément d’un temps où ce sport véhiculait nombre de valeurs. A l’époque du professionnalisme – où la valeur des clubs et des joueurs se mesure en « argent » –, il montre que ce qui se noue entre deux joueurs n’a pas de prix. « Les Boniface », ou plutôt « Les Boni », symbolisaient l’esprit rugby : différence et complémentarité, amour et force, art et combat, élégance et labeur, indépendance et solidarité.

CC Wikimedia Commons Au moment des repérages du film, André Boniface a soixante-douze ans. Le film révèle la construction personnelle et sociale mutuelle de deux frères qui grandissent l’un avec l’autre, l’un par rapport à l’autre, les deux par rapport aux autres. Fiche technique. Charles Martel, une récupération identitaire – Mondes Sociaux. Détail de la couverture de Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l’histoire au mythe identitaire La figure de Charles Martel et la bataille de Poitiers opposant en 732 les guerriers du maire du palais franc aux forces de l’émir de Cordoue Abd al-Rahmân sont devenus aujourd’hui un objet historique brûlant.

Il suffit pour s’en convaincre de faire quelques recherches sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, le maire de Béziers Robert Ménard (apparenté Front National) déclare ainsi le 1er décembre 2015 vouloir « retrouver notre France, celle de Louis XIV, de Napoléon, et celle, si le ministère de l’Intérieur me l’autorise, de Charles Martel. » Pour nombre de militants d’extrême droite, la bataille de Poitiers marque en effet la victoire d’une chrétienté unie face à une invasion musulmane de grande ampleur, l’une des premières étapes du choc entre les civilisations occidentale et islamique dont nous serions, selon eux, en train de revivre un point culminant.

1914-1918 : l’arrière si près du front… – Mondes Sociaux. CC Flickr Frédéric La vie des acteurs de la Première Guerre mondiale est désormais bien connue, nombre d’historiens ayant consacré d’importantes recherches à cette question. Mais force est de constater que c’est surtout la vie quotidienne au front qui a été étudiée. De sorte que le travail à l’arrière a été sinon oublié, du moins quelque peu négligé. Or s’il ne concerne pas directement l’histoire militaire, il fait la part belle à une composante essentielle de l’effort de guerre. Non seulement indispensable à la vie du front, le travail aide à préparer l’avenir, y compris l’après-guerre. Un Colloque international – le Xe du genre consacré à la Grande Guerre – a fort opportunément rectifié le tir en prenant frontalement le travail à l’arrière pour objet de recherche et de débat. CC Flickr Library and Archives Canada / Bibliothèque et Archives Canada Crédits Patrick Mignard pour Mondes Sociaux C’est aussi une période particulière pour l’Université.

CC Flickr MCAD Library. Étrangers dans la Résistance – Mondes Sociaux. Des étrangers risquant leur vie pour la liberté… et pour la France ? Ah vous avez oublié ! Alors lisez attentivement ce qui suit et laissez-vous emporter chez les « métèques » et autres « terroristes » par le film-recherche de Rolande Trempé Mémoires de résistance : FTP-MOI. Dans ce « documentaire historiographique » réalisé en 1992 en collaboration avec Raphaël Réquéna, Rolande Trempé donne la parole aux étrangers émigrés en France et qui ont pour caractéristique commune de s’être battus au sein de la Résistance durant la Deuxième Guerre Mondiale.

En historienne pionnière de l’utilisation du documentaire comme moyen de fixer la parole et de mettre en lumière le témoignage dans une visée historique, elle prend pour exemple la branche lyonnaise et grenobloise des Francs-Tireurs Partisans-Main-d’Oeuvre Immigrée (FTP-MOI), le groupe Carmagnole-Liberté. Rolande Trempé (avec Raphaël Réquéna), 1992, Mémoires de résistance : FTP-MOI, Toulouse, Centre Audiovisuel de l’UTM/INA. Fiche technique. Du monument aux morts au mémorial – Mondes Sociaux. CC Pixabay ResoneTIC Quand elle renvoie à l’histoire et à la mémoire, la mort s’affiche volontiers : fin 2014, à Toulouse, pas moins de deux expositions temporaires concernaient les monuments aux morts.

L’une montrait des photographies de monuments aux morts toulousains, l’autre s’intéressait à la thématique du pacifisme dans ceux de la Première Guerre mondiale. Réalisées tantôt par des artistes, tantôt par des entreprises funéraires, ces oeuvres ont retenu l’attention de publics diversifiés, notamment en raison de la place occupée par la Commémoration du Centenaire de la Grande guerre sur les scènes sociale, culturelle… et médiatique. On relèvera cependant que les monuments récemment érigés en mémoire des morts à la guerre ne sont plus appelés « monuments aux morts », mais « mémoriaux ». Par ailleurs, monuments aux morts et mémoriaux n’expriment pas seulement le cri et les souffrances de la perte d’êtres chers, disparus dans des conditions violentes.

CC Shade Ows : A la Mémoire de … Jean-Pierre Amalric, un historien ¿ olé-olé ? – Mondes Sociaux. CC Mondes Sociaux A la fin des années 1950, lorsque fraîchement émoulu de l’agrégation, Jean-Pierre Amalric se présenta au domicile de Fernand Braudel, il ne se doutait pas que le maître l’accueillerait en lui disant d’un ton péremptoire : « Amalric, vous étudierez la Chine ! ». Jeune père de famille, le futur sinologue entrevit en un instant les sacrifices que lui imposerait une telle spécialisation.

C’est alors qu’intervint, tel un deux ex-machina salvateur, l’épouse du maître des lieux : « mais, voyons, Fernand, tu ne comptes pas envoyer ce petit en Chine ! ». Cette remarque fit son effet et se ravisant, maugréant sans doute, Fernand Braudel reprit « bon, puisque c’est ainsi, qu’il étudie le Cadastre de la Ensenada ». Une nomination au CNRS lui permit de s’installer à Simancas, village de Vieille-Castille sis à deux lieues de Valladolid, dont la forteresse abrite les archives du royaume. CC Wikimedia Commons Véronique PAGNIER Jean-Pierre Almaric, période « moustache ».

Mémoire ouvrière et relations sociales – Mondes Sociaux. « L’usine, il faut qu’elle fume » affirme sur un ton péremptoire l’un des retraités que nous avons interrogé en 2009 pour comprendre cinquante années d’existence d’une industrie dans les Pyrénées. 2009 est en effet une date importante pour « La Cellulose », cette entreprise de fabrication de pâte à papier – fleuron de l’industrie locale – implantée depuis 1959 sur le territoire de la commune de Saint-Gaudens, Sous-préfecture du département de la Haute-Garonne.

En effet, elle doit alors faire face à une période troublée par les effets de la crise économique avec un effondrement des prix de la pâte à papier sur le marché mondial et une assez longue et inquiétante période de chômage technique. Notre recherche sociologique qui s’est engagée dans ce contexte troublé s’est intéressée à la mémoire ouvrière, aux événements, aux relations sociales et aux crises. Elle a été effectuée à partir d’entretiens avec une trentaine de retraités et d’une exploration méthodique des archives de l’usine. La Guerre de 14-18 racontée aux touristes – Mondes Sociaux. Commémoration du centenaire aidant, les visiteurs sont désormais toujours plus nombreux à se rendre sur les sites historiques de la Première Guerre mondiale.

Atout France note fin novembre 2014 une augmentation de 7% de la fréquentation par rapport à l’année précédente pour la Marne, et de 12,8% pour les Ardennes. L’augmentation est de 46% pour la Haute-Somme, territoire où se concentrent les principaux sites, pour la période janvier 2014-avril 2014. Cette hausse atteste d’une nouvelle vigueur du tourisme de mémoire dont la montée en puissance date des années 1980-1990, notamment en raison de la reterritorialisation des politiques et des pratiques culturelles et touristiques induites par les lois de décentralisation.

Mais que se passe-t-il « réellement » lorsqu’on visite ces sites mis en scène par des dispositifs communicationnels. Quel rapport à l’histoire, au passé et à la mémoire s’y élabore ? CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux. Dossier : Il y a cent ans, la Guerre… Capture d’écran du jeu Soldats inconnus – Mémoires de la Grande Guerre, Ubisoft, 2014 Il y a cent ans débutait la Grande Guerre, première guerre mondiale, totale et industrielle. Épisode clé de la compréhension du XXe siècle, ce conflit a profondément marqué ses contemporains tant par son intensité (60 millions de soldats engagés, plus de 20 millions de blessés et près de 9 millions de morts) que par ses caractéristiques militaires (immobilité du front, tranchées, etc.), ou encore ses conséquences politiques (Révolution russe par exemple). En France, les commémorations sont confiées à la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui pendant quatre ans, est chargée « de préparer et d’accompagner la mise en œuvre du programme » sous la direction scientifique de l’historien Antoine Prost.

Ce dossier rassemble des articles présentant quelques-unes de leurs dernières contributions à la recherche. 1914-1918 : l’arrière si près du front… Clair Juilliet Dominique Trouche. La vie quotidienne dans les tranchées – Mondes Sociaux. L’inconnu de la République – Mondes Sociaux. Pierre Laborie, un historien « trouble-mémoire » – Mondes Sociaux. Dossier : Sur et sous le patrimoine scientifique – Mondes Sociaux. Les écritures ordinaires de la recherche – Mondes Sociaux. La Guerre d’Espagne : de l’Histoire à la mémoire – Mondes Sociaux.