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Magazine de sciences humaines et sociales en open access !

Filmer la lumière… La lumière est évidemment incontournable dans le cinéma et il convient de la distinguer de l’éclairage, c’est-à-dire des moyens techniques permettant, par exemple, de valoriser des personnages, de mettre en avant le décor, ou au contraire de relativiser son importance. Pourtant, y compris dans les publications spécialisées ou « savantes » dédiées au 7ème Art, les notions d’éclairage et de lumière se confondent souvent, comme si le seul but de la lumière était d’éclairer.

Or la lumière peut aussi être le sujet visé par le réalisateur, ce qu’il veut filmer et mettre en avant. Elle est alors une de ses préoccupations centrales. Elle n’est plus un simple outil, mais une « matière » dont il s’agit d’interroger, par l’image, la nature, la forme et les manifestations. Cela revient à la capter dans un cadre et non à capter la scène ou le décor qu’elle éclaire.

Les réalisateurs qui se risquent dans cette voie sont rares. Musique : Otaam Texte, voix : Manon Bril Cadrage : Barthelemy Dexpax. Berlin, du film à la carte. Le cinéma, en filmant la ville, nourrit l’imaginaire de l’espace et entretient avec elle d’étranges affinités. Il invite à flâner dans les rues des grandes métropoles, à fouler du pied leur bitume grâce à l’entremise de l’écran.

Il est une promesse de voyage dans l’espace, parfois aussi dans le temps. S’embarquer quelques décennies en arrière dans Berlin, alors coupé en deux par le Mur (1961-1989), tel était le projet de mon doctorat. Que montre le cinéma de la ville divisée ? Que raconte-t-il de cette cité double ? Quels portraits fait-il de cet espace urbain complexe et singulier ?

La matière pour nourrir ces questionnements, je l’ai trouvée en visionnant près de cent cinquante films, est- et ouest-allemands, produits durant les presque trois décennies d’existence du Mur. Pour se retrouver dans ce Berlin filmé, la carte s’est bien vite imposée comme un outil précieux, accompagnant mon parcours dans les images de l’espace. Barbe D., 2016, Berlin(s) à l’écran de 1961 à 1989. Le développement personnel, nouvel opium du peuple ? Avez-vous déjà rêvé de vivre une vie heureuse et épanouissante ? Oui ? Cela tombe bien : c’est ce que proposent de nombreux coachs et chercheurs spécialistes en psychologie dite « positive », et plus précisément en développement personnel. Livres, applications mobiles, cours de méditation, séances de coaching et séminaires spécialisés sont autant de biens et services proposés aux individus et aux organisations (y compris les entreprises) pour s’épanouir.

Suffit-il d’écouter les « experts » du bonheur pour être heureux ? Que cache le marché florissant du bien-être ? L’idée que le bonheur serait commandable par la volonté, auparavant suspecte, est maintenant au centre de la psychologie positive, fondée par Martin Seligman à la fin des années 1990 et qui s’est propagée à force de conférences et de lobbying au sein de l’American Psychological Association. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux Le bonheur est à la fois un idéal inatteignable et un processus. CC SVG Silh CC Pixabay geralt. Peut-on mettre le monde social en équations ? Croissance économique, classements des lycées et des universités, publicités sur le Web : de plus en plus, nos actions sont mises en chiffres, en équations, pour aiguiller ou prédire nos comportements. Les big data, ces abondantes traces numériques que nous produisons constamment, nous permettront-elles de créer une nouvelle science de la société, aussi « performante » que les sciences de la nature ?

Je me suis appuyé sur ma double pratique de la physique et des sciences sociales pour décortiquer de nombreux cas concrets de quantification de nos activités, en les comparant aux mathématisations réussies de la physique. Depuis quelques années, on observe de nombreuses tentatives de physiciens, informaticiens et ingénieurs qui, armés de leurs outils mathématiques, cherchent à créer une nouvelle science de la société en utilisant la nouvelle avalanche de données sociales. Pour juger de l’intérêt de ces approches, il faut d’abord comprendre d’où vient la légitimité des sciences de la nature. Histoire et conflits de mémoires en Espagne. S’il est un pays où les politiques mémorielles se sont manifestées et confrontées par vagues successives, c’est bien l’Espagne. Les majorités politiques en place, le rôle des historiens, et celui de la société civile tiennent dans ces affrontements et ces usages politiques du passé une place majeure. Dans ce film du Centre d’histoire sociale du XXe siècle, les historiennes Charlotte Vorms et Elodie Richard en analysent les contours historiographiques et en font ressortir les enjeux.

Le régime franquiste en Espagne a alimenté durant des décennies des politiques mémorielles qui œuvraient à falsifier l’histoire espagnole. Le régime né d’un coup d’État en 1936 contre une jeune seconde République née en 1931, avait besoin d’une légitimation historique. L’histoire de la guerre civile fut un élément fondamental d’une propagande qui exaltait les victimes du camp franquiste tombées sur le front et stigmatisait le camp des « rouges ». CC Deviant Art Razorblade-13 Producteur : CHS du XXe siècle. Athéna, déesse grecque au service de la France.

C’est bien connu, les dieux et déesses antiques ont souvent été « récupérés » à des fins politiques. Athéna, fille de Zeus et de Métis, déesse grecque de la sagesse, de la stratégie militaire, et de la raison n’a pas échappé à cette destinée. C’est ce que montre Manon Champier, docteure en histoire contemporaine de l’Université Toulouse – Jean Jaurès.

Elle a soutenu en juillet 2018 sa thèse sur l’utilisation de la déesse antique Athéna dans l’imagerie officielle du XIXe siècle en France. L’imagerie officielle c’est tout simplement toutes les images produites par ou pour l’Etat : monnaies, timbres, sceaux, façades de monuments publics, bustes de mairie etc. L’Antiquité est en effet un passé prestigieux et « utile » à l’époque contemporaine, car elle charrie avec elle un ensemble de valeurs et de modèles desquels tout le monde peut et/ou veut se réclamer : la démocratie, l’empire ou la république, les beaux-arts ou la philosophie. Champier M., 2018, L’invention d’Athéna. Crainte et vanité ? La soumission des universitaires à la gestion néolibérale. CC Pixabay Bykst En 2014, Yves Dupont, socioanthropologue spécialiste du monde rural, a publié un essai qui mérite à nos yeux d’être présenté sous forme de tribune.

Son questionnement essentiel est le suivant : comment se fait-il que les universitaires, disposant pourtant des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister aux sirènes néolibérales, acceptent presque silencieusement de se soumettre au processus de gestionnarisation de l’Université française, c’est-à-dire à une logique basée sur la productivité et la rentabilité contrôlées par des procédures normées et des indicateurs chiffrés de performance. Autrement dit, comment se fait-il que les chercheurs consacrent de moins en moins de temps à des questions proprement scientifiques et de plus en plus à la rédaction de « projets » dont beaucoup n’aboutissent jamais ?

CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux Dupont Y., 2014, L’Université en miettes. CC Pixabay OpenClipart-Vectors CC Wikimedia Commons Wightmeth. Mondes Sociaux. Politique et Internet : une citoyenneté renouvelée ? Friches industrielles et fêtes techno clandestines. CC Pixabay Designatic Le Havre, ville de tradition ouvrière et maritime, est désormais touchée par la désindustrialisation… Les usines laissent progressivement la place à des friches industrielles. Certains de ces lieux abandonnés par les activités productives sont réinvestis par d’autres activités qui, au premier abord, n’ont rien à voir avec elles.

Et notamment par des fêtes techno clandestines. Les bruits mécaniques, les distorsions électriques et la basse répétitive de la Noise et de la Techno entrent alors en résonnance avec l’histoire industrielle du Havre… Le film Cadences donne à voir et à comprendre les liens entre l’émergence du mouvement des free parties ou « Teufs » ces fêtes pirates venues d’Angleterre au début des années 1990, et le phénomène de la désindustrialisation.

CC Pixabay OpenClipartVectors Tilman A., 2015, « L’expérience temporaire des free parties. Fiche technique Type de média Film-recherche Laboratoire de recherche RéalisatriceAlexandra Tilman Équipe technique. L'amour en ligne – Avides de Recherche #23. When Paris was the Whorehouse of Europe. Vers le Sud by Laurent Cantet, Lady Bar by Xavier Durringer, Paradise: amour by Ulrich Seidl… These films, among others made over the last two decades, have featured the sex tourism of Europeans on different continents. In fact, sex tourism is almost exclusively viewed as a practice of travellers from Western or industrialised countries toward emerging countries – the Caribbean and South-East Asia in particular. But at the end of the 19th century, it was not Pattaya, Marrakech or Béjaïa, but rather Paris that attracted tourists eager for carnal pleasures.

The extension of the French and European rail network, the improvement and development of the Parisian hotel industry, and the Universal Expositions made Haussmannian Paris one of the main tourist destinations of the time. Gonzalez-Quijano L., 2015, Paris, capitale de l’amour. Filles et lieux de plaisir à Paris au XIXe siècle, Paris : Vendémiaire. La Vie Parisienne: the Erotic and Joyful Imaginary of the Capital CC PxHere. Bernard Miège, un chercheur critique en information – communication. Initiateur et animateur d’une approche critique communicationnelle depuis les années 1970, Bernard Miège aura, au travers d’une vingtaine d’ouvrages, souvent traduits, marqué de son empreinte le champ des sciences humaines et sociales (SHS).

Co-fondateur avec Yves de la Haye d’un laboratoire, le GRESEC, en 1978, il a contribué activement à une aventure intellectuelle et académique peu commune : la fondation (1975), puis la structuration, d’une discipline : les sciences de l’information et de la communication (SIC), actuelle 71ème section du Conseil national des universités (CNU). Bernard Miège est non seulement le témoin, mais surtout l’analyste rigoureux et attentif des grandes mutations de la fin du XXe siècle et du début du siècle suivant, marquées par l’émergence spectaculaire des outils et des moyens de communication et de leur informatisation. Son parcours académique permet de comprendre un tel positionnement. CC pngtree.com CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux. Qui détient les entreprises françaises ? Il est courant dans le débat public de souligner la menace qui pèse sur les entreprises françaises lorsqu’elles se font racheter par des actionnaires étrangers, et notamment lorsque ces derniers sont les fonds souverains (fonds appartenant aux États) de la Chine ou du Moyen-Orient.

Mais est-on véritablement face à une invasion de capitaux étrangers en France ? Quelques opérations médiatisées participent à la croyance d’un rachat des entreprises françaises par les pays émergents : l’acquisition de 49% du capital de l’aéroport de Toulouse- Blagnac par un consortium chinois en 2015, ou bien l’achat par le Qatar, en plus de l’équipe de football du Paris-Saint-Germain (PSG), de quelques pourcentages dans des grands groupes français (Total, Vivendi, Veolia…). Puisque cet émirat se fait représenter au sein des conseils d’administration des grands groupes dont il acquiert les parts, ces opérations sont généralement rendues très visibles. Les catégories d’actionnaires CC Pixabay 3dman_eu.

Une histoire du Conseil national de la Résistance. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France a été traversée par un vent de réformes sociales comme elle n’en avait jamais connu dans son histoire en si peu de temps (la création de la sécurité sociale par exemple). Ces réformes qui constituent encore aujourd’hui le socle du modèle social français ont une histoire qui plonge ses racines dans la Résistance et dans l’une de ses instances : le Conseil National de la Résistance (CNR). Ce documentaire en retrace l’histoire, une histoire qui remonte aux premières années de l’occupation du pays par les Allemands. Un Manifeste des douze, signé par douze syndicalistes le 15 novembre 1940, affirme leur volonté d’un syndicalisme libre, à l’opposé de celui promu par le Régime de Vichy. Le texte est cosigné par des dirigeants de la CFTC et de la CGT confédérée.

La CGT est en effet divisée depuis 1939, entre une organisation proche de la mouvance socialiste (la CGT confédérée) et une autre, liée au parti communiste (la CGT unitaire). Mondes Sociaux. Faire sa peine. CC Kim Daram Les recherches en Sciences sociales relatives à l’univers carcéral déplacent leur regard vers l’expérience carcérale du détenu, dans l’objectif d’analyser son rapport à l’enfermement. L’incarcération est une épreuve au cours de laquelle le détenu, placé au centre d’un quotidien sous contraintes, est censé œuvrer à l’amélioration de ses conditions de détention. La situation sociale particulière que constitue l’incarcération est appréhendée en tant que ligne biographique dominante ramenant à elle les autres centres d’intérêt de la vie quotidienne.

Si ce déterminisme a fait l’objet de recherches s’appuyant essentiellement sur des entretiens biographiques menés avec les détenus, peu d’études se sont intéressées à la manière dont ce rapport particulier à la peine d’emprisonnement se construit au jour le jour à l’intérieur d’une prison, de surcroit chez une population mineure. Expériences de détention Établissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur. CC Kate Ter Haar. L’histoire à la sauce numérique. CC Mondes Sociaux Un lieu commun s’est désormais imposé depuis quelques années : dans notre « monde de données », les sciences humaines et sociales sont en pleine mutation.

Avec la numérisation de leurs sources primaires, les historien.ne.s n’échappent pas à ces changements, notamment les historien.ne.s du contemporain dont les sources à venir seront « nées » numériques. À cette « mise en données » des sources historiennes s’ajoute leur mise en réseau, c’est-à-dire leur mise à disposition en ligne et la possibilité offerte aux chercheur.se.s de les utiliser dans leurs travaux sans nécessairement se rendre dans un centre d’archives. Mise en données et mise en réseaux nous forceront — voire nous ont déjà poussé — à adopter de nouveaux outils, de nouvelles méthodes, à penser une nouvelle épistémologie. Ce livre collectif réunit des retours d’expériences et des réflexions, positives et négatives, afin de susciter une réflexion sur le métier d’historien.ne à l’ère numérique. CC Pokepedia. Mark Granovetter : les institutions et l’activité économique.

Professeur de sociologie à l’Université américaine de Stanford, Mark Granovetter est une figure majeure de la « nouvelle sociologie économique ». A l’occasion de la publication récente d’un de ses ouvrages, Society and Economy, ce texte présente certains de ses apports les plus importants à l’analyse des activités économiques. La « nouvelle sociologie économique » est un courant de recherche porté depuis les années 1980 par des sociologues qui considèrent qu’il faut étudier les activités économiques en mobilisant les ressources des sciences sociales dans leur ensemble, et notamment l’analyse des réseaux sociaux. Ce projet intellectuel est né en effet au sein du petit groupe d’analystes de réseaux rassemblés à Harvard autour de Harrison White. Ce dernier s’était lancé dans une théorisation des marchés à partir des réseaux de liens entre les entreprises, leurs fournisseurs et sous-traitants.

Granovetter M., 2017, Society and Economy. Les réseaux comme niveau intermédiaire du monde social. Quand la série Black Mirror raconte l’homme « augmenté » par le numérique… Animated GIF. Relire « Vers une civilisation du loisir ? » Allemagne : au secours, la Heimat revient ! Aux sources du numérique, le modèle Turing. La course de taureau entre repli identitaire et culture populaire. Avides de Recherche #9 : Des voitures de métro réservées aux femmes, une réponse au harcèlement ? Quand Baudrillard nous aide à penser le monde contemporain. La franc-maçonnerie, un objet délaissé par les sciences humaines et sociales ? Can Innovation Save the Environment? Ecologie environnement. Le rôle de l’économie dans la protection de l’environnement. Aviation.

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