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Histoire

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Mémoire, Économie, Guerre, Culture, Social

Mai-juin 1968 en France : mémoires plurielles, histoire méconnue ? Comme l’ont rappelé Pierre Nora et d’autres historiens, la mémoire et son processus de « mise en histoire » sont l’objet de luttes incessantes, de désirs de reconnaissance et de combats. Toutefois, certains conflits demeurent difficiles à pacifier, surtout ceux qui ont entraîné dans l’opinion publique des oppositions très tranchées, à l’image de mai-juin 1968. 2018 marque la commémoration du cinquantenaire d’un événement pouvant être considéré comme le plus grand mouvement de masse de l’histoire de France, et plus largement d’une partie du monde.

Nous proposons ici de revenir sur la manière dont s’est construite au plan national, la mémoire de cet événement. Nous souhaitons particulièrement insister sur le rôle joué par les salariés français au cours de cette période. Leur place a été progressivement oubliée au profit des étudiants. CC Flickr Yann Caradec Á l’occasion du XXe anniversaire, les historiens font une entrée discrète dans le débat. CC Mondes Sociaux Quelques références récentes. Histoire et conflits de mémoires en Espagne. S’il est un pays où les politiques mémorielles se sont manifestées et confrontées par vagues successives, c’est bien l’Espagne.

Les majorités politiques en place, le rôle des historiens, et celui de la société civile tiennent dans ces affrontements et ces usages politiques du passé une place majeure. Dans ce film du Centre d’histoire sociale du XXe siècle, les historiennes Charlotte Vorms et Elodie Richard en analysent les contours historiographiques et en font ressortir les enjeux. Le régime franquiste en Espagne a alimenté durant des décennies des politiques mémorielles qui œuvraient à falsifier l’histoire espagnole. Le régime né d’un coup d’État en 1936 contre une jeune seconde République née en 1931, avait besoin d’une légitimation historique. Vorms C., Richard E., 2015, « [Dossier] Histoire et conflits de Mémoire en Espagne », XXe siècle. Cet article est mis en ligne conjointement par Mondes Sociaux et L’Histoire dans le cadre d’un partenariat de co-publication.

Durée : 42’50. Rendez-vous au monument aux morts. La Première Guerre mondiale marque l’entrée du XXe siècle dans la mort de masse. Afin de garantir la permanence du souvenir de tous les soldats « morts pour la patrie », on a érigé dès le début des années 1920 des monuments aux morts dans toutes les communes françaises. Ils sont si nombreux, parfois communs et souvent d’une symbolique d’un autre temps, que l’on finit par ne plus les voir… Et pourtant les monuments aux morts de la Guerre de 1914- 1918 sont forts de sens, aussi bien complexes, paradoxaux, qu’inattendus.

En mettant en parallèle le rituel qui les fait revivre chaque 11 novembre, date anniversaire de l’Armistice de la Grande Guerre, leur étude offre un témoignage et une compréhension des mentalités de l’après-guerre autant qu’un éclairage sur la façon dont notre société a géré, gère et sans doute gérera le souvenir des différents conflits. Le film Magistrats et migrants. Cliquez pour lancer le film Producteur : CNRS Image, 2014 Durée : 47 minutes. Mémoires et actualités de la contraception et de l’avortement en France.

Pendant plus d’un siècle, la législation française a réprimé sévèrement la contraception et l’avortement. Cette interdiction, assortie de sanctions, a entraîné de vastes mobilisations avant et après la légalisation relativement récente de la contraception et de l’avortement par les lois Neuwirth (1967), Veil (1974 et 1979) et enfin Roudy (1982). La contraception et l’avortement sont restés au cœur de l’actualité, en raison de leurs remises en cause régulières, tantôt frontales, tantôt plus feutrées. Revenir sur leur histoire permet de mieux éclairer le présent, comme le souligne l’historienne Bibia Pavard : « Faire l’histoire de la contraception et de l’avortement (…) en France, c’est faire l’histoire de l’un des changements majeurs de la seconde moitié du XXe siècle dans ce pays : celle de l’instauration d’une liberté de procréer ».

Pavard B., 2012, Si je veux, quand je veux : contraception et avortement dans la société française, 1956-1979, Rennes :, PUR. Cuisine et médecine dans l’Antiquité Le mangeur contemporain est confronté chaque jour à plusieurs défis : trouver des aliments qui soient bons au goût, parfois en s’inscrivant dans une mode, mais aussi faire en sorte que ce qui est consommé ne soit pas une menace insidieuse pour le corps. Les innombrables informations qui circulent et les messages parfois alarmistes au sujet de notre alimentation induisent une profonde réflexion sur ce qui est bon ou non de manger. Jamais l’adage de Claude Lévi-Strauss, une nourriture « bonne à penser, bonne à manger » n’aura été aussi vrai.

Pour l’époque romaine, l’alimentation est une thématique omniprésente dans les sources, qu’elles soient littéraires, iconographiques ou encore archéologiques. Le repas apparaît comme un rituel quotidien qui a pour fonction de répondre à un besoin physiologique. CC Wikimedia Commons Yann Forget L’une des grandes difficultés pour l’étude des mondes anciens est la disponibilité des sources. CC Pixabay BookBabe. Transférer une capitale, l’expérience allemande. La décision du président américain Donald Trump, fin 2017, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y installer l’ambassade des États-Unis illustre l’actualité des rapports complexes, chargés d’une symbolique évidente, qu’entretiennent certaines villes avec la politique, voire la géopolitique. Catégorie urbaine incontournable et atypique, la capitale d’État voit pourtant son rôle questionné en contexte de mondialisation, du fait de la redéfinition du rôle de l’État et de l’apparition d’un « archipel métropolitain mondial », qui repose davantage sur les grands réseaux de transport et d’information.

Dans les deux décennies qui suivent la réunification, l’Allemagne se trouve en situation de refonder son rapport à sa capitale, notamment par le choix, en 1991, de transférer ses institutions de Bonn, le centre politique de l’Allemagne de l’Ouest (RFA), à Berlin, ancienne capitale du Reich et de l’Allemagne de l’Est (RDA). Laporte A., 2016, De Bonn à Berlin. CC Mondes Sociaux. Jon Snow est-il le nouveau roi Arthur ? Aujourd’hui, Avides de recherche s’intéresse aux séries télévisées. Alors qu’elles étaient assimilées à des soaps ringards au siècle précédent, elles ont progressivement acquis un nouveau statut au point de devenir un phénomène de société. Les derniers épisodes sont visionnés par des millions de personnes dans le monde entier et sont allègrement discutés le lendemain de leur diffusion. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que les séries télé constituent désormais un vaste champ d’étude pour la recherche.

Et oui, il y a des colloques, des publications et même des revues entières qui y sont consacrés ! C’est le cas du travail de Justine Breton, agrégée de Lettres modernes et docteur en littérature médiévale à l’Université de Picardie Jules Verne. Ses recherches s’intéressent à l’œuvre de George Martin, A song of Ice and Fire – qui a donné la célèbre série Game of Thrones – et plus particulièrement au personnage de Jon Snow. Fiche technique. Et l’égyptologie entra au musée… C’est au XIXe siècle que les magnifiques collections d’objets égyptiens, qui nous fascinent toujours autant, s’installent dans les grands musées européens tels que le Louvre et le British Museum.

Mais au départ, la présentation de ces collections a pour principal objectif des considérations visuelles et esthétiques, autrement dit « faire joli ». Leur organisation sur un mode davantage « pensé », plus « intellectuel », ne se mettra en place que progressivement. Juliette Tanré-Szewczyck, doctorante et conservatrice du patrimoine, a publié dans la revue des Cahiers de l’Ecole du Louvre un article sur la mise en place des collections d’égyptologie au début du XIXe siècle en comparant les deux grands musées européens que sont le Louvre et le British Museum.

La chercheuse compare ensuite les évolutions de ces deux grands musées dans la première moitié du XIXe siècle. Elle essaye de déterminer la possible influence du travail de Champollion sur les collections britanniques. Penser les dieux et les comparer. Les Grecs de l’Antiquité vénéraient des dieux ayant une forme humaine. Dotés d’un visage, d’un nom et d’un tempérament particulier, ils entraient en relation avec les autres dieux ou avec les humains en manifestant des sentiments très semblables aux nôtres : colère, amour, ambition, etc. Tout en reconnaissant que les mythes grecs donnent bien une telle image des dieux, Jean-Pierre Vernant, spécialiste reconnu de la Grèce Antique et de ses mythes, déclarait en 1960 dans un colloque sur les Problèmes de la personne : « Les dieux helléniques sont des Puissances, non des personnes ». À travers cette phrase quelque peu énigmatique, Vernant récusait l’idée, partagée à son époque par presque tous les historiens des religions de l’Antiquité, qu’on pourrait étudier les dieux grecs, et plus généralement les dieux des polythéismes antiques, en les prenant isolément les uns des autres.

Cette façon d’aborder les polythéismes antiques est-elle encore d’actualité ? Les origines du débat sur l’organisation du travail. Dans plusieurs pays européens, et notamment en France, l’organisation du travail fait aujourd’hui l’objet d’un débat qui met aux prises partis et mouvements politiques, syndicats et organisations professionnelles, citoyens et opinion publique, mais aussi chercheurs relevant de plusieurs disciplines. Mais est-ce si « nouveau » que cela ? Pour répondre à cette question, un détour par l’histoire est indispensable. En 1791, au cœur de la Révolution française, les parlementaires français suppriment les corporations de métiers et interdisent les coalitions d’ouvriers. Cette décision empêche un libre débat sur l’organisation du travail, qui reste longtemps du seul ressort des patrons.

Son livre est divisé en deux parties : la première porte sur cinq concepts de base (le travail, l’argent, la propriété, l’impôt, le commerce), et la seconde sur la concordance à établir entre les théories de l’économie politique et les règles de l’administration publique. CC Pixabay Clker-Free-Vector-Images. L’Antiquité est-elle de droite ? Désormais, l’héritage historique est souvent utilisé – pour ne pas dire détourné – pour légitimer les idéologies du présent. L’Antiquité, référence prestigieuse depuis qu’elle a été redécouverte à la Renaissance, fait particulièrement l’objet des réappropriations, quels que soient les bords politiques. Cependant, chacun cherche à mettre en avant des aspects de l’histoire qui lui conviennent, quitte à cacher les autres. Face à ce constat, les historiens tentent de déconstruire ces mécanismes et de rappeler la réalité des faits, dans la limite des connaissances disponibles.

Gwladys Bernard, enseignante-chercheure à l’Université Paris-8, a étudié l’utilisation de l’Antiquité par les courants d’extrême droite, dans le numéro 135 de la revue Cahiers d’histoire, revue d’histoire critique. L’un des chevaux de bataille de l’extrême droite est notamment la quête des origines et la suprématie française. Texte/voix/montage : Manon BrilImage : Jean JimenezMusique : OTAM. Numériser les articles de presse de François Mauriac. La numérisation massive des ressources patrimoniales promue ces vingt dernières années par les pouvoirs publics s’est progressivement matérialisée sur le web par la multiplication de sites et de plateformes cherchant à valoriser ces dernières. Or même quand ils se présentent – ce qui n’est pas toujours le cas – comme des bases de données documentaires dédiées à la quête de ressources inédites, le vocabulaire de ces outils numériques ne cesse de rappeler les musées et, plus particulièrement, leurs pratiques de valorisation culturelle (collections, parcours, expositions virtuelles).

Arrimés au départ à des institutions bien tangibles, des corpus de ressources sont en outre aujourd’hui parfois réunis et valorisés pour leur seule mise en ligne. Des dispositifs de même nature sont également réalisés dans le cadre de programmes de recherche universitaires ayant pour objet la numérisation et à la structuration de corpus documentaires. CC Pixabay UpstartByEAD CC Pixabay OpenClipart-Vectors. Retrouver la Résistance ? Fin 1945, Charles Perret, maire d’Étobon, petit village protestant niché au pied des Vosges, publie un récit de quelques pages des derniers temps de l’Occupation : Les crimes du fascisme nazi.

Étobon, village de terroristes. Il raconte le massacre le 27 septembre 1944 de 39 habitants parmi 67 hommes âgés de 16 à 60 ans rassemblés au centre du village. Parmi ceux-ci figure Charles Nardin, alors maire du village, dont le successeur précise qu’il « avait connu et favorisé l’existence et les actions du groupe local de Résistance. Il n’a dénoncé personne. » Autre lieu, même scénario. Au début des années 1950, Paul Laval, instituteur de Sousceyrac (Lot), parcourt les bourgs du Ségala pour recueillir des renseignements sur l’implantation des maquis. Même vocabulaire dépréciatif (« terroristes »), mêmes méthodes : 48 hommes âgés de moins de 60 ans sont pour la plupart envoyés à Montauban puis déportés en juin 1944 dans les camps nazis. Perret C., 1945, Les crimes du fascisme nazi.

Trois mois ? La presse féminine est-elle le tombeau de l’émancipation féminine ? – Mondes Sociaux. Nombre de journalistes et de scientifiques partagent une même posture : la presse féminine ne serait qu’un amas de normes aliénantes pour les femmes. Pire, leur production ne vanterait que le soin des apparences, la gestion du foyer et de la famille, les soins des enfants, une sexualité libre et épanouie, un travail émancipateur, un mode de vie plus écologique etc. Autant de recommandations indiquant aux femmes comment faire, comment être, selon des modèles figés et des injonctions commerciales. Il ne s’agit pas de s’opposer à ce constat mais de revenir sur l’histoire de cette presse et de ses contenus pour tenter de comprendre les enjeux complexes de la première presse de France. Pour étudier l’histoire de la presse féminine française et des normes de féminité qui y sont diffusées, le magazine Marie-Claire représente une bonne source.

Cet article est mis en ligne conjointement par Mondes Sociaux et L’Histoire dans le cadre d’un partenariat de co-publication. CC Gallica Marie-Claire. Mémoires d’un exode : la Retirada – Mondes Sociaux. Véronique Moulinié et Sylvie Sagnes, ethnologues au CNRS, mènent des recherches sur les notions de mémoire et d’identité. C’est à ce titre qu’elles se sont intéressées à un moment très particulier de la guerre d’Espagne. Début 1939, cette guerre civile entraîne le départ de milliers de réfugiés républicains qui franchissent la frontière des Pyrénées vers la France, c’est la Retirada.

Dans le film Mémoires de la Retirada réalisé par Marie Mora Chevais, les chercheures proposent une analyse ethnologique de la mémoire de cet exode et en étudient les variations et leurs articulations. Faisant suite à un travail d’enquête réalisé dans le cadre du projet Des exilés politiques aux vaincus magnifiques : mémoire des républicains espagnols (février 1939), le film tente de restituer la manière dont se construit la mémoire des républicains espagnols exilés en France. Le film Mémoires de la Retirada est diffusé par Mondes Sociaux dans le cadre d’une coopération avec CNRS Images.

Support XDCam EX. Les tribulations d’un artiste italien dans le Midi de la France – Mondes Sociaux. Les arrangements de l’amour – Mondes Sociaux. Digital History – Mondes Sociaux. Restoring the Historical Sound of Paris – Mondes Sociaux. L’histoire à la sauce numérique – Mondes Sociaux. 1914-1918 : l’arrière si près du front… Le mariage (paléo-babylonien) dans tous ses états – Mondes Sociaux. Restituer le passé sonore de Paris – Mondes Sociaux.

Lutter contre le cancer – Mondes Sociaux. Les racines historiques du système français d’enseignement supérieur et de recherche – Mondes Sociaux. Les trois « chances » économiques de Toulouse – Mondes Sociaux. La Guerre d’Espagne : de l’Histoire à la mémoire – Mondes Sociaux. Le frisson et le baume – Mondes Sociaux. Quand Paris était le bordel de l’Europe – Mondes Sociaux. Aux sources du numérique, le modèle Turing – Mondes Sociaux. Retour sur l’histoire des Grands fermiers – Mondes Sociaux.