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Genre

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Égalité, Émancipation, Femmes, Féminin, Féminisme, Homme, LGBT, Masculin, Sexe, Sexisme, Émancipation

Questions de genre. L’amour comme pratique. Le plaisir et l’inquiétude, voilà bien résumée l’ambivalence des sentiments qui saisissent, dans les rayons d’une librairie, l’éventuel lecteur d’un essai sur l’amour. Il sait, dans son for intérieur, qu’une telle évocation est propice à (re)susciter le désir, l’excitation, tout le cortège du transport amoureux.

Mais il craint aussi de voir décortiquée, déflorée, mise à nu sa propre expérience avec les conséquences réflexives, parfois funestes, que cela peut engendrer. S’il passe la barrière de l’appréhension, il tirera cependant un profit certain à la lecture de Pratique de l’amour. Le plaisir et l’inquiétude de Michel Bozon, chercheur à l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED). Dans cet essai, l’auteur choisit d’étudier l’amour précisément comme une histoire, en trois étapes, formant autant de chapitres : naissance, stabilisation et désamour.

L’amour n’est pas un sentiment individuel qui naît soudainement lorsque l’on rencontre la bonne personne. CC Flickr Nana B Agyei. Pères au foyer. Cela reste encore rare, mais de nos jours, ce n’est plus forcément maman qui ne travaille pas pour s’occuper des enfants. Parfois c’est papa. Pourtant, si le statut de mère au foyer est plus que banalisé et installé dans nos représentations sociales, celui de père au foyer est beaucoup plus original. Les hommes dans cette situation ont d’ailleurs du mal à définir cette identité et à trouver leur place au regard de la société dont les codes genrés restent très marqués. Cette question intéresse les chercheurs. C’est le cas de Myriam Chatot, doctorante en sociologie à Paris (EHESS, IRIS, CMH) qui a mené une enquête qualitative sur un groupe de vingt-cinq pères au foyer.

Elle essaye de comprendre comment les couples de parents qui ont choisi cette configuration familiale, aménagent le rôle de mère au foyer pour le rendre compatible avec les stéréotypes genrés de la masculinité. Texte/Voix/Montage : Manon BrilImage : Lisa, Colas, BartMusique : OTAM. La presse féminine est-elle le tombeau de l’émancipation féminine ? – Mondes Sociaux. Nombre de journalistes et de scientifiques partagent une même posture : la presse féminine ne serait qu’un amas de normes aliénantes pour les femmes. Pire, leur production ne vanterait que le soin des apparences, la gestion du foyer et de la famille, les soins des enfants, une sexualité libre et épanouie, un travail émancipateur, un mode de vie plus écologique etc. Autant de recommandations indiquant aux femmes comment faire, comment être, selon des modèles figés et des injonctions commerciales.

Il ne s’agit pas de s’opposer à ce constat mais de revenir sur l’histoire de cette presse et de ses contenus pour tenter de comprendre les enjeux complexes de la première presse de France. Pour étudier l’histoire de la presse féminine française et des normes de féminité qui y sont diffusées, le magazine Marie-Claire représente une bonne source. Cet article est mis en ligne conjointement par Mondes Sociaux et L’Histoire dans le cadre d’un partenariat de co-publication. CC Gallica Marie-Claire. Changer de sexe sur sa carte d’identité ? – Mondes Sociaux. En France, « le mariage pour tous » a soulevé beaucoup de questions de société et a suscité l’indignation d’une partie de la population attachée à des valeurs traditionnelles.

Mais il est un autre sujet qui fait toujours frissonner les conservateurs, c’est le changement de sexe dans l’état civil : passer de « bonjour Monsieur » à « bonjour Madame », de « bonjour Madame » à « bonjour Monsieur »… ou aucun des deux ! La juriste Taklith Boudjelti s’est penchée sur cette question dans son article « Le soi et le droit. Du changement d’état civil à la renaissance légale », publié dans la revue Terrain en octobre 2016. Bienvenue dans Avides de recherche ! L’état civil est un outil policier dont la fonction première est de conserver l’ordre public. Il référence les nom et prénoms, lieu et date de naissance, sexe et situation matrimoniale dans le but de pouvoir identifier les individus. Texte/Voix/Montage : Manon BrilImage : Nicolas Thomas (Pilote)Musique : OTAM CC Wikimedia Commons Ryoga-2003. Présidentielle 2017 : la belle et la bête, trouble dans le genre – Mondes Sociaux. Le premier tour de la présidentielle a placé en vis-à-vis deux finalistes hors normes à bien des égards : Emmanuel Macron, qui récuse le clivage droite-gauche, nouvelle version du « ni-ni » … qui peut aussi se lire comme l’illustration du « en même temps », tic de langage du candidat, peut-être plus largement révélateur de son positionnement ; et Marine Le Pen, candidate du Front national et fille de son père.

Un homme et une femme, donc, une configuration suffisamment rare à ce niveau de compétition pour être soulignée. Si l’on peut souhaiter, conformément à une forme d’idéal républicain, que toute élection et en particulier celle du chef ou de la cheffe de l’Etat, s’effectue sur la base des seuls programmes, force est de constater la prégnance de la dimension personnelle, l’importance de qui incarne les options politiques en présence. Dans une élection, l’individu et l’incarnation qu’il propose passent au rang d’argument au même titre que le programme.

CC Flickr DonkeyHotey. Commémorer les victimes homosexuelles du nazisme – Mondes Sociaux. CC Wikimedia Commons Masterdeis En France, les commémorations relatives aux victimes des deux guerres mondiales sont nombreuses : soldats tombés au front, résistants, déportés, Juifs… Mais celles consacrées aux victimes homosexuelles du nazisme sont plus rares. Pourtant, en Allemagne ou aux Pays-Bas notamment, les militants des associations gays et lesbiennes ont fait du droit de commémorer et d’être reconnu comme martyr un combat structurant de leur mouvement et de leur communauté et ont peu à peu réussi à obtenir gain de cause. Régis Schlagdenhauffen, sociologue et Maître de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), a publié dans la revue Socio, un article retraçant l’histoire de cette revendication et visant à montrer comment la sphère privée interfère dans le politique jusqu’à être progressivement reconnue par lui.

Texte, voix : Manon Bril Image : Barthélémy DespaxMusique : OTAM Crédits image à la Une : CC Pixabay Geralt. Les jeux vidéo au prisme du genre – Mondes Sociaux. CC OpenClipartVectors Qu’ils soient « serious » ou totalement tournés vers le divertissement, qu’ils s’adressent aux enfants, aux adolescents ou aux adultes, les jeux vidéo « nous parlent » quand nous jouons et font parler leurs créateurs, les éditeurs, les vendeurs, les joueurs… mais aussi les chercheurs en Sciences humaines et sociales. Cette montée en puissance des recherches n’exclut pourtant pas l’existence de zones d’ombre ou encore en partie en jachère.

Ainsi, alors qu’il est largement admis que leur conception est souvent stéréotypée selon les attentes masculines des joueurs, les travaux en termes de genre sont encore rares, du moins en France. Depuis plusieurs années, Fanny Lignon – chercheure en Cinéma et audiovisuel à l’Université Lyon 1 – s’intéresse à cette problématique du genre et des stéréotypes de sexes dans les jeux vidéo. Lignon F., 2014, « Des jeux vidéo et des adolescents. CC Flickr Frits Ahlefeldt-Laurvig CC Deviant Art, Rusrick CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux. Faire du gras en « mode solidaire » – Mondes Sociaux. En 1985, la crise des canards gras aux conservateurs bat son plein et entraîne la baisse des prix de vente. Dans le même temps, un groupe de sept néo-ruraux décide de ne pas se laisser abattre et crée la CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) de Montesquieu Volvestre.

En 2015, trois couples d’agriculteurs (deux néo et un autochtone) racontent l’histoire de cette CUMA. Au travers de ce récit, leur histoire se dessine en filigrane : paroles, lieux, séquences de travail sur leur exploitation s’enchaînent, affirmant des formes de solidarité nouvelles. Celles-ci donnent à voir l’installation d’une agriculture de résistance et les moyens mis en œuvre face à la crise, à la concentration des terres, à l’industrie agroalimentaire et la grande distribution… Leur choix de vie met en évidence de nouveaux rapports : Ces nouveaux rapports sont interrogés selon différents types de spatialité. Type de média film recherche Laboratoire de recherche UMR Dynamiques Rurales Auteurs Réalisateur. Le sexisme bien tempéré du Canard Enchaîné.

Le Vilain Petit Canard en vidéo, StéphyProd, 2010 « Allez les gars, ne vous laissez pas abattre ! » titrait la Une du Canard Enchaîné le lendemain de la tuerie de Charlie Hebdo. On me pardonnera sans doute – et sinon tant pis – de détourner ce titre de son sens initial. L’injonction à tenir bon que je relaie est à prendre au sens des manifestes de La Barbe, groupe d’action féministe qui fait irruption dans les assemblées à majorité masculine : sous couvert d’encouragement, il s’agit donc de dénoncer dans le fonctionnement et l’organisation de l’hebdomadaire satirique ce qui apparaît aujourd’hui comme un sexisme difficilement supportable.

Coulomb-Gully M., 2013, « “Ces Messieurs du Canard”. En 2015, le Canard Enchaîné fête ses 100 ans, une longévité qui fait rêver à une période où la presse écrite française connaît d’importantes difficultés. L’hebdomadaire occupe une place à part dans le paysage médiatique français. CC Patrick Mignard pour Mondes Sociaux Le Corniaud, Gérard Oury, 1965. Le début des études féministes à l’Université de Toulouse – le Mirail – Mondes Sociaux. L’histoire de l’émergence, de la structuration et de l’institutionnalisation des études féministes en France reste à faire. La documentation et les archives ne manquent pas, sans compter la collecte de témoignages oraux qui devrait être menée sans tarder, à l’heure où les anciennes partent à la retraite, voire pour les plus âgées, nous quittent définitivement. Très modestement, ce court article entend rappeler les débuts des études féministes à l’Université de Toulouse- le Mirail. Ces dernières naissent dès les années 1970 de la rencontre de trois phénomènes politiques et sociaux concomitants : la féminisation de l’Université, sa réforme après le mouvement de 1968 et la naissance du Mouvement de libération des femmes (MLF).

Dans sa typologie des groupes qui ont initié les études féministes, Rose-Marie Lagrave différentie deux pôles. Slogan années 1970 Conférence d’Agnès Fine (15 janvier 2011) par IEC-MNHN Portrait de Jacqueline Martin, bâtisseuse des… par Universite_de_Toulouse. Le frisson et le baume – Mondes Sociaux. CC AV Dezign Cette thèse croise histoire des femmes et histoire du genre pour revisiter le phénomène de médicalisation de la société d’Ancien Régime. En adoptant un point de vue largement occulté, celui des femmes, malades ou bien-portantes, elle pose un nouveau regard sur l’histoire de la médecine et du corps au siècle des Lumières. À partir d’un corpus constitué pour l’essentiel d’écrits du for privé (correspondances, journaux intimes, mémoires, livres de raison…) et de consultations épistolaires (lettres envoyées par les malades à un soignant), cette recherche retrace les apprentissages du corps au féminin, les représentations corporelles des non-soignants, les enjeux de pouvoir de la relation thérapeutique ainsi que les pratiques de santé féminines.

Le recours aux écrits féminins et le parti pris de privilégier des discours « de » femmes et non « sur » les femmes limitent l’analyse aux membres de la haute bourgeoise et de la noblesse. Hanafi, N., 2012, Le frisson et le baume. Genre et médias – Mondes Sociaux. CC Caylin Aborder le « genre » oblige à préciser de quel genre il est question. Ce terme, commun à une pluralité de champs, renvoie à des réalités distinctes : le genre humain, les genres cinématographiques ou littéraires, le genre grammatical, ce dernier étant une catégorie – avec celle du nombre- du système linguistique français se décomposant en féminin et masculin, sur laquelle repose la construction grammaticale.

Or le genre dont il est question ici est celui qui a été traduit de l’anglais « gender » qui lui-même s’est créé à partir du « genre » français en se nourrissant de ce qui avait été énoncé en France en termes de « rapports sociaux de sexe ». L’étude des rapports sociaux de sexe s’est construite à partir de points de vue historiques, sociologiques et anthropologiques. Le mot « genre » utilisé pour signifier la construction et la déconstruction identitaire sexuée s’installe progressivement dans le vocabulaire scientifique et traverse les disciplines. CC Mike Licht CC Wikipedia. Addiction dans les jeux vidéo – Mondes Sociaux. À la lumière de ces études, il apparaît que des mécanismes de dénonciation sont mis en place de manière récurrente, à l’image des nombreuses critiques adressées au cinéma à ses débuts, alors même que celui-ci est aujourd’hui considéré comme un art à part entière.

C’est ce que démontrent les travaux d’Alexis Blanchet sur les polémiques autour des films de gangster et la sortie de certains jeux vidéo. Dans le même article (Blanchet, 2008), l’auteur établit qu’il existe ainsi « un parallélisme dans les discours concernant les prétendus dangers relatifs au rapport à la fiction ». C’est précisément ce rapport à la fiction qui apparaît comme problématique, puisque la fiction est toujours suspectée d’avoir des effets sur la vie réelle. Logo du jeu Doom Déconstruire l’éternel débat autour de la violence et l’addiction Le duo thématique « violence et addiction » est se trouve ainsi perpétuellement au cœur des discours sur les technologies ludiques.

CC Kamil Dziedzina CC Joyfool.