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Manon Bril, Médiation, Youtube, Youtubeur, Vidéo

Et l’égyptologie entra au musée… C’est au XIXe siècle que les magnifiques collections d’objets égyptiens, qui nous fascinent toujours autant, s’installent dans les grands musées européens tels que le Louvre et le British Museum. Mais au départ, la présentation de ces collections a pour principal objectif des considérations visuelles et esthétiques, autrement dit « faire joli ». Leur organisation sur un mode davantage « pensé », plus « intellectuel », ne se mettra en place que progressivement. Juliette Tanré-Szewczyck, doctorante et conservatrice du patrimoine, a publié dans la revue des Cahiers de l’Ecole du Louvre un article sur la mise en place des collections d’égyptologie au début du XIXe siècle en comparant les deux grands musées européens que sont le Louvre et le British Museum. La chercheuse compare ensuite les évolutions de ces deux grands musées dans la première moitié du XIXe siècle.

Elle essaye de déterminer la possible influence du travail de Champollion sur les collections britanniques. Archéologie de la Seconde Guerre mondiale et mémoire. Lorsque l’on évoque l’archéologie, on pense d’abord aux ruines antiques, aux grottes préhistoriques ou encore aux squelettes de dinosaures. Et pourtant, les archéologues travaillent aussi sur des vestiges datant de moins d’un siècle ? Ainsi, par exemple, surtout depuis les années 2010, les vestiges des deux guerres mondiales sont entrés dans leurs préoccupations scientifiques. La multiplication de fouilles de ce type a montré que la méthode scientifique archéologique était tout à fait pertinente pour étudier une histoire que l’on jugeait, jusques là, trop récente pour s’accommoder d’une approche archéologique. On vous propose ici de découvrir une fouille pionnière en la matière : celle menée sur un avion de guerre écrasé en Meurthe-et-Moselle, près de la ville de Nancy.

Lorsque des travaux sont menés dans la région de Fléville-devant-Nancy, en juin 1997, des débris métalliques sont mis à jour. Legendre J. Texte, voix et prise de vue : Manon Bril Crédits image à la Une : CC Pixabay. L’amour en ligne. Athéna, déesse grecque au service de la France. C’est bien connu, les dieux et déesses antiques ont souvent été « récupérés » à des fins politiques. Athéna, fille de Zeus et de Métis, déesse grecque de la sagesse, de la stratégie militaire, et de la raison n’a pas échappé à cette destinée. C’est ce que montre Manon Champier, docteure en histoire contemporaine de l’Université Toulouse – Jean Jaurès.

Elle a soutenu en juillet 2018 sa thèse sur l’utilisation de la déesse antique Athéna dans l’imagerie officielle du XIXe siècle en France. L’imagerie officielle c’est tout simplement toutes les images produites par ou pour l’Etat : monnaies, timbres, sceaux, façades de monuments publics, bustes de mairie etc. L’Antiquité est en effet un passé prestigieux et « utile » à l’époque contemporaine, car elle charrie avec elle un ensemble de valeurs et de modèles desquels tout le monde peut et/ou veut se réclamer : la démocratie, l’empire ou la république, les beaux-arts ou la philosophie. Champier M., 2018, L’invention d’Athéna. Chiens policiers : gueules armées de la République ? Vous connaissez forcément cette image, vue dans la rue ou dans le journal télévisé : un policier effectue un contrôle d’identité. Il est assisté d’un autre fonctionnaire, tenant en laisse un chien muselé : c’est un cynopolicier, un policier « maître-chien ».

Mais vous êtes-vous déjà demandé comment étaient formés ces curieux tandems ? Dans son article « Les chiens de patrouille de la police nationale : les gueules armées de la République », publié dans la revue Sociologie du travail, le sociologue Sébastien Mouret s’est penché sur les conditions de dressage et de travail de ces animaux. Il a mené une étude de terrain et s’est appliqué à démontrer combien les entraînements des animaux visaient à décupler leur agressivité, mais aussi à les intégrer comme des éléments à part entière du corps policier, considérés par les humains au même titre que leurs collègues.

Les animaux sont d’abord sélectionnés en fonction de leur race ou de ce que l’on estime être leur courage. Les oreillers sextoys du Japon. Le Japon est un pays qui nous fascine, mélangeant à la fois la technologie de pointe et des traditions rituelles bien ancrées. Mais connaissez-vous leurs oreillers sextoys, ces objets qui ont une dimension bien plus profonde que la simple atteinte du plaisir ? Car à côté des objets explicitement sexuels, il existe bien des jouets déguisés en oreillers (mais aussi en matelas gonflables ou en édredons) qui offrent des services voisins à ceux qui les utilisent. La chercheure Agnès Giard, anthropologue à l’Université Paris-Nanterre, s’est penchée sur le statut particulier de ces objets dans un article joliment intitulé « Étreindre les êtres du rêve », publié dans la revue Terrain.

Son étude s’inscrit dans un courant socio-anthropologique visant à étudier le comportement des humains en interaction avec des objets. Au Japon, l’oreiller est considéré comme un protecteur de l’âme du dormeur, un passeur qui facilite le voyage dans le monde onirique du rêve. Jon Snow est-il le nouveau roi Arthur ? Aujourd’hui, Avides de recherche s’intéresse aux séries télévisées. Alors qu’elles étaient assimilées à des soaps ringards au siècle précédent, elles ont progressivement acquis un nouveau statut au point de devenir un phénomène de société. Les derniers épisodes sont visionnés par des millions de personnes dans le monde entier et sont allègrement discutés le lendemain de leur diffusion. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que les séries télé constituent désormais un vaste champ d’étude pour la recherche. Et oui, il y a des colloques, des publications et même des revues entières qui y sont consacrés !

Ses recherches s’intéressent à l’œuvre de George Martin, A song of Ice and Fire – qui a donné la célèbre série Game of Thrones – et plus particulièrement au personnage de Jon Snow. Fiche technique Texte/voix/montage : Manon BrilImage : Sébastien PoublancMusique : OTAM Crédits image à la Une : CC Flickr Roland Molnár et crédits image d’entrée : CC Pixabay OpenClipart-Vectors. Et l’égyptologie entra au musée… Rousseau a-t-il inventé le tweet ? Ces propos doivent vous paraître totalement anachroniques et absolument pas pertinents.

Pourtant, l’anachronisme est un outil de réflexion parfois utilisé par les chercheurs pour mettre en lumière certains aspects de leurs objets d’étude. C’est en tout cas ce qu’a fait Maria Leone, doctorante en littérature française à l’Université Paris IV et enseignante en classe préparatoire à Lyon, dans un article audacieusement intitulé « Rousseau : Jean-Jacques inventeur du tweet ? ». Au fil de son article, elle propose un parallèle entre les expériences vécues par plusieurs auteurs du XVIIIe siècle lors de leurs échanges privés, de leurs productions écrites et de leur relation avec leurs publics et celles que nous vivons aujourd’hui dans nos modes de communication sur Internet ou par SMS. Texte : Manon BrilImage : Sébastien PoublancMusique : OTAM Crédits image à la Une : CC Sketchport Zakeena et crédits image d’entrée : CC Mondes Sociaux.

L’Antiquité est-elle de droite ? Désormais, l’héritage historique est souvent utilisé – pour ne pas dire détourné – pour légitimer les idéologies du présent. L’Antiquité, référence prestigieuse depuis qu’elle a été redécouverte à la Renaissance, fait particulièrement l’objet des réappropriations, quels que soient les bords politiques. Cependant, chacun cherche à mettre en avant des aspects de l’histoire qui lui conviennent, quitte à cacher les autres. Face à ce constat, les historiens tentent de déconstruire ces mécanismes et de rappeler la réalité des faits, dans la limite des connaissances disponibles.

Gwladys Bernard, enseignante-chercheure à l’Université Paris-8, a étudié l’utilisation de l’Antiquité par les courants d’extrême droite, dans le numéro 135 de la revue Cahiers d’histoire, revue d’histoire critique. L’un des chevaux de bataille de l’extrême droite est notamment la quête des origines et la suprématie française. Texte/voix/montage : Manon BrilImage : Jean JimenezMusique : OTAM. Pères au foyer. Cela reste encore rare, mais de nos jours, ce n’est plus forcément maman qui ne travaille pas pour s’occuper des enfants. Parfois c’est papa. Pourtant, si le statut de mère au foyer est plus que banalisé et installé dans nos représentations sociales, celui de père au foyer est beaucoup plus original.

Les hommes dans cette situation ont d’ailleurs du mal à définir cette identité et à trouver leur place au regard de la société dont les codes genrés restent très marqués. Cette question intéresse les chercheurs. C’est le cas de Myriam Chatot, doctorante en sociologie à Paris (EHESS, IRIS, CMH) qui a mené une enquête qualitative sur un groupe de vingt-cinq pères au foyer. Elle essaye de comprendre comment les couples de parents qui ont choisi cette configuration familiale, aménagent le rôle de mère au foyer pour le rendre compatible avec les stéréotypes genrés de la masculinité. Texte/Voix/Montage : Manon BrilImage : Lisa, Colas, BartMusique : OTAM.

L’humour du Gorafi à la moulinette des chercheurs – Mondes Sociaux. Saviez-vous que l’humour est étudié par les sciences humaines et sociales ? Et bien oui, ce qui fait rire et les raisons pour lesquelles on rit, les mécanismes du rire, cela est aussi un l’objet d’étude pour les chercheurs. Bien sûr, un des lieux de prédilection de l’humour contemporain, c’est Internet et quoi de mieux comme « cobaye » que le Gorafi pour travailler sur l’humour ?

C’est précisément ce qu’a fait Laurence Leveneur, Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’IUT de Rodez, Université de Toulouse 1 – Capitole. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, le Gorafi, anagramme de Le Figaro, grand quotidien français, est un site qui « se veut impartial et irréprochable » et qui entend « traiter l’information selon des sources contradictoires »… avant de préciser que « tous les articles relatés ici sont faux (jusqu’à preuve du contraire) et rédigés dans un but humoristique. Texte/Voix/Montage : Manon BrilMusique : OTAM. Jouir comme des bêtes ? – Mondes Sociaux. Beaucoup d’entre nous ont des animaux de compagnie et estiment entretenir avec eux une relation privilégiée. Mais certains ont avec leurs animaux des relations très spéciales : des relations sexuelles.

L’anthropologue Dan Kulick, chercheur à l’Université d’Uppsala, s’est intéressé à la question du plaisir des animaux, au regard que l’homme lui porte et au plaisir de l’homme avec l’animal. Ce sujet, délicat et plutôt choquant, se révèle pourtant novateur et extrêmement porteur pour la recherche contemporaine, et cela dans de nombreuses disciplines. En analysant les pratiques zoophiles de diverses natures, le chercheur pousse la réflexion vers des questions éthiques et philosophiques.

De nombreuses lois sont mises en place dans le monde contre la zoophilie, avec pour appui le fait qu’un animal ne peut donner son consentement pour des pratiques sexuelles avec un humain. Kulick D., 2017, « Jouir comme des bêtes », Terrain, n°67, 2017, 110-127. Changer de sexe sur sa carte d’identité ? – Mondes Sociaux. En France, « le mariage pour tous » a soulevé beaucoup de questions de société et a suscité l’indignation d’une partie de la population attachée à des valeurs traditionnelles.

Mais il est un autre sujet qui fait toujours frissonner les conservateurs, c’est le changement de sexe dans l’état civil : passer de « bonjour Monsieur » à « bonjour Madame », de « bonjour Madame » à « bonjour Monsieur »… ou aucun des deux ! La juriste Taklith Boudjelti s’est penchée sur cette question dans son article « Le soi et le droit. Du changement d’état civil à la renaissance légale », publié dans la revue Terrain en octobre 2016.

Bienvenue dans Avides de recherche ! L’état civil est un outil policier dont la fonction première est de conserver l’ordre public. La difficulté avec le droit est qu’il évolue très rapidement et les conditions de changement de sexe dans l’état civil ont déjà été modifiées depuis la parution de l’article en octobre dernier. CC Wikimedia Commons Ryoga-2003. Le Président de la République au risque des caricatures – Mondes Sociaux. Les élections présidentielles et leurs candidats sont depuis plusieurs décennies fortement médiatisés. Et bien évidemment – démocratie oblige – la satire est aussi au rendez-vous. En fait, ce phénomène ne date ni d’aujourd’hui, ni même d’hier. Dès la toute première élection présidentielle en 1848, la presse satirique et la caricature s’emparent de ces sujets, composant des doubles caricaturaux des divers candidats parfois redoutés par ces derniers.

Les historiens Guillaume Doizy et Pascal Dupuy se sont penchés sur le sujet de la caricature présidentielle en analysant les caricatures de Nicolas Sarkozy et de François Hollande avec l’éclairage de l’histoire de cette pratique depuis 1848. Leur article « De 1848 à nos jours : le Président de la République face à son double caricatural » décortique les mécanismes de construction de la caricature d’un homme politique. Différents parcours sont possibles dans la fixation de son image, en fonction des profils des candidats. Les scandales entre cris et silences médiatiques – Mondes Sociaux. CC Pixabay Geralt Les scandales politiques, économiques et financiers sont monnaie courante dans les sociétés contemporaines et ils sont du pain bénit pour les médias, en particulier dans les périodes de campagne électorale.

Pourtant, on remarque régulièrement que les sanctions prises en bout de course, quand elles existent, sont sans aucune commune mesure avec la flambée émotionnelle et/ou idéologique initiale. En outre, le traitement médiatique évolue au fil du temps : on passe insensiblement d’un « scandale » à une simple « affaire », puis à un banal « problème ». Le sociologue et juriste Pierre Lascoumes, chercheur au Centre d’Etudes Européenne, a publié en 2016 un article intitulé « Des cris au silence médiatique : les limites de la scandalisation ». Ce texte propose de réfléchir aux différentes catégories de dénonciation publique et à la façon dont elles sont utilisées dans la presse française. Texte/voix/montage : Manon BrilImage : Jean JimenezMusique : OTAM CC Pixabay. Des voitures de métro réservées aux femmes, une réponse au harcèlement ? – Mondes Sociaux. CC Osez le féminisme Le harcèlement sexuel est une forme de violence envers les femmes désormais de plus en plus dénoncée mais qui ne date ni d’aujourd’hui, ni d’hier.

En effet, dès les débuts du métro fin XIXe siècle, début XXe siècle, le problème s’est posé. Pour y répondre, certaines villes ou compagnies ont mis en place des voitures exclusivement réservées aux femmes, toute la journée ou aux heures de pointe. Et ce dans de nombreux pays et à différentes périodes. Ce dispositif est-il vraiment efficace et surtout, est-ce bien pour répondre à ce problème qu’il a été réellement mis en place ? C’est ce qu’a étudié Marion Tillous, maîtresse de conférences en géographie et études de genre à l’Université Paris 8.

Elle présente deux cas historiques de voitures de métro réservées aux femmes : New York et Tokyo. Elle présente ensuite deux exemples contemporains, Le Caire et São Paulo, afin de se demander si les problématiques liées aux classes sociales sont toujours présentes. Se déconnecter de Facebook… – Mondes Sociaux. Commémorer les victimes homosexuelles du nazisme – Mondes Sociaux. Des jeux vidéo dans nos musées – Mondes Sociaux. Un jour nous vivrons dans des villes intelligentes – Mondes Sociaux. Terrorisme et guerre au Proche-Orient : la destruction d’un patrimoine mondial – Mondes Sociaux. Il était une fois la liburne automotrice… – Mondes Sociaux. Le mariage (paléo-babylonien) dans tous ses états – Mondes Sociaux.