Roms
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Des événements survenus récemment ont amené « les » Roms sur le devant de la scène médiatique. « Les » entre guillemets tant le cliché des nomades, accessoirement voleurs pour certains d’entre eux est réducteur : dans le monde, seuls 4 à 5 % des Roms sont nomades... L’actualité nous offre l’occasion de tracer, à gros traits, l’évolution de la présence rom en France depuis le XVe siècle. Suite aux incident survenus à Saint-Aignan au mois de juillet, où des actes de vandalisme ont eu lieu après la mort d’un Rom qui avait forcé un barrage de gendarmerie, le président de la République Nicolas Sarkozy a annoncé, quelques jours plus tard, la tenue d’une réunion concernant le comportement de certains d’entre eux.
Consacrer un article aux Roms nécessite au préalable une mise en garde contre deux écueils. Il serait tentant, d’une part, et encore plus dans le numéro d’une revue anarchiste consacré au fédéralisme, de présenter la ou les sociétés romanis comme des modèles de fonctionnement non étatique au sein desquels les individus jouiraient d’une totale liberté. C’est là une vision romantique aussi erronée que celle présentant les Roms comme des « voleurs de poules ».
Le fait d’avoir une organisation sociale originale signifie-t-il que les Roms échappent aux règles des sociétés environnantes et au contrôle de l’État ? Sûrement pas : pas plus que les banlieues pauvres, et contrairement à ce qu’une partie de la presse tente de nous faire croire, les quartiers ou les campements romanis ne sont pas des « zones de non- droit » dans lesquels la police n’oserait pas intervenir. On peut distinguer dans l’Histoire comme dans l’actualité trois types d’attitude des États et de leurs agents envers les populations romanis : la criminalisation, l’exclusion ou l’assimilation.
Partie précédente En 1895, un recensement, entrepris par le ministère de l’Intérieur, dénombra sur le territoire français [ 1 ] « quatre cent mille vagabonds et vingt-cinq mille nomades en bande voyageant en roulotte » . Les parlementaires décidèrent de soumettre cette population « potentiellement dangereuse » à un contrôle policier serré.
Le Gouvernement a donc décidé, pour des motifs d’opportunité politique assez évidents sur lesquels je ne m’étendrai pas, ayant assez de choses à dire par ailleurs, de mettre en œuvre une politique d’expulsion, au sens premier du terme : « pousser dehors », les Roms étrangers vivant en France. Ils sont fous, ces Roms, hein ? Avant d’aller plus loin, qu’est-ce qu’un Rom ?