«J’étais sur le quai le jour du lancement du France» - Construction navale (civile ou militaire) ENTRETIEN Jacques Guyader était à la fois redresseur de tôle, et charpentier monteur sur le France. Il se rappelle des conditions rudes de travail sur le chantier, et du jour du départ du navire à la mer. Comment êtes-vous arrivé sur le chantier naval ? Il y avait une grande fonderie à Saint-Nazaire. J’ai commencé en 1949 comme apprenti mouleur. En 1952, j’ai eu mon CAP, et je suis rentré au chantier naval de Penhouet. J’ai été embauché comme charpentier-monteur. En 1956, j’ai dû partir à l’armée pour faire mon service militaire, directement en Algérie. Combien de temps avez-vous travaillé à la construction du France ? J’ai passé trois ans et demi sur ce navire. Pour le montage de la tôle, je devais mettre en place toute la structure en acier du bateau.
Parfois, nous devions souder des blocs de 650-700 tonnes : des châteaux entiers par exemple. Et en quoi consistait votre métier de redresseur de tôle ? C'est simple : avec la soudure, il y a des contractions sur le métal. A l’époque, oui. «Je réalisais le traçage du France grandeur nature» - Construction navale (civile ou militaire) ENTRETIEN Maurice Audic était charpentier-traceur sur le chantier du France. Un métier qu'il faisait avec cœur, et qu'il a appris très jeune, auprès d'un matelot. Il nous raconte ses méthodes de travail, lui qui a réalisé le prototype du France... sur bois. Comment êtes-vous arrivé sur le chantier du France ?
Quand je suis rentré au chantier de la Loire à Saint-Nazaire, j’avais 14 ans et demi. J’ai commencé comme courantin, je portais les plis ! Alors me voilà mousse : pour que j’apprenne le métier sur le tas, on m’avait mis avec un matelot. Comme c’est un métier très technique, il fallait compléter cela par les cours du soir. Les cours commençaient à 20 heures le soir pour finir à 22 heures. Arrivé à 18 ans, on a été jugés par les matelots. « On va vous donner un coffre », nous ont-il dit, on revenait fier !
Je n’étais qu’un maillon dans la chaîne de la construction du navire. On réalisait un gabarit : un assemblage de petites planchettes, à l’aide desquelles la tôle était représentée. «Travailler sur le France, c'était un coup de chance» - Construction navale (civile ou militaire) ENTRETIEN Marc Rouaud était dessinateur-traceur dans les ateliers qui ont conçu le France. Il raconte ses souvenirs, son métier et son admiration pour le projet. Comment avez-vous pu travailler sur le projet du France ? J'ai travaillé à la réalisation du France en 1956. Je sortais de l'école d'apprentissage des chantiers de Penhoët.
J'ai été affecté dans la salle à tracer qui préparait la construction du France. J'avais 17 ans. Le France, on savait que ça allait être le fleuron de la construction navale. Quel était votre rôle ? Je réalisais des traçages des futurs tronçons à l'échelle 1/10e. Je travaillais avec un traceur confirmé sur l'étrave. D'ailleurs ça a posé problème ensuite. Vous en gardez un souvenir particulièrement fort ? J'ai manqué le lancement du France. Le France, bijou de technologie - Construction navale (civile ou militaire) Le musée de la Marine met le paquebot France à l'honneur grâce à une exposition. L'Usine Nouvelle revient sur un symbole fort de l'industrie hexagonale, toujours présent dans les esprits 50 ans après son premier voyage. En 1961, le paquebot France était au top de la technologie. Lors de la conception du navire, le modèle à dépasser était le paquebot Normandie, mis en service en 1935.
Egalement construit par les chantiers de l'Alantique, le Normandie était avant la seconde guerre mondiale le plus grand paquebot du monde. Le principal objectif des ingénieurs travaillant sur le France : augmenter la vitesse de croisière du paquebot. Atteindre 31 noeuds pour traverser l'Atlantique en cinq jours. Pendant la définition du projet, ce critère était vu comme indispensable pour rentabiliser le navire. Cet objectif sera atteint, grâce à plusieurs évolutions. Parmi les nombreuses innovations moins fondamentales, la plus caractéristique reste la conception des cheminées.
La construction du France en images - Construction navale (civile ou militaire) Le France, construction d'un mythe - Dossiers spéciaux. Le 11 novembre 1961, le France quitte son chantier de construction, à Saint-Nazaire, pour rejoindre son port d’attache, le Havre. 50 ans plus tard, le musée de la Marine lui consacre une exposition. L'occasion pour l'Usine Nouvelle de revenir sur ce symbole de l'industrie française. Du 9 février au 29 octobre 2011, les nostalgiques du paquebot France vont pouvoir revivre la grande épopée du transatlantique français. Le musée de la Marine, à Paris, a réuni documents, pièces de mobilier, et maquettes... pour une exposition organisée sur 1000m².
Le cadre parfait pour s'imaginer, le temps de la visite, passager à bord du mythique paquebot. Sur le site de l’Usine Nouvelle, nous vous proposons de replonger dans l'épopée de la construction du France.