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Témoignages sur la gestion post-Charlie

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L’école, Charlie et les autres : entrer dans la boîte noire des classes. Dossier présenté par Laurence De Cock et Vincent Casanova Avec les contributions majoritairement des collègues du collectif Aggiornamento, mais aussi de APSES et de Questions de classes.

L’école, Charlie et les autres : entrer dans la boîte noire des classes

Suzanne Citron, Maryse Broustail, Laetitia Léon-Benbassat, Servane Marzin, Laurence De Cock, Vincent Casanova, Vincent Mespoulet, Laurent Fillion, Bernard Girard, Marie Gloris Bardieu Vaïente, Elisabeth Hervouet, Grégory Chambat, Laurent Gayme, Farida Gillot, Vanessa Mercier, Eric Fournier, Gabriel Kleszewski, Philippe Olivera, Simon Grivet, Samuel Kuhn, Olivier Le Trocquer, Isabelle Bourdier-Porhel, Christophe Naudin, Geneviève Royer, Mathieu Ferradou, Sophie Gaujal, Olivier Barberousse, Jean-Charles Buttier, Axel Berra-Vescio, Carine Gabayet, Défendin Détard, Stéphanie Maffre, Louisa Martin-Chauvin « Après que » : Le présent s’en ressent et s’emballe doublement : frénésie médiatique et fièvre herméneutique vont de pair.

Ils ont été classés par ordre de leur apparition sur la liste. Suzanne Citron. Les profs doivent trouver eux-mêmes comment gérer l'après-Charlie. Les témoignages illustrent des inégalités de situation importantes et aucune action future n’est coordonnée.

Les profs doivent trouver eux-mêmes comment gérer l'après-Charlie

(Photo Wikimedia Commons) Dans les lycées, les professeurs ont été les premiers interlocuteurs avec les adolescents de France suite aux attaques contre Charlie Hebdo. Non préparés à gérer ce type d’événements, ils ont été pour la plupart livrés à eux-mêmes. D’éventuelles actions futures ne sont pas davantage organisées. Certains ont pu sortir quelque chose de positif de cette séquence. Jeudi 8 janvier était une journée de classe particulière. Pas de consigne en arrivant au lycée Pas plus préparée que les enseignants à ce type de situation, la hiérarchie dans les lycées s’est faite discrète ce matin-là. Certains se sont sentis incapables d’aborder le sujet. 32 élèves perturbateurs en Alsace, officiellement Il a aussi été demandé aux professeurs de signaler les perturbations.

Une défiance non quantifiable. Comment parler de Charlie Hebdo aux élèves ? Rencontre avec un prof de banlieue. A. a tenu à garder l'anonymat, pas tant pour lui, mais pour ses élèves.

Comment parler de Charlie Hebdo aux élèves ? Rencontre avec un prof de banlieue.

Il est professeur d'histoire, de géographie et d'éducation civique dans un collège de Seine-et-Marne. Caricatures, liberté d'expression, laïcité : il nous raconte comment il a parlé du drame avec ses élèves. Après les évènements de Charlie Hebdo, j'imagine que le sujet s'est imposé de lui-même en classe ? Ils ne parlaient déjà que de ça dans les couloirs. Je suis leur prof d'histoire-géo donc c'était évident pour eux qu'ils allaient parler de ça avec moi. Quelles ont été leurs premiers questionnements ?

Les premières questions qu'ils m'ont posées c'est « comment c'est possible que la police ne les ait pas arrêtés ? Mais ces images les ont choqués ? Justement, la veille de ce jour sanglant je parlais avec des élèves qui me disaient qu'ils avaient vu des images de décapitation tournées par l'État islamique, et qu'ils avaient vu ça sur Facebook. Et comment ils ont interprété l'évènement de Charlie Hebdo ? Parler de Charlie Hebdo à l’école : « Ils sont intelligents, mes élèves » Mon dialogue avec les élèves à propos de Charlie Hebdo. De nombreux articles sont publiés en ce moment à propos de la façon d’aborder à l’école l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo.

Mon dialogue avec les élèves à propos de Charlie Hebdo

On peut lire des témoignages de profs, mais également des questionnements sur le rôle de l’enseignement. Comme certains de mes tweets, simples bribes de ce que j’ai pu entendre, ont été relayés à droite à gauche, il me semble donc important de faire le point, pour avoir une vue plus globale. J’arrive donc au collège le jeudi matin, la boule au ventre, encore choqué des événements de la veille. J’ai reçu et lu un e-mail de la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem où elle nous demande de « répondre favorablement aux besoins ou demandes d’expression qui pourraient avoir lieu dans les classes ». Je sais également qu’une minute de silence sera organisée dans la France entière. Je me souviens des attentats de 2012, lors de ma première année d’enseignement. Pas de minute de silence pour « éviter les troubles. » L’objectif : éviter les « troubles. »