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La France accueille de très nombreux travailleurs immigrés à partir du milieu des années 1950 jusqu'en 1974 : en vingt ans, la population étrangère est multipliée par deux, de 1 765 000 personnes en 1954 à 3 442 000 en 1975. Dans les années 1950, la France entre en effet dans une phase d'expansion économique, mais sa population active s'avérant insuffisante, l'Etat encourage une immigration massive afin de fournir la main-d'oe?uvre manquante. L'Office national d'immigration, créé par l'ordonnance du 2 novembre 1945, s'attache alors à diversifier les pays de recrutement, en particulier européens. Si les Italiens restent nombreux (ils sont environ 629 000 en 1962), ce sont surtout les flux de populations venues de la péninsule Ibérique qui progressent le plus fortement : les Espagnols qui n'étaient que 289 000 en 1954 sont 607 000 en 1968.
Riche de 350 photographies et documents d’archive, ponctué d’extraits sonores, ce film retrace en quarante minutes deux siècles d'histoire de l’immigration en France. Cette seconde version du film sur « L’histoire de l’immigration en France » est en ligne depuis juillet 2006.
Alors qu’en 1970, la population « blanche non-hispanique » (BNH) [ 1 ] représentait 83,4 % de la population des Etats-Unis, désormais, plus d’un tiers de la population (36,3%) provient de minorités visibles issues d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique, un taux qui devrait atteindre 50 % d’ici 2050. Selon les prévisions du bureau statistique américain (Census Bureau), deux cents millions d’Américains proviendront alors de zone autres que l’Europe. Au milieu du siècle, les Hispaniques-Américains devraient représenter 25% de la population ; les Africains-Américains 16 %, et les habitants venus d’Asie et du Pacifique 10 % [ 2 ].
1 L’appel à communications de la revue Amnis pour le présent numéro attire justement l’attention sur (...) 1 Le documentaire cinématographique de Yamina Benguigui 1 , Mémoires d’immigrés (1998), est sûrement un moment décisif, et même un véritable surgissement, dans l’histoire de l’immigration maghrébine en France, ou plus précisément dans la prise de conscience des insuffisances de cette histoire (au sens de l’histoire comme forme du savoir, et pas seulement comme ensemble d’événements).