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Exofiction

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Exofictions #1 : La Septième Fonction du langage. C’est le cas de Laurent Binet, qui imagine dans La Septième Fonction du langage une enquête autour de la mort de Roland Barthes.

Exofictions #1 : La Septième Fonction du langage

Celui-ci, fauché par une camionnette au sortir d’un déjeuner avec François Mitterrand, aurait été assassiné. Une idée a priori farfelue qui permet à Binet de se glisser dans le petit monde des intellectuels du Saint-Germain-des-Prés du début des années 80. Exofictions #2 : Notre désir est sans remède. Pour son septième roman, Mathieu Larnaudie s’est intéressé à Frances Farmer, actrice de l’âge d’or hollywoodien dont les débuts tonitruants dans les années 30 furent suivis d’une douloureuse et fulgurante descente aux enfers, marquée par des accès de violence et plusieurs années d’enfermement en hôpital psychiatrique, où elle subit les traitements expérimentaux les plus rudes.

Exofictions #2 : Notre désir est sans remède

La chute de Frances Farmer a inspiré bien d’autres artistes avant Mathieu Larnaudie: entre autres hommages, un film controversé lui fut consacré en 1982, avec Jessica Lange dans le rôle de la jeune actrice, et le groupe Nirvana lui dédia une chanson sur l’album In utero. Le terrain sur lequel évolue Notre désir est sans remède est donc loin d’être neutre, Frances Farmer étant déjà devenue, bien avant l’intervention du romancier, un symbole de la brutalité des traitements psychiatriques de l’époque et du pouvoir destructeur de la célébrité. Après l'auto, l'exofiction. Une rentrée (enfin) concentrée. Eléments pour une littérature exofictionnelle. À traits grossiers et pour le formuler succinctement, une tendance minoritaire se dessine dans le paysage littéraire français ces dernières années.

Eléments pour une littérature exofictionnelle

Tranchant l’opposition - parfois artificielle - entre un néo-naturalisme de mauvais aloi et ce qui viendrait le contester par la production de livres plus ambitieux sur le plan des innovations formelles, une brèche s’est ouverte, réhabilitant l’imaginaire, hélas frappé de suspicion dans l’esprit français. « La dernière parcelle de Terre n’appartenant à aucun État-nation fut absorbée en 1899.

Notre siècle est le premier sans terrae incognita, sans une frontière. La nationalité est le principe suprême qui gouverne le monde - pas un récif des mers du Sud ne peut être laissé ouvert, pas une vallée lointaine, pas même la Lune et les planètes » écrivait Hakim Bey, dans TAZ (Zone d’Autonomie Temporaire) il y a maintenant un quart de siècle. Comme Jules Verne, Philippe Vasset ne peut se faire à l’idée d’un monde fini.

L’Exofictif. On était romancier, on se retrouve « expert ».

L’Exofictif

Que les livres que l’on publie soient des romans semble avoir de moins en mois d’importance : seuls comptent les sujets abordés et le degré d’information qu’ils contiennent. On est le premier surpris, on ne s’attendait pas trop à ça. On essaie de comprendre ce qui s’est passé. Les Boréades de Montréal. Les éloges de la critique pour Beatles Baroque The performance is delightful … Baroque music afficionados who are closet Beatles fans now have a “white album” of their own. — American Recorder (ÉU) Des musiciens se souviennent… Bien qu’il n’avait alors que sept ans, Eric Milnes a un vif souvenir du single de Strawberry Fields/Penny Lane, alors qu’un copain traversa la rue en brandissant le 45 tours Capitol.

Les Boréades de Montréal

Il se souvient aussi de sa gardienne qui dansait au rythme des premiers succès des Beatles en 1964 et du bruit qui courait dans l’autobus scolaire en 1969 sur la mort de Paul. L’Histoire par l’exofiction. Parmi les nouveautés de la rentrée sont publiées de vastes fresques historiques qui placent les hommes dans le grand tumulte de l’Histoire en se retournant avec nostalgie sur le passé de la vieille Europe.

L’Histoire par l’exofiction

Mais aborder l’Histoire par l’exofiction est également une des caractéristiques de la rentrée littéraire 2014. Créant une fiction à partir d’éléments réels, les écrivains prennent des personnages célèbres pour en faire des personnages de roman, les mettent en scène, nous font pénétrer dans leur intimité… on y croise par exemple Thomas Mann ou Sigmund Freud face à la montée du nazisme. Dans La décision, de Britta Böhler, nous sommes en 1936. Sous la pression de son entourage, Thomas Mann, en exil en Suisse, consent à critiquer publiquement le régime nazi, à travers une lettre ouverte qu’il destine au Neue Zürcher Zeitung. Mais la publication est retardée de trois jours, durant lesquels le doute s’empare de lui. La sélection de nouveautés d’octobre ici. J'aime : J'aime chargement… L'automne romanesque. Fiction, autofiction et exofiction. Après l'auto, l'exofiction.

Exofiction, késako ? Retour en arrière, il y a trois mois : “le 9 juin, un même soupir de soulagement a parcouru les maisons d’édition françaises, raconte Raphaëlle Leyris dans Le Monde.

Exofiction, késako ?

Il a été poussé lorsque Isabelle Laffont, présidente de JC Lattès, a annoncé que Grey, quatrième tome de la série Cinquante nuances, d’E.L. James, ne serait finalement pas publié le 10 septembre, comme indiqué initialement, mais le 28 juillet, pour « ne pas se mêler aux titres de la rentrée littéraire » – et éviter de torpiller leurs ventes.