Méfiance envers tous les mouvements islamistes. J'ai lu avec étonnement, en rentrant de la manifestation, ce billet de l'Hérétique concernant le terrorisme islamiste en France. Les Français n'ont semble-t-il pas mordu à l'hameçon de la menace terroriste. Notre éminent confrère affirme que le terrorisme islamiste est faible en France. Il a peut-être raison, mais on ne peut le savoir que le jour où l'attentat se produit. J'ai davantage été attiré par ce passage : La mouvance radicale ne parviendra pas à recruter, d'autant que l'Islam conservateur et réactionnaire a une voix officielle et légaliste avec l'UOIF. Je trouve très inquiétant le jeu de l'UOIF, et je voudrais dire qu'à mon avis, l'Hérétique sous-estime un adversaire.
Certes, cette organisation, totalement légale, n'est pas une association terroriste. Lorsqu'on est face aux jeunes filles qui portent des voiles, on découvre avec intérêt que l'argument pour la légalisation du voile à l'école s'appuie sur des idées profondément républicaines, comme l'égalité entre les citoyens. La phraséologie de l'irresponsabilité. Bon, samedi, y avait manif, pour dénoncer la xénophobie, à l'appel de la LDH. J'ai donc été faire un petit tour dans le cortège parisien pour voir un peu de quoi il pouvait bien retourner. Sincèrement, cher lecteur, je m'attendais à un gros flop. Ce ne fut pas le cas. Certes, il n'y a pas eu un cortège monstrueux, et le gouvernement et la réacosphère plastronnent devant l'inaction des Français, mais le cortège parisien était tout de même relativement important, puisqu'il s'étirait en rang serré entre République et Bastille, ce qui est loin d'être ridicule.
N'empêche que le gouvernement est parvenu à faire passer son thème sécuritaire, affichant une nouvelle fois son irresponsabilité. Ces discours, tout le monde les tient à un moment ou un autre, moi compris. Lorsqu'on passe son temps à chercher des coupables, on évite de traiter le problème de fond. Liberté contre sécurité : évaluons le coût et les avantages. Rubin, un camarade blogueur libéral et par ailleurs très agréable convive, a une énorme qualité : faire des billets très courts qui, s'ils suscitent parfois le rejet ou l'agacement, ont souvent le mérite de faire réfléchir.
Ce n'est pas le cas de celui-ci, traitant du rapport souvent conflictuel entre sécurité et liberté, avec bien évidemment les grandes questions sur la place de l'État qui se trouvent derrière. Personnellement, contrairement à Rubin semble-t-il, je suis toujours très agacé par tous les contrôles effectués dans les aéroports, mais je les subis sans râler si tout le monde y passe. Je suis d'autant plus énervé lorsque je suis le seul à fasciner le douanier qui m'ausculte, alors que je suis quelqu'un respecte les lois et qui ne s'amuse pas à passer des produits en fraude ou à embarquer des explosifs à bord d'un avion.
Un des commentateurs de Rubin le rappelle : la sécurité est un sentiment. Comment, alors, estimer qu'une restriction de liberté est acceptable ? La scientologie fait de la pub sur interne. Dans un petit rectangle, une porte s'ouvre sur un soleil levant (un peu trop lumineux pour être couchant). Puis, s'écrivent en gros sur l'écran Love ?
Puis Hate ? , pour finir sur la réponse à ces questions profondes : « Scientology ». L'image donne accès au site de la secte. Il est vrai qu'aux Etats-Unis, cette organisation a pignon sur rue, du fait de la tradition très libérale de ce pays au niveau religieux. De plus, elle a bénéficié du soutien de stars comme Tom Cruise. Or, en France, cette secte s'est retrouvée poursuivie devant les tribunaux pour escroquerie (verdict en octobre 2009). Même s'il s'agit d'une simple pub diffusé sur Internet, je me demande s'il ne faudrait pas inonder Technorati de mails pour qu'elle soit retirée. Être de gauche, c’est être anti- ? Tiens, c'est marrant : en rentrant des résultats du bac, j'ai découvert la nouvelle démarche politique du camarade Authueil.
Voici que cet éminent blogueur de la droite respectable s'est brusquement transformé en socialiste réformiste qui cherche à refonder la gauche. On ne peut que s'étonner de cette problématique chez un soutien sans faille de l'UMP. Notre président de la République aurait-il tellement dégoûté les membres de sa majorité ? Dans le raisonnement du camarade, on retrouve l'habituelle antienne, appliquée ici à l'extrême-gauche, sur le fait que la gauche française passe son temps à s'opposer bêtement à la droite au pouvoir. Dans ce même billet, Authueil tente de trouver quelques axes pouvant permettre de définir un programme de gauche renouvelé. Etre de Gauche aujourd'hui, c'est quoi ? Bizarrement, l'auteur définit tous les fondements de sa gauche renouvelée en commençant par le mot « refus ».
Rien d'étonnant cependant. Etant de gauche, je vais aider Samuel. Camarades iraniens, je vous admire. Les conférences sur le racisme de l’ONU ne. Pour la deuxième fois, l'ONU s'est lancé dans un véritable fiasco : la conférence sur le racisme. Évidemment, comme la première fois, le président iranien a pu se laisser aller à ses habituels délires antisémites. La plupart des pays occidentaux ont boudé la conférence, et elle a abouti à un communiqué certes intéressant mais finalement très consensuel, et ce malgré les cris de victoire d'Human Rights Watch.
De nombreux journaux, télévisions et blogueurs ont dénoncé le scandale de cette conférence, je n'y reviendrai donc pas. Par contre, deux questions me taraudent depuis le début de la semaine : est-ce bien le rôle de l'ONU de s'occuper de la question du racisme ? Si oui, que peut-on en attendre d'une conférence sur la question ? La première question, a priori, amènerait à une réponse négative, mais c'est sans compter le risque que représente un État appliquant des théories racistes. Maintenant, ces grandes messes entre États servent-elles à quelque chose ? Travailleurs, restons fiers de notre trava. Je voudrais revenir sur l’affaire Continental. Comme tu le sais sans doute, cher lecteur, l’entreprise a annoncé la suppression de nombreux emplois et la fermeture de l’usine que possède l’entreprise dans l’Oise. Le secteur souffre gravement de la chute des ventes de l’automobile consécutive à la crise du crédit. L’exemple a frappé, bien plus encore que celui de l’affaire Total.
En effet, les salariés de cette entreprise avaient accepté de remettre en cause leurs droits (35 heures et RTT) pour travailler 40 heures payées pareilles que 35 heures, dans le but de sauver leurs emplois. Les médias se sont gaussés, dans ce contexte de crise, de l’échec de cette stratégie : les salariés perdent leurs emplois comme avant, et sans aucun avantage gagné. Pour moi, les salariés de Continental ont été victimes aussi d’une dégradation permanente menée par l’ensemble des corps médiatiques et élitistes, de la valeur du travail.
Quel était le discours de Continental ? Les relents nauséabonds de la prohibition. Je voudrais revenir un peu, cher lecteur, sur la polémique concernant l’alcool introduite par la loi Bachelot qui est passée aujourd’hui à l’Assemblée nationale et va maintenant se rendre au Sénat. Au départ, l’idée était d’interdire tout moyen gratuit de picoler. Finis, les systèmes où tu paies une entrée et où tu picoles librement ensuite. Finie, la dégustation gratuite du vin dans les caves et chez les vignerons. Bref, voici notre gouvernement devant une nouvelle tentative de régulation des pratiques addictives qui va finalement frapper l’ensemble de la population. Finalement, seule la pratique de l'open bar devrait être remise en cause. Ce matin, les invités de France Inter parlaient justement de ce phénomène.
Michel Reynaud, médecin à l’hôpital Paul Brousse à Paris, a indiqué que 50% de la consommation d’alcool était réalisée par 8% des Français. Dans ce débat, l’Etat ne devrait intervenir que lorsque l’alcoolisme met en danger les autres citoyens. La chaîne qui tue : ma vision du libéralis. « Le marché libre n'existe que parce que l'État protège les droits de propriété et la liberté des acteurs économiques. » Il y a plusieurs jours, LOmiG me demanda de définir ma vision du libéralisme. Je ne l’avais pas encore fait, d’abord parce que la tâche me semblait totalement impossible sans faire une réelle étude et après des années de travail, et ensuite parce que, ne me sentant pas libéral, je me voyais mal définir une idéologie qui n’est pas mienne sans tomber dans l’opposition parfois caricaturale. Pourtant, sur de nombreux aspects, je suis totalement libéral. Comme les libéraux, je suis avec acharnement attaché aux droits individuels (liberté de penser, d’expression, de religion, de résistance à l’oppression…).
De même, comme je l’avais déjà écrit ici, je suis un fervent supporter de la démocratie, que j’estime être le seul régime apte à éviter la violence à une société. Et c’est là que je diffère des libéraux les plus fervents. Bon, évidemment, j’ai été ici très caricatural. On peut toujours en apprendre à l'étranger. Cher lecteur, nous vivons, politiquement, une époque moderne. Certes, la France a déjà la chance d'avoir le président le plus en pointe de la modernité.
Heureusement, je te rassure, d'autres pays ont des dirigeants qui ne sont pas loin de valoir le nôtre. Le Canada est par exemple un pays d'une grande modernité. Depuis 2006, après une très longue période de gouvernement du Parti Libéral, le Parti Conservateur du Canada est revenu au pouvoir. Héritier de l'ancien parti conservateur, le PCC a été porté par Stephen Harper, à peine âgé de 49 ans aujourd'hui.
Malheureusement pour lui, lors de sa première élection en 2006, Harper n'a pu obtenir une majorité parlementaire et a été obligé de composer avec les autres partis. Depuis, les conflits sont permanents, et se sont aggravés récemment. Et là, chose incroyable, la chef d'Etat l'a fait. Première réponse à une chaîne interne : la. Il y a quelques jours, le terrible Manuel nous a lancé dans une chaîne interne. Le bougre était ambitieux : en un billet, il fallait tenter de résumer l'ensemble de notre vision du monde et du système économique que nous désirons pour notre planète, ou peut-être au moins pour notre nation.
Fabrice a déjà donné sa réponse. Je n'avais pas vraiment eu le temps de m'y pencher ces derniers jours mais j'y ai quand même régulièrement réfléchi. Je suis arrivé, dans mes circonvolutions, à un point tout à fait précis : je n'ai pas de vision économique de la société idéale. Étant plus jeune, je me suis passionné pour les grands écrits des idéologues du XIXe siècle, qui structurent encore notre mode de pensée dans la quasi-totalité des courants politiques. Depuis, mon expérience de la vie et ma pratique, dans diverses structures, de l'action publique, m'ont amené à la conviction forte et ancrée qu'il n'existe pas de société idéale, de modèle que l'on peut imposer à tous sans distinction aucune.