L'accord sur. Je te résume les clauses : les Guadeloupéens les plus pauvres obtiennent la somme de 200 € supplémentaires mensuels sur leurs fiches de paie. Cette somme serait supportée par trois biais différents : 50 € payés par les entreprises, 50 € assumés par les collectivités territoriales de Guadeloupe et 100 € par des actions sur les contributions sociales des citoyens. Quand je repense vraiment à cet accord, je me dis qu’il est révoltant à plus d’un titre, et je m’explique.
Il y a 45 jours que la grève a commencé. Les acteurs sont tous arc-boutés sur des positions différentes : Donc, on a innové et décidé de faire prendre en charge l’augmentation de salaires du privé par l’État, inventant une nouvelle forme de redistribution de la richesse, et préservant en partie les revenus des entreprises. C’est par l’impôt et le déficit de la Sécurité sociale qu’on va payer les salaires des Guadeloupéens. Cette solution est délirante et montre une vision du budget de l’État de république bananière.
Liberté de jo. Cher lecteur, il y a des gens qui argumentent avec cohérence et d’autres qui sont prêts à émettre de coupables omissions pour faire passer leurs idées et leurs valeurs. C’est le cas, ce matin, du journaliste du Figaro Ivan Rioufol. Revenant sur les négociations en cours en Guadeloupe pour obtenir une hausse de salaire de 200 €, Rioufol nous explique que les acteurs sont en train de parvenir à un système tripartite : le patronat mettrait 50 €, les collectivités territoriales 50 € et l’État 100 €. Bizarrement, Rioufol ne semble pas s’offusquer du système proposé : au total, si on regarde bien, 50 € de cette soi-disant hausse vont être fournis par l’impôt (que les Guadeloupéens devront payer par eux-mêmes) et 100 € vont être supportés par les contributions sociales des autres citoyens.
On pourrait entièrement comprendre que la solidarité républicaine s’exerce pour un territoire en difficulté, mais on ne peut que voir que le salaire est en fait augmenté de 50 €. En Guadeloupe. Nicolas Sarkozy s’est donc exprimé sur la Guadeloupe, après plusieurs semaines de lutte et un mort il y a deux jours. Appliquant sa volonté de séparer les problèmes de la métropole et ceux des DOM pour éviter une connexion des mouvements sociaux, le président a annoncé une nouvelle série de mesurettes dont il faut bien admettre qu’on peine à en voir les objectifs. D’abord, je voudrais tout de même attribuer un bon point au président : apparemment, Nicolas Sarkozy devrait se rendre sur place pour ouvrir des états généraux en Guadeloupe, une fois le « calme revenu. » Je pense que ce déplacement est nécessaire, et je l’avais moi-même réclamé.
Sur le reste, Sarkozy poursuit dans la même veine qu’hier concernant le pouvoir d’achat en France. Il est bien évidemment hors de question de pousser une hausse des salaires sur un territoire où les richesses sont très inégalement réparties et où les prix sont très élevés. Mais l’annonce-phare n’est pas là. Joue-t-on le. Je n’ai pas l’habitude, cher lecteur, de réagir à chaud sur un événement politique, quel qu’il soit. Comme tu as pu le voir hier sur le congé parental, j’ai attendu plusieurs jours avant de me positionner sur cette question.
Or, aujourd’hui, l’évolution de la situation en Guadeloupe me pousse à intervenir. Comme tu le sais sans doute, un syndicaliste a été tué aujourd'hui, après une série de coups de feu perpétrée par une bande de jeunes casseurs. Les trois policiers qui ont tenté de secourir la victime ont eux aussi été blessés. Dans un mouvement social, le danger du dérapage est permanent. Le problème d’une grève et de manifestations, et surtout quand elles durent, est la tension forte qui s’insinue chez l’ensemble des acteurs, et qui peut, à tout moment, dégénérer. Apparemment, c’est le cas en ce moment en Guadeloupe. Ce soir, Sarkozy s’exprime. Si le président continue à être aussi léger, je ne donne pas cher de la tranquillité de la Guadeloupe ces prochains jours… Et pendant ce.