Définir une position sur les crimes passés. Régulièrement, sur ce blog mais aussi sur d'autres, nous avons eu des affrontements avec des contradicteurs nous accusant de réduire et de mépriser la France à cause de son passé historique.
Cela est arrivé souvent sur des discussions sur le passé colonial, mais aussi sur l'occidentalisme plus récemment. A droite semble donc dominer l'idée que les personnes de gauche considèrent notre passé comme une tare, comme un poids, et que s'exprime en permanence un besoin de repentance face aux crimes passés de notre pays. On a même vu ressurgir, sur certains blogs, le terme d'« anti-France », que je croyais pourtant relégué dans les oubliettes de l'histoire. Il est d'ailleurs intéressant de constater que la bien-pensance est là de l'autre côté : « mais non, la colonisation n'était pas négative, et la France n'a pas à rougir de son passé. » En fait, je crois que nos contradicteurs font une erreur fondamentale d'interprétation de nos modes de pensée.
La vision de D. Tartakowsky sur la grève d. Pour poursuivre la discussion entamée ici et là avec Manuel et quelques-uns de nos lecteurs fidèles, je te propose, cher lecteur, de lire ici l'interview de Danielle Tartakowsky, historienne et spécialiste de l'histoire des manifestations en France.
Danielle Tartakowsky est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris 8 et chercheur associée au Centre d'Histoire Sociale de Paris-I. Ses principaux ouvrages, pour information :D. Tartakowsky, Le Front populaire : la vie est à nous, Gallimard, Paris, 1996.D. Tartakowsky, Les manifestations de rue en France : 1918-1968, Publications de la Sorbonne, Paris, 1997.D. Tartakowsky, Le pouvoir est dans la rue. Décompter les morts du passé pour faire de. Comme tu le sais très bien, cher lecteur fidèle, mon métier de professeur d’histoire-géographie m’amène à utiliser l’une de ces deux disciplines pour démontrer mes argumentaires ou mes idées.
Régulièrement, je m’affronte à des blogueurs ou à des commentateurs pour corriger ou amender ce que j’estime être des fautes historiques ou géographiques, comme d’autres me remettent parfois en cause sur des questions qu’ils connaissent plus, comme les sciences par exemple. L’une des habitudes des blogueurs, pour stigmatiser un mode de pensée, est de se jeter à la figure le nombre de victimes des personnages historiques qui ont prôné le mode de pensée en question. Lorsque l’historien se retrouve face à un massacre ou à un génocide, la question du nombre de victimes est toujours très délicate à traiter, et ceci pour des raisons très simples. En général, les criminels s’arrangent pour essayer de faire disparaître les traces de leurs crimes. Décompter les morts du passé pour faire de. Je vais aujourd’hui poursuivre, cher lecteur accroché, mon raisonnement sur l’usage du décompte des morts en politique.
Je l’ai entamé dans un billet précédent du fait de mes expériences sur d’autres blogs, mais aussi à cause d’une discussion qui a eu lieu avec un des deux co-auteurs de ce blog-ci. Pourquoi revenir sur cette question en deux billets différents ? Cela est venu d’une série d’échanges entre commentateurs, sur des blogs divers et variés, concernant l’islamisme d’abord, et l’islam ensuite en général. Bien que relativement récent dans l’histoire politique (les Frères musulmans ont été fondés à la fin des années 1920), les islamistes sont aujourd’hui considérés comme le principal danger pour notre société développée et occidentale par de nombreux intellectuels, journalistes, hommes politiques et même, à ma grande surprise, blogueurs.
Les islamistes ne sont devenus nos ennemis que récemment, depuis les années 1970, et encore, pas tous.