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Grève(s)

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Bénéfices d'une grève : difficile à mesurer et besoin de temps. Dans les commentaires de mon billet précédent, Manuel et le Faucon se demandaient pourquoi les grévistes de la SNCF faisaient grève et s'ils y avaient gagné quelque chose. Mesurer le succès d'une grève est finalement quelque chose de très complexe. Il y a tout d'abord le gain immédiat qui peut se concrétiser par l'ouverture de négociation avec l'employeur.

Dans ce cas précis, les bénéfices peuvent se matérialiser rapidement si l'employeur considère qu'il a intérêt à sortir du conflit. Là, le bénéfice est primaire et immédiat, et les grévistes peuvent considérer qu'ils ont eu raison de se bouger et de perdre des jours de paie. Or, il est beaucoup plus complexe de mesurer les bénéfices secondaires d'un conflit, et je ne parle que des bénéfices. Cependant, il faut regarder les suites et les bénéfices secondaires. Et puis, si la réforme des lycée va se mettre en place sans problème, celle de la formation des maîtres est vraiment en train de patiner. Les grévistes toujours coupables et la direction toujours modern. Pour poursuivre sur le sujet du billet précédent, essayons un peu de comprendre un conflit.

Comme tu le sais, cher lecteur, en tant que privilégié qui aime perdre des journées de salaire juste pour le plaisir d'emmerder le monde et de faire parler les libéraux, j'ai une expertise particulière sur la question. Contrairement à ce que certains annoncent, si les médias n'ont jamais réellement répercuté les demandes des grévistes de la SNCF, ils sont parfaitement accessibles sur le site de la CGT Cheminots. Et lorsqu'on dépouille les communiqués, on peut constater des choses très simples. D'abord, comme c'est le cas dans toute profession que l'on ne connaît pas, il est très difficile pour un néophyte de comprendre ce que demande les grévistes et ce que répond la direction.

Personnellement, si je peux t'expliquer sans difficulté un tract d'un syndicat enseignant, je ne peux que difficilement aborder les sigles cheminots. Les médias ont loué la stratégie de la SNCF. Triste société... Le gouvernement joue l’apaisement face aux routiers : signe de f.

Grèves enseignantes.

L’Etat partic. La Guadeloupe 2009. Grèves interprofessionnelles. Pourquoi des. En début de semaine, je me trouvais en stage, pour améliorer ma pratique concernant une des disciplines que j’enseigne. Ce stage se déroulait à Val de Fontenay, qui se situe sur un carrefour entre la ligne A et la ligne E du RER. Le mardi, je suis arrivé en retard (j’avais mal calculé mon temps de parcours) d’une dizaine de minutes, et je me suis dit que j’allais être affiché par la formatrice. Et là, en entrant dans la salle, j’eus la surprise de découvrir que nous n’étions que 4. « Il paraît qu’il y a un problème sur la ligne E à cause de la grève à Saint-Lazare. » Ne passant jamais par là, je pose des questions et découvre que cette gare connaîtrait des perturbations régulières depuis plusieurs semaines. De plus, ce matin-là, ce serait particulièrement catastrophique. Habitué aux critiques des libéraux anti-grèves, je me dis que tout cela doit être assez déformé, et je passe à autre chose. Après tout, on pourrait s’en moquer complètement, mais cela ne peut être le cas.

"Désormais, q. Et voilà, c'est dit, c'est fait. Ce titre est une citation, une vraie, celle de Nicolas Sarkozy devant le conseil national de l'UMP ce samedi. J'avais déjà évoqué cette question lors d'un billet précédent. Cette déclaration tonitruante devant les parlementaires de l'UMP pourrait faire sourire au premier abord. On peut penser que le président ne fait que brosser dans le sens du poil une majorité qui n'attend que ça, et après tout, qu'il n'y aurait rien de très pertinent là-dedans politiquement. Je n'en crois rien. As-tu soutenu cette idée, cher lecteur politisé ? Il y a cependant encore pire dans cette série de déclarations. Enfin, dernière chose affligeante : voilà un président qui se réjouit de l'évolution politique que produit la mise en place des services minimums.

Il restera toujours un mystère profond pour moi : comment les plus pauvres ont-ils pu voter pour cet homme ? Sarkozy et le. Franchement, cher lecteur, cette affirmation est d'une hypocrisie insupportable. Que la droite râle contre ses opposants, c'est normal, nous râlons nous-mêmes contre la droite, cela s'appelle la démocratie. Que la droite trouve que le gouvernement doive proposer des politiques et appliquer les décisions du Parlement, personne ne le conteste, mais on a toujours le droit de contester un gouvernement en place, y compris, si cela touche au travail, par la grève.

Ce qui m'énerve vraiment, c'est que la droite utilisera les mêmes moyens pour lutter contre un gouvernement de gauche. Qui a oublié les grandes manifestations de 1984 contre la loi sur l'école, celles de 1968 pour sauver le général de Gaulle, celles de 1934 qui ont fait tomber le gouvernement Daladier ? La grève est- La manifestation parisienne d'aujourd'hui a été un réel succès. Selon les syndicats enseignants, près de 40 000 personnes ont battu le pavé cet après-midi, entre Luxembourg et le ministère de l'éducation. J'allais tenter de rédiger un billet pour essayer de résumer l'ensemble de revendications que nous avons développé, mais, voilà, j'ai été littéralement crucifié par un billet de Gaël, qui résume complètement ce pourquoi on a encore perdu une journée de salaire.

Conforme à sa pratique habituelle, Xavier Darcos a joué encore la provocation : ainsi les enseignants sont dans une culture de grève. Ils font grève quatre fois par an, par pur plaisir de perdre une journée de salaire quatre fois par an. Finalement, on serait le seul groupe de la population qui serait heureux de perdre une journée de salaire régulièrement pour avoir une journée de repos en plus (preuve que tout le monde ne veut pas travailler plus pour gagner plus). Les raisonnem. Comme tu as pu le découvrir dans l'actualité depuis que Sarkozy est président, cher lecteur, les mouvements sociaux ne cessent de se développer un peu partout. Il y a certes les traditionnels comme les transports et l'Education nationale, mais aussi les pêcheurs, les taxis, les internes, les caissiers de supermarché.

Ce développement général du mouvement social n'a pour le moment pas vraiment de succès, il faut bien le dire, quelles que soient ses demandes. Pourtant, on voit les médias de droite, mais aussi les bloggers, hurler contre ces grévistes qui nous assènent les considérations habituelles: "la France est vraiment à la traîne, notre pays est encore bloqué dans ses corporatismes, le service minimum est une obligation qu'il faut mettre en place rapidement, les enseignants qui laissent les enfants à la rue, les pêcheurs qui bloquent les ports, les transports qui nous empêchent d'aller travailler... " Pourquoi, vas-tu me dire, cher lecteur intrigué?