Trente ans d'avancées scientifiques contre le sida. Endiguer la pandémie de sida n'est plus une utopie. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Paul Benkimoun (Washington, envoyé spécial) Et si c'était le tournant tant attendu ? Dimanche 22 juillet, s'est ouverte la 19e Conférence internationale sur le sida, à Washington. Plus de 22 000 chercheurs, médecins, responsables politiques, militants associatifs y participent. Un mot d'ordre : "Ensemble, renverser la tendance. " L'Onusida a publié, le 18 juillet, un rapport intitulé "Ensemble nous pouvons en finir avec le sida" (en anglais), qui témoigne des étapes franchies, détaille les moyens d'intervention découlant des progrès scientifiques et pointe les transformations dans la société des pays les plus touchés.Les avancées sont encourageantes, mais elles ont des limites : il y a bien une diminution des nouvelles infections chez les adolescents et les adultes, mais ce recul n'est pas assez rapide, estime le rapport, qui rappelle que chaque minute, une jeune femme est infectée par le VIH dans le monde.
Virus du Sida : guérison "fonctionnelle" d'un enfant contaminé à la naissance. Une équipe de chercheurs a présenté, dimanche 3 mars aux Etats-Unis, le premier cas de guérison apparente d'une jeune enfant contaminée à la naissance avec le virus du sida (VIH) transmis par sa mère. Le virus n'a pas été complètement éradiqué mais sa présence est tellement faible que le système immunitaire de l'organisme peut le contrôler sans traitement antirétroviral, ont expliqué les scientifiques et médecins lors de la 20e conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes réunie ce week-end à Atlanta (Géorgie).
De nouveaux tests devront être pratiqués pour voir si ce traitement peut s'appliquer à d'autres enfants à haut risque. La seule guérison complète officielle reconnue au monde est celle de l'Américain Timothy Brown, dit le patient de Berlin. Il a été déclaré guéri après une greffe de moelle osseuse d'un donneur présentant une mutation génétique rare empêchant le virus de pénétrer dans les cellules. Cette greffe visait à traiter une leucémie. Le "patient de Berlin", seul homme à avoir guéri du sida. "Je suis la preuve vivante qu'on peut guérir du sida". Testé positif au VIH en 1995, l'Américain Timothy Brown n'a plus montré de signe d'infection depuis 2007. Il est le seul cas connu au monde de guérison du sida, un phénomène inédit qui ouvre de nouvelles perspectives aux chercheurs.
Présenté dans la littérature médicale comme "le patient de Berlin", en référence à la ville où il a été soigné, ce miraculé a reçu une standing ovation, mardi 24 juillet, après avoir raconté son parcours de souffrance et d'espoir lors de la 19e conférence internationale sur la maladie, qui se tient jusqu'à vendredi à Washington. Avant lui, son "sauveur", Gero Hütter, hématologue à l'hôpital universitaire de la Charité de Berlin, a exposé devant l'assistance comment il a mis en œuvre son traitement.
Deux fois, on a annoncé à Timothy Brown qu'il allait mourir : d'abord en 1995 pour sa séropositivité, puis en 2006 pour une leucémie. Eclairage : "Endiguer la pandémie de sida n’est plus une utopie" Celui par qui le VIH arriva... Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Laure Beaulieu Trouver le responsable, celui par qui tout a commencé. Dans l'histoire du sida, bien plus que dans celle de toutes les autres pandémies, la question du "patient zéro" – première personne à avoir contracté la maladie – a été récurrente. Si chercher le patient originel ne présente que peu d'intérêt scientifique, les sociétés et les médias ont eux fantasmé sur des coupables. Gaëtan Dugas a endossé ce rôle de "patient zéro" aux Etats-Unis dans les années 1980.
En 1987, le journaliste Randy Shilts, dans son ouvrage And the Band Played On, utilise en premier le terme de "témoin zéro" pour qualifier Gaëtan Dugas. Le livre de Randy Shilts, best-seller aux Etats-Unis, fait la "une" des journaux américains. Les propos de Shilts ont ensuite été interprétés par des historiens comme une attaque directe à l'encontre de la communauté homosexuelle. Gaëtan Dugas n'est pas le seul à avoir été stigmatisé.