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Michelle Perrot

Entretien avec Michelle Perrot. Michelle Perrot : le genre libre. Michelle Perrot : Mon histoire des femmes. L'histoire de Michelle Perrot. Margaret Maruani : Comment êtes-vous devenue féministe ?

L'histoire de Michelle Perrot

Quel événement, au singulier ou au pluriel ? Quelles situations ? Quels processus ? Est-ce que ça s’enracine dans votre biographie personnelle, professionnelle ? Est-ce que ce sont vos lectures ? Michelle Perrot : Cela dépend de ce qu’on entend par "féministe"… Mon "féminisme" fut d’abord une rébellion contre la condition faite aux femmes, que je ressentis fortement en terminale, au moment des choix décisifs. MM : Quel était ce modèle paternel ? MP : Mon père était moderne, sportif, amateur de chevaux et de voitures de courses, lecteur de littérature américaine. MM : Vous n’étiez pas en quelque sorte le garçon manquant ? MP : Oui, probablement. Chantal Rogerat : Il a existé des collèges religieux très différents… Plus ou moins ouverts sur le monde. CR : A la fin de vos études secondaires, votre choix de l’histoire, était-ce un choix féministe ?

Entretien avec Michelle Perrot. Fief 2013 - Michelle Perrot. Michelle Perrot : « Dans l'histoire, les femmes n'ont jamais été passives » Cette militante féministe, pionnière des études de genre, a consacré sa vie à faire entendre la voix des sans-voix Si les femmes ont enfin une histoire, c'est un peu grâce à elle.

Michelle Perrot : « Dans l'histoire, les femmes n'ont jamais été passives »

La grande historienne Michelle Perrot a levé le voile sur un continent obscur qui avait été dédaigné pendant des siècles par les historiens mâles. On lui doit ainsi un ouvrage indispensable, « L’Histoire des femmes en Occident », en 1991, avec Georges Duby. Elle ajoute aujourd’hui une autre figure au panthéon des grandes héroïnes féminines. Son nouveau livre, « Mélancolie ouvrière » (éd. . « Elle a dirigé des grèves, chose étonnante pour l’époque » ELLE. ELLE. . « L’idée que les femmes ont été passives et ne se sont réveillées qu’au XXe siècle est fausse ! ELLE. ELLE. . « Dès qu’il y a des tensions dans une société, cela se reporte en premier sur les femmes » Michelle Perrot : “La chambre est le lieu des femmes” Michelle Perrot, Histoire de chambres. 1 « L’ordre de la chambre reproduit l’ordre du monde dont elle est la particule élémentaire », écrit Michelle Perrot en conclusion du bel essai qu’elle vient de consacrer à l’histoire de la chambre comme lieu de vie.

Michelle Perrot, Histoire de chambres

Mais son livre dément ou du moins déborde cette proposition trop générale par la complexité sinueuse et aléatoire des transformations dont il reconstitue le cheminement. Dans l’histoire de l’habitat, la chambre individuelle ou conjugale constitue moins une particule élémentaire qu’une pièce rapportée. Pendant longtemps, les sociétés ont voulu ignorer cette formule d’isolement ; la masse des paysans pauvres ont connu jusqu’au xxe siècle le régime de la pièce unique, à la fois salle commune de jour et lieu de couchage la nuit. L’artisanat urbain mais aussi l’artisanat rural inséré dans l’output system, associaient lieu de travail et lieu d’habitation dans une même pièce plurifonctionnelle. 8Cette association est problématique. Michelle Perrot, Mélancolie ouvrière. 1Dans son dernier ouvrage, Michelle Perrot, professeur émérite, historienne du travail des femmes, nous conduit à renouer avec elle, les fils de la biographie d’une ouvrière de la soie du Dauphiné, Lucie Baud.

Michelle Perrot, Mélancolie ouvrière

Méconnue aujourd’hui, celle-ci fut de 1902 à 1906, engagée dans le syndicalisme ouvrier, dans la région de Vizille et de Voiron, où « l’usine naguère à la fois désirée et mal aimée, est devenue le symbole nostalgique d’un temps où du moins on avait du travail au pays ». Cette ambiguïté résume les relations encore pérennes entre les ouvriers et l’entreprise. 2Cet ouvrage, très riche en références bibliographiques, non seulement retrace l’itinéraire de Lucie Baud, mais propose aux lecteurs, une méthodologie de la recherche historique. 3Après une rencontre avec les deux responsables des éditions Grasset, le projet de livre est décidé. 4Lucie Baud est née en 1870, à Saint Pierre de Mésage, au hameau de la Croix, d’une mère ouvrière de la soie et d’un père charron.

Michelle Perrot: «La chambre, ce tout petit espace qui a tellement d'importance» Michelle PERROT, Les Femmes ou les silences de l'Histoire, Paris, Flammarion, 1998, 493 p. 1Certaines applaudiront le titre, d'autres pas.

Michelle PERROT, Les Femmes ou les silences de l'Histoire, Paris, Flammarion, 1998, 493 p.

Je suis de celles qui applaudissent. Dans le frontispice, la hiérarchie typographique distingue « Les Femmes », majuscules et gras, du diptyque de la ligne suivante « les silences » / « l'Histoire », en caractères plus petits, comme une frisure. Cette décomposition rend encore plus évidente la surdétermination thématique, un « sexe à part entière », sans autre discussion et distinction. Il y a de la passion dans ce titre, non de l'arrogance.

A lire l'introduction de ce recueil, on comprend aussitôt que le mot « femmes » n'a rien de générique. 2L'état naissant de l'histoire des femmes, les liens disciplinaires et les dépendances d'avec la philosophie, l'ethnologie ou l'anthropologie, le contexte socio-politique dans lequel naquit le féminisme ­ « l'objet “femmes” était pluriel et n'appartenait à aucune en propre » ­ tout cela est reconstitué avec soin. 3Le silence des femmes n'est pas un absolu atemporel.


  1. delphinelizot Sep 25 2014
    Merci Marine, super initiative ! Bises !