Fukushima devient le cauchemar des élites japonaises. « Fukushima : emblématique de la faillite des élites ». Le Mainichi Daily News annonce la couleur. L’un des quotidiens les plus vendus du pays (près de 6 millions d’exemplaires chaque jour, excusez du peu…) a décidé de mettre les pieds dans le plat pointant la faillite des dirigeants d’un pays, la désorganisation de l’empire nucléaire et les liens qui unissent les milieux politiques à ceux du nucléaire. L’exploitant Tepco a longuement hésité à divulguer l’information sur les failles de la centrale de Fukushima, préférant diffuser un discours à la guimauve, par crainte de voir les résidents locaux réagir. Pourtant d’après le Wall Street Journal des ingénieurs de haut niveau appartenant à la firme Tepco savaient depuis des années que « cinq des réacteurs de la centrale avait un défaut de conception qui pouvait se révéler potentiellement dangereux. La société n’a jamais corrigé ces défauts, entraînant la catastrophe que l’on connaît au moment du tremblement de terre ».
Du même auteur. Fukushima : le gouvernement nous refait-il le coup de Tchernobyl? Daveeza (Flickr, creative commons) Du même auteur Depuis qu’une nouvelle centrale nucléaire, en bord de mer et de technologie identique à celle de Fukushima, a été stoppée, le Japon tourne au ralenti. La centrale de Hamaoka fournissait de l’électricité pour le centre du Japon. Trop vieille et déjà en cours d’arrêt avant l’accident, l’arrêt du dernier réacteur est un coup dur pour les Japonais. On ne reconnait vraiment plus le Japon : les climatiseurs sont forcés à l’arrêt pour la plupart ou fixé à 28 °C, ainsi les ventres de ventilateurs ont bondi de 70 %.
Si ces mesures fortes ont été prises, c’est que le risque d’une coupure totale et très longue existe en cas de trop forte consommation. Les autres nouvelles ne sont pas non plus rassurantes : Du thé vert en provenance du Japon et radioactif à été stoppé à Roissy : une contamination au césium de 1 038 Bq/kg, supérieure au niveau maximal admissible défini au niveau européen, qui est de 500 Bq/kg pour ce type de produit. Fukushima: les rejets de particules se sont-ils intensifiés? ( Dessin Louison ) Cette semaine un paysan de Fukushima s’est suicidé. Retrouvé pendu à une poutre de sa grange samedi 11 juin 2011, il avait inscrit des mots justifiant son geste : « j’aurais préféré qu’il n’y ait pas de centrale dans ma région […] Gardez le courage face au nucléaire, ne tombez pas comme moi ». Ce paysan était à bout, car il avait dû jeter tout son lait contaminé et devenu dangereux, puis ses 30 vaches qui elles aussi étaient condamnées.
Cas isolé ? Du même auteur La presse nipponne indique que des retraités japonais s’étaient portés volontaire pour aider à Fukushima. Lire plus d'articles sur le blog économique et social. Pendant ce temps là, à Fukushima. (dessin : Louison) Du même auteur La semaine dernière, nous avons appris que le fond de la cuve du réacteur N° 1 était percé. Le combustible aurait fondu et serait prêt si ce n’est déjà fait) à se répandre sur la dalle de béton.Le phénomène se serait produit en fait une vingtaine d’heures après que le refroidissement du réacteur a été coupé par le tsunami.
Les barres auraient totalement ou partiellement fondu et auraient suinté vers le fond de la cuve. Cette dernière n’aurait pas résisté et se serait fissurée. L’injection d’eau de refroidissement dans le réacteur n’aurait pas donné satisfaction dans la mesure ou la cuve était percée. D’où une inondation d’eau fortement radioactive dans les sous-sols du réacteur dont nous avons entendu parler. Comment le Japon aurait-il dû gérer cet accident ? Un « précaire du nucléaire » japonais témoigne. (Flickr - YLegrand - cc) Du même auteur Cet article est la traduction d’un témoignage paru en décembre 2010 sur le site d’informations japonais en ligne JANJAN.
Il a été écrit par Takeshi Kawakami, blogueur qui a travaillé pendant dix ans comme nomade du nucléaire, puis de 2003 à 2008 dans la centrale d’Hamaoka, au sud de Tôkyô. Il réside toujours à Omaezaki, à un kilomètre de cette centrale. J’ai travaillé plus de cinq ans dans la centrale d’Hamaoka, mais avant ça, j’ai aussi travaillé 10 ans dans différentes centrales. Après avoir enfilé cette sorte de combinaison spatiale, je me dirige vers le cœur du réacteur. Japon: la tectonique des plaques politiques. Japon: les « intouchables » de Fukushima. Fukushima, pire que Tchernobyl ? (capture d'écran Dailymotion - BFMTV - cc) Dans un entretien dans le journal Le Monde du mardi 12 avril, Thierry Charles, responsable des questions de sureté à l'IRSN, indique que « depuis dix jours, la situation est à peu près stabilisée » même s'il modère ses propos en ajoutant, plus loin, que « cela peut prendre des semaines, voire des mois ». Pour une stabilisation définitive. Il ajoute ensuite que la zone d'exclusion « a été élargie à 30 km.
Cela correspond à la zone post-accidentelle, où l'on observe des dépôts de radioactivité au sol. Nous pensons que c'est une mesure raisonnable. » Puis enfin : « L'iode 131 est un radioélément à durée de vie assez courte, elle décroit d'un facteur 2 chaque semaine. Dans trois mois, son niveau sera complètement secondaire et les habitants pourront théoriquement revenir. » Interrogé sur la gestion de la crise par Tepco, il juge cette gestion correcte vu l’amplitude de la catastrophe « Il faut se mettre à leur place. Du même auteur. Japon : la désinformation aussi atteint son plus haut niveau. Hier dans la soirée pour nous, les autorités japonaises ont haussé la gravité de la catastrophe de Fukushima au niveau 7, le niveau le plus élevé sur l’échelle du malheur nucléaire civil.
Où sont tous ceux qui, du 14 mars, quand la catastrophe nous fut d’abord connue, à hier, avant l’annonce, ont clamé haut et fort qu’elle n’atteindrait jamais – vous m’entendez bien : « » – le degré de gravité de Tchernobyl en 1986 ? Au premier jour, c’était simple : ils ne disposaient d’aucun élément pour le dire, tandis que depuis plusieurs semaines, tous les éléments d’information disponibles les contredisaient. Ils sont passés insensiblement au fil des jours, de l’intoxication éhontée à la désinformation systématique. Pas véritablement un progrès. Et après ? Les choses ont changé : le dirigeant pris la main dans le sac, nie. Plongée sur Fukushima, zone interdite. Tepco : le Meilleur des Mondes nucléaires. La ville idéale vue par Tepco à l'horizon 2020 Deux pages sur quatre-vingt.
C’est l’espace consacré par Tepco à la sécurité dans son « rapport développement durable 2010 ». Un document où les photos de magnifiques villages japonais côtoient les infographies. Des infographies en veux tu, en voilà : sur les objectifs de réduction des émissions de CO2 de ses centrales ou le développement extérieur de la société à horizon 2020 : « Nous souhaitons atteindre les meilleurs standards internationaux en termes de sécurité et de qualité afin de rentrer dans le « top four » des installations nucléaires selon les critères de la World Association of Nuclear Operators » indique le document. Les objectifs de développement de Tepco Et Tepco ne tarit pas d’éloges sur les mesures de sécurité prises sur ses centrales nucléaires. Les mesures de sécurité sismique sur les centrales nucléaires de Tepco Les programmes d'entrainement en cas de catastrophes Le retour d'expérience de Tepco Du même auteur.
A Fukushima, l'avenir s'assombrit. (capture d'écran Dailymotion - BFMTV - cc) Du même auteur Bon alors, les cantonales. 55% d'abstention. On n'a parlé que du FHaine, mais l'UMPS se partage plus de 2000 sièges, et le FHaine… 2 ! La télé nous inflige des discours passionnants de Copé ou de Moscovici, très didactiques puisqu'ils peuvent expliquer à eux seuls l'abstention, sinon le vote FHaine… Ouah, le P« S » gagne 4 départements, dis donc, qu'est-ce qu'on va être bien !
Et, le plus important, François Hollande va se présenter à la « primaire » socialiste.Bon, je déconne, tout ça on s'en fout. Pourquoi perdre son temps à faire un billet là-dessus ? Poursuivons dans le portnimwak : « A Tokyo, dimanche matin, la dose de radioactivité ambiante était de 0,22 milliSievert par heure, soit six fois la normale pour la ville. Fukushima : le sismologue qui avait annoncé le pire. La centrale de Fukushima (cc flickr daveeza) Genpatsu-Shinsai. L’expression désigne en japonais une catastrophe nucléaire déclenchée par un tremblement de terre.
Dérivée des mots japonais « énergie nucléaire » et « terrible tremblement de terre ». Elle est la création du sismologue japonais Katsuhiko Ishibashi. En 2007, ce professeur de sécurité urbaine à l’université de Kobé fait parler de lui dans les médias japonais en tant que « lanceur d'alerte » pour avoir jugé que la démarche d'évaluation conduite par le gouvernement pour estimer les risques subis par les centrales nucléaires face aux risques de tremblement de terre n'était ni suffisante, ni scientifique.
Surtout il met en évidence que sur les trois incidents survenus dans les centrales d’Onagawa, Shika et Kashiwazaki entre 2005 et 2007 suite à des tremblements de terre, aucune des centrales n’était conçue pour résister à des séismes de cette importance. Un parc nucléaire construit à un moment de faible activité sismique. Jean-Robert Pitte : « Le Japon est profondément optimiste » Japon: la propagande pro-nucléaire ne passe plus. (capture d'écran Dailymotion - BFMTV - cc) Nom de Zeus ! Regardez-moi ça ! Explosion d'une des deux centrales nucléaires japonaises de Fukushima !
Du même auteur Sous nos yeux ébahis, le mythe de la croissance infinie, la solution ultime des scientistes pour fournir de l'énergie ad vitam aeternam, est en train de s'écrouler, au sens propre comme au sens figuré. Ce film est terrifiant ! Il est temps d'ouvrir les yeux, et cette nouvelle catastrophe en fournit une occasion unique : le nucléaire, ça suffit !