Festival d'Avignon

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Avignon 2012

Avignon ou la machine à repasser les plats. A défaut de découvrir des talents nouveaux, ce qui ne semble pas la priorité de ses organisateurs, le festival d’Avignon aime à repasser, sinon les plats, du moins les cuisiniers.

Avignon ou la machine à repasser les plats

Ainsi, Wajdi Mouawad, Romeo Castellucci, Pascal Rambert, Stanislas Nordey et d’autres ont un statut d’invités permanents. Tant mieux pour eux, tous respectables à des degrés divers. On peut en revanche s’étonner que des créateurs reconnus ou prometteurs n’aient jamais pu rentrer dans le cercle fermé du « in », comme si certains avaient la « carte » et d’autres pas.Wajdi Mouawad fait donc partie des heureux privilégiés. Sophocle au festival d’Avignon, version tragédie rock. Le metteur en scène libano-québecois présentait mercredi 20 juillet 2011 « Des femmes », composé des « Trachiniennes », d’ « Antigone » et d’ « Électre ».

Sophocle au festival d’Avignon, version tragédie rock

Il est l’homme des grandes traversées théâtrales, des voyages dans l’espace et le temps des nuits d’Avignon. En 2009, Wajdi Mouawad invitait le public à le suivre douze heures d’affilée pour assister aux représentations, restées à jamais dans les mémoires, de sa trilogie composée de trois de ses pièces Littoral, Incendies et Forêts. En 2011, il est de retour, non plus dans la Cour, mais à la Carrière de Boulbon, avec une nouvelle de trilogie s’étalant « seulement » sur six heures trente : Des Femmes.

Tragédies grecques Les pièces qu’elle réunit, Les Trachiniennes, Antigone et Électre, ne sont plus de sa plume, mais de celle de Sophocle, écrites entre 470 et 400 ans avant Jésus-Christ. Un spectacle furieux et emporté. «L'homme sans qualités I», ad Nauseam. - «L'Homme sans qualités I». © Koen Broos - Fiche technique de la pièce: «L’Homme sans qualités», mis en scène de Guy Cassiers, d’après le roman de Robert Musil.

«L'homme sans qualités I», ad Nauseam

Spécialiste des adaptations des monuments de la littérature (à la Recherche du temps perdu, Au dessous du volcan de Malcom Lowry) le flamand Guy Cassiers se sert depuis vingt ans des technologies de l’image pour incarner une écriture. Quand Caubère honore Jean Vilar. Du même auteur C’est l’hommage d’un enfant du pays à l’un de ses frères de cœur. Philippe Caubère joue Benedetto au théâtre des Carmes, dans un spectacle intitulé : « Urgent crier ! ». Le lieu ne tient pas du hasard. Le printemps tunisien sur les planches, Chateaubriand écrivain indocile. Du même auteur On ne peut trouver couple plus emblématique du théâtre arabophone que celui formé par Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi.

Le printemps tunisien sur les planches, Chateaubriand écrivain indocile

Elle est comédienne et auteure dramatique ; lui est auteur et metteur en scène. Voilà plus de trente ans que ces deux Tunisiens évoluent de concert pour faire vivre un théâtre original, frappé du sceau de l’indépendance, dans un esprit proche de l’approche brechtienne. Dans le cadre de la Tunisie de Ben Ali, cela n’est pas allé sans leur poser quelques problèmes avec la censure. Mais la notoriété leur a permis de suivre leur bonhomme de chemin au prix de quelques adaptations qui n’ont jamais rimé avec compromission. Lire la suite sur : Rideau ! François Verret et Pascal Rambert font chavirer le festival. François Verret est un OVNI de la scène contemporaine.

François Verret et Pascal Rambert font chavirer le festival

Installé au Théâtre national de Bretagne, à Rennes, il met en scène des spectacles réunissant toutes les formes artistiques, de la danse à l’expression corporelle en passant par la vidéo et la musique. Comment Mélenchon a raté son festival d’Avignon. Du même auteur De ce court séjour, ponctué de nombreuses rencontres, le candidat du Front de gauche a ramené cet enseignement définitif, consigné de sa main : « Le « in » c’est avec l’argent public, le « off », c’est sous la coupe de l’Ump locale ».

Comment Mélenchon a raté son festival d’Avignon

Autrement dit, les 7 000 artistes du « off » représentant près de 900 compagnies qui ont transformé Avignon en ville ouverte au théâtre sont tous, à des degrés divers, les idiots utiles de Marie-Josée Roig, édile de la cité des Papes et députée Ump.On a rarement étalé pareille méconnaissance du festival d’Avignon en général et du « off » en particulier. Voyage à l’intérieur du Off. Deux semaines durant, à l’occasion du festival, Avignon est une ville ouverte à la culture.

Voyage à l’intérieur du Off

Entre les affiches vantant tel ou tel spectacle du « off » et les « flyers » distribués à chaque coin de rue, le spectateur lambda ne sait plus où donner de la tête. Sans doute peut-on craindre qu’à la longue il y ait un risque d’asphyxie. Mais, après tout, mieux vaut un excès de culture qu’une invasion de pub commerciale. Reste à faire le bon choix. Ce n’est pas un exercice aisé. La Chine débarque à Avignon. L’un des événements de ce 65e festival d’Avignon restera l’arrivée de la Chine, par la porte du « off ».

La Chine débarque à Avignon

En l’occurrence, sauf pour sa partie Taïwanaise, la Chine du « off » est tout ce qu’il y a de plus « in », politiquement parlant. Preuve en est la présence sur place des officiels chinois, dans le cadre d’échanges avec le festival « off » de Pékin. Or celui-ci dépend du bon vouloir des autorités de la Chine officielle, qui tient à la fois le financement que les ciseaux de la censure.L’événement est cependant marquant, et l’on peut penser qu’il aura des suites. Certains s’en sont émus, en raison de la conception très peu théâtrale des droits de l’homme et de la création en Chine, ou de la répression au Tibet. Dans la famille « Théâtre », je demande Michèle et Lucien Attoun. Quiconque arpente actuellement le quartier de la Chapelle des Pénitents blancs, dans le centre d’Avignon, non loin du Palais des Papes, a toutes les chances de croiser un petit monsieur au sourire malicieux.

Il s’appelle Lucien Attoun. Il ne se sépare jamais très longtemps d’une dame à la chevelure claire tirant nerveusement sur sa cigarette. C’est Micheline Attoun, l’alter ego de Lucien. Ils sont les co-inventeurs d’une initiative culturelle qui fête ses quarante ans, le « ». De quoi s’agit-il ? Aubry, Hollande, Mélenchon, Montebourg, Joly, en Avignon, la gauche y danse. Louison Du même auteur Dans les rues d’Avignon, une troupe du « Off » se taille un beau succès. Mégaphone en mains, l’un de ses animateurs crie à la cantonade : « DSK est revenu. Il arrive à Avignon. Trois coups de théâtre à Avignon. I Am the Wind Avec I Am the Wind, Patrice Chéreau, accompagné du chorégraphe Thierry Thieû Niang, propose la réponse la plus souveraine.

On peut en détailler les composants. publicité Il y a un texte allusif et incantatoire du dramaturge norvégien Jon Fosse, traduit dans un anglais lumineux par l'écrivain Simon Stephens. Il y a deux acteurs, jeunes, vibrants, habités d'une intense présence physique qui est l'aspect le moins communément reconnu de l'excellence des acteurs anglais, et pourtant au moins aussi important que leur technique gestuelle et leur diction.

Voilà. Que s'est-il passé? Les trois coups de la présidentielle. Quand le Salon de l’agriculture se dispute hommes et femmes politiques de tous bords, le grand salon de la culture qu’est le Festival d’Avignon ne semble attirer que des personnalités de gauche.

Les trois coups de la présidentielle

Pour le PS, le monde de la culture pourrait même devenir un véritable acteur de la campagne des primaires qui commence réellement aujourd’hui, date de clôture des candidatures. Rencontres et débats Dès aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon pour le Front de gauche et Arnaud Montebourg candidat à l’investiture socialiste seront à Avignon. Martine Aubry première secrétaire du PS arrive vendredi. Le même jour Eva Joly est annoncée au Festival par les militants locaux d’Europe Écologie-Les Verts. Pour tous, Avignon semble le meilleur endroit pour tracter et distribuer son programme. . « Eva Joly veut aller à la rencontre des professionnels du spectacle » indiquaient hier les militants d’EELV pour annoncer la venue de leur championne au Festival.

Le Festival divise mais sans scandale. Festival d’Avignon. « Le suicidé » ou Kafka au pays des soviets. Du même auteur Patrick Pineau interwiewé sur France 3 (capture d'image) Festival d’Avignon: Vincent Macaigne ou l’art de choquer les petits bourgeois. ( Dessin Louison ) Du même auteur.

Festival d’Avignon: Vincent Macaigne ou l’art de choquer les petits bourgeois

A Avignon, on ne danse pas que sur le pont. ( Dessin Louison ) Du même auteur Le débat est presque aussi vieux que le festival d’Avignon : faut-il ouvrir ou non les portes de la Cité des Papes à la danse ou n’accueillir que le théâtre pur et dur ?