Présidentielle russe : Vladimir Poutine triomphe sans surprise. Les bureaux de vote n’avaient pas fermé depuis une heure hier que la fête commençait derrière les murs du Kremlin pour célébrer la victoire de Vladimir Poutine. Selon les premières estimations, et sans surprise, le Premier ministre sortant a remporté la présidentielle dès le premier tour, avec plus de 61,8% des voix. Les premiers dépouillements attribuent 18% au communiste Guennadi Ziouganov, 8% au milliardaire Mikhaïl Prokhorov et autant au nationaliste Vladimir Jirinovski.
Le leader de Russie juste, Sergueï Mironov, est dernier, avec 4%. Ce scrutin joué d’avance s’est déroulé dans un climat inédit de tension politique et sociale. Trucages. Dans le nord de Moscou, des ouvriers avinés, menés par des types patibulaires, ont envahi par centaines un petit bureau de vote situé dans un immeuble d’élite où près de 500 électeurs sont enregistrés officiellement. Œil. Veronika DORMAN correspondante à Moscou. Poutine réelu, des fraudes « massives » dénoncées. Une femme sort de l’isoloir à Stavropol, le 4 mars 2012 (Eduard Korniyenko/Reuters) Face à la foule réunie dans la rue, place du Manège, près du Kremlin, Vladimir Poutine, vainqueur de la présidentielle russe ce dimanche avec 63,9% des voix, a évoqué un scrutin honnête : « Nous avons gagné ! Nous avons gagné dans une lutte ouverte et honnête. Merci mes amis, nous avons gagné une lutte honnête et ouverte.Mais ce n’était pas juste l’élection du président de la Russie, c’était un test très important pour nous tous, pour tout notre peuple, un test de maturité politique, d’autonomie et d’indépendance.Nous avons montré que personne ne peut rien nous imposer, personne ni rien.
Nous avons montré que nos concitoyens savent faire facilement la différence entre le désir de renouveau et les provocations politiques dont le but est de détruire notre Etat et d’usurper le pouvoir. » (Traduction : Le Monde) Le discours de Vladimir Poutine (en russe) Bourrage d’urnes au Daguestan. Élection en Russie : Poutine va-t-il serrer les boulons après le vote? Le régime russe va-t-il se durcir après la présidentielle du 4 mars et le retour prévisible de Vladimir Poutine au Kremlin? Va-t-il concéder une ouverture sous contrôle du système politique? Opposants et commentateurs affirment dans tous les cas que rien ne sera plus comme avant. "Je regarde pour l'instant vers l'avenir avec une grande inquiétude".
Ce sont les mots qu'a écrit Vladimir Ryjkov, l'un des leaders de la contestation, récemment dans le journal Novaïa Gazeta. "La position du pouvoir est aujourd'hui plus brutale qu'elle ne l'était en décembre. Ils ont repris leurs esprits après le premier moment d'effroi, ils sont passés à la contre-attaque", ajoutait-il. Lors d'un rassemblement de dizaines de milliers de ses partisans, organisé à Moscou le 23 février pour faire pendant à la contestation de ces trois derniers mois, Vladimir Poutine, homme fort du pays, Premier ministre et candidat au Kremlin où il a déjà effectué deux mandats en 2000-2008, a en effet durci le ton.
RUSSIE. Poutine battu... à Paris. L'oligarque Mikhail Prokhorov, arrivé troisième de la présidentielle russe qui a donné un nouveau mandat à Vladimir Poutine , est arrivé en tête dans le bureau de vote de la capitale française avec 43% des voix. Poutine, lui, plafonne à 30% à Paris, alors qu'il a été élu avec plus de 64% des voix en russie selon les résultats officiels. "L'élection de Vladimir Poutine a été annoncée avant même que le décompte des scrutins des Russes de l'étranger ne soit connu. Où est passée ma voix ? " s'indigne Olga Kokorina, membre de l'association Russie-Libertés . Même si le déroulement du scrutin, entaché de très nombreuses fraudes sur le territoire russe, rend la comparaison hasardeuse, il demeure que les Russes de Paris sont très critiques face à l'homme fort du Kremlin. L'opposition inconnue du grand public "Dans la dernière vague d'immigration on trouve beaucoup de gens partis parce qu'ils en avaient ras le bol du pouvoir", explique la jeune femme.
Les félicitations de Nicolas Sarkozy. Présidentielle russe : Poutine savoure, l'opposition rechigne. Poutine, un dernier tour et puis s'en va ? Internet : quand Moscou copie Pékin. Russie : s’opposer nuit gravement à la santé ! L’URSS avait inventé une « nouvelle maladie mentale : l’opposition » selon les mots du dissident Vladimir Boukovski. La Russie de Poutine s’inspire des vieilles recettes qui ont fait leurs preuves. Face à la montée de la contestation des élections législatives et la multiplication des manifestations, Moscou cherche par tous les moyens à dissuader les opposants russes à battre le pavé samedi. Faute d’arguments rationnels, le chef des services sanitaires russes Guennadi Onichtchenko en appelle au froid et…au risque de grippe : « Je recommande de ne pas aller aux manifestations, après tout il fait froid et on attend une détérioration des conditions météorologiques », a déclaré ce haut responsable à l’agence Ria Novosti, « Nous notons aujourd'hui une hausse du nombre de malades et les rassemblements en masse dans les rues favorisent la diffusion rapide des virus et infections respiratoires et de toutes leurs conséquences » a-t-il sérieusement expliqué.
Du même auteur. Les Russes réclament de nouvelles élections. Pourquoi Poutine et Medvedev ont boycotté les obsèques de Vaclav Havel. (Vladimir Poutine - Wikimedia - Presidential Press and Information Office - cc) Du même auteur Frôlant l’incident diplomatique, l’éloquent silence des deux dirigeants russes s’est prolongé pendant plusieurs jours après le décès de Vaclav Havel, dimanche 18 décembre, jusqu’à la veille de ses obsèques nationales à la cathédrale St Guy de Prague, vendredi 23. Jeudi, l’ambassade russe à Prague a publié un bref communiqué, exprimant les condoléances de la « direction » de l’Etat russe, sans mentionner nomménent Poutine ou Medvedev. Pas un mot non plus à ce sujet sur le site officiel du jeune chef de l’Etat russe, pourtant d’habitude fervent bloguer … C’est l’ombudsman russe Vladimir Loukine, soit d’un point de vue protocolaire un représentant très peu gradé, qui représente Moscou aux obsèques.
Par contraste, Nicolas Sarkozy, David Cameron et John Major, Jose Manuel Barroso et Bill et Hillary Clinton ont, eux, fait le déplacement. A l’évidence, Vladimir Poutine n’a guère du apprécier. Pour Noël, le patriarche russe Kirill appelle le tsar Poutine à écouter son peuple.