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Tunisie: où en est la démocratie ?

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La France peut-elle donner des leçons à la Tunisie? Nawel Gafsia et Henri Braun, avocats, dénoncent l'attitude de la France envers la Tunisie, exhortée par le gouvernement à ne pas franchir la «ligne rouge» après la victoire du parti Ennahdha lors des élections. Après s'être signalée par un soutien sans faille à Ben Ali, depuis son accession au pouvoir en 1987 jusqu'aux dernières heures précédant sa chute le 14 janvier 2011, la France, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, s'exprimant sur France Inter le 26 octobre, menace la Tunisie de rétorsions économiques en cas de franchissement d'une curieuse «ligne rouge».

De quoi s'agit-il? Alain Juppé ne semble pas satisfait du résultat des élections qui se sont pourtant déroulées pour la toute première fois de façon démocratique et transparente. Oscillant entre paternalisme et menaces, il somme les Tunisiens de respecter les valeurs de l'alternance démocratique, des droits de l'homme et de l'égalité homme-femme. Faut-il en rire ou en pleurer? En Tunisie, les vainqueurs s'entre-déchirent. Tunis. De notre correspondante Parviendront-ils à s'entendre d'ici à mardi, jour de la séance inaugurale de l'Assemblée constituante ?

Les discussions piétinent entre les islamistes d'Ennahda (89 sièges), le Congrès pour la République (centre gauche, 29 sièges) et Ettakatol (centre gauche, 20 sièges). Ils avaient annoncé, au lendemain du scrutin du 23 octobre, vouloir travailler ensemble au sein de l'Assemblée et du gouvernement de transition. Mardi, le parti Ettakatol a décidé de suspendre sa participation aux trois commissions tripartites mises en place, la semaine dernière, pour élaborer un programme social et politique commun, ainsi qu'un projet de règlement intérieur de l'Assemblée Constituante.

En cause : des propos de Hamadi Jebali, le secrétaire général d'Ennahda, qui a évoqué un « sixième Califat »,dimanche, lors d'un meeting dans la ville côtière de Sousse. Deux candidats à la présidence « Inadmissible », juge Khemaïs Ksila, membre du bureau politique et élu d'Ettakatol. Ennahda n'a pas droit à l'erreur. Mise à jour du 19 novembre: Les islamistes d'Ennahda et les deux partis de gauche tunisiens CPR et Ettakatol ont conclu vendredi 18 novembre un accord de principe attribuant la présidence de la République à Moncef Marzouki (CPR), l'Assemblée constituante à Mustapha Ben Jaafar (Ettakatol) et le gouvernement à Hamadi Jebali (Ennahda), ont annoncé des sources politiques.

Les résultats officiels définitifs des premières élections libres du 23 octobre en Tunisie ont été publiés ce jour. Le parti islamiste Ennahda arrive en tête avec 89 sièges sur les 217 de l’Assemblée Constituante, suivi par le parti de gauche nationaliste CRP (Congrès pour la République) avec 29 sièges, et le mouvement du milliardaire Hechmi Haamdi «Pétition populaire», 26 élus. Le taux de participation a été de 54,1%, soit 4 millions d’électeurs sur un corps électoral estimé à 7,5 millions. L’Assemblée constituante se réunira pour la première fois le 22 novembre dans les locaux de l’ancien Parlement à Tunis. Mehdi Farhat. Dossier : la Tunisie vers une ambiguë démocratie. Tunisie : les mariannautes entre inquiétude et espoir.

Tunisie, Libye : vers un « compromis historique » avec les islamistes ? (Dessin : Louison) Faut-il avoir peur de tous les islamistes ? Pas pour Hilary Clinton, secrétaire d’Etat. Commentant les résultats des élections tunisiennes pour la Constituante qui ont vu une percée des islamistes de Ennahda, la chef de la diplomatie américaine a estimé que Washington pourrait tout à fait travailler avec eux soulignant que « les islamistes ne sont pas tous les mêmes ». Elle a toutefois rappelé la nécessité de protéger les droits des femmes et des minorités. On dira que Washington est devenu plus ouvert sur l’Islam. Pendant longtemps, on a pensé à la Maison Blanche que l’islamisme était le mal absolu comme le fut le communisme en son temps. La main tendue Du même auteur Mais les révoltes arabes ont changé la donne. D’ailleurs, en Afghanistan, Obama a parfaitement compris le défaut d’un régime « made in USA » comme celui de Karzai. Le prix de la stabilité Mais à quel prix ? BHL croît encore aux droits de l'Homme ?

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